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Nelly Achlaw
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Nelly est UN parisien qui vit seul et travaille beaucoup. Dans "Nelly Blogue", il parle de ce qu'il aime : cinéma, liturgie, livres, musique - et de ce qu'il n'aime pas.

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Ils n'avaient plus la peste, sauf aux Scouts d'Europe (6 et fin)  17/10/2007

A emporter demain avec vous pour lire dans les embouteillages. Résumé : moi vouloir clan tradi. SUF pas vouloir. Moi me plaindre. Le suspense est insoutenable.

Ce fut Gérard Bouet qui se chargea des basses œuvres le lendemain matin, lors de la réunion plénière de clôture du week-end. Il aborda le problème des « unités avec un aumônier qui suit la messe de Saint Pie V » et je mis du temps à comprendre qu'il parlait de mon cas que j'étais venu défendre sabre au clair. Je me souviens en revanche très clairement de la phrase qui fut prononcée pour régler le problème : « la messe de St Pie V n'est pas conforme aux orientations de l'église de France et ne doit pas avoir cours chez les SUF ». Ne doit pas. Avoir cours. Pas conforme.

Les cadres du groupe St Georges de Marseille, qui avaient créé les conditions pour que se déroule la meilleure année de scoutisme que j'ai jamais connue, furent les témoins de mon désarroi et me réconfortèrent comme ils purent. Tout cela m'était un peu égal depuis quelques minutes ; je n'avais plus envie de porter l'uniforme une seconde de plus. Je ne le remis d'ailleurs qu'une seule fois par la suite, pour mon Départ Routier. Tous les chefs St Georges de Marseille ou presque furent conviés ; beaucoup firent le voyage et ce fut une merveilleuse journée. Mais le coup d'arrêt du scoutisme avait été donné ce 20 novembre à Versailles dans une maison de retraite des Auxiliatrices du Purgatoire.

Bien entendu, avec le recul, mes plaidoyers et plaidoiries ne servirent de rien. J'étais vaincu d'avance. Dans le combat du petit tradi énervé contre le chef de groupe et ses dizaines d'adhésions et de cotisations sans vagues, c'est le tradi qu'on sacrifie, et on a bien été poli de l'entendre jusqu'au bout. Je l'ai accepté il y a longtemps. Ce que je n'ai pas accepté, c'est cette décision arbitraire d'exclure l'assistance à la messe de St Pie V des choses qu'il était permis à un scout de faire, et auxquelles il était légitime qu'un scout aspire. Sans doute, l'avocat de cette juste cause lui a fait beaucoup de tort. Mais cette proscription ne me visait pas moi, elle passait au-dessus de ma tête, de mon arrogance, c'était une injustice qu'on faisait à Dieu.

Je suis donc le dernier surpris de voir les Scouts d'Europe, soucieux de se dédouaner depuis plusieurs année de l'image radicale qu'ils avaient bien méritée dans les années 70 et 80, adopter une position similaire. Je note qu'elle est cette fois argumentée un peu moins maladroitement, un peu plus intelligemment que celle des SUF. Il s'agit cette fois de tensions dans les unités, entre les latinophones et les francophones. Mais cet argument est devenu fort spécieux depuis que la messe de St Pie V, d'exceptionnelle et de dérogatoire qu'elle était, est devenue extraordinaire.

Les fidèles de la messe ordinaire n'ont certes pas un devoir d'assistance régulière à la forme extraordinaire – mais ils ont un devoir d'accueil et de considération de ceux qui souhaitent la pratiquer. Ces derniers ne sont plus, officiellement, des pestiférés, sauf aux Scouts d'Europe. Et je mettrais ma main au feu qu'il y aura une « forme extraordinaire » célébrée dans un cénacle Scout de France avant que les FSE ne fassent preuve de l'intelligence qu'on attend d'eux et ne rachètent, par un acte que j'appelle de mes vœux, leurs erreurs et celles, passées, des mouvements qui leur ressemblent.

C'est à ce titre que je suis très satisfait de voir que la polémique prend. Qu'elle enfle ! Que les fidèles catholiques sachent le déni qui est fait à certains des leurs et à cette équité qui n'est qu'une forme de la charité.


le 17/10/2007 à 23:19 | Permalien | Commentaires (0)