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John Zorn à Paris La Villette : dernier soir, musique de chambre 27/06/2008
Regardez ce que le barman de la cité de la musique m'a rendu comme pièce : un 2 euros belge commémoratif
Dernier soir : musique de chambre.
Plus de place debout : tout le mode est assis. J'avais decide de ne pas poireauter une heure avant pour un fauteuil, bien m'en a pris. Expectation is a prison.
"777" ouvre la soiree. Trio de violoncelles avec le talentueux Eric Friedlander entrapercu hier. C'est etonnant, au demeurant, ce que le remplacement d'un musicien peut changer un groupe. Il y a peu de difference entre Bar Kokhba et Electric Masada, et pourtant nul ne confondrait les deux groupes. (Electric Masada me donne envie d'envahier la Pologne, Bar Kokhba pas). C'est comme si un ensemble avait une vie propre. Robert Fripp, par exemple, reconnait King Crimson qui apparaît sous un autre de ses groupes, sans intervention de sa part.
Ensuite, Grigri, pour percussions accordees. Beau virtuose. Puis un duo pour deux clarinettes basses sautillantes.
"(Trois points) fais ce voudras" est le suivant, pour piano solo. C'est inventif, varie mais un peu long. 20 minutes.
Après l'entracte, "necronomicon", un superbe quatuor en cinq mouvements par le Quatuor Crowley (sic). Très beaux mouvements lents.
Voilà! Zorn revient en 2009 pour jouer la musique de Serge Gainsbourg. Je ne plaisante pas.
Spécial dédicace à ZornFan du forum Mike Patton. J'étais derrière vous ce soir, et pas loin les autres soirs. C'est vrai que, sur votre avatar, la tête est un peu petite et un peu en bas mais vous êtes reconnaissable quand même ;-)))
Plus de place debout : tout le mode est assis. J'avais decide de ne pas poireauter une heure avant pour un fauteuil, bien m'en a pris. Expectation is a prison.
"777" ouvre la soiree. Trio de violoncelles avec le talentueux Eric Friedlander entrapercu hier. C'est etonnant, au demeurant, ce que le remplacement d'un musicien peut changer un groupe. Il y a peu de difference entre Bar Kokhba et Electric Masada, et pourtant nul ne confondrait les deux groupes. (Electric Masada me donne envie d'envahier la Pologne, Bar Kokhba pas). C'est comme si un ensemble avait une vie propre. Robert Fripp, par exemple, reconnait King Crimson qui apparaît sous un autre de ses groupes, sans intervention de sa part.
Ensuite, Grigri, pour percussions accordees. Beau virtuose. Puis un duo pour deux clarinettes basses sautillantes.
"(Trois points) fais ce voudras" est le suivant, pour piano solo. C'est inventif, varie mais un peu long. 20 minutes.
Après l'entracte, "necronomicon", un superbe quatuor en cinq mouvements par le Quatuor Crowley (sic). Très beaux mouvements lents.
Voilà! Zorn revient en 2009 pour jouer la musique de Serge Gainsbourg. Je ne plaisante pas.
Spécial dédicace à ZornFan du forum Mike Patton. J'étais derrière vous ce soir, et pas loin les autres soirs. C'est vrai que, sur votre avatar, la tête est un peu petite et un peu en bas mais vous êtes reconnaissable quand même ;-)))
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John Zorn, quatrième soir : Masada string trio, Bar Kokhba, Masada 27/06/2008
Masada, baby! Et une folle en cadeau, ça me fait plaisir.
Un coup de barre au debut m'empeche d'apprécier un Masada String Trio qui peine a se reveiller lui aussi mais se rattrape vers la fin.
Puis c'est Bar Kokhba, sextuor groovy, qui met le feu a la salle. Le concert serait alors parfait si une bonne femme givree n'avait pas alors l'idee de se mettre a danser dans une allee laterale. On est a Pleyel ce soir, autant dire pas en boite de nuit. Et elle danse! Ca n'arrete pas! Elle danse pendant les applaudissements! Elle danse quand il n'y a rien sur scene! Elle dans quand il y a quelque chose! Et pendant l'entracte, elle chante, ou plutot tente de chanter ce que les mendiants dans le metro appellent plus modestement "une petite chanson de mon pays". La cuite ultime de Janis Joplin, pire, de Donna Jean Godchaux, en plus informe.
Elle se calme sous les lazzi de la salle, et arrete definitivement lorsqu'un "shut up" bien senti tombe du balcon. Mais qui est cette tarée? Et pourquoi ne l'a t on pas déjà virée ? A 60 euros la place, ca, c'est quelque chose qu'on est en droit d'attendre. Expectation is a prison, indeed.
Les chachas parmi mes lecteurs objecteront que non, "elle etait pleine de vie", "le trop plein de grâce l'habite", etc. Trop plein mon cul. C'etait un parasitage en regle, clairement manifestee par l'habit completement blanc de la pénible, et par son chant de plus en plus piano au fur et a mesure que la salle exprimait son irritation.
Habit blanc pour etre vue dans le noir, pianissimos et tentatives de reprise car elle etait consciente qu'elle n'etait pas a sa place. Foin donc de la Muuusique qui fond sur vous et qui vous possede : madame voulait simplement s'offrir une scene a cote de la scene, se mettre en valeur sans en payer le prix. Il aurait ete heureux et charitable pour tous que le prix a apyer se concretisat sous la forme d'un videur.
Je plains les pauvres spectateurs qui ont du se farcir tout le concert avec une follle gesticulant dans l'ombre a deux metres d'eux. J'etais au moins separe d'elle par quelques rangees de spectateurs. Comment arriver a etre present pour la musique avec une telle distraction?
