De la solidarité chez les plantes et les animaux à la communion des saints



De la solidarité chez les plantes et les animaux à la communion des saints
En septembre dernier est sorti en librairie le dernier essai de Jean Marie Pelt, intitulé La solidarité chez les plantes, les animaux, les humains. L’auteur, scientifique de renom et croyant, nous propose une étude fort intéressante sur les rapports de solidarité régissant le monde naturel et la vie sociale. Elle touche un thème cher à mon cœur, celui de la Réversibilité qui est une loi universelle. Jean Marie Pelt, qui s’inscrit en faux contre la vision darwinienne du «struggle for life», dévoile les connexions à l’œuvre dans la nature à travers de nombreux exemples tirés de ses observations. Voici la présentation de cet ouvrage qui témoigne du désir qu'a l'auteur de «réenchanter le monde où nous vivons» : «Une interprétation, fort discutable, de l'œuvre de Darwin a imposé la compétition et la lutte comme les moteurs de la vie, aussi bien dans la nature que dans la société. Or la nature met en œuvre d'innombrables systèmes de symbioses et de solidarités qui ont joué un rôle déterminant dans toute l'évolution biologique et sans lesquelles il serait impossible de comprendre le fonctionnement des écosystèmes. Les lichens comme les coraux sont des êtres doubles où chacune des parties rend des services à l'autre ; quant aux champignons, ils nourrissent les arbres qu'ils paraissent parasiter. Dans le règne animal, les prestations de services mutuels entre espèces sont tout à fait courantes. Poissons et oiseaux pratiquent des comportements d'entraide qui témoignent d'un authentique altruisme : ceux-ci, comme l'amitié chez de nombreux mammifères, ne sont pas le propre de l'homme. Quant aux sociétés humaines, elles ont mis en œuvre de précieuses organisations : les mutualités, les coopératives, la sécurité sociale et les assurances, etc., qui sont la base de l'économie solidaire... »

Ces connexions multiples, illustrées également par le phénomène quantique de la non-séparabilité des particules subatomiques, liées et dépendantes les unes des autres, forment un réseau d’analogie qui peut favoriser l’intelligence de vérités spirituelles fondamentales. L’étude de J.M Pelt, pour être pleinement satisfaisante, aurait gagné à explorer le thème de la solidarité spirituelle, la solidarité entre les âmes. Au lieu de cela elle s’achève sur de plates analyses de l’économie solidaire.
Cet essai exige donc un prolongement. Les connexions qu’il étudie sont analogues en effet à celles que réalise la communion de saints qui rassemble dans l’unité les enfants de Dieu dispersés (Jn,11,52). La communion de saints ne se laisse appréhender qu’en relation à l’idée de solidarité, celle qui unit les choses crées et les êtres à travers le temps et l’espace, solidarité « si divine, si merveilleuse qu’il est impossible à un être humain de ne pas répondre de tous les autres, en quelques temps qu’ils vivent, en quelques temps qu’ils aient vécu ou qu’ils soient appelés à vivre » (Léon Bloy)
Claudel a inventé une notion philosophico-scientifique pour rendre compte de cette solidarité invisible, la co-naissance. Elle sert de fondement à son approche de la communion des saints. Pour mieux la saisir il convient de se reporter au chapitre de son Art poétique, le «Traité de la co-naissance au monde et de soi-même», écrit en 1904. Nous ne naissons pas seuls. Toute sa réflexion découle de cette certitude première. Nous naissons et existons que dans un certain rapport avec les autres créatures ; co-naître c’est naître avec, c’est naître avec les êtres et les choses auxquels nous sommes reliés. A tous les instants du temps, notre «être naît et co-naît aux autres corps dont il prend ainsi connaissance». Toute naissance est une connaissance : «Je comprends que chaque chose ne subsiste pas sur elle seule, mais dans un rapport infini avec toutes les autres»
Cette réciprocité, cette interdépendance des choses et des êtres au sein d’un univers total fait qu’aucun isolement de nature n’est concevable. L’être individuel ne dépend pas que de lui-même. Maurice Blondel a insisté sur cette idée dans son maître ouvrage, L’Action : «L’homme ne se suffit pas écrit-il. On ne peut arranger pour soi seul les affaires de sa propre vie. Nos existences sont tellement liées qu’il est impossible de concevoir une seule action qui ne s’élargisse en ondulations infinies, bien au-delà du but qu’elle semblait viser...»

....la suite dans mon essai sur la Réversibilité

07/01/2005
Sombreval






1.Posté par Zabou_la_conciliaire le 17/01/2005 22:24
Oulà ! Va falloir que je lise ça après mon concours de médecine... Ca m'a l'air intéressant et original comme bouquin !


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