Nelly Blogue
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Même si je suis hébergé sur son site, je ne suis pas Sombreval.

Nelly Achlaw
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Nelly est UN parisien qui vit seul et travaille beaucoup. Dans "Nelly Blogue", il parle de ce qu'il aime : cinéma, liturgie, livres, musique - et de ce qu'il n'aime pas.

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Cinéma

John Rambo  10/02/2008

On n'avait plus vu d'arc depuis le premier volet du « seigneur des anneaux », plus de lance-flammes depuis… euh… le « secret de l'espadon » ; les voilà qui reviennent à la faveur du dernier Stallone, « John Rambo ». Officiellement, c'est la catharsis du personnage, qui se paye une dernière bonne tranche de guerre avant de rentrer, l'esprit tranquille, chez lui. Une bonne tranche de vingt minutes, bien sauvage, à la « combat final de Platoon », avec du sang qui éclabousse de partout, y compris la caméra. Mais c'est pour la bonne cause, puisque c'est pour montrer que les horreurs de la guerre laissent une empreinte indélébile sur les vétérans. Bon, et maintenant que c'est dit, si on retournait dégommer du niakoué ?

Pendant ce temps, une voix dans la tête du spectateur dit, alors qu'un compteur de morts s'afficeh en incrustation dans un coin du cerveau : « film plus violent que Terminator… film plus violent de Total Recall… film plus violent que Hot Shots 2… film le plus violent de tous les temps ».
En fait, c'est un peu ça, « John Rambo » : Hot Shots 2, mais sans l'humour. Sauf lors de la scène de présentation des mercenaires – mais est-ce volontaire ? 3/5


le 10/02/2008 à 23:36 | Permalien | Commentaires (0)


Cinéma

Into the Wild, par Sean Penn  10/01/2008

Il serait injuste de donner 4/5 à « into the wild », car il vaut bien mieux. Il serait excessif de lui donner 5/5 en raison de ses faiblesses, petites mais certaines. Alors, on va recourir, horreur, aux demi-points. Mais tout de suite, un résumé-minute.

Christopher McCandless : j'en ai marre de cette sociétéeuh matérialisteuh. Je veux me sentir exister. Puis j'irai en Alaska avec les dix livres de mon île déserte, un Tolstoi et neuf Rousseau.

(Il fait ce qu'il a dit)

Christopher McCandless : arrête-toi, ô jour, tu es si beau.

(Deux ans passent, il finit par arriver en Alaska et il va trop loin)

Christopher McCandless : le printemps revient, symbole de mon désir de retourner parmi les hommes.

(Il meurt)

-- fin du résumé-minute --

Cet excellent film de Sean Penn semble se prêter à une infinité de lectures sans se réduire à une seule, de même que la personnalité de Christopher, magnifiquement interprété par un Emile Hirsch qui lui confère un aplomb tranquille et nonchalant.

Est-ce du rousseauisme primaire ? Non. Une révolte d'adolescent ? Non. Une volonté écolo-extrémiste de ne plus recourir qu'à ses fonctions animales ? Non. Une quête du bonheur ? Non. Une critique de la société contemporaine ? Non. Une expérience mystique ? Non. L'appel de la forêt ? Non.

Et pourtant, tout cela à la fois. Mais en plus, quelque chose d'indéfinissable qui lie le tout. Le résultat, c'est qu'on se passionne pour l'aventure de Christopher McCandless sans pouvoir décrocher ; captivé que l'on est par l'assiduité que met Sean Penn à comprendre et à faire ressentir son personnage sans le juger ni même parfois sans l'approuver. Il y a dans « into the wild » un peu de cette étincelle qui fait que l'on s'intéresse aux gens et qui illuminait « a prairie home companion » l'an dernier (en français : « the last show » de Robert Altman). Tous deux baignent dans une atmosphère où tout devient simple, du moment qu'on cesse de faire compliqué.

