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Même si je suis hébergé sur son site, je ne suis pas Sombreval.

Nelly Achlaw
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Nelly est UN parisien qui vit seul et travaille beaucoup. Dans "Nelly Blogue", il parle de ce qu'il aime : cinéma, liturgie, livres, musique - et de ce qu'il n'aime pas.

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Hurler avec les loups  28/04/2008

Vous êtes fatigué de la mort de Dieu? Du désenchantement du monde? Du cynisme matérialiste? Cet article est fait pour vous.

Hurler avec les loups
Une pause bienvenue entre ces figures fondamentales du monde contemporain que sont Ingrid Betancourt, l'ourse Cannelle et Aimé Césaire nous est fournie par deux moments d'indignation commandée.

Le premier concerne un essai historique dont la thèse serait, si j'ai bien suivi, que la transmission d'un certain nombre de savoirs de l'antiquité et notamment de la philosophie aristotélicienne se serait faite via la civilisation arabe, mais aussi en ligne plus « directe », à travers quelques moines au mont St Michel. Je déforme peut-être ; je dis en tout cas ce que j'ai cru en comprendre. Il paraît que cette thèse n'est pas neuve, ni vraiment exacte. Bref, une histoire de spécialistes.
L'essai en question a été publié par un historien médiéviste respecté jusque-là… car il a bien vite récupéré par des idéologues qui lui font dire « le monde occidental ne doit rien à l'islam », ce qui n'est pas pareil.
Ce qui me frappe dans l'histoire, c'est qu'il n'y a guère de débat sur le fond. On fait un procès à Sylvain Gouguenheim, le médiéviste en question. On soupèse sa candeur, on se demande s'il est un islamophobe qui avance masqué, ou un idiot utile. On analyse ses fréquentations ; et bientôt on fouillera la canalisation qui sort de son WC.
Etonnant, vraiment, que ces gens qui réclament à juste titre que ce ne soient pas des lois qui dictent ce que l'historien doit penser ; et qui, dans un moment d'abandon, font une belle attaque ad hominem sur l'un d'eux qui ne pense pas comme le reste. Encore une fois, ce ne sont peut-être pas les mêmes. Mais quel empressement ! Que de tribunes, de partout ! Quel bruit, surtout ! Il faut que l'on sache partout qu'un tel condamne, qu'un tel autre se désolidarise.
Le mot maître, bien entendu, c'est « islamophobie ». On a vraiment très très peur de passer pour islamophobe de nos jours ; tout comme un soupir de travers vous faisait passer pour « raciste » au début du règne de Mitterrand premier. J'étais au collège à l'époque, et mon refus de me joindre à la masse moutonnière qui arborait la fameuse main avec « touche pas à mon pote » dessus m'a valu quelques procès d'intention bien sentis et peu mérités.
On a l'impression qu'aujourd'hui certains se bousculent pour bien montrer qu'ils l'arborent, ce nouveau badge : « touche pas à mon islam ». Jünger écrivait, dans « Eumeswil », je crois, que celui qui portait sur sa bannière qu'il défendait la vérité faisait ipso facto des autres, de ceux qui ne le suivaient pas, des menteurs. C'est un peu ce phénomène qu'on est en passe d'observer actuellement. Ni l'islam, ni la vérité n'ont guère à y gagner.

La seconde hystérie collective, c'est cette drôle d'exposition, « les parisiens sous l'occupation », faite de photos issues d'un fonds qui aurait (ou pas, après tout, on s'en fout) servi à une revue de propagande allemande. C'est drôle, parce qu'avec l'ambiance de vigilance anti-nazie qui perdure dans ce pays, soixante ans après la disparition du dernier nazi du territoire français, on rigole franchement que de tels clichés aient été présentés si candidement, sans leur triple sarcophage de plomb ni combinaison hazmat obligatoire pour les visiteurs. Bref, c'est comme si un petit farceur avait organisé, au nez et à la barbe de la municipalité parisienne, une expo bien facho sans que personne ne voie rien.
Ce n'est peut-être pas le cas ; mais c'est ainsi qu'on le présente dans les médias. Même Pierre Assouline sent par moments sa température monter, à y penser. Qu'aurait-on du faire ? Le bon vieux remède brechtien : Verfremdigung. Il faut distancier, commenter, expliquer ; bref il faut céder à cette sale manie de dire que ce sont de vilaines photos nazies, que le nazisme, c'est mal, bouh, et qu'il ne faut pas les regarder de trop près sinon on se fera contaminer. La même manie qui faisait, en son temps, imposer un « avertissement » (de Julien Hervier, merde !) sur le journal de Drieu ; et qui impose tacitement de placer quelque part l'expression « pamphlets nauséabonds » avant de parler de n'importe quoi qui concerne Céline. Sinon, c'est foutu, vous êtes nazis : vous avez oublié les mots magiques.
Faute de les avoir prononcés à temps, ou de s'être assuré qu'on les prononçait bien dans le lieu de l'exposition incriminée, le khmer vert Christophe Girard tente de rattraper son dessillement tardif par une énergie insoupçonnée : suppression des affiches dans les abribus, et tentative d'interdiction de l'exposition. Bravo pour la liberté d'expression. Quant à moi, fidèle à ma tendance à faire le contraire de ce qu'on veut me voir faire, je crois que je vais me fendre d'une petite visite à cette expo. ET acheter le catalogue ; j'ai quelques amis et parents à qui il pourrait faire plaisir.

PS : Lost épisode 9 ! WOW !


le 28/04/2008 à 22:04 | Permalien | Commentaires (1)