Masada, a part ca? Bien. Groovy. Punchy. Je ne me souviens plus tellement. Avec un peu de chance, on reverra ca sur Dime, comme c'est parait-il le cas pour le concert de lundi.
Puis c'est Bar Kokhba, sextuor groovy, qui met le feu a la salle. Le concert serait alors parfait si une bonne femme givree n'avait pas alors l'idee de se mettre a danser dans une allee laterale. On est a Pleyel ce soir, autant dire pas en boite de nuit. Et elle danse! Ca n'arrete pas! Elle danse pendant les applaudissements! Elle danse quand il n'y a rien sur scene! Elle dans quand il y a quelque chose! Et pendant l'entracte, elle chante, ou plutot tente de chanter ce que les mendiants dans le metro appellent plus modestement "une petite chanson de mon pays". La cuite ultime de Janis Joplin, pire, de Donna Jean Godchaux, en plus informe.
Elle se calme sous les lazzi de la salle, et arrete definitivement lorsqu'un "shut up" bien senti tombe du balcon. Mais qui est cette tarée? Et pourquoi ne l'a t on pas déjà virée ? A 60 euros la place, ca, c'est quelque chose qu'on est en droit d'attendre. Expectation is a prison, indeed.
Les chachas parmi mes lecteurs objecteront que non, "elle etait pleine de vie", "le trop plein de grâce l'habite", etc. Trop plein mon cul. C'etait un parasitage en regle, clairement manifestee par l'habit completement blanc de la pénible, et par son chant de plus en plus piano au fur et a mesure que la salle exprimait son irritation.
Habit blanc pour etre vue dans le noir, pianissimos et tentatives de reprise car elle etait consciente qu'elle n'etait pas a sa place. Foin donc de la Muuusique qui fond sur vous et qui vous possede : madame voulait simplement s'offrir une scene a cote de la scene, se mettre en valeur sans en payer le prix. Il aurait ete heureux et charitable pour tous que le prix a apyer se concretisat sous la forme d'un videur.
Je plains les pauvres spectateurs qui ont du se farcir tout le concert avec une follle gesticulant dans l'ombre a deux metres d'eux. J'etais au moins separe d'elle par quelques rangees de spectateurs. Comment arriver a etre present pour la musique avec une telle distraction?
Masada, a part ca? Bien. Groovy. Punchy. Je ne me souviens plus tellement. Avec un peu de chance, on reverra ca sur Dime, comme c'est parait-il le cas pour le concert de lundi.
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John Zorn, troisième soir (bis) : Cinema 27/06/2008
Quelques mots sur le troisieme soir (musiques de film). Des court metrages experimentaux etaient projetes, et Electric Masada jouait dessus, dans l'ombre.
Le premier film : un collage paresseux de scenes d'un film exotique des années 30 (princesse, rajah, crocodiles, volcan) avec un groove souple. Le film seul aurait fatigué, l'ensemble est hypnotisant, avec quelques plans peu figuratifs (une bougie, des eclaboussements) et charmants.
Second film : collage pretentieux sans queue ni tete, encore quelque chose qui veut imiter l'impressionisme et n'arrive qu'a exprimer "la brutalite de la vie moderne", comme a peu pres tout ce qui est experimetal. Mais la musique! Un assaut sonore de pres de dix minutes, cent fois meilleur que les images qu'elle illustrait.
Troisieme film : un truc rigolo sur le magicien d'Oz qui m'a fait penser au moment ou je bidouillais des sprites sur mon Amstrad, suivi par un interminable truc kaleiodscopique qui n'aurait jamais du sortir du banc de montage. Zionzions et bleeps du laptop de Ikue Mori. Bof bof.
Dernier film : quelques moments de la vie de deux femmes, filmés de facon a leur ôter le sens et a les poetiser : du fil qu'on enroule, un bal, une statue qui danse dans un parc (Central Park, puisque j'ai cru reconnaitre la fontaine de Bethesda). Sublime! Et un bel accompagmement de cordes qui rachete les errances precedentes.
Après cela, plusieurs bis de Electric Masada qui dechiraient grave. Bon concert, encore meilleur quand il n'y avait pas d'images.
Le premier film : un collage paresseux de scenes d'un film exotique des années 30 (princesse, rajah, crocodiles, volcan) avec un groove souple. Le film seul aurait fatigué, l'ensemble est hypnotisant, avec quelques plans peu figuratifs (une bougie, des eclaboussements) et charmants.
Second film : collage pretentieux sans queue ni tete, encore quelque chose qui veut imiter l'impressionisme et n'arrive qu'a exprimer "la brutalite de la vie moderne", comme a peu pres tout ce qui est experimetal. Mais la musique! Un assaut sonore de pres de dix minutes, cent fois meilleur que les images qu'elle illustrait.
Troisieme film : un truc rigolo sur le magicien d'Oz qui m'a fait penser au moment ou je bidouillais des sprites sur mon Amstrad, suivi par un interminable truc kaleiodscopique qui n'aurait jamais du sortir du banc de montage. Zionzions et bleeps du laptop de Ikue Mori. Bof bof.
Dernier film : quelques moments de la vie de deux femmes, filmés de facon a leur ôter le sens et a les poetiser : du fil qu'on enroule, un bal, une statue qui danse dans un parc (Central Park, puisque j'ai cru reconnaitre la fontaine de Bethesda). Sublime! Et un bel accompagmement de cordes qui rachete les errances precedentes.
Après cela, plusieurs bis de Electric Masada qui dechiraient grave. Bon concert, encore meilleur quand il n'y avait pas d'images.