Certes, il y a aussi des défauts. Les envols d'oiseaux, le troupeaux de chevaux, les ralentis, et le plan « I'm the king of the world » au sommet d'une montagne sont bien lourdingues. De même, il ne semble, à part un garde, que le monde n'est peuplé que de gentils hippies ou presque. Car ce sont les gens simples, qui ont vécu, qui sont à même de comprendre la démarche de McCandless : hippies, danois cinglés (une scène qui vaut son pesant d'or), ruraux, militaires. Dernier point, on se serait passé de la voix off de sa sœur qui commente.

Très chaudement recommandé, vous y trouverez certainement une interprétation sur mesure pour vous. 4 ½ sur 5


le 10/01/2008 à 23:47 | Permalien | Commentaires (4)


Cinéma

This is England  17/10/2007

ALLEZ VOIR CE FILM
4.5/5

Détails suivront.


le 17/10/2007 à 23:48 | Permalien | Commentaires (1)


Cinéma

28 JOURS plus tard  24/09/2007

Dans "28 jours plus tard" (je dis bien "jours" et non "semaines"), Cillian Murphy (cf. "the wind that shakes the barley") promène sa tête de psychopathe dans un Londres désert et une Angleterre ravagée par un virus qui a transformé les gens en une variété remuante et véloce. Seul au monde avec quelques personnes, il rejoint un poste militaire barricadé vers Manchester. Gros flingues, testostérone, zombies mutants, le bal peut commencer, ou plutôt, continuer.

L'objet du réalisateur est, paraît-il, de dénoncer la bête en nous, en la mettant en scène (le virus provient de singes qui ont regardé trop d'images violentes à la télé). Cillian Murphy, au cours du film, ressemble de plus en plus à l'un de ceux dont il veut se protéger et protéger sa compagnie. La dénonciation, malheureusement, est entâchée par une certaine complaisance dans la représentation de la violence, et un dénouement artificiel. En résumé, un bon film de zombies sous amphétamines.

Résumé minute :
Cillian Murphy : où suis-je? Tiens, il n'y a plus personne. Ohé? Y'a quelqu'un?
( Selena apparaît et tue son compagnon qui vient juste d'être infecté)
Selena : la vie est dure, tu sais, et il faut s'entraider.
(Ils fuient jusque dans une place forte tenue par des soldats)
Le major : il y a des femmes avec vous? nous allions basculer dans l'ambiguïté sexuelle, vous savez.
Un des soldats : ouah, l'autre, elle est bonne. Viens voir mon gros flingue!
(Cillian Murphy met en oeuvre son plan diabolique, qui réussit)
Danny Boyle : l'homme est un loup pour l'homme, décidément. Tenez, je vais vous remontrer cela en gros plan.

3/5


le 24/09/2007 à 20:11 | Permalien | Commentaires (0)


Cinéma

Shoot'em up!  24/09/2007

Quel film actuellement à l'affiche dénonce la fascination américaine pour les armes par une intrigue abracadabrante, où l'on tire plus de coups de feu que Heat, Robocop et Predator réunis?
Quel film met aux prises des méchants (une centaine au bas mot) et un ou deux gentils sans dire pourquoi les uns sont méchants, et ce que font les autres dans cette galère?
Dans quel film Clive Owen traîne-t-il sa dégaine nonchalante et règle-t-il leur compte à plusieurs mercenaires surarmés lors d'une séquence de chute libre? (P.G., si tu me lis...)
Dans quel film voit-on plusieurs personnes se faire occir avec une... carotte?

"Shoot 'em up!", ou le film du dimanche soir élevé au rang d'un des beaux arts. 4/5, chaudement recommandé si vous êtes un mec.


Résumé minute :

Femme en danger de mort : hiiii! hiiii! au secours!
Clive Owen : j'ai horreur de ce genre de situation.
(il dégomme tous les méchants)
Clive Owen : allez, scène suivante SVP.


le 24/09/2007 à 20:11 | Permalien | Commentaires (1)


Cinéma

Harry potter : le film  12/09/2007

La Pottermania ! Pour bien s'en imprégner, rien de tel qu'un petit souvenir de quatre ans, brillant par l'intelligence et la charité.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=217

Au demeurant, la survie de l'âme, il n'y a plus de raison d'épiloguer dessus après ce que nous assène Joanne Rowling dans le tome 7.

