Adam et Eve au paradis : censuré !!



Adam et Eve au paradis : censuré !!
The New-York Times a donné quelques précisions sur la future adaptation du Paradis perdu de John Milton au cinéma. Vous trouverez dans les commentaires l’intégralité de l’article (en anglais). Le film devrait être centré sur la guerre dans le ciel plutôt que sur Adam et Eve dont la nudité au paradis serait selon les producteurs susceptible de heurter la sensibilité des spectateurs. L’article titre d’ailleurs : God vs satan. What about the nudity ?. D'aucuns affirment que ces scènes de nue ne pourraient choquer que les chrétiens..Ces gens devraient méditer la théologie du corps qu’a développé le pape Jean-Paul II tout au long de son pontificat…Edifiant… Les chrétiens ont une conception sacrée du corps. La corporéité est appelée à la louange, à la spiritualisation, ainsi que la sexualité, constitutive de la personne humaine et signe de sa vocation au don d'elle-même (il est à noter que le pape s'est appuyé sur le récit de la Genèse pour fonder sa théologie du corps humain, qui reste encore méconnue)
« Mr. Newman, peut-on lire, by his own account, told the writers he wanted “less Adam and Eve and more about what’s happening with the archangels,” the battle in Heaven between God’s and Satan’s armies. “In Eden there’s the nudity problem,” he pointed out, “which would be a big problem for a big studio movie.” ».
Quelle déception !…Ce qui a sans doute effrayé les producteurs c’est la scène où Adam et Eve s’adonnent aux « rites mystérieux de l'amour conjugal, malgré tout ce que disent austèrement les hypocrites de la pureté du Paradis, de l'innocence… ». Je crois qu’une telle scène aurait été sans doute la plus chargée d’intensité érotique jamais filmée au cinéma… Les spectateurs, ignorants du christianisme, devront donc se contenter d'un film épique, puritain, dans le sens inverse que Milton donnait à ce mot, tournant autour de Satan, cet ennemi du corps, de l'incarnation, du mariage (voir ce texte, l'inspirateur de toutes les perversions, de tout ce qui est tordu et compliqué, bref le dieu de nos contemporains...
Voici la scène, traduite par Chateaubriand (Livre IV) :

…Ils parlent ainsi, et main en main ils entrent solitaires sous leur fortuné berceau : c'était un lieu choisi par le Planteur souverain, quand il forma toutes choses pour l'usage délicieux de l'homme. La voûte de l'épais couvert était un ombrage entrelacé de laurier et de myrte, et ce qui croissait plus haut était d'un feuillage aromatique et ferme. De l'un et l'autre côté l'acanthe et des buissons odorants et touffus élevaient un mur de verdure ; de belles fleurs, l'iris de toutes les nuances, les roses et le jasmin, dressaient leurs tiges épanouies et formaient une mosaïque. Sous les pieds la violette, le safran, l'hyacinthe, en riche marqueterie brodaient la terre, plus colorée qu'une pierre du plus coûteux dessin.
Aucune autre créature, quadrupède, oiseau, insecte ou reptile, n'osait entrer en ce lieu ; tel était leur respect pour l'homme. Jamais, même dans les fictions de la fable, sous un berceau ombragé, plus sacré et plus écarté, jamais Pan ou Sylvain ne dormirent, Nymphe ni Faune n'habitèrent. Là, dans un réduit fermé avec des fleurs, des guirlandes et des herbes d'une suave odeur, Eve épousée embellit pour la première fois sa couche nuptiale, et les choeurs célestes chantèrent l'épithalame. Ce jour-là l'ange de l'hymen amena Eve à notre Père dans sa beauté nue, plus ornée, plus charmante que Pandore, que les dieux dotèrent de tous leurs dons (oh ! trop semblable à elle par le triste événement), alors que, conduite par Hermès au fils imprudent de Japhet, elle enlaça l'espèce humaine dans ses beaux regards, afin de venger Jupiter de celui qui avait dérobé le feu authentique.
Ainsi arrivés à leur berceau ombragé, Eve et Adam tous deux s'arrêtèrent, tous deux se retournèrent, et sous le ciel ouvert ils adorèrent le Dieu qui fit à la fois le ciel, l'air, la terre, le ciel qu'ils voyaient, le globe resplendissant de la lune, et le pôle étoilé.
" Tu as aussi fait la nuit, Créateur tout-puissant ! et tu as fait le jour que nous avons employé et fini dans notre travail prescrit, heureux de notre assistance mutuelle, et de notre mutuel amour, couronne de toute cette félicité ordonnée par toi ! Et tu as fait ce lieu délicieux, trop vaste pour nous, où l'abondance manque de partageants et tombe sur le sol non moissonnée. Mais tu nous as promis une race issue de nous qui remplira la terre, qui glorifiera avec nous ta bonté infinie, et quand nous nous éveillons, et quand nous cherchons, comme à cette heure, le sommeil, ton présent. "
Ils dirent ainsi unanimes, n'observant d'autres rites qu'une adoration pure, que Dieu aime le mieux. Ils entrèrent en se tenant par la main dans l'endroit le plus secret de leur berceau ; et n'ayant point la peine de se débarrasser de ces incommodes déguisements que nous portons, ils se couchèrent l'un près de l'autre. Adam ne se détourna pas, je pense, de sa belle épouse, ni Eve ne refusa pas les rites mystérieux de l'amour conjugal, malgré tout ce que disent austèrement les hypocrites de la pureté du Paradis, de l'innocence, diffamant comme impur ce que Dieu déclare pur, ce qu'il commande à quelques-uns, ce qu'il permet à tous. Notre Créateur ordonna de multiplier. Qui ordonne de s'abstenir, si ce n'est notre destructeur, l'ennemi de Dieu et de l'homme ?
Salut, amour conjugal, mystérieuse loi, véritable source de l'humaine postérité, seule propriété dans le Paradis, où tous les autres biens étaient en commun ! Par toi l'ardeur adultère fut chassée des hommes et reléguée parmi le troupeau des bêtes ; par toi, fondées sur la raison loyale, juste et pure, les relations chéries et toutes les charités du père, du fils et du frère, furent connues pour la première fois. Loin de moi d'écrire que tu sois un péché ou une honte, ou de penser que tu ne conviennes pas au lieu le plus sacré, toi, source perpétuelle des douceurs domestiques, toi, dont le lit a été déclaré chaste et insouillé pour le présent et pour le passé, et dans lequel sont entrés les saints et les patriarches. Ici l'amour emploie ses flèches dorées, ici il allume son flambeau durable et agite ses ailes de pourpre ; ici il règne et se délecte. Il n'est point dans le sourire acheté des prostituées sans passion, sans joies et que rien ne rend chères ; il n'est point dans des jouissances passagères, ni parmi les favorites de cour, ni dans une danse mêlée, ni sous le masque lascif, ni dans le bal de minuit, ni dans la sérénade que chante un amant affamé à sa fière beauté, qu'il ferait mieux de quitter avec dédain. Bercés par les rossignols, Adam et Eve dormaient en se tenant embrassés ; sur leurs membres nus le dôme fleuri faisait pleuvoir des roses, dont le matin réparait la perte. Dors, couple béni ! Oh ! toujours plus heureux si tu ne cherches pas un plus heureux état, et si tu sais ne pas savoir davantage !