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Zorn, lundi soir : réponse à Alexandre 27/06/2008
Une petite reponse a mon lecteur qui se defend - et il a bien raison. Votre premier commentaire laissait croire qu'il se rapportait au style de musique, alors que le second laisse clairement voir que vous en avez après le concert de lundi.
J'entends donc que vous connaissiez le style de Painkiller et celui du duo Frith/Zorn. Faut-il dire alors "bruitisme academique", "fonctionnaires de l'epate" alors que vous pensez "ils ne sont pas bons ce soir"?
J'ai trouve pour ma part qu'ils etaient un peu mous, mais que la musique n'etait pas mauvaise. Si j'avais connu mon Frith ou mon Painkiller sur le bout des doigts, peut-etre aurais-je eu des attentes plus fortes et aurais-je ete decu?. "Expectation is a prison". Mais ce n'etait pas mon cas lundi.
Je lis aussi sur la zornlist que les concerts precedents de PK etaient meilleurs, et que le groupe sortait d'un tornade d'emmerdes du week end, y compris avec les douanes italiennes. Tout cela peut contribuer a enerver les musiciens et a donner une ambiance particuliere au concert. C'est malheureux mais c'est ainsi. Parfois, nous devons encaisser ou avaler des couleuvres que nous n'avons pas causees, pas meritees et pas voules. C'est la vie. Et parfois, des benedictions nous tombent dessus sans s'etre fait desirer et nous ne les voyons pas.
Pour un concert, cela signifie qu'on s'en remet toujours a l'artiste, et que, sauf foutage de gueule caracterise, bon ou mauvais concert, c'est le même prix. Le billet achete ne nous donne aucun droit, même s'il est cher. Parfois, c'est comme lundi, et parfois comme mardi, ou j'aurais raque 80 euros sans discuter. Le "droit" d'obtenir une qualite de musique proportionnelle au prix du billet est une autre forme d'attente, donc une autre prison.
J'avais extrapolé de vos propos que "fonctionnaires de l'épate" (je vous cite de mémoire) était une qualité des musiciens, alors que c'était dans votre esprit une qualité des musiciens le soir du concert. Cela me choque moins ; mais n'allez pas penser que, parce qu'ils ont été mauvais ce soir-là, ils sont toujours mauvais dans cette incarnation là.
J'entends donc que vous connaissiez le style de Painkiller et celui du duo Frith/Zorn. Faut-il dire alors "bruitisme academique", "fonctionnaires de l'epate" alors que vous pensez "ils ne sont pas bons ce soir"?
J'ai trouve pour ma part qu'ils etaient un peu mous, mais que la musique n'etait pas mauvaise. Si j'avais connu mon Frith ou mon Painkiller sur le bout des doigts, peut-etre aurais-je eu des attentes plus fortes et aurais-je ete decu?. "Expectation is a prison". Mais ce n'etait pas mon cas lundi.
Je lis aussi sur la zornlist que les concerts precedents de PK etaient meilleurs, et que le groupe sortait d'un tornade d'emmerdes du week end, y compris avec les douanes italiennes. Tout cela peut contribuer a enerver les musiciens et a donner une ambiance particuliere au concert. C'est malheureux mais c'est ainsi. Parfois, nous devons encaisser ou avaler des couleuvres que nous n'avons pas causees, pas meritees et pas voules. C'est la vie. Et parfois, des benedictions nous tombent dessus sans s'etre fait desirer et nous ne les voyons pas.
Pour un concert, cela signifie qu'on s'en remet toujours a l'artiste, et que, sauf foutage de gueule caracterise, bon ou mauvais concert, c'est le même prix. Le billet achete ne nous donne aucun droit, même s'il est cher. Parfois, c'est comme lundi, et parfois comme mardi, ou j'aurais raque 80 euros sans discuter. Le "droit" d'obtenir une qualite de musique proportionnelle au prix du billet est une autre forme d'attente, donc une autre prison.
J'avais extrapolé de vos propos que "fonctionnaires de l'épate" (je vous cite de mémoire) était une qualité des musiciens, alors que c'était dans votre esprit une qualité des musiciens le soir du concert. Cela me choque moins ; mais n'allez pas penser que, parce qu'ils ont été mauvais ce soir-là, ils sont toujours mauvais dans cette incarnation là.
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Au courrier ce soir + Zorn, troisième soir : cinéma et Electric Masada 25/06/2008
La Marianne de Beaujard : à force de la voir, vous allez finir par l'aimer.
Et à part ça? Bon concert ce soir, des films expérimentaux prétentieux ou paresseux (à part le dernier, une merveille) accompagnés par Electric Masada, qui a "déchiré la place" au cours de trois bis ravageurs et fort appréciés du public (aujourd'hui à 95% geek et barbu).
Derrière moi, deux personnes font la théorie de l'évolution musicale : à 20 ans, c'est Zappa (Nelly Blogue, une fois encore en avance sur son temps, est fier de vous annoncer que Zappa, c'était à 16 ans. Et les Pet Shop Boys à 17 ;-), et à 30 ans c'est Zorn. Je suis très curieux de savoir ce qui m'attend ensuite. Les Arts Florissants?
Devientte : à quoi distingue-t-on le public de lundi (geeks et métalleux) du public de mercredi? Celui de mercredi ne prend pas de photos au flash.
Demain, Pleyel et quelques incarnations de Masada à 45 euros la place. Il faudra que je ressorte la cravate. (oui, la seule cravate lundi et mardi, c'était ma pomme).