Et le millésime 2007 au cinéma, que vaut-il ? Hélas, hélas. Le troisième, celui de Cuaron, reste toujours le meilleur. Ce n'est pas qu'il soit mauvais, hein, le cinquième. Daniel Radcliffe y tient bien son rang, et se donne même quelques accès de rage adolescente assez convaincants ; il y a des cadrages originaux. Mais le film ne fait pas le poids face au roman, le meilleur de la série (j'écris ça avant d'avoir lu le 7, NdN) et l'un des plus noirs. Au lieu de noirceur, nous avons beaucoup de Walt Disney, des baguettes magiques qui font « zap » et des « expelliarmus » ad nauseam. Et même pas de quidditch, et si peu de professeur Snape (« Rogue », comme on a osé le traduire). Quand on sait le rôle qu'il jouera dans le tome 6 (et 7 !!! NdN), hé hé hé. Pire, nous avons des citations d'autres films, notamment le « seigneur des anneaux ». Mais quand Sirius Black meurt, même avec la meilleure volonté, pas moyen d'être ému. Le ralenti avec le son coupé, cela marchait pour Frodon, mais pour Harry Potter, bof bof. Bref, 3/5, pas plus.


le 12/09/2007 à 22:06 | Permalien | Commentaires (4)


Cinéma

La vie des autres  12/04/2007

L'autre film, c'est « la vie des autres », judicieusement ressorti en salles à la faveur de quelques prix. Des officiers de la Stasi tentent de piéger un auteur de théâtre trop poli pour être honnête. Le début est extraordinaire : un officier de la Stasi commente, pour les agents du renseignement qu'il forme, l'enregistrement d'un interrogatoire qu'il a mené. Toute la mécanique parfaitement huilée de l'espionnage intérieur est exposée avec maestria : pas un mot plus haut que l'autre, tout noté, tout archivé, rien n'est laissé au hasard, pas même "l'échantillon pour les chiens". Les élèves, les spectateurs penchent à croire à l'innocence de l'interrogé… jusqu'à ce qu'il se révèle coupable. La police politique, en plus d'être méthodique, semble infaillible, tout comme l'ancien ministre de la sécurité. Ce sont là des gens qui flairent, infailliblement. Ils sont tout-puissants et savent avant les gens qu'ils observent les actions que ceux-ci vont poser.

Leur flair va donc s'exercer sur un dramaturge pressenti peu fidèle au parti malgré une façade d'orthodoxie sans faille (hilarante pièce de théâtre en abyme, dans le plus détestable style brechtien, où de vaillantes ouvrières en gris, héroïnes du prolétariat, ont des petites peines et des petites joies mises en scène comme dans un patronage catholique). L'officier du début pose ses micros, s'installe au grenier, chausse son casque et écoute. Le film devient un jeu où tout le monde tient tout le monde par la barbichette et l'on se demande qui tombera et jusqu'où s'étendront les remous de la catastrophe pressentie.

Peu à peu, sans doute par empathie encore que la chose n'est jamais véritablement suggérée, le policier omettra de noter les détails les plus compromettants au point que le dramaturge pourra publier clandestinement, dans le Spiegel, un article prouvant que le taux de suicides en RDA est le plus élevé d'Europe. Il ira même jusqu'à cacher des preuves de la culpabilité du dramaturge – et c'est bien là ce qui nous gêne, car la porte du film est dès lors ouverte au mélange des genres.

Las ! Ce mélange fait beaucoup de tort au propos du réalisateur. L'irruption d'un romanesque invraisemblable, s'il n'abime pas irrémédiablement « la vie des autres », le transforme subitement en film à suspense et émousse considérablement la charge politique qui avait été, jusqu'à ce moment, magistralement dirigée, tout en économie, droit vers son but.

