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Ils n'avaient plus la peste, sauf aux Scouts d'Europe (3) 14/10/2007
Résumé des épisodes précédents : je suis rentré aux St Georges, ces derniers ont fusionné avec les SUF. Comment cela va-t-il mal tourner?
Il y avait bien des choses agaçantes parfois, aux SUF. Tout ce qui touchait de près ou de loin les guides aînées sentait le catho de gauche à dix lieues et le jeune sympaaaaaa. Leur mascotte était l'aumônier du mouvement, le futur Monseigneur Hervé Renaudin, paix à son âme, qui avait la manie d'improviser de la poésie pendant ses sermons. C'était l'Assurancetourix des aumôniers. C'était su, connu, nous les évitions.
Les scouts, eux, ressemblaient à des scouts et faisaient du scoutisme. J'ignore si c'était encore, ou déjà, le règne de Philippe Verdin ; je me souviens surtout d'Olivier Teilhard, qui était une personne de bon aloi. Le commissaire routier, Christophe Bernard-Bacot, ne m'a jamais déçu. Il y avait quelques assistants qui tournaient autour, le style chartiste, parisien, futur dominicain (je me souviens d'Yves Combeau notamment), bref, rien que du bon. Et l'aumônier Route de l'époque, le P. Lefevre-Pontalis, était exactement le type de prêtre qu'il fallait à ce genre de jeunes adultes ; et nous oubliions bien volontiers le P. Renaudin en sa présence.
Lorsque je rejoins Donaldville, je choisis donc assez naturellement de contacter les SUF locaux, par loyauté. On me signala un mouvement local, tradi, qui devait s'appeler les Scouts St Bernard ou quelque chose d'avoisinant. Je n'étais pas tradi, les considérai comme des extrémistes et n'en demandai pas plus. Bref, ce serait les SUF.
Il y eut une réunion placide au domicile du chef de groupe d'alors, qui cherchait à rendre les rênes. Nous étions trois parisiens et moi ; les parisiens ne rêvaient que de sorties en raquettes ou à ski. Nous en fîmes une, nous nous les gelâmes, faillîmes manquer la messe du dimanche, puis je jetai l'éponge. Le virus tradi me possédait peu à peu, et personne dans la communauté des chefs ne semblait comprendre pourquoi je prenais la religion tant au sérieux. J'étais une pièce rapportée dans une jeunesse de notables de province qui ne consentait pas à me faire de la place et dont je ne partageais pas les valeurs. Les St Georges de Marseille ne m'avaient pas appris à composer avec le catholicisme de façade. Certes, nous étions un peu prolo, à Marseille, mais il y avait des choses qui étaient sacrées. La pratique religieuse en était une.
Le hasard voulut que je partage l'année d'après une chambre chez un ex-scout d'Europe notoire. Il avait conservé des attaches dans le milieu et je compris alors que ce qui se rapprochait le plus de ce que j'avais connu à Marseille, c'était les Europe. Il n'y avait là pas de clan ; et ils ne cherchaient pas de chef. On y sentait aussi ce fiel bourgeois provincial, quoi que moins fort. Je n'insistai pas.
Je me portai volontaire pour un poste de maîtrise dans une bourgade des environs qui recherchait un chef, le précédent venant de partir au service militaire. La troupe, réduite à une petite patrouille, vivotait depuis plusieurs années en marge du mouvement (entendez : elle ne vendait pas de calendriers à l'automne) Pire, elle manquait systématiquement la messe dominicale. Malgré mes vues clairement exprimées sur le sujet, je fus engagé. Je compris après coup que c'était moi ou la clé sous la porte. Mes quinze jours de maîtrise furent un désastre complet. Je n'avais plus la forme pour crapahuter dans la neige, je n'en avais plus l'intérêt non plus, et cette colonie de vacances en uniforme était une guigne plus qu'autre chose. Je voulais leur parler de Dieu, et eux voulaient entendre parler de tout sauf de Lui. La démission s'ensuivit bien vite, puis une lettre pontifiante du chef de groupe disant en substance que je n'avais rien compris au scoutisme. Je lui répliquai que je n'étais pas le seul, et les choses en restèrent là. Il avait sans doute à moitié raison, mais je crois que mon péché dans l'histoire était de ne pas avoir vu que je n'avais pas tout compris. Ce n'était pas d'être con qu'il fallait me reprocher mais d'être aveugle.