Derrière moi, deux personnes font la théorie de l'évolution musicale : à 20 ans, c'est Zappa (Nelly Blogue, une fois encore en avance sur son temps, est fier de vous annoncer que Zappa, c'était à 16 ans. Et les Pet Shop Boys à 17 ;-), et à 30 ans c'est Zorn. Je suis très curieux de savoir ce qui m'attend ensuite. Les Arts Florissants?
Devientte : à quoi distingue-t-on le public de lundi (geeks et métalleux) du public de mercredi? Celui de mercredi ne prend pas de photos au flash.
Demain, Pleyel et quelques incarnations de Masada à 45 euros la place. Il faudra que je ressorte la cravate. (oui, la seule cravate lundi et mardi, c'était ma pomme).
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John Zorn à Paris, deuxième soir : the deamers 25/06/2008
Me revoila dans l'aula zornienne, plus savant des commentaires d'hier soir, d'aujourd"hui et des echos entendus ce soir. Un lecteur de ce blog s'est montre particulierement dur : bruitisme institutionnel? Noisecore academique? Fonctionnaires de l'epate? Je ne pense pas.
Plusieurs raisons a cela : 1) on ne s'ennuyait pas un instant. Ceux qui ont trouve ca trop court (les sifflets de la fin) ne me contrediront pas. 2) les musiciens qui ont joue ont ce son depuis belle lurette : nous sommes en presence d'une voix, d'un style reconnaissable. Voir par exemple, dans la birthday series, le duo Zorn / Frith. Voir "Hemophiliac" (si vous le trouvez). Voir aussi "talisman" par Painkiller. 3) tout n'etait pas "noisy" : Painkiller en particulier etait largement tonal.
Nous avions hier soir une replique de sons et de styles connus. Peu de surprise donc, sinon pour ceux qui sont venus sur le nom seul de Zorn, dont mon lecteur acerbe semble faire partie. Ce fonctionnariat de l'epate, comme il dit, marche assez bien depuis assez longtemps, il est connu, bref personne n'a ete pris en traitre. Si on aimait pas, fallait pas venir! Et lorsqu'on vient, on accepte, a chaque concert, de ne pas "en avoir pour son argent". L'artiste peut etre fatigue, peu inspire... C'est un risque que le public prend. Si on ne l'accepte pas, il reste les CD.
Je rejoins en revanche mon lecteur sur Mike Patton, qui exhalait (dans ses apparitions avec Painkiller) un reel malaise. Je ne sais trop ce qu'il en etait : a force de le voir faire le chien, j'avais envie de lui mettre une laisse. Si c'est volontaire, si c'est cette envie-la qu'il voulait faire passer, chapeau. J'aurais effectivement prefere un Patton plus "dans ta gueule", comme il sait le faire dans Moonchild et autres, ou comme le faisait Ikue Mori dans Naked City. Et, las, nous n'avons pas entendu la Litanie IV ou il aurait fait merveille.
Foule plus clairsemee ce soir, et ruee sur les places assises. Ce n'est pas le même public. Nous allons entendre "the dreamers", le dernier projet kawai du maitre. De beaux noms neanmoins : Jamie Saft, Trevor Dunn, Joey Baron, Marc Ribot, l'homme qui fait subir les derniers outrages aux guitares.
(après)
WOW! WOW! WOW! Excellent concert, plein de punch et de musicalité!
En réalité, "the dreamers" n'est pas de l'easy listening kawai. Le groupe a joué des paires de morceaux, l'un calme, le suivant énergique. Imaginez-vous, pour les morceaux calmes, un croisement entre Ennio Morricone et la B.O. de Monkey Island. Et pour les énergiques, du gros hard blues bien teigneux, comme, je ne sais plus. Cela me faisait penser à un son connu (les Mothers de 69?) mais impossible de me souvenir de quoi.
Et Marc Ribot, révélation : il sait jouer de la guitare! (l'écoute de "the book of heads" laissait planer le doute). Il en joue même très bien. Et sur un simple accord (à nouveau réminiscent de Morricone), il peut tenir dix minutes.
A y repenser, le caractère post-moderne de ce que j'ai entendu jusqu'ici me frappe : beaucoup de ce qui est joué rappelle autre chose. Exemple typique avec Painkiller lundi soir, dont le rythmique Harris/Laswell n'était pas sans analogie avec celle du bon vieux Led Zep : une brute derrière les toms, et un mélodiste à la basse.
Tous les musiciens étaient bons ce soir : Jamie Saft (rejeté de ZZ Top?) à l'orgue et au Fender Rhodes, Dunn et Baron à la rythmique, je ne sais plus qui au vibraphone. Même Zorn, qui semblait de très bonne humeur, a couiné quelques notes au saxo. Voilà ce qui résume le concert : de l'énergie, de la bonne humeur, et une brochette de pros.
En route pour mercredi : soirée "filmworks". Espérons y entendre "invitation to a suicide", un de mes CD préférés. Je suis impatient de lire les avis des bloggeurs ou membres de la mailing-list consacrée au maître, assis à côté de moi.
Jeudi, c'est Masada à Pleyel, et vendredi, musique de chambre.
Plusieurs raisons a cela : 1) on ne s'ennuyait pas un instant. Ceux qui ont trouve ca trop court (les sifflets de la fin) ne me contrediront pas. 2) les musiciens qui ont joue ont ce son depuis belle lurette : nous sommes en presence d'une voix, d'un style reconnaissable. Voir par exemple, dans la birthday series, le duo Zorn / Frith. Voir "Hemophiliac" (si vous le trouvez). Voir aussi "talisman" par Painkiller. 3) tout n'etait pas "noisy" : Painkiller en particulier etait largement tonal.