Pourquoi diable Florian von, après avoir engagé son film dans la description d'un système quasiment contemporain de surveillance, de manipulation et de destruction de la liberté des individus, en Europe, à deux pas de chez nous, pourquoi, après avoir tout mis en place pour en montrer les conséquences terrifiantes, éprouve-t-il le besoin de désamorcer cela, de faire du meilleur enquêteur de la Stasi une espèce d'ange gardien en gris ? Certes, il y aura une victime un peu téléphonée. Il y aura aussi une fin dont on aurait pu se dispenser pour ramener la longueur du film dans des proportions raisonnables : l'officier est sanctionné, puis le mur tombe, puis le dramaturge connaît le succès en RFA, puis il fouille les archives à la recherche de son passé, puis il découvre que l'officier l'a aidé secrètement, puis il dédicace son nouveau bouquin à cet officier inconnu, puis l'officier, qui depuis est devenu livreur de journaux, l'achète, voit la dédicace et dit « c'est pour moi ». Franchement, qu'est-ce que c'est que ce mélo châtré ? qu'est-ce que c'est que cette irruption malfaisante et dispensable de la toute petite histoire dans la grande ? Il ne manquait plus que l'officier en question se mette à écrire des poèmes, en hommageà sa victime!

Pour comprendre à côté de quoi on est passé, on pourra lire, par exemple, « roman policier » de Imre Kertesz – et je suis sûr que mes lecteurs auront d'autres références à me proposer.

« La vie des autres » est un très bon film, ce qui fait regretter d'autant plus qu'il ne soit que cela alors qu'il promettait d'être un chef d'œuvre. 4/5… seulement.


le 12/04/2007 à 08:05 | Permalien | Commentaires (0)


Cinéma

L'armée des ombres  12/04/2007

Deux films policiers ce WE, l'un vu du côté des victimes de la répression (l'armée des ombres, de Melville), l'autre vu du côté de la police (la vie des autres, de Florian von Imprononçable). Deux réussites.

Dans le premier, il s'agit de résistance, ou plutôt de résistants, et du prix qu'il faut payer lorsqu'on se veut patriote dans un pays occupé, c'est-à-dire lorsque le patriotisme est mis à l'épreuve. Nous avons tellement été gavés de films légers sur l'occupation, de septième compagnie, de super-résistant, de valeureux français cachant des petits bébés phoques juifs dans leur cave…que nous en avons oublié que l'époque n'était pas seulement une collection d'actes de valeur menés par des personnes isolées. Elle était une époque de bourrage de crâne, et surtout celle d'un régime policier au service de l'étranger.

Cette dépersonnalisation du pays est mise en évidence dès le premier plan du film, des soldats allemands défilant sur les Champs Elysées déserts. La France est aliénée, comme en témoignent les rues, les places constamment désertes (celles de Lyon, de Paris, de Marseille), de même que les couleurs gris-bleu de la pellicule heureusement restaurée. La France est aliénée aussi en ceci qu'on ne sait plus à qui se fier. Melville rend presque palpable cette suspicion : est-ce un ami ? un ennemi ? que pense-t-il vraiment ? que va-t-il m'arriver ? Le premier sujet du film me semble donc être cette dépersonnalisation des gens et des choses qu'a connu l'Occupation. Avouons-le, c'est autre chose que Monsieur Batignole.

Le second sujet du film, c'est effectivement le prix de la résistance, aux deux sens du terme. Le prix, la valeur du mouvement, est uniquement celle de ceux qui la constituent, et que l'on n'aurait pas cru trouver en un tel rôle. Le chef du réseau qui a enrôlé Lino Ventura est un épistémologue : qu'a-t-il à y gagner ? Melville montre ainsi que c'est le choix, libre, des hommes qui font la résistance qui donne toute la valeur à ce mouvement, au-delà des déterminations sociales ou politiques. Un Luc Jardie (le chef du réseau) s'oppose en cela aux prisonniers que rencontre Lino Ventura dans l'offlag au début du film : des innocents rouspéteurs (ceux qui subissent), deux jeunes, un communiste et un catholique, qualifiés d' « enfants perdus ». Il y a de l'existentialisme dans cette position de responsabilisation radicale : ceux qui ne sont pas responsable n'ont pas de rôle réel dans les faits que Melville raconte.

