Nelly Blogue
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Même si je suis hébergé sur son site, je ne suis pas Sombreval.

Nelly Achlaw
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Nelly est UN parisien qui vit seul et travaille beaucoup. Dans "Nelly Blogue", il parle de ce qu'il aime : cinéma, liturgie, livres, musique - et de ce qu'il n'aime pas.

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Foutre et hormones

Foutre et hormones (1)  22/08/2006

Depuis que l'expression « pleins de foutre et d'hormones » a été écrite en bas de mon blog, je me suis dit, et mon bras cassé m'a rendu la méditation propice, qu'il fallait abaisser un peu le niveau du langage ici, nomdudjuuu ! En conséquence de quoi je m'autoriserai désormais des expressions telles que « mes couilles sur ton nez » (tout le monde n'a pas eu ce privilège) et d'autres à l'avenant.

Bon, redevenons sérieux. J'aime bien le foutre et les hormones. Cela peut surprendre. Pourtant, lorsque mon jeune moi fréquentait il y a bien longtemps les bas-fonds tradilandais d'une province oubliée, déjà pourvu de son sérieux inébranlable et un peu peine-à-jouir (moi, pas les bas-fonds), il voyait bien que les jeunes tradilandais qu'il côtoyait étaient un peu limite limite. Je ne parle pas des roycos de l'AF nerveux du lacrymogène, non, mais des paroissiens tradis de mon âge. Beaucoup, on s'en doute, étaient des scouts manqués, d'anciens scouts, des scouts en civil, des scouts sans tablier (ahem). Ils aimaient et avaient besoin de se défouler, aussi bien ceux de Donaldville que ceux de la Métropole-toute-proche… même les pas tradis, d'ailleurs. Contrairement à d'autres étudiants cathos plus sages et plus rangés, je n'ai eu aucune malveillance pour toutes ces manifestations remuantes et un peu mytho. Allez, disons-le : je m'y suis adonné. (« oui, mais c'était pour ma consommation personnelle »).

Je peux ainsi évoquer à Donaldville, à la Métropole-toute-proche, à une Métropole-plus-lointaine, dans une Ville-bombardée et ailleurs de nombreux jeunes peu ou pas tradis mais « péchus », « mythos » et généralement les deux. Un tel, en pensionnat à la fraternité St Pie X, racontait à nos week ends ce qu'il y endurait. Il aimait ça sans y adhérer, et il aimait aussi faire sa petite impression en racontant sa semaine. Il voulait s'engager dans la légion et gardait un insigne de béret dans son portefeuille, et des autocollants « legio patria nostra » un peu partout. Il était fou de son uniforme qu'il entretenait soigneusement, routier refusant le pantalon, il avait même cousu des étoiles au-dessus de sa poche, comme les équipes de football lorsqu'elles gagnent une coupe du monde. Il en avait cinq… cela représentait, parait-il, ses années d'ancienneté scoute. Il avouait modestement : « quand j'ai vu que cette tradition se perdait, j'ai arrêté d'en coudre ». C'est lui qui m'a appris à lacer mes rangers ; j'ai en retour essayé d'acclimater le chèche chez lui, sans succès. Cela lui donnait l'allure trop peu nette.

On peut penser, pour qui connaît un peu Nelly, que ce gars aurait du me sortir par les naseaux. Eh bien non ! Car une fois les portes du domaine franchies, il était un adolescent indistinct des autres. Il gardait le folklore pour les endroits où l'on comprenait le folklore et n'éprouvait pas l'envie de faire le militantisme du gant blanc à plus de cent mètres du mât des couleurs. Il allait à la messe en français toutes les fois qu'il le pouvait. Il ne se prenait pas tellement au sérieux, sinon dans sa vocation de légionnaire, mais aurait-il été crédible s'il avait pris cela à la légère ?
J'étais bien conscient du côté ridicule de tout ce déploiement folklorique, mais là où c'est une convention, il ne fallait pas se gêner. J'avais donc une attitude très bienveillante, plus que la moyenne (le reste de la maîtrise ne voyait pas forcément cela aussi agréablement).

Donc le foutre et les hormones, oui. Il y a une place pour cela, il y a un âge pour cela, il y a des manières pour cela, et il y a même une esthétique… donc cela ne peut pas être totalement mauvais.

(la prochaine fois : là où ça gêne)


le 22/08/2006 à 18:40 | Permalien | Commentaires (0)