Nelly Blogue
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Même si je suis hébergé sur son site, je ne suis pas Sombreval.

Nelly Achlaw
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Nelly est UN parisien qui vit seul et travaille beaucoup. Dans "Nelly Blogue", il parle de ce qu'il aime : cinéma, liturgie, livres, musique - et de ce qu'il n'aime pas.

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L'oeil de Sauron

Pierre Joubert au milieu de timbres autrichiens  04/03/2008

Pierre Joubert au milieu de timbres autrichiens
Comme annoncé dans un précédent billet, j'ai eu l'heureuse surprise de tomber, au milieu d'un cadre d'expo philatélique (sur les timbres et les oblitérations "scoutes" en Autriche), samedi dernier à Londres, sur un dessin, manifestement de Joubert. Pièce philatélique? Oui car, apparemment, si on regarde très très bien et de très près, ce truc a été oblitéré à l'encre rouge sur un des côtés... enfin, c'est ce que j'ai cru comprendre.

Quoiqu'il en soit, une surprise.


le 04/03/2008 à 19:48 | Permalien | Commentaires (0)


L'oeil de Sauron

Epatant  03/03/2008

Je tombe par hasard sur le texte d'une homélie prononcée à l'occasion d'une ordination sacerdotale, au Bénin, à ce qu'il me semble.

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=377229

Il y a dedans un accent, un je ne sais quoi, qui me rappelle la prose de certains Pères de l'Eglise. Un sermon concret et à l'indicatif (et à l'impératif), c'est tellement rare que cela doit être souligné.


le 03/03/2008 à 15:35 | Permalien | Commentaires (1)


L'oeil de Sauron

Au courrier ce soir  29/01/2008

Résumé-minute pour Antoine : il est sympa, et bookable, ce Jérôme Kerviel

Au courrier ce soir
- Une lettre de Port-aux-Français (îles Kerguelen), avec un chouette cachet commémorant l'échouage d'un cachalot, si j'ai bien compris.
- Une lettre des USA avec un timbre à l'effigie de Gerald Ford. Bah quoi, nous avons bien timbrifié Paul Doumer, nous.

Athanasios me demande des scans de tout cela… hélàs je n'ai pas de scanner. Pour l'instant. Mais je peux piquer des photos sur le web, à la place.

Tenez. L'an dernier, centenaire du scoutisme. Pas un pays qui n'y soit allé de son timbre. Presque tous moches, ou quelconques. Des photos d'archive en pagaille ; une reprise du logo du jamboree ; des gamins génériques _having fun_ dans la forêt ou auprès de tentes. Rien de Joubert. Et très peu de timbres qui montrent, si j'ose dire, l'humain sous le scout. En gros, très peu de gros plans. Le scout dans la nature, c'est montrable. Le scout en tant qu'individu n'a pas fait courir les postes locales.

A deux exceptions qui me reviennent à l'esprit : l'Estonie et la Norvège. Cette dernière, représentée en illustration ici, est due au dieu de la taille-douce, Martin Mörck. Avouez qu'à défaut de Joubert, c'est pas mal.

Et cela me permet d'enchaîner habilement sur notre trader fou de la SocGen. Le Monde, jamais aussi intéressant que lorsqu'il publie des documents qu'il n'a pas le droit de détenir, nous fait partager les meilleurs morceaux des dépositions de Jerôme Kerviel, le trader qui, si j'en crois mes sources, touchait un fixe de 50 000 euros, autant dire le trader le moins payé de France (hors brokers…) J'ai été frappé par, oui, l'humilité qui semblait se dégager de sa déposition. Il est sympa, ce garçon.

J'aurais bien écrit quelques lignes sur le sujet, puisque c'est dans ce milieu, ou pas loin, que je travaille. J'en ai même écrit quelques unes mais Polydamas a tiré avant moi, et ce que j'ai pondu est périmé à la suite des développements de l'enquête. Je me demandais s'il y avait eu incompétence des contrôleurs internes ; ou fraude informatique ; ou complicité… c'est sans doute un peu de tout. C'est de toute manière de la bibine comparé à ce choc : Jérôme Kerviel n'est pas arrogant ! Jusqu'à présent, Jérôme Kerviel faisait des gains phénoménaux ! Entré par la petite porte, issu d'une fac quelconque, probablement regardé de haut par le reste de la salle, Jérôme Kerviel était jusqu'à il y a une semaine, un bon trader qui rapportait plus que ses collègues (on comprend pourquoi, voyant comment il s'y prenait). Bref, tout le contraire de ce à quoi on s'attendait.