Et pourtant, ces héros ne sont pas sans faiblesses. La peur, en particulier, est leur maîtresse à tous. (Lino Ventura se jure, dans un moment crucial, qu'il ne courra pas… peine perdue) Et pour cause : les morts, la torture, sont monnaie courante. Au rebours de peindre un allemand vociférant, marchant au pas de l'oie, Melville les représente comme des soldats tranquilles et ne nous montre des scènes de torture que le résultat. L'impression sur les spectateurs est d'autant plus forte, tout comme ces scènes mémorables où les héros doivent tuer pour survivre. Les préparatifs et le meurtre d'un jeune traitre, notamment, constituent un passage impressionnant des débuts du film.

Bref, enfin quelque chose de profond sur la Résistance ! Il y avait certes la « bataille du rail », plus romantique d'autant que je m'en souvienne. « l'armée des ombres » est un chef d'œuvre que les quelques invraisemblances (l'évasion du champ de tir) n'écornent qu'à peine. 5/5

(sur "la vie des autres", voir billet suivant)


le 12/04/2007 à 08:02 | Permalien | Commentaires (0)


Cinéma

300 : un Signe de Piste écrit par Leconte de Lisle et illustré par Arno Breker  26/03/2007

Les Spartiates, c'étaient pas des pédés. Les femmes spartiates non plus, tiens. Le reste du monde, en revanche… y'a un doute…

Notamment les Perses. On se souvient peut-être du regretté Bruno Carette, dans une pub contre les sectes qui font bzzz et les sectes qui font krkrkrkrkr, qui disait textuellement : « Khomeiny il a un p'tit zizi. Khomeiny il a un p'tit zizi. TOUT PITI PITI PITI PITI ». Mais je m'égare.

Dans « 300 » aux images aussi travaillées et belles qu'on l'attendait, Léonidas, qui était roi de Sparte avant que d'être fabricant de chocolats, défait des millions de Perses aux Thermopyles , à la tête de 300 de ses hommes. Mais quels hommes ! comme aurait pu le dire Jack Lang. Vêtus en tout et pour tout de slips en cuir, de jambières de métal et d'une cape rouge peu fonctionnelle, ces 300 mannequins bodybuildés représentent la fine fleur de l'élite guerrière de Sparte, élevée à la scoute (nuit à la belle étoile, sanglier étranglé à mains nues etc.)
Et cette escouade va défaire et tuer avec un entrain qu'on n'avait plus vu depuis la Chanson de Roland, et un premier degré à front de taureau trop outré pour être honnête, l'envahisseur basané et efféminé. Tout ça pour la défense de la race blanche.

Voilà notre première raison de recommander ce film : il va faire hur-ler, si ce n'est déjà fait, toute la critique cinématographique. L'occident viril qui met la pâtée au levantin « à l'âme plus noire que sa peau », ça ne va pas être très glop pour Libé, les Inrocks et les autres. Mais c'est beau comme un Signe de Piste inédit.

Seconde raison : la narration est efficace, les images, jolies, tout ça. Mais elle est aussi tellement bourrin, la narration, avec ses personnages de bersekr lacédémoniens, que le sourire n'a presque pas quitté mon visage de toute la séance. Tous les clichés du film de guerre y passent ou presque, les combats, les émissaires mal traités, l'augure qu'on consulte avant de partir à la guerre, le traître de service (oui, il y a un Ganelon), Pénélope qui attend le retour de son mari, la mort du camarade dans les tranchées, le sacrifice, etc. L'art de « 300 », c'est de s'apuyer sur les clichés et les tics du genre pour atteindre par moments à une véritable poésie.