(à suivre)
Les scouts, eux, ressemblaient à des scouts et faisaient du scoutisme. J'ignore si c'était encore, ou déjà, le règne de Philippe Verdin ; je me souviens surtout d'Olivier Teilhard, qui était une personne de bon aloi. Le commissaire routier, Christophe Bernard-Bacot, ne m'a jamais déçu. Il y avait quelques assistants qui tournaient autour, le style chartiste, parisien, futur dominicain (je me souviens d'Yves Combeau notamment), bref, rien que du bon. Et l'aumônier Route de l'époque, le P. Lefevre-Pontalis, était exactement le type de prêtre qu'il fallait à ce genre de jeunes adultes ; et nous oubliions bien volontiers le P. Renaudin en sa présence.
Lorsque je rejoins Donaldville, je choisis donc assez naturellement de contacter les SUF locaux, par loyauté. On me signala un mouvement local, tradi, qui devait s'appeler les Scouts St Bernard ou quelque chose d'avoisinant. Je n'étais pas tradi, les considérai comme des extrémistes et n'en demandai pas plus. Bref, ce serait les SUF.
Il y eut une réunion placide au domicile du chef de groupe d'alors, qui cherchait à rendre les rênes. Nous étions trois parisiens et moi ; les parisiens ne rêvaient que de sorties en raquettes ou à ski. Nous en fîmes une, nous nous les gelâmes, faillîmes manquer la messe du dimanche, puis je jetai l'éponge. Le virus tradi me possédait peu à peu, et personne dans la communauté des chefs ne semblait comprendre pourquoi je prenais la religion tant au sérieux. J'étais une pièce rapportée dans une jeunesse de notables de province qui ne consentait pas à me faire de la place et dont je ne partageais pas les valeurs. Les St Georges de Marseille ne m'avaient pas appris à composer avec le catholicisme de façade. Certes, nous étions un peu prolo, à Marseille, mais il y avait des choses qui étaient sacrées. La pratique religieuse en était une.
Le hasard voulut que je partage l'année d'après une chambre chez un ex-scout d'Europe notoire. Il avait conservé des attaches dans le milieu et je compris alors que ce qui se rapprochait le plus de ce que j'avais connu à Marseille, c'était les Europe. Il n'y avait là pas de clan ; et ils ne cherchaient pas de chef. On y sentait aussi ce fiel bourgeois provincial, quoi que moins fort. Je n'insistai pas.
Je me portai volontaire pour un poste de maîtrise dans une bourgade des environs qui recherchait un chef, le précédent venant de partir au service militaire. La troupe, réduite à une petite patrouille, vivotait depuis plusieurs années en marge du mouvement (entendez : elle ne vendait pas de calendriers à l'automne) Pire, elle manquait systématiquement la messe dominicale. Malgré mes vues clairement exprimées sur le sujet, je fus engagé. Je compris après coup que c'était moi ou la clé sous la porte. Mes quinze jours de maîtrise furent un désastre complet. Je n'avais plus la forme pour crapahuter dans la neige, je n'en avais plus l'intérêt non plus, et cette colonie de vacances en uniforme était une guigne plus qu'autre chose. Je voulais leur parler de Dieu, et eux voulaient entendre parler de tout sauf de Lui. La démission s'ensuivit bien vite, puis une lettre pontifiante du chef de groupe disant en substance que je n'avais rien compris au scoutisme. Je lui répliquai que je n'étais pas le seul, et les choses en restèrent là. Il avait sans doute à moitié raison, mais je crois que mon péché dans l'histoire était de ne pas avoir vu que je n'avais pas tout compris. Ce n'était pas d'être con qu'il fallait me reprocher mais d'être aveugle.
(à suivre)
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