Une vie de tradi
Ils n'avaient plus la peste, sauf aux Scouts d'Europe (4) 15/10/2007
Résumé : l'auteur de ces lignes se souvient comment il tenta de vivre scoutement, exilé dans une laide province et alors qu'il n'avait plus vraiment l'âge. Faute de pouvoir être routier, il tenta d'être chef. Ce fut piètre. Mais voilà que Tradiland allait lui ouvrir de nouveaux hori(z)ons...
Je dirigeai alors mon énergie inemployée vers la construction d'un clan. Ex Saint Georges, vu en compagnie de l'AF locale, fréquentant les chapelles tradi sans distinction, ma réputation parmi les bourgeois bien comme il faut de Donaldville me précédait. Mais j'avais alors un petit réseau tradi de garçons de mon âge qui voulaient bien faire un peu de route avec moi, et qui – c'était la condition nécessaire – ne se foutaient pas de l'existence de Dieu. Il y aurait de la prière, du sport, du service et si l'on cirait ses rangers avec plus de sollicitude qu'à Marseille, si la coupe de cheveux était plus martiale, le béret plus penché, ça ne serait tout de même pas un péché. Nous appelions cela "joindre l'utile à l'agréable".
J'avais trouvé un chef de clan idéal en la personne d'Igor Igor (voir mes aventures précédentes) ; je serais son « directeur des opérations ». Il nous fallait l'aval des SUF de Donaldville à qui manquait effectivement un clan, et c'était parti pour une année de bonheur à jouer aux petits légionnaires de Dieu ! Que pouvait-il nous arriver de mal ?
Le chef de groupe SUF (il avait changé entre temps) ne l'entendit malheureusement pas de cette oreille là. C'était pourtant un homme assez affable, pas maniéré pour un sou, avec quelques années d'Afrique, qui pensait acceptable de choisir le moindre mal plutôt que le bien optimal. Nous étions en train de nous dérider autour d'une chartreuse un peu passée lorsque sa femme, son exact contraire, déboula dans le salon. Et pour elle, c'était clair, le clan avec Igor et moi, c'était NIET. La messe St Pie V que nous fréquentions, quoiqu'autorisée par Monseigneur, était « fpéfiale », fréquentée par des gens « fpéfiaux », et elle ne voulait pas que donnions « l'exfcluvive » du clan à fela. Il est cruel, dix à douze ans après, de se moquer d'un cheveu sur la langue… mais quoi ! La scène entière relevait du vaudeville.
Formé par la Cité Catholique, l'abbé Laffargue période tradi et quelques autres, Igor Igor nous fit un débriefing en bonne et due forme autour d'une pizza et de litres de bière, entrecoupés par nos éclats de rire au sujet de la meffe fpéfiale. Le peu de sobriété qui nous restait nous permit de voir que la cause était fichue et qu'il n'était pas la peine d'insister.
Mais nous étions tradis ! Et dans une telle situation, un tradi cherche la baston, parce qu'il a raison même quand il a tort. L'abbé d'un monastère voisin, consulté sur le sujet, nous donna en bon fils de Saint Benoît le conseil pacifique de laisser tomber et de proposer notre clan à un autre mouvement. D'un commun mouvement, nous décidâmes, Igor et moi, de ne pas suivre le conseil, et de faire des vagues à la hauteur de notre déception. Nous voulions que des innocents souffrent pour les coupables.
L'abbé Ottonello, qui était mon directeur spirituel à l'époque, pensa qu'il était temps de finir les gamineries scoutes et de prendre son Départ Routier. J'accquiescai. Mais il y avait un baroud d'honneur à achever.
Monsieur Odin, au récit de ces événements, eut la sagesse de ne pas me dire le fond de sa pensée. Il décida néanmoins de me donner un petit coup de pouce en m'emportant dans ses bagages au week-end des chefs de groupe, à Versailles. Nous étions, je crois, en Novembre 1994 ou 95.
(prochain épisode : je plaide "La Cause" chez les SUF. Candidement! )
J'avais trouvé un chef de clan idéal en la personne d'Igor Igor (voir mes aventures précédentes) ; je serais son « directeur des opérations ». Il nous fallait l'aval des SUF de Donaldville à qui manquait effectivement un clan, et c'était parti pour une année de bonheur à jouer aux petits légionnaires de Dieu ! Que pouvait-il nous arriver de mal ?
Le chef de groupe SUF (il avait changé entre temps) ne l'entendit malheureusement pas de cette oreille là. C'était pourtant un homme assez affable, pas maniéré pour un sou, avec quelques années d'Afrique, qui pensait acceptable de choisir le moindre mal plutôt que le bien optimal. Nous étions en train de nous dérider autour d'une chartreuse un peu passée lorsque sa femme, son exact contraire, déboula dans le salon. Et pour elle, c'était clair, le clan avec Igor et moi, c'était NIET. La messe St Pie V que nous fréquentions, quoiqu'autorisée par Monseigneur, était « fpéfiale », fréquentée par des gens « fpéfiaux », et elle ne voulait pas que donnions « l'exfcluvive » du clan à fela. Il est cruel, dix à douze ans après, de se moquer d'un cheveu sur la langue… mais quoi ! La scène entière relevait du vaudeville.
Formé par la Cité Catholique, l'abbé Laffargue période tradi et quelques autres, Igor Igor nous fit un débriefing en bonne et due forme autour d'une pizza et de litres de bière, entrecoupés par nos éclats de rire au sujet de la meffe fpéfiale. Le peu de sobriété qui nous restait nous permit de voir que la cause était fichue et qu'il n'était pas la peine d'insister.
Mais nous étions tradis ! Et dans une telle situation, un tradi cherche la baston, parce qu'il a raison même quand il a tort. L'abbé d'un monastère voisin, consulté sur le sujet, nous donna en bon fils de Saint Benoît le conseil pacifique de laisser tomber et de proposer notre clan à un autre mouvement. D'un commun mouvement, nous décidâmes, Igor et moi, de ne pas suivre le conseil, et de faire des vagues à la hauteur de notre déception. Nous voulions que des innocents souffrent pour les coupables.
L'abbé Ottonello, qui était mon directeur spirituel à l'époque, pensa qu'il était temps de finir les gamineries scoutes et de prendre son Départ Routier. J'accquiescai. Mais il y avait un baroud d'honneur à achever.
Monsieur Odin, au récit de ces événements, eut la sagesse de ne pas me dire le fond de sa pensée. Il décida néanmoins de me donner un petit coup de pouce en m'emportant dans ses bagages au week-end des chefs de groupe, à Versailles. Nous étions, je crois, en Novembre 1994 ou 95.
(prochain épisode : je plaide "La Cause" chez les SUF. Candidement! )
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z_igou@yahoo.com
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