Je romance un peu… mais c'est le but. Face aux faits, il y a de la matière à roman là-dedans. Imaginez cela : le trader humble, seulement préoccupé par l'unum necessarium. Hein, que c'est un beau sujet ? J'ai déjà lu qu'il était catho ; on va sans doute nous dire bientôt qu'il était scout. Voilà un nouveau marché (si j'ose dire) pour la collection Signe de Piste : le scout dans la finance. Prochainement, le premier tome : « la rude nuit de Kerviel ». Humour.


le 29/01/2008 à 22:00 | Permalien | Commentaires (2)


L'oeil de Sauron

Salon d'automne (3)  17/12/2007

Nelly continue d'acheter des timbres

Troisième station du chemin de croix : l'oblitération. Troisième queue. Ce sont toujours les mêmes postiers qui manipulent d'une main experte le « cachet », le « tampon », le puriste dira le « timbre à date ». Trois petits coups sur l'encreur, et un grand sur le papier. Le carton pelliculé de ma carte de phare alerte le postier, qui donne six ou sept petits coups avant de tenter le grand paf. Ca bave quand même. D'autres ont apporté leurs buvards ; moi pas. Tant pis, c'est pour le fun.

Je me fais même tamponner mes timbres groenlandais avec un cachet de Tasiilaq, ce qui est pure complaisance puisque ces timbres n'ont pas de valeur d'affranchissement ici, et que nous sommes bien loin de Tasiilaq, indeed.

L'étape suivante se passe auprès des machines à LISA. Non pas Lisa Simpson, mais LIbre Service Affranchissement. Bref, un distributeur de timbres. Autre queue de 20 minutes. Mais pourquoi ? Parce que le dessin de ces LISA-là ne se trouvera qu'ici. Est-ce de la spéculation ? Du fétichisme encore ? la peur de ne pas être complet depuis que la catalogue Yvert a décidé de coter les LISA ? Toujours est-il qu'il faut de la patience. J'ai deux ou trois psychopathes qui font la queue devant moi. Un colosse à nuque rasée semble décidé à s'en prendre une à tous les tarifs. Une LISA à 0.49 (écopli), une LISA à 0.54 (lettre prioritaire France), une LISA à 0.60 (20 grammes zoone 1), etc. Celui de derrière – mais devant moi, hélàs, a un tupperware plein de petite monnaie. Ca promet.

Petite astuce : demandez un reçu à chaque fois, il est imprimé aussi sur une de ces vignettes spéciales.

A côté des LISA, vous avez les boîtes aux lettres. Le courrier déposé dans la boîte de droite reçoit un cachet avec un ours ; celui déposé dans la boîte de gauche reçoit encore un autre cachet. Si vous êtes maniaque, il vous faudra les deux, donc deux LISA. A moins que vous ne les vouliez aussi sur les timbres émis ce jour ? Bref, tout le monde n'y perd pas, dans l'opération. Je garde pour ma part un profil bas ; j'aurai mon ours sur une marianne de base, ça me suffira bien.

Le soir, en rentrant chez moi, je verrai que ce n'était même pas la peine puisqu'un ami philatéliste, passé la veille au salon, m'avait posté une circulaire de son association dans la boîte de l'ours…

Il y a plus intéressant, c'est l'association « art du timbre gravé », représentant un courant de philatélistes esthètes qui estime à voix basse que le timbre français n'est plus ce qu'il était. Héliogravure, offset, photos, sujets banals ont pris le pouvoir et délogé la reine taille-douce de son trône, occupé sans vacance depuis plus de soixante années. Autrefois, c'était la valorisation de la géographie, du patrimoine du pays, des personnages célèbres… aujourd'hui, c'est une profusion de timbres de Noël, d'été, on y retrouve le Chat de Geluck, ou Cubitus, ou Harry Potter… bref, ce n'est plus pareil, et la taille-douce fait un petit 20% des timbres émis dans l'année, hors carnets.