13/03/2007
Sombreval






1.Posté par Sombreval le 13/03/2007 14:52
L'article du "New-York Times" sur l'adaptation de paradise Lost, en pré-production :

AS soon as you started talking about a battle in Heaven, he just couldn’t relate,” the screenwriter Philip de Blasi recalled.
It was a particularly demoralizing pitch meeting, explained his writing partner, Byron Willinger, because the producer, “this guy who has made some of the most successful blockbusters ever, started looking at his nails, and I don’t think he looked away from his nails for the whole 15 minutes.”
Then there was the studio executive who, halfway through the pitch, blurted: “Wait a minute. You mean God is God?”
Such were the travails of the writers who traveled from New York to Hollywood in 2004 to hawk their adaptation of “Paradise Lost.”
For two novice screenwriters John Milton’s 17th-century epic poem, which tells the story of Lucifer’s fall and the temptation of Adam and Eve, was an audacious choice of material. “We figured someone’s going to make a movie of it someday, and it might as well be us,” Mr. Willinger said in a telephone interview.
They persevered and finally made a rendezvous with fate years in the making. Almost three decades before, a little boy named Vincent Newman was skimming through the Bible, desperate for something to relieve the boredom that was Sunday school in Fresno, Calif. Finding mention of a fight between angels and devils, he jolted awake, and thus began a lifelong fascination with battles between good and evil.
Mr. Newman, now 39, is an independent producer of medium-size movies with midrange male stars (most recently “A Man Apart” with Vin Diesel) who has long dreamed of exploring his boyhood curiosity by making a “Paradise Lost” movie. Then, after stumbling upon mention of the poem in a Christian inspirational book called “Epic: The Story God Is Telling and the Role That Is Yours to Play,” his dream turned to resolve. At lunch one day, Mr. Newman said, an agent asked him “out of the blue if I’d ever heard of ‘Paradise Lost.’ ”
“He said, ‘I’ve got these clients, these guys are crazy enough that they wrote this thing on spec.’ ”
Mr. Newman bought the script and arranged co-financing with Legendary Pictures, which, with Warner Brothers, financed “Batman Begins” and “Superman Returns.” Legendary’s chairman and chief executive, Thomas Tull, said his first response to the idea was, “Well, that’s going to make a lot of older folks relive bad college experiences.” Later he realized that “if you get past the Milton of it all, and think about the greatest war that’s ever been fought, the story itself is pretty compelling,” he said.
As with any Hollywood development project, things are changing along the way. The original script hewed a bit too closely to Milton for the producer’s taste, for instance. Mr. Newman, by his own account, told the writers he wanted “less Adam and Eve and more about what’s happening with the archangels,” the battle in Heaven between God’s and Satan’s armies.
“In Eden there’s the nudity problem,” he pointed out, “which would be a big problem for a big studio movie.”
Mr. Newman also knows that some might see this project as a fool’s errand. “It’s a 400-some-odd-page poem written in Old English,” he said, laughing. “How do you find the movie in that?” But he speaks of the project with unflagging enthusiasm, though it may seem his passion is more for the idea of the poem than for the poem itself. (It’s in blank verse, not Old English.)
“This could be like ‘The Lord of the Rings,’ or bigger,” he said. Daniel Craig and Heath Ledger are two of his top choices for Lucifer.
The film, which will make extensive use of digital effects, is still waiting for a definite go-ahead from a studio. Mr. Tull said its budget would likely be in the range of $100 million.
Scott Derrickson, who declined to be interviewed for this article, is known for his horror films exploring supernatural themes of good and evil (“The Exorcism of Emily Rose,” “Hellraiser: Inferno”) and is likely to direct. The script’s second draft was written by Stuart Hazeldine, whose sole previous credit is a science-fiction TV movie called “Riverworld.” (Mr. Hazeldine is also adapting the popular DC comic “Battle Chasers” for 20th Century Fox.)