Nous avions hier soir une replique de sons et de styles connus. Peu de surprise donc, sinon pour ceux qui sont venus sur le nom seul de Zorn, dont mon lecteur acerbe semble faire partie. Ce fonctionnariat de l'epate, comme il dit, marche assez bien depuis assez longtemps, il est connu, bref personne n'a ete pris en traitre. Si on aimait pas, fallait pas venir! Et lorsqu'on vient, on accepte, a chaque concert, de ne pas "en avoir pour son argent". L'artiste peut etre fatigue, peu inspire... C'est un risque que le public prend. Si on ne l'accepte pas, il reste les CD.
Je rejoins en revanche mon lecteur sur Mike Patton, qui exhalait (dans ses apparitions avec Painkiller) un reel malaise. Je ne sais trop ce qu'il en etait : a force de le voir faire le chien, j'avais envie de lui mettre une laisse. Si c'est volontaire, si c'est cette envie-la qu'il voulait faire passer, chapeau. J'aurais effectivement prefere un Patton plus "dans ta gueule", comme il sait le faire dans Moonchild et autres, ou comme le faisait Ikue Mori dans Naked City. Et, las, nous n'avons pas entendu la Litanie IV ou il aurait fait merveille.
Foule plus clairsemee ce soir, et ruee sur les places assises. Ce n'est pas le même public. Nous allons entendre "the dreamers", le dernier projet kawai du maitre. De beaux noms neanmoins : Jamie Saft, Trevor Dunn, Joey Baron, Marc Ribot, l'homme qui fait subir les derniers outrages aux guitares.
(après)
WOW! WOW! WOW! Excellent concert, plein de punch et de musicalité!
En réalité, "the dreamers" n'est pas de l'easy listening kawai. Le groupe a joué des paires de morceaux, l'un calme, le suivant énergique. Imaginez-vous, pour les morceaux calmes, un croisement entre Ennio Morricone et la B.O. de Monkey Island. Et pour les énergiques, du gros hard blues bien teigneux, comme, je ne sais plus. Cela me faisait penser à un son connu (les Mothers de 69?) mais impossible de me souvenir de quoi.
Et Marc Ribot, révélation : il sait jouer de la guitare! (l'écoute de "the book of heads" laissait planer le doute). Il en joue même très bien. Et sur un simple accord (à nouveau réminiscent de Morricone), il peut tenir dix minutes.
A y repenser, le caractère post-moderne de ce que j'ai entendu jusqu'ici me frappe : beaucoup de ce qui est joué rappelle autre chose. Exemple typique avec Painkiller lundi soir, dont le rythmique Harris/Laswell n'était pas sans analogie avec celle du bon vieux Led Zep : une brute derrière les toms, et un mélodiste à la basse.
Tous les musiciens étaient bons ce soir : Jamie Saft (rejeté de ZZ Top?) à l'orgue et au Fender Rhodes, Dunn et Baron à la rythmique, je ne sais plus qui au vibraphone. Même Zorn, qui semblait de très bonne humeur, a couiné quelques notes au saxo. Voilà ce qui résume le concert : de l'énergie, de la bonne humeur, et une brochette de pros.
En route pour mercredi : soirée "filmworks". Espérons y entendre "invitation to a suicide", un de mes CD préférés. Je suis impatient de lire les avis des bloggeurs ou membres de la mailing-list consacrée au maître, assis à côté de moi.
Jeudi, c'est Masada à Pleyel, et vendredi, musique de chambre.
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Salon du timbre, dernière 23/06/2008
Vous aussi, réseautez grâce au salon du timbre...
C'est encore écrit sur PDA, soyez indulgent avec les fôtes.
Salon du timbre, derniere.
Il fait beau, comment resister a une viree au Parc Floral, avant que les boeufs de la Fete de la Musique (ahem) n'occupent le pave?
Me revoici donc a faire mes devotions et a presqu'agresser une pauvre hotesse qui ne peut m'indiquer ou se trouvent les boites aux lettres. Mon tuyau recent marche : les nouveautes des jours precedents se trouvent au stand de la poste ou l'on se fait servir decemment en jouant un epudes coudes. Quant aux nouveautes du jour, elles ont desormais leur file speciale, au "guichet 8". Helas, aucun guichet n'est numerote et il fait y aller au juge. Encore un effort, messieurs les organisateurs.
En mangeant dehors, j'entends qu'on appelle pour la finale de "questions pour un champion" le nom d'une amie de pensionnat de ma mere. Etrange mais pas impossible. Oui, il y a quelques "people" au salon, pour faire venir le chaland. J'ai donc pu voir de pres dans la même demi heure Julien Lepers, vincent ferniot, robert hossein. Si l'inspecteur derick avait ete de la partie, ma pauvre grand mere aurait ete toute heureuse d'etre la.
Faute de Derrick, j'aborde l'amie de maman, je me presente, et elle me presente a son mari, philateliste (je le savais), jure et delegue regional de la FFAP(j'aurais du m'en douter). S'ensuivent dix minutes hautement instructives sur la maniere de collectionner, sur ce qu'on trouve en expo nationale. Il me montre même deux ou trois faux dans quelques collections et me donne des conseils pour démarrer proprement une collection (je me ferais bien des oblitérations camerounaises d'avant l'indépendance, ou alors quelque chose à Djibouti, je ne sais pas encore).
En sortant, après un petit tour à la compétition internationale (la seule pièce climatisée!), je m'arrête sur le parterre des concerts, où Henri Texier joue avec son sextet. Il est bon, le bougre ; et les bougres avec lui aussi. Une demi-heure de swing.
