Sauvez les robots
A tous les coups ça marche 19/02/2007
On ne peut pas y échapper, c'est la semaine de l'anniversaire de l'occupation, en 1977, de St Nicolas du Chardonnet par Mgr Ducaud-Bourget puis les lefevristes. Acte important du tradiland, cette « prise » et cette occupation recèlent en eux quelques-unes des caractéristiques du milieu que nous aimons… étriller.
Je passe sur l'esprit obsidional, bien connu et bien chroniqué. Tous ne mettent pas des rideaux aux vitres arrière des voitures, de peut que leurs enfants ne voient le monde et ne soient contaminés – mais il y en a eu et il y en a peut-être encore.
Un autre trait frappant, c'est la propension à la querelle et à l'agression. Un forum bien connu, qui s'est exposé récemment dans l'Homme Nouveau (au prix d'une note se désolidarisant du contenu de la « tribune libre », m'a-t-on dit), a mené un « concours de liturgie » en ligne, c'est-à-dire une série de questions-réponses d'une technicité certaine. Les participants du concours, en fonction d'un barême prédéfini, sont notés et classés. Les réponses sont distillées avec tout le sérieux qui convient à la question, c'est-à-dire sur le thème de la « marche impériale » de Star Wars, par un « abbé Vador » dont on espère qu'il n'agit pas sous la contrainte, de quelque cave du vatican lyonnaise, ou américaine, ou que sais-je. L'objet du concours, ou l'un des objets : que les tradis sachent de quoi ils parlent, et ce qu'ils défendent, lorsqu'il s'agit de liturgie.
J'ai passé en revue les questions et les réponses. De la liturgie, on ne retient presque uniquement que les rubriques, et des rubriques on retient largement les ornements. C'est presque un concours de fringues, où la connaissance du nombre d'épingles sur le pallium, ou de la couleur des franges des fanons de telle mitre vous gagne l'estime des coreligionnaires et le statut de savant liturgique.
Il n'y a même pas de ces classements des divers degrés de sacrifice qui font le bonheur des catéchismes lefevristes tentant de démontrer combien le missel de 69 est vénéneux. Bien entendu, inutile d'espérer y trouver quelque chose de spirituel, quelque chose ayant trait à l'importance de la liturgie, à ses rapports avec la vie de l'âme, à la place auprès de la Trinité qu'elle nous procure, bref, à quelques détails sans importance.
L'un des ces savants liturgiques élus par la vox populi avant que le concours en question n'existe, a été ainsi pris dans une querelle un peu ridicule où les arguments bas de plafond de l'abbé auteur du concours tendaient à démontrer que la fête de St Michel était une fête du Seigneur. « Mais oui, mais il y a marqué dédicace alors c'est une fête de la dédicace donc du seigneur ». Autant dire que chaque coq à l'âne qu'on peut lire ou entendre n'est avéré que lorsqu'on a exhibé une photo du coq ou de l'âne en question, avec l'adresse de son écurie ou de sa basse-cour.
Dans cette querelle, il faut le dire, notre savant liturgique avait cent fois raison. Mais il s'offusqua de se faire rembarrer par le clerc qui avait commis la réponse, bredouilla quelques lignes sur les laïcs amateurs de liturgie le dédouanant à l'avance de montrer qu'il en savait systématiquement plus que le laïc liturgique de base, et fit un petit numéro de vierge effarouchée dans lequel ceux qui croient en la réversibilité n'auront aucun mal à voir la (juste) rétribution de propos peu charitables à mon égard tenus il y a quelques mois. Appelez ça le karma, la communion des réprouvés, ce que vous voudrez – moi je me contente d'en bien rigoler.
Oui, on pourrait citer aussi le dessèchement, la médiocrité des clercs comme traits de tradiland, fortement illustrés par ce qui précède. Ce qui me frappe, pourtant, c'est que sur un sujet qui devrait mettre d'accord tous ces vaillants combattants de la foi, celui qui les a fédérés au début, il s'en trouve plusieurs pour s'étriper, et que ce sont les clercs qui montrent le mauvais exemple. Ce qui me frappe, c'est que la querelle semble la raison d'être de tradiland bien plus que la liturgie, et que les dimensions du grémial ou la position du 7ème cierge des messes pontificales semble être l'essentiel de la liturgie pour toute cette foule.
