Nelly Blogue
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Nelly Achlaw
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Nelly est UN parisien qui vit seul et travaille beaucoup. Dans "Nelly Blogue", il parle de ce qu'il aime : cinéma, liturgie, livres, musique - et de ce qu'il n'aime pas.

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Cinéma

Into the Wild, par Sean Penn  10/01/2008

Il serait injuste de donner 4/5 à « into the wild », car il vaut bien mieux. Il serait excessif de lui donner 5/5 en raison de ses faiblesses, petites mais certaines. Alors, on va recourir, horreur, aux demi-points. Mais tout de suite, un résumé-minute.

Christopher McCandless : j'en ai marre de cette sociétéeuh matérialisteuh. Je veux me sentir exister. Puis j'irai en Alaska avec les dix livres de mon île déserte, un Tolstoi et neuf Rousseau.

(Il fait ce qu'il a dit)

Christopher McCandless : arrête-toi, ô jour, tu es si beau.

(Deux ans passent, il finit par arriver en Alaska et il va trop loin)

Christopher McCandless : le printemps revient, symbole de mon désir de retourner parmi les hommes.

(Il meurt)

-- fin du résumé-minute --

Cet excellent film de Sean Penn semble se prêter à une infinité de lectures sans se réduire à une seule, de même que la personnalité de Christopher, magnifiquement interprété par un Emile Hirsch qui lui confère un aplomb tranquille et nonchalant.

Est-ce du rousseauisme primaire ? Non. Une révolte d'adolescent ? Non. Une volonté écolo-extrémiste de ne plus recourir qu'à ses fonctions animales ? Non. Une quête du bonheur ? Non. Une critique de la société contemporaine ? Non. Une expérience mystique ? Non. L'appel de la forêt ? Non.

Et pourtant, tout cela à la fois. Mais en plus, quelque chose d'indéfinissable qui lie le tout. Le résultat, c'est qu'on se passionne pour l'aventure de Christopher McCandless sans pouvoir décrocher ; captivé que l'on est par l'assiduité que met Sean Penn à comprendre et à faire ressentir son personnage sans le juger ni même parfois sans l'approuver. Il y a dans « into the wild » un peu de cette étincelle qui fait que l'on s'intéresse aux gens et qui illuminait « a prairie home companion » l'an dernier (en français : « the last show » de Robert Altman). Tous deux baignent dans une atmosphère où tout devient simple, du moment qu'on cesse de faire compliqué.

Certes, il y a aussi des défauts. Les envols d'oiseaux, le troupeaux de chevaux, les ralentis, et le plan « I'm the king of the world » au sommet d'une montagne sont bien lourdingues. De même, il ne semble, à part un garde, que le monde n'est peuplé que de gentils hippies ou presque. Car ce sont les gens simples, qui ont vécu, qui sont à même de comprendre la démarche de McCandless : hippies, danois cinglés (une scène qui vaut son pesant d'or), ruraux, militaires. Dernier point, on se serait passé de la voix off de sa sœur qui commente.

Très chaudement recommandé, vous y trouverez certainement une interprétation sur mesure pour vous. 4 ½ sur 5


le 10/01/2008 à 23:47 | Permalien | Commentaires (4)