Bref, la journée n'aura pas été perdue.
Salon du timbre, derniere.
Il fait beau, comment resister a une viree au Parc Floral, avant que les boeufs de la Fete de la Musique (ahem) n'occupent le pave?
Me revoici donc a faire mes devotions et a presqu'agresser une pauvre hotesse qui ne peut m'indiquer ou se trouvent les boites aux lettres. Mon tuyau recent marche : les nouveautes des jours precedents se trouvent au stand de la poste ou l'on se fait servir decemment en jouant un epudes coudes. Quant aux nouveautes du jour, elles ont desormais leur file speciale, au "guichet 8". Helas, aucun guichet n'est numerote et il fait y aller au juge. Encore un effort, messieurs les organisateurs.
En mangeant dehors, j'entends qu'on appelle pour la finale de "questions pour un champion" le nom d'une amie de pensionnat de ma mere. Etrange mais pas impossible. Oui, il y a quelques "people" au salon, pour faire venir le chaland. J'ai donc pu voir de pres dans la même demi heure Julien Lepers, vincent ferniot, robert hossein. Si l'inspecteur derick avait ete de la partie, ma pauvre grand mere aurait ete toute heureuse d'etre la.
Faute de Derrick, j'aborde l'amie de maman, je me presente, et elle me presente a son mari, philateliste (je le savais), jure et delegue regional de la FFAP(j'aurais du m'en douter). S'ensuivent dix minutes hautement instructives sur la maniere de collectionner, sur ce qu'on trouve en expo nationale. Il me montre même deux ou trois faux dans quelques collections et me donne des conseils pour démarrer proprement une collection (je me ferais bien des oblitérations camerounaises d'avant l'indépendance, ou alors quelque chose à Djibouti, je ne sais pas encore).
En sortant, après un petit tour à la compétition internationale (la seule pièce climatisée!), je m'arrête sur le parterre des concerts, où Henri Texier joue avec son sextet. Il est bon, le bougre ; et les bougres avec lui aussi. Une demi-heure de swing.
Bref, la journée n'aura pas été perdue.
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John Zorn, Paris La Villette, premier soir : Necrophiliac, Painkiller 23/06/2008
En exclusivité Nelly Blogue, mes pensées (ahem) sur le vif, telles que captées par mon PDA. Donc, il n'y pas tous les accents ni toutes les majuscules. Au fait : baby blue, etc.
Vu sur les tshirts
Faith no more
Une theremine
John coltrane
Zappa Plays Zappa
Des signes cabalistiques
Godspeed you black emperor
Le public inclassable, barbus, etudiants intellos, geeks, punks. La seule cravate : moi. Vieux babs aussi, catogan et crins blancs.
Des geeks. Beaucoup de geeks heteros. Plus de filles que prevu. Encore que, d'ou je me trouve, c'est dur de distinguer un geek a cheveux longs d'une femme de geek.
Tshirt : pungent stench. Ca doit etre la frange noisecore!
Un petit air intello newyorkais. Pour Paris, mieux, Paris XIX, c'est un petit miracle.
Look commun : beret, cheveux longs, barbiche rouquine.
On parle allemand et anglais autour de moi. John Zorn + allemand = envie d'envahir la pologne.
Un tshirt des jmj. Naaaan, je blague.
Le bar, même pas la civilite d'ouvrir a 19 heures. Bande de subventionnes!
Le dernier concert ici, c'etait l'Ensemble Intercon (Susanna Maalki, dir) qui jouait - superbement - plusieurs Sequenze de Berio. (Le compositeur, pas l'aviateur)
Au moins deux "minorites visibles", c'est une de plus que dans un concert classique.
Un tshirt radiohead. Non???
Ca y est, je suis rentre. Au programme ce soir : "necrophiliac", un groupe avec mike patton et fred frith, puis "painkiller" avec mick harris, bill laswell et, dans les deux formations, le maitre. Je m'attends a autant de decibels qu'un 747 au decollage.
"Necrophiliac" est inedit, encore que le nom laisse clairement augurer de quoi il va s'agir ("un sommet du hardcore", selon le programme inepte ecrit par alex dutilh). Zorn avait bien forme un groupe nomme Hemophiliac, mais ce dernier etait plutot bruitiste, tendance electronique.
Quant a Painkiller, c'est du connu, un monstre de terreur sonore sans humour, "Naked City" sans la legerete (ahem), l'equivalent musical d'une division de panzers sur l'infortunee Belgique, le pilonnage americain de Bagdad en 2003, bref, je me comprends. Ecoutez donc "scud attack" sur le CD "guts of a virgin" et vous verrez.
Ca va chier du decibel, o mes freres.
Retenez la date : 25 fevrier 2009, JZ est de retour a Paris. A Pleyel, si je comprends bien.
Fin du premier set. Une grosse demi heure finalement pas si brutale. C'est Hemophiliac avec Patton qui hurle (peu) et qui trafique les sons des autres. Le public ecoute, silencieux et poli mais un peu interloque. Ici, au balcon, nous sommes deux ou trois a applaudir dans un rayon de dix spectateurs. Il y avait plus d'enthousiasme pour Henri Texier et son super sextet samedi au Parc Floral.
Fin du second set. Trois quarts d'heure (on n'avait pas vu si court de puis New Order dans les années 80). Du bon gros Painkiller un peu mou (si!), tendance "Talisman". Patton rejoint pour quelques morceaux proprement grindcore (mais il est sous-mixé!) et Frith revient pour un final à 5 super-noisy. Un bis de quarante secondes et les dieux de la scène underground newyorkaise (crevés de fatigue?) s'en vont sous les huées. Le public s'estimé floué sur le rapport quantité/prix.
