Creed: L'héritage de Rocky Balboa



Creed: L'héritage de Rocky Balboa
Creed : L’héritage de Rocky Balboa et Mad Max Fury Road sont sans conteste les deux meilleurs films de l’année 2015. Personne n’aurait misé un kopeck sur les suites de ces deux sagas mythiques. Stallone est toujours aussi touchant dans son rôle de Rocky. Il a achevé son discours à la cérémonie des Golden Globes par une évocation de son personnage fétiche. Rocky, a-t-il dit, c’est son frère. Il faudrait ajouter son double (idéal) ou, pour reprendre un terme patristique, son «archétype». Le film s’inscrit dans la continuité des précédents volets, tout en conservant une identité propre, grâce à une mise en scène inventive, moderne et efficace. On peut regretter certaines facilités scénaristiques, des évolutions trop rapides dans le déroulement de l'histoire (les scènes de la maladie de Rocky par exemple sont survolées et superposées à celles de l’entraînement d’Adonis, car le film se veut résolument divertissant, au sens premier du mot). Ce film emprunte ses codes au cinéma indépendant, ce qui le rapproche du premier volet de Rocky. Il alterne les scènes intimistes, parfois sombres, où les blessures des personnages sont mises à nu, toujours avec finesse et sans surenchère dans le mélo, et les moments épiques qui nous ramènent aux grandes heures de Rocky. Les combats sont filmés camera à l’épaule et au plus près des personnages, ce qui fait ressentir au spectateur l’impact des coups. Ma scène préférée est celle de l’entrainement, avec la course d’Adonis Creed dans une rue de Philadelphie, filmée au ralenti, de dos. C’est tout simplement magnifique. Une scène qu’il faut absolument enseigner dans les écoles de cinéma. On retrouve dans ce film les grands thèmes propres à la saga Rocky : la famille, la confiance en soi etc.. Il illustre surtout ce thème rarement relevé, celui de l’interdépendance entre les êtres, auquel j’ai consacré de nombreuses pages dans ma thèse. Rocky n’existe pas sans Adrian ; elle lui permet de prendre confiance en lui et de se dépasser. Adrian grâce à Rocky se révèle à elle-même (ce qui, dans le premier épisode, va jusqu’à la transformation physique). Dans cette suite, Rocky aide Adonis Creed, hanté par la figure de son père, à combattre et vaincre ses démons intérieurs. Adonis, quant à lui, va aider Rocky à surmonter sa fatigue de vivre. Il ne faut jamais cesser de rappeler cette vérité : si chacun des individus existe dans son unicité («Jamais aucun ne sera vous pas plus qu’il ne sera moi : unité infrangible, incommunicable et absolument originale de chacun» écrivait le Père Laberthonnière dans les années vingt), il n’en règne pas moins une unité par solidarité, en sorte qu’aucun isolement de nature n’est concevable et que nous ne sommes que les uns par les autres.

Ma note : 4,5/5

20/01/2016
Sombreval





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