Mais le président de la république s'est emparé du dossier et a décidé récemment, dans une lettre publique, que la taille douce devait revenir à 30% des émissions, hors carnets. Je vous assure que je ne plaisante pas.

L'association « art du timbre gravé » a pour objectif de rappeler que le timbre gravé existe, qu'il est beau, et de le faire connaître. L'essentiel de la cotisation passe dans la confection de deux gravures offertes annuellement aux membres de l'association. Je fais donc mon chèque et repars avec un joli truc de Martin Mörck signé par l'auteur.

Je devrais ici digresser sur les graveurs célèbres, dont Martin Mörck est l'un des plus en vue. Ce sera pour une autre fois. Ma carte d'adhérent est signée par Pierre Albuisson, président de l'association, ce qui n'est pas mal non plus pour fétichiser.

Il y aurait beaucoup à dire sur les autres stands (le pompon étant détenu par celui du Groenland, devant lequel fond lentement un fragment d'iceberg). Ce sera peut-être pour un prochain post.


le 17/12/2007 à 21:21 | Permalien | Commentaires (1)


L'oeil de Sauron

Répétez après moi  28/11/2007

La pêche du jour est bonne pour Pullman, on parle déjà d'autodafés.

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=348147

On parle aussi de ce blog, ce qui n'est pas plus mal. Message perso pour Mortimer en passant : vous non plus, vous n'êtes pas ma tasse de thé. Message perso pour l'abbé de Tanoüarn : bravo, quel style, quelle plume, quelle doctrine, chapeau!

Voili voilou. J'apprends sinon un prénom ce soir, Anne-Lorraine, Dieu ait son âme. Sur facebook, cela conduit quelques-uns de mes amis à faire leur coming-out de tradi puisque ce prénom se retrouve dans au moins un groupe. Et dire que j'ai eu leurs chèches et leur rangers sous les yeux pendant des années et que je ne me suis douté de rien ;-)))

Allez, et répétez après moi encore une fois : "ce livre est très très très anti-catho". Presque autant que le missel de Paul VI ;-)))))


le 28/11/2007 à 23:00 | Permalien | Commentaires (15)


L'oeil de Sauron

Pullman : réponse à Donoso Cortes  26/11/2007

(réponse à un commentaire qu'on peut trouver ici
http://www.sombreval.com/nelly/Pullman-chronique-d-une-indignation-planifiee_a538.html?voir_commentaire=oui#comments



ATENTION SPOILERS

Je crois reconnaître dans votre lien la source de ce qui avait suscité ce billet au départ. Je ne peux donc que redire ce que j'avais dit, avec effectivement quelques précisions. Oui, Lyra doit tuer Dieu - et elle le fera, d'ailleurs. Elle découvrira auparavant qu'il n'est en rien l'ange maléfique qu'on lui avait décrit, mais une sorte de vieillard bienveillant, presque heureux qu'enfin on le tue. Et Lyra instaure la « république des cieux ».

Si on veut accabler le livre de tous les noms, on le peut : dans ce monde parallèle, les âmes sont figurées par des "daemons", animaux qui ne peuvent pas d'éloigner de leur maître (c'est d'ailleurs l'objet de la "théologie expérimentale" que de regarder ce qui se passe si...) Il y a des sorcières, des animaux qui parlent, l'Eglise est définitivement la grande méchante stalinienne, etc.

Oui, certainement, c'est gnostique. Mais quelle imagination! Quel talent! Même la traduction française n'arrive pas à affaiblir la prose. C'est pour cela que ma grande crainte, c'est que le film affaiblisse le livre, qui est remarquable.

La réponse au Salon Beige, c'est de rappeler que lorsqu'on invoque "démons et merveilles" dans une oeuvre de fiction, il ne faut pas le prendre au premier degré nécessairement. On prendrait sinon les "lettres persannes" pour un récit de voyage et les "liaisons dangereuses" pour une oeuvre morale. Je ne parle pas alors de Milton ou Blake, qui semblent les influences premières de l'auteur.

