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En lisant les journaux 15/04/2008
1°) les otages du voilier piraté au large de la Somalie sont arrivés sains et sauf en France. Déclaration de l'un d'eux, recueillie par les journalistes : "on a tous eu une pensée pour Ingrid Bétancourt". Même au large de la Somalie, le matraquage fonctionne!
2°) une question super-importante qui concerne, allez, quelques dizaines de personnes dans le monde : le "cocktail" injecté aux condamnés à mort aux USA est-il "cruel et inhumain"? En d'autres termes, il tue, certes, mais en plus, est-ce que ça fait mal? D'accord, on s'en fout modérément. Mais par quelle manie tous les journalistes, sans exception, depuis vingt ans, parlent-ils de "cocktail" pour ce qui n'est qu'un mélange de produits chimiques? Pourquoi donc utilisent-ils un mot spécifique pour désigner une chose commune, qui est partout appelée autrement? Et pourquoi détournent-ils un mot qui désigne tout autre chose, à savoir un mélange un peu décoratif de boissons, généralement alcoolisées? On n'ose penser que c'est par flemme de traduire correctement.
(Et qu'on ne vienne pas me parler de "shots" ou de B52 pour me prouver que les cocktails ont quelque chose à voir avec le business de la mort programmé. Please. C'est déjà assez désagréable de penser à Huntsville en sirotant un black russian.)
3°) continuons les statistiques sur le sujet. Maintenant que la xénophobie anti-chinoise est devenue honorable, depuis le passage de la Grande Allumette Olympique, les journalistes osent publier dans leurs colonnes que la peine de mort est appliquée dans d'autres pays que les Etats-Unis. Pire, qu'elle y est appliqué dans des proportions "larges et généreuses", comme aurait dit Jean-Paul II. On sait qu'un mort, c'est une tragédie, et qu'un million de morts, c'est une statistique. Alors faisons des statistiques. Selon Amnesty, 470 exécutions en Chine, 42 aux US. Le gros du reste provient de pays qui n'aiment pas les déviants (juifs, pédés, utilisateurs de Mac, numismates) : Iran, Pakistan etc.
Mais observons le bel usage des statistiques : 88% des exécutions en 2007, nous dit-on, ont été le fait de 5 pays : Chine, Iran, Arabie, Pakistan, USA (le Soudan l'a échappé belle). Bouh, vilains américains! Par bonheur, le détail des chiffres est disponible. Et l'on voit en recalculant que 85% des exécutions sont le fait des quatre premiers pays cités. Ah, voilà qui sert moins notre croisade anti-américaine. Morale de l'histoire : ne *jamais* publier le détail des statistiques : on pourrait en faire d'autres sur votre dos. Au moins, pendant ce temps, on ne parle pas d'Ingrid Bétancourt.
2°) une question super-importante qui concerne, allez, quelques dizaines de personnes dans le monde : le "cocktail" injecté aux condamnés à mort aux USA est-il "cruel et inhumain"? En d'autres termes, il tue, certes, mais en plus, est-ce que ça fait mal? D'accord, on s'en fout modérément. Mais par quelle manie tous les journalistes, sans exception, depuis vingt ans, parlent-ils de "cocktail" pour ce qui n'est qu'un mélange de produits chimiques? Pourquoi donc utilisent-ils un mot spécifique pour désigner une chose commune, qui est partout appelée autrement? Et pourquoi détournent-ils un mot qui désigne tout autre chose, à savoir un mélange un peu décoratif de boissons, généralement alcoolisées? On n'ose penser que c'est par flemme de traduire correctement.
(Et qu'on ne vienne pas me parler de "shots" ou de B52 pour me prouver que les cocktails ont quelque chose à voir avec le business de la mort programmé. Please. C'est déjà assez désagréable de penser à Huntsville en sirotant un black russian.)
3°) continuons les statistiques sur le sujet. Maintenant que la xénophobie anti-chinoise est devenue honorable, depuis le passage de la Grande Allumette Olympique, les journalistes osent publier dans leurs colonnes que la peine de mort est appliquée dans d'autres pays que les Etats-Unis. Pire, qu'elle y est appliqué dans des proportions "larges et généreuses", comme aurait dit Jean-Paul II. On sait qu'un mort, c'est une tragédie, et qu'un million de morts, c'est une statistique. Alors faisons des statistiques. Selon Amnesty, 470 exécutions en Chine, 42 aux US. Le gros du reste provient de pays qui n'aiment pas les déviants (juifs, pédés, utilisateurs de Mac, numismates) : Iran, Pakistan etc.
Mais observons le bel usage des statistiques : 88% des exécutions en 2007, nous dit-on, ont été le fait de 5 pays : Chine, Iran, Arabie, Pakistan, USA (le Soudan l'a échappé belle). Bouh, vilains américains! Par bonheur, le détail des chiffres est disponible. Et l'on voit en recalculant que 85% des exécutions sont le fait des quatre premiers pays cités. Ah, voilà qui sert moins notre croisade anti-américaine. Morale de l'histoire : ne *jamais* publier le détail des statistiques : on pourrait en faire d'autres sur votre dos. Au moins, pendant ce temps, on ne parle pas d'Ingrid Bétancourt.
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z_igou@yahoo.com
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