Début 20h10, fin 21h45, emballez c'est pesé. Aucun regret d'être venu, bien au contraire.
Demain : "the dreamers" : esay listening, baby!
Mercredi : un pot-pourri des "filmworks"
Jeudi : quelques incarnations de Masada (on joue pour Pleyel, qu'attendiez-vous d'autre?)
Vendredi : pièces de chambre classiques (dont l'étrange Gris-Gris pour 13 percussions, qu'on a pu découvrir sur "from silence to sorcery"). Un des interprètes est le "quatuor Crowley", mes lecteurs vont sans doute apprécier !
Faith no more
Une theremine
John coltrane
Zappa Plays Zappa
Des signes cabalistiques
Godspeed you black emperor
Le public inclassable, barbus, etudiants intellos, geeks, punks. La seule cravate : moi. Vieux babs aussi, catogan et crins blancs.
Des geeks. Beaucoup de geeks heteros. Plus de filles que prevu. Encore que, d'ou je me trouve, c'est dur de distinguer un geek a cheveux longs d'une femme de geek.
Tshirt : pungent stench. Ca doit etre la frange noisecore!
Un petit air intello newyorkais. Pour Paris, mieux, Paris XIX, c'est un petit miracle.
Look commun : beret, cheveux longs, barbiche rouquine.
On parle allemand et anglais autour de moi. John Zorn + allemand = envie d'envahir la pologne.
Un tshirt des jmj. Naaaan, je blague.
Le bar, même pas la civilite d'ouvrir a 19 heures. Bande de subventionnes!
Le dernier concert ici, c'etait l'Ensemble Intercon (Susanna Maalki, dir) qui jouait - superbement - plusieurs Sequenze de Berio. (Le compositeur, pas l'aviateur)
Au moins deux "minorites visibles", c'est une de plus que dans un concert classique.
Un tshirt radiohead. Non???
Ca y est, je suis rentre. Au programme ce soir : "necrophiliac", un groupe avec mike patton et fred frith, puis "painkiller" avec mick harris, bill laswell et, dans les deux formations, le maitre. Je m'attends a autant de decibels qu'un 747 au decollage.
"Necrophiliac" est inedit, encore que le nom laisse clairement augurer de quoi il va s'agir ("un sommet du hardcore", selon le programme inepte ecrit par alex dutilh). Zorn avait bien forme un groupe nomme Hemophiliac, mais ce dernier etait plutot bruitiste, tendance electronique.
Quant a Painkiller, c'est du connu, un monstre de terreur sonore sans humour, "Naked City" sans la legerete (ahem), l'equivalent musical d'une division de panzers sur l'infortunee Belgique, le pilonnage americain de Bagdad en 2003, bref, je me comprends. Ecoutez donc "scud attack" sur le CD "guts of a virgin" et vous verrez.
Ca va chier du decibel, o mes freres.
Retenez la date : 25 fevrier 2009, JZ est de retour a Paris. A Pleyel, si je comprends bien.
Fin du premier set. Une grosse demi heure finalement pas si brutale. C'est Hemophiliac avec Patton qui hurle (peu) et qui trafique les sons des autres. Le public ecoute, silencieux et poli mais un peu interloque. Ici, au balcon, nous sommes deux ou trois a applaudir dans un rayon de dix spectateurs. Il y avait plus d'enthousiasme pour Henri Texier et son super sextet samedi au Parc Floral.
Fin du second set. Trois quarts d'heure (on n'avait pas vu si court de puis New Order dans les années 80). Du bon gros Painkiller un peu mou (si!), tendance "Talisman". Patton rejoint pour quelques morceaux proprement grindcore (mais il est sous-mixé!) et Frith revient pour un final à 5 super-noisy. Un bis de quarante secondes et les dieux de la scène underground newyorkaise (crevés de fatigue?) s'en vont sous les huées. Le public s'estimé floué sur le rapport quantité/prix.
Début 20h10, fin 21h45, emballez c'est pesé. Aucun regret d'être venu, bien au contraire.
Demain : "the dreamers" : esay listening, baby!
Mercredi : un pot-pourri des "filmworks"
Jeudi : quelques incarnations de Masada (on joue pour Pleyel, qu'attendiez-vous d'autre?)
Vendredi : pièces de chambre classiques (dont l'étrange Gris-Gris pour 13 percussions, qu'on a pu découvrir sur "from silence to sorcery"). Un des interprètes est le "quatuor Crowley", mes lecteurs vont sans doute apprécier !
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Au courrier ce soir 20/06/2008
Un petit pli polaire pris dans les glaces de l'Alaska. Il était temps...
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L'Annulation, suite 19/06/2008
En illustration, le premier d'une série de timbres allemands, prétexte à ma germanophilie galopante. Le sujet plaira à certains lecteurs (pas la peine de traduire la légende, je suppose) ; je souhaite aussi attirer l'attention sur le design, la "mise en page", comme on dit ici, qui est souvent, chez nos cousins d'outre-Rhin, irréprochable. Ce ton sur ton blanc, la symétrie entre les bras ouverts et le petit coup de vent sur la soutane, tout cela est de fort bon goût.
En France, tradition oblige, on boude (largement mais pas totalement) les sujets religieux, confinés à la sphère privée. C'est un peu dommage à mon sens, et des personnages comme le Cardinal Lustiger mériteraient autant leur timbre que (au hasard) Pierre Beregovoy, dont j'ai du mal à cerner l'empreinte sur la société contemporaine. Une exception récente : la flamme des 150 ans des apparitions de Lourdes - encore que je présume que les élus locaux y sont pour beaucoup, plus que le clergé.