Pullman répond d'ailleurs à l'accusation d'anti-religion sur son propre site.
http://www.philip-pullman.com/about_the_writing.asp

"I don't know whether there's a God or not. Nobody does, no matter what they say. I think it's perfectly possible to explain how the universe came about without bringing God into it, but I don't know everything, and there may well be a God somewhere, hiding away. Actually, if he is keeping out of sight, it's because he's ashamed of his followers and all the cruelty and ignorance they're responsible for promoting in his name. If I were him, I'd want nothing to do with them."

En suivant vos indications, je tombe sur cet article de Laura Miller dans le New Yorker. Laura Miller n'est pas une journaliste de droite ; je ne sais si elle écrit encore régulièrement dans Salon. Peu importe ; dans l'article mentionné, elle prend ses désirs pour des réalités. Pullman, un des « most outspoken atheists » d'Angleterre ? cela cadre mal avec le style discret du personnage. On peut se dire « Church of England Atheist ». Entre ça et passer sa journée à tenir des conférences pour promouvoir l'athéisme, il y a une marge.

(“Although I call myself an atheist, I am a Church of England atheist, and a 1662 Book of Common Prayer atheist, because that's the tradition I was brought up in and I cannot escape those early influences”)

Laura Miller, pour étayer son affirmation, cite un tradi local qui qualifie Pullman que « most dangerous author in britain ». On a bien qualifié à un moment A. Crowley d'homme le plus dépravé du monde. Personne ne l'a réellement vérifié mais le qualificatif le suit encore. Que cite d'autre Miller ? Un passage du roman, assimilant l'église calviniste imaginée par Pullman à l'Eglise réelle ; une citation d'un personnage sur cette église, et une citation de l'auteur qui dit que parfois on fait des choses affreuses au nom de Dieu.

Pardonnez-moi mais c'est un peu léger, et cela veut tirer « his dark materials » dans la direction d'un pamphlet athée militant, ce qu'il n'est pas. L'article de wikipedia, insiste aussi bien trop là-dessus pour être considéré comme objectif. Au demeurant, quel crédit donner à un pamphlet qui montre Dieu se faire tuer, alors que l'auteur dit ne pas croire en Dieu ? Il faut nécessairement dissocier l'œuvre et les convictions de son auteur sur ce point.

Une fois encore, il n'est besoin que de lire le livre. Ce n'est pas un pamphlet athéiste déguisé, c'est un roman ébouriffant qui tente d'écrire une aventure métaphysique, comme il y aurait des récits de pirates, de cow boys… ici, ce sont les aventuriers de l'être et de la divinité, plus tout ce qu'on aime dans les romans : amitiés, tragédies, merveilles, rebondissements, trahisons (beaucoup), dépaysement (énormément)…


le 26/11/2007 à 22:16 | Permalien | Commentaires (0)


L'oeil de Sauron

Pullman : chronique d'une indignation planifiée  23/11/2007

Ca y est, ça commence à pleuvoir

"Ce film est tiré d'une série de livres écrits par un auteur britannique dénommé Phillip Pullman.
L'objectif de l'écrivain était celui d'écrire une oeuvre "anti-Chroniques de Narnia" et de conduire ainsi les enfants vers l'athéisme.
Dans ce film comme dans ces livres, l'ennemi à abattre est le "Magisterium" : le Magistère de l'Eglise élaboré par les Cardinaux et le Pape."

L'indigné qui écrit ceci oublie de mentionner que l'action se passe dans un monde parallèle, qui a bifurqué du nôtre au XVIème siècle au plus tard, lorsque Calvin est devenu pape...

Je suis très intéressé d'avoir la référence de l'entretien où Pullman aurait déclaré vouloir écrire un anti-Narnia, ou conduire les enfants vers l'athéisme. Naturellement, je ne l'aurai pas. Un tradi recoupant ses sources, ça ne s'imagine pas.

