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Nelly Achlaw
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Nelly est UN parisien qui vit seul et travaille beaucoup. Dans "Nelly Blogue", il parle de ce qu'il aime : cinéma, liturgie, livres, musique - et de ce qu'il n'aime pas.

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John Zorn à Paris, deuxième soir : the deamers  25/06/2008

Me revoila dans l'aula zornienne, plus savant des commentaires d'hier soir, d'aujourd"hui et des echos entendus ce soir. Un lecteur de ce blog s'est montre particulierement dur : bruitisme institutionnel? Noisecore academique? Fonctionnaires de l'epate? Je ne pense pas.

Plusieurs raisons a cela : 1) on ne s'ennuyait pas un instant. Ceux qui ont trouve ca trop court (les sifflets de la fin) ne me contrediront pas. 2) les musiciens qui ont joue ont ce son depuis belle lurette : nous sommes en presence d'une voix, d'un style reconnaissable. Voir par exemple, dans la birthday series, le duo Zorn / Frith. Voir "Hemophiliac" (si vous le trouvez). Voir aussi "talisman" par Painkiller. 3) tout n'etait pas "noisy" : Painkiller en particulier etait largement tonal.

Nous avions hier soir une replique de sons et de styles connus. Peu de surprise donc, sinon pour ceux qui sont venus sur le nom seul de Zorn, dont mon lecteur acerbe semble faire partie. Ce fonctionnariat de l'epate, comme il dit, marche assez bien depuis assez longtemps, il est connu, bref personne n'a ete pris en traitre. Si on aimait pas, fallait pas venir! Et lorsqu'on vient, on accepte, a chaque concert, de ne pas "en avoir pour son argent". L'artiste peut etre fatigue, peu inspire... C'est un risque que le public prend. Si on ne l'accepte pas, il reste les CD.

Je rejoins en revanche mon lecteur sur Mike Patton, qui exhalait (dans ses apparitions avec Painkiller) un reel malaise. Je ne sais trop ce qu'il en etait : a force de le voir faire le chien, j'avais envie de lui mettre une laisse. Si c'est volontaire, si c'est cette envie-la qu'il voulait faire passer, chapeau. J'aurais effectivement prefere un Patton plus "dans ta gueule", comme il sait le faire dans Moonchild et autres, ou comme le faisait Ikue Mori dans Naked City. Et, las, nous n'avons pas entendu la Litanie IV ou il aurait fait merveille.

Foule plus clairsemee ce soir, et ruee sur les places assises. Ce n'est pas le même public. Nous allons entendre "the dreamers", le dernier projet kawai du maitre. De beaux noms neanmoins : Jamie Saft, Trevor Dunn, Joey Baron, Marc Ribot, l'homme qui fait subir les derniers outrages aux guitares.

(après)

WOW! WOW! WOW! Excellent concert, plein de punch et de musicalité!

En réalité, "the dreamers" n'est pas de l'easy listening kawai. Le groupe a joué des paires de morceaux, l'un calme, le suivant énergique. Imaginez-vous, pour les morceaux calmes, un croisement entre Ennio Morricone et la B.O. de Monkey Island. Et pour les énergiques, du gros hard blues bien teigneux, comme, je ne sais plus. Cela me faisait penser à un son connu (les Mothers de 69?) mais impossible de me souvenir de quoi.
Et Marc Ribot, révélation : il sait jouer de la guitare! (l'écoute de "the book of heads" laissait planer le doute). Il en joue même très bien. Et sur un simple accord (à nouveau réminiscent de Morricone), il peut tenir dix minutes.

A y repenser, le caractère post-moderne de ce que j'ai entendu jusqu'ici me frappe : beaucoup de ce qui est joué rappelle autre chose. Exemple typique avec Painkiller lundi soir, dont le rythmique Harris/Laswell n'était pas sans analogie avec celle du bon vieux Led Zep : une brute derrière les toms, et un mélodiste à la basse.

Tous les musiciens étaient bons ce soir : Jamie Saft (rejeté de ZZ Top?) à l'orgue et au Fender Rhodes, Dunn et Baron à la rythmique, je ne sais plus qui au vibraphone. Même Zorn, qui semblait de très bonne humeur, a couiné quelques notes au saxo. Voilà ce qui résume le concert : de l'énergie, de la bonne humeur, et une brochette de pros.

En route pour mercredi : soirée "filmworks". Espérons y entendre "invitation to a suicide", un de mes CD préférés. Je suis impatient de lire les avis des bloggeurs ou membres de la mailing-list consacrée au maître, assis à côté de moi.

Jeudi, c'est Masada à Pleyel, et vendredi, musique de chambre.


le 25/06/2008 à 18:02 | Permalien | Commentaires (1)