The filmmakers hope that “Paradise Lost” will prove enticing to Christian audiences. Mr. Hazeldine said he read “several theological tomes” because “I’m adapting Milton, and then Milton’s kind of adapting Genesis, and I wanted to make sure that for the faith audience, I guess, that they will see it more as ‘The Passion of the Christ’ than ‘The Last Temptation of Christ’ ” — that is, more a reverent treatment of Biblical material than a reconsideration. Both he and Mr. Derrickson said they are Christians, as are Mr. Newman and the script’s original writers. Even so, Mr. Newman said the film is not “a Christian endeavor or Christian movie.”
But he added that it would be “made with total adherence and respect to any of the three religions’ involvement in the story of God, the Devil and the archangels,” referring to Christianity, Judaism and Islam. But “it’s a war movie at the end of the day,” Mr. Newman said.
As a Christian, Mr. Hazeldine said, the project poses “a challenge for people like Scott and I, who have a faith, but we just love movies.” He added, “We often find that we are wondering, are we too worldly for the church and too churchy for the world?”
But jabs are likely, if not from the faithful, then almost certainly from Milton scholars. “Miltonists have not traditionally been interested in popularizing, in the way Shakespeareans have,” said Gregory Colón Semenza, assistant professor of English at the University of Connecticut and co-editor, with Laura Lunger Knoppers, of “Milton in Popular Culture.”
Mr. Semenza pointed out that many films have been influenced by the epic, some obviously (Taylor Hackford’s “Devil’s Advocate,” in which Al Pacino’s Satan character is named John Milton), others less so (the light sabers in” Star Wars,” some contend, must have been inspired by Milton’s angels’ “flaming swords”).
Still, he said, “there’s the sense that Milton is the last figure that can be protected from the tentacles of pop culture, so there is some resistance to this movie,” and to the film adaptation currently in production for New Line of “The Golden Compass,” the first of Philip Pullman’s best-selling “His Dark Materials” trilogy of young adult novels based on “Paradise Lost.”
The depiction of Satan may be a polarizing one among scholars. Some, in line with Romantic poets like William Blake, will want the dark prince to be the hero; others won’t be happy unless Satan is a self-deceiving hypocrite, and the story an education in virtue and obedience.
Yet Stanley Fish, author of “Surprised by Sin: The Reader in ‘Paradise Lost,’ ” said in a telephone interview that the filmmakers “could use these two readings of ‘Paradise Lost’ in a dramatic fashion, as Milton does.”
“In the introductory books,” he added, “the figure of Satan is presented with a certain kind of heroic glaze surrounding him, but then, as the poem proceeds, Milton quite deliberately, and for some readers unforgivably, insists that you see the terrible emptiness and self-aggrandizing narcissism at the heart of this character. You could pull the audience in by giving them the kind of romantic rebel that is so easy to respond to, and then pull them up short and ask them to re-think the matter and ask them to think about why this figure has such appeal to them.”
As for Mr. Hazeldine’s answer to the Satan question: “Milton was trying to achieve with ‘Paradise Lost’ what Scorsese was trying to achieve with Henry Hill in ‘Goodfellas.’ You can’t understand the nature of the fall until you’ve tasted some of the exhilaration of sin and crime. Scorsese makes you feel the rush of being in the Mafia — what it’s like to be special, get the best table at a restaurant, kill anyone and get away with it. Milton was after something like that, and that’s what we’re trying to convey.”

2.Posté par Picard le 23/03/2007 10:21
A ma connaissance, la doctrine de l'Eglise sur la Genèse et Adam et Eve au Paradis terrestre distingue bien l'état d'innocence et la chute puis la génération avec la peine provoquée par le péché originel. Il y a me semble-t-il une erreur d'interprétation. Laissons à l'Eglise l'enseignement de la Foi.


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