Il est vrai au demeurant que Pullman s'est défini comme un anglican agnostique, mais ce n'est pas la même chose.

A suivre...


le 23/11/2007 à 22:05 | Permalien | Commentaires (3)


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Pullman, croisée des mondes : méchant, gnostique, bouh  22/11/2007

Etes-vous sensible à la grâce d'un enfant qui, le matin, ouvre les yeux, reprend conscience et se réveille petit à petit ? Oui ? Eh bien le réveil d'un tradi, c'est tout aussi charmant (non, non, je ne dirai pas que ce sont tous de grands enfants).

Si je n'avais pas été viré comme un malpropre, pendant quinze jours d'affilée, d'un forum de pingouins, le texte que voici aurait été le suivant posté. Entendons-nous bien : je n'y suis pas revenu après quinze jours, je n'ai pas été viré pendant quinze jours, je me suis fait virer comme d'autres agonisent pendant deux semaines.

Enfin bref, voici le texte qui rend compte de ce qui est à mon sens un très bon bouquin, que je recommande chaudement.

http://www.sombreval.com/Printemps-2002-la-passion-Nelly-Sombreval-_a124.html

Je me désolais que tradiland soit plus prompt à signer des pétitions dénonçant des films « blasphématoires » imaginaires, qui reviennent tous les deux ans sans qu'on ne voit jamais la couleur de ces films (et non, ce n'est pas parce que les tradis qui râlent ont de l'effet à Hollywood).
Ce comportement, dicté plus par la moelle épinière que le cerveau, ne confère pas une grande crédibilité à celui qui l'apporte. La preuve : « a la croisée des mondes » pourrait parfaitement se faire qualifier de blasphématoire ; or le livre est sur les étals des libraires en France depuis plus de cinq ans. Quelle réaction ? Aucune.

La preuve est faite : ils ont des yeux et ne lisent pas, un cerveau et ne pensent pas, des mots d'ordre, et ne les critiquent pas.

Ah, si. Un certain Gombaud, pas aussi ermite que son prête-nom, nous avise que le film qui en est tiré est « gnostique ». Donc méchant. Bref, « a la croisée des mondres » vient d'apparaître sur le radar du tradi de base, et « on » a décidé que c'était pô bien. Préparons-nous à un envahissement de cris de perroquet dans les prochaines semaines.

Pour ma part, je suis revenu de Londres avec un bouquin de Pullman signé par l'auteur. Chacun son truc.


le 22/11/2007 à 09:26 | Permalien | Commentaires (2)


L'oeil de Sauron

Vive la reine  19/11/2007

C'est aujourd'hui, si je ne m'abuse, que le couple royal anglais fête ses noces de diamant. Au risque de me mettre à dos les fermiers non-philatélistes qui lisent ce blog (hin hin hin, j'entends déjà Antoine affûter son fil à couper la fourme), j'aimerais signaler que l'événement a été relayé par tout le Commonwealth ou presque sur un timbre ou un autre. Ce ne sont pas, au demeurant, des timbres folichons puisqu'ils ne font que reprendre des photos de l'époque, tout comme le faisaient les séries consacrées aux 80 ans d'Elizabeth II il y a quelques temps. Mais quoi, je ne peux m'empêcher d'éprouver un faible pour la reine d'Angleterre. Je trouve qu'elle a de la classe et qu'elle incarne une certaine britannitude qui, j'en ai l'impression de plus en plus certaine, est en train de se perdre. Mon séjour à Londres la semaine dernière m'a confronté à un nombre de bousculades sur le trottoir, ou de personnes qui mangent dans le métro, qui est proprement ahurissant pour le pays. Il y a dix ans encore, on n'aurait vu personne faire cela, sauf peut-être entre Shoreditch et Whitechapel.

Thank God, tout n'a pas foutu le camp au royaume d'Angleterre, mais bigre, ça en prend le chemin lentement.

Le philatéliste récent que je suis (on finira par le savoir) aime à comparer les sujets que l'on met sur les timbres, pays par pays. Je dois de ce point de vue avouer cette fois une germanophilie prononcée. En plus que de faire de très beaux timbres (je ne parle pas de ceux de la RDA