Une fois encore, on se demande si les tradis se battent pour l'avènement du règne du Christ dans les cœurs, ou simplement pour avoir raison ; s'ils sont le sel de la terre, ou son poil à gratter.
Je passe sur l'esprit obsidional, bien connu et bien chroniqué. Tous ne mettent pas des rideaux aux vitres arrière des voitures, de peut que leurs enfants ne voient le monde et ne soient contaminés – mais il y en a eu et il y en a peut-être encore.
Un autre trait frappant, c'est la propension à la querelle et à l'agression. Un forum bien connu, qui s'est exposé récemment dans l'Homme Nouveau (au prix d'une note se désolidarisant du contenu de la « tribune libre », m'a-t-on dit), a mené un « concours de liturgie » en ligne, c'est-à-dire une série de questions-réponses d'une technicité certaine. Les participants du concours, en fonction d'un barême prédéfini, sont notés et classés. Les réponses sont distillées avec tout le sérieux qui convient à la question, c'est-à-dire sur le thème de la « marche impériale » de Star Wars, par un « abbé Vador » dont on espère qu'il n'agit pas sous la contrainte, de quelque cave du vatican lyonnaise, ou américaine, ou que sais-je. L'objet du concours, ou l'un des objets : que les tradis sachent de quoi ils parlent, et ce qu'ils défendent, lorsqu'il s'agit de liturgie.
J'ai passé en revue les questions et les réponses. De la liturgie, on ne retient presque uniquement que les rubriques, et des rubriques on retient largement les ornements. C'est presque un concours de fringues, où la connaissance du nombre d'épingles sur le pallium, ou de la couleur des franges des fanons de telle mitre vous gagne l'estime des coreligionnaires et le statut de savant liturgique.
Il n'y a même pas de ces classements des divers degrés de sacrifice qui font le bonheur des catéchismes lefevristes tentant de démontrer combien le missel de 69 est vénéneux. Bien entendu, inutile d'espérer y trouver quelque chose de spirituel, quelque chose ayant trait à l'importance de la liturgie, à ses rapports avec la vie de l'âme, à la place auprès de la Trinité qu'elle nous procure, bref, à quelques détails sans importance.
L'un des ces savants liturgiques élus par la vox populi avant que le concours en question n'existe, a été ainsi pris dans une querelle un peu ridicule où les arguments bas de plafond de l'abbé auteur du concours tendaient à démontrer que la fête de St Michel était une fête du Seigneur. « Mais oui, mais il y a marqué dédicace alors c'est une fête de la dédicace donc du seigneur ». Autant dire que chaque coq à l'âne qu'on peut lire ou entendre n'est avéré que lorsqu'on a exhibé une photo du coq ou de l'âne en question, avec l'adresse de son écurie ou de sa basse-cour.
Dans cette querelle, il faut le dire, notre savant liturgique avait cent fois raison. Mais il s'offusqua de se faire rembarrer par le clerc qui avait commis la réponse, bredouilla quelques lignes sur les laïcs amateurs de liturgie le dédouanant à l'avance de montrer qu'il en savait systématiquement plus que le laïc liturgique de base, et fit un petit numéro de vierge effarouchée dans lequel ceux qui croient en la réversibilité n'auront aucun mal à voir la (juste) rétribution de propos peu charitables à mon égard tenus il y a quelques mois. Appelez ça le karma, la communion des réprouvés, ce que vous voudrez – moi je me contente d'en bien rigoler.
Oui, on pourrait citer aussi le dessèchement, la médiocrité des clercs comme traits de tradiland, fortement illustrés par ce qui précède. Ce qui me frappe, pourtant, c'est que sur un sujet qui devrait mettre d'accord tous ces vaillants combattants de la foi, celui qui les a fédérés au début, il s'en trouve plusieurs pour s'étriper, et que ce sont les clercs qui montrent le mauvais exemple. Ce qui me frappe, c'est que la querelle semble la raison d'être de tradiland bien plus que la liturgie, et que les dimensions du grémial ou la position du 7ème cierge des messes pontificales semble être l'essentiel de la liturgie pour toute cette foule.
Une fois encore, on se demande si les tradis se battent pour l'avènement du règne du Christ dans les cœurs, ou simplement pour avoir raison ; s'ils sont le sel de la terre, ou son poil à gratter.
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z_igou@yahoo.com
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