Fleurs du mal
Fleurs du mal : Au lecteur (2) 16/05/2006
Mais ce n'est pas tout. « Dans la ménagerie infâme de nos vices / il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde ! Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris / il ferait volontiers de la terre un débris / et dans un baillement avalerait le monde ».
Quel est ce vice vers lequel tout le poème culmine ?
« C'est l'Ennui ! »
Eh oui, c'est un peu une surprise. Mais pas tant que ça si l'on y réflechit : l'Ennui est le produit de la condition déchue de l'homme, qui n'a plus rien à faire, plus de dieu en qui espérer, et qui trompe donc son ennui métaphysique de façon graduellement plus cruelle, puisque tout est permis :
« L'œil chargé d'un pleur involontaire,
Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère ! »
Retenez le dernier vers, qui est un classique. Vous aussi, lecteur, vous êtes impliqué. Vous aussi, vous savez, vous avez vécu comme moi, ce que c'est que l'ennui. Vous aussi, vous vous êtes laissé aller aux bassesses de ce mal du siècle. Vous ne pouviez pas tomber plus bas. Vous ne tuez même pas pour vivre, ou pour se venger, non, vous le faites pour vous distraire et parce que c'est la dernière chose qui vous sépare encore du taedium vitae perpétuel.
Vous êtes en enfer, l'insoutenable enfer de la vie sur terre, que l'on ne supporte qu'en faisant semblant qu'il ne soit pas là. Au fur et à mesure, les distractions bénines ont perdu leur saveur, la conscience de votre condition vient gâcher tous vos plaisir ; il vous en faut de plus forts. Ne dites pas non ; c'est notre lot à tous : regarder quelques homicides, les jeux de cirque, n'importe quelle abjection, paresseusement installé dans un fauteuil.
Et moi, Baudelaire, maintenant que vous avez compris que je peux parler sans voile de la vérité et du tragique de la condition humaine, sans vous flatter, sans chercher à être agréable, o hypocrite, je vais vous rappeller la misère qu'est l'homme – la votre – au cours des cent prochains poèmes. Bienvenue dans « les fleurs du mal ».
Quel est ce vice vers lequel tout le poème culmine ?
« C'est l'Ennui ! »
Eh oui, c'est un peu une surprise. Mais pas tant que ça si l'on y réflechit : l'Ennui est le produit de la condition déchue de l'homme, qui n'a plus rien à faire, plus de dieu en qui espérer, et qui trompe donc son ennui métaphysique de façon graduellement plus cruelle, puisque tout est permis :
« L'œil chargé d'un pleur involontaire,
Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère ! »
Retenez le dernier vers, qui est un classique. Vous aussi, lecteur, vous êtes impliqué. Vous aussi, vous savez, vous avez vécu comme moi, ce que c'est que l'ennui. Vous aussi, vous vous êtes laissé aller aux bassesses de ce mal du siècle. Vous ne pouviez pas tomber plus bas. Vous ne tuez même pas pour vivre, ou pour se venger, non, vous le faites pour vous distraire et parce que c'est la dernière chose qui vous sépare encore du taedium vitae perpétuel.
Vous êtes en enfer, l'insoutenable enfer de la vie sur terre, que l'on ne supporte qu'en faisant semblant qu'il ne soit pas là. Au fur et à mesure, les distractions bénines ont perdu leur saveur, la conscience de votre condition vient gâcher tous vos plaisir ; il vous en faut de plus forts. Ne dites pas non ; c'est notre lot à tous : regarder quelques homicides, les jeux de cirque, n'importe quelle abjection, paresseusement installé dans un fauteuil.
Et moi, Baudelaire, maintenant que vous avez compris que je peux parler sans voile de la vérité et du tragique de la condition humaine, sans vous flatter, sans chercher à être agréable, o hypocrite, je vais vous rappeller la misère qu'est l'homme – la votre – au cours des cent prochains poèmes. Bienvenue dans « les fleurs du mal ».
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z_igou@yahoo.com
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