Et maintenant, place à la polémique.
La pantalonnade de l'affaire de l'Annulation (oui, toujours celle-là) progresse allègrement vers des niveaux de pipeau rarement atteints. Une cour d'appel a été saisie et, comme j'imagine que l'appel est suspensif, l'annulation a été suspendue en attendant le jugement, qui sera rendu en septembre.
Bref, Momo et Laïla (appelons-les comme cela, j'ignore comme la presse leurs identités réelles) sont à nouveau mariés… au moins jusqu'en septembre. L'histoire ne dit pas s'ils pèchent en consommant.
Que risquent-ils ? De se retrouver bel et bien mariés, et probablement obligés, pour rester cohérents, d'entamer une procédure de divorce. Avec un peu de chance, ce couple aura des faibles revenus et ce sera le contribuable (donc moi) qui paiera les avocats trop chers pour eux. Bien entendu, on pleurera un peu sur le pouvoir d'achat trop bas, qui force la France d'en bas à vivre d'expédients et de système D, bla bla bla.
C'est d'autant plus saugrenu que ni Momo ni Laïla ne veulent vivre ensemble, et qu'ils ont demandé conjointement l'annulation (l'histoire ne dit pas combien de bleus avait Laïla lorsqu'elle a demandé ça). Ils sont très content d'être annulés (passé le moment de la colère de monsieur, découvrant que mademoiselle est déjà madame). Laïla fait par ailleurs savoir que l'Etat n'a pas à décider à sa place de choses personnelles. Bref, les positions idéologiques de quelques féministes et de politiciens soucieux de se faire bien voir nous amènent à un cas où c'est la loi qui doit définir ce que sont les « qualités essentielles » d'une personne ; et si c'est bien ou mal d'être vierge le jour de son mariage.
Une fois encore, ce monstre froid qu'est l'Etat s'immisce dans des affaires personnelles, qu'on résoudrait bien mieux sans lui et sans ce tapage médiatique. La loi définit déjà durant quelles périodes l'esclavage est un crime contre l'humanité, et durant quelles périodes il ne l'est pas ; elle définit l'existence du génocide arménien. Elle a failli définir que la colonisation avait des aspects positifs. Que va-t-on encore inventer ? Va-t-on criminaliser l'alimentation trop salée ? les blagues belges ? le fait de ne pas dire « bonne journée » quand on sort de l'ascenseur ? la tenue de propos réjouis sur l'élimination de la France hors de l'Euro ? (je parle du foot, pas de la monnaie unique). Quelle époque !
En France, tradition oblige, on boude (largement mais pas totalement) les sujets religieux, confinés à la sphère privée. C'est un peu dommage à mon sens, et des personnages comme le Cardinal Lustiger mériteraient autant leur timbre que (au hasard) Pierre Beregovoy, dont j'ai du mal à cerner l'empreinte sur la société contemporaine. Une exception récente : la flamme des 150 ans des apparitions de Lourdes - encore que je présume que les élus locaux y sont pour beaucoup, plus que le clergé.
Et maintenant, place à la polémique.
La pantalonnade de l'affaire de l'Annulation (oui, toujours celle-là) progresse allègrement vers des niveaux de pipeau rarement atteints. Une cour d'appel a été saisie et, comme j'imagine que l'appel est suspensif, l'annulation a été suspendue en attendant le jugement, qui sera rendu en septembre.
Bref, Momo et Laïla (appelons-les comme cela, j'ignore comme la presse leurs identités réelles) sont à nouveau mariés… au moins jusqu'en septembre. L'histoire ne dit pas s'ils pèchent en consommant.
Que risquent-ils ? De se retrouver bel et bien mariés, et probablement obligés, pour rester cohérents, d'entamer une procédure de divorce. Avec un peu de chance, ce couple aura des faibles revenus et ce sera le contribuable (donc moi) qui paiera les avocats trop chers pour eux. Bien entendu, on pleurera un peu sur le pouvoir d'achat trop bas, qui force la France d'en bas à vivre d'expédients et de système D, bla bla bla.
C'est d'autant plus saugrenu que ni Momo ni Laïla ne veulent vivre ensemble, et qu'ils ont demandé conjointement l'annulation (l'histoire ne dit pas combien de bleus avait Laïla lorsqu'elle a demandé ça). Ils sont très content d'être annulés (passé le moment de la colère de monsieur, découvrant que mademoiselle est déjà madame). Laïla fait par ailleurs savoir que l'Etat n'a pas à décider à sa place de choses personnelles. Bref, les positions idéologiques de quelques féministes et de politiciens soucieux de se faire bien voir nous amènent à un cas où c'est la loi qui doit définir ce que sont les « qualités essentielles » d'une personne ; et si c'est bien ou mal d'être vierge le jour de son mariage.
Une fois encore, ce monstre froid qu'est l'Etat s'immisce dans des affaires personnelles, qu'on résoudrait bien mieux sans lui et sans ce tapage médiatique. La loi définit déjà durant quelles périodes l'esclavage est un crime contre l'humanité, et durant quelles périodes il ne l'est pas ; elle définit l'existence du génocide arménien. Elle a failli définir que la colonisation avait des aspects positifs. Que va-t-on encore inventer ? Va-t-on criminaliser l'alimentation trop salée ? les blagues belges ? le fait de ne pas dire « bonne journée » quand on sort de l'ascenseur ? la tenue de propos réjouis sur l'élimination de la France hors de l'Euro ? (je parle du foot, pas de la monnaie unique). Quelle époque !
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