Certes, cela aurait été mieux s'il n'y avait pas eu de femme du tout. L'oracle est une pétasse vaporeuse qui n'apporte rien ; quant à la scène chastement filmée où Léonidas en met une dernière à sa reine avant de partir… eh bien, désormais, on sait d'où viennent les bruitages des chansons d'Enya.

Troisième raison : il y a quand même un peu d'humour… très noir, entre le bossu qui serait prêt à tout pour porter un uniforme (mais le badge de première classe, cela se mérite, petit scarabée), la pile de cadavres haute de dix mètres en plan de fond alors que Léonidas déclare que ce n'étaient que les préliminaires, et la gueule, la gueule omniprésente qui font de ce film un chef d'œuvre mytho. Un émissaire trop sûr de lui vient-il en appeler à la raison des lacédémoniens après les avoir menacés, voici que Léonidas lui rappelle que la raison n'a pas cours dans sa ville : « This is SPAAAAARTAAAAAA ! », rugit-il en le précipitant dans une citerne (sans fond, après tout on est chez Frank Miller). Ceux qui ont apprécié Mickey Rourke sur la chaise électrique dans Sin City (« c'est tout ce que vous savez faire, bande de tarlouzes ? ») adoreront les 300.

Quatrième raison : on dirait Arno Breker chez Leconte de Lisle – et vous ne verrez probablement plus cela de votre vivant. La barbarie de certaines scènes renforce leur côté poétique, ainsi du corps d'un guerrier spartiate qui vient de se faire décapiter : il reste debout et s'effondre lentement, telle une statue grecque ruinée par le temps. La dernière scène où l'on voit Léonidas et ses compagnons restera aussi gravée dans les mémoires de ceux qui la verront.

Dernière raison, pour certains de mes lecteurs seulement : considérez les Spartiates comme les Village People de l'époque. A vrai dire, ce film dégouline littéralement d'homo-érotisme, comme on aura pu s'en rendre compte en lisant les lignes qui précèdent. Fallait-il ajouter alors une scène où un des 300 lance un javelot, pour que son mentor lui dise « fine thrust ! », ce qui peut se traduire aussi bien par « bel élan » que « beau jet » que « belle poussée » et qui a des connotations immédiatement compréhensibles en anglais ? Certains diront que oui.

Qu'ajouter encore? La portée philosophique des 300 n'est certes pas très étendue… mais le divertissement vaut le détour. Trop bourrin pour être bête, il réservera aux amateurs de films d'actions des souvenirs durables sans un seul temps mort ou presque.

4/5


le 26/03/2007 à 23:17 | Permalien | Commentaires (1)


Cinéma

Rocky 6  07/02/2007

Rocky : je suis un has been nostalgique, ma femme est morte, mon fils est une lavette qui a honte de moi. Depuis que je ne donne plus de coups, je n'arrête pas de m'en prendre. Et je n'arrive pas à me construire une famille de substitution avec ce monde qui change beaucoup trop vite.

Un journaliste : si Rocky combattait une pieuvre géante avec un gant de boxe au bout de chaque tentacule, il gagnerait quand même.

L'opinion publique : chiche !



Rocky : OK, mais c'est parce que je m'ennuie vraiment trop et que ça pourra faire oublier Rocky 2, 3, 4 et 5. A défaut de pieuvre, mesurons-nous à ce jeune péteux dont le nom est un jeu de mots incompréhensible aux non-américains.

Le comité des licences : mais… vous avez quel âge au juste ?



(Il passe son survêt' et fait du jogging sous la neige au son des trompettes. Il boxe pour la dernière fois. C'est maniéré, avec du noir et blanc, des ralentis et un montage hystérique.)



Les spectateurs : ce n'est plus un score de boxe, c'est l'école des fans !

Rocky : au moins, avec ça, aucune chance que je fasse Rocky 7.



4/5 au début, 3/5 dès qu'il boxe.



le 07/02/2007 à 23:24 | Permalien | Commentaires (1)