Le couvent ou le Crazy-Horse ?



Le couvent ou le Crazy-Horse ?
Dans Paris Match, Lova Moor, la danseuse vedette du Crazy Horse dans les années 70, évoque sa petite enfance marquée par le catholicisme (pré-conciliaire)…
« …C’était ma grand-mère qui gardait les clefs de l’église. Une belle église gothique qui se trouvait à la sortie de mon village natal en Charente. Tous les dimanches, je m’y rendais avec elle pour la messe. Ma grand-mère était très religieuse, très catholique. De sa voix d’opéra, elle aimait chanter les psaumes. Tous les jeudis, elle organisait un thé et cuisinait des tartes aux prunes pour les prêtres des villages d’alentour. Je profitais de ces goûters pour lui voler les clefs. Je pénétrais alors dans l’église, parfois avec des copines, souvent seule. J’avais fait de ce sanctuaire mon terrain de jeux, mon premier théâtre. J’y passais des après-midi entiers, à jouer de l’harmonium, à danser dans les allées, déguisée avec les aubes et les étoles. Ce que je préférais, c’était cueillir des roses, des lilas pour fleurir l’autel et les déposer au pied de la statue de la Vierge que je vénérais. J’adorais aussi les crucifix et les cimetières […] A l’époque je baignais dans la religion : je suivais scrupuleusement mes cours de catéchisme, surtout les histoires de Jésus et de Marie. Et c’est dans cette église que je me suis construit l’idée de Dieu. Je m’imprégnais de ces silences apaisants, de ces odeurs d’encens et de vieilles pierres, des lumières colorées des vitraux : j’avais l’impression que j’allais Le rencontrer. Je sentais qu’Il m’appelait. Un matin, je déclarai à ma grand-mère que je voulais devenir religieuse […] Elle m’expliqua donc que je pouvais être proche de Dieu sans pour autant m’enfermer dans un couvent. Elle n’avait pas tort. Quelques années plus tard, je compris que ma voie était de partir à Paris plutôt que de ma cloîtrer (ehehe)

[…] Je gardais aussi un souvenir impressionné de ma rencontre avec un évêque : je lui avais baisé la main. Il portait à l’annuaire une énorme bague ! Son aube cramoisie, sa prestance, le cérémonial : tout cela était terriblement spectaculaire. Finalement l’Eglise est une grande concurrente du théâtre (enfin l’église d’avant le Concile...) Depuis j’ai arrêté de pratiquer (pour une fois c’est pas la faute au Concile). Mais je ne me suis jamais séparée de Dieu. J’ai toujours eu l’impression d’avoir une petite voix qui me guidait, qui me disait, derrière mon épaule : « Je suis là, je ne t’ai pas oubliée » […] »

Source Paris Match

01/09/2004
Sombreval




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