Le prix du Crédo (Claudel)



Le prix du Crédo (Claudel)
« Quand, à l’église de mon village, j’entends le Crédo, un article après l’autre, débité par la rude voix du chantre, à quoi répond le glapissement naïf des petites filles, je trésaille d’un enthousiasme intérieur, il me semble que j’assiste à la création du monde. Chacune de ces formules, chacune de ces formes imprimées à l’éternelle vérité, je sais ce qu’elle a coûté, au prix de quelles convulsions, de quels déchirments du ciel et de la terre, de quels torrents de sang, de quelle parturition de l’intelligence et de quelles effusions de la grâce elles sont venues au jour. Je vois ces grands continents dogmatiques émerger et se dessiner devant moi l’un après l’autre, je vois l’humanité en travail qui réussit à s’arracher du cœur la nomination définitive. C’est comme une cathédrale qui est à la fois immobile et en marche de tous ses pilliers depuis le porche jusqu’au chœur »

Paul Claudel, Epée, 64

03/07/2003
Sombreval

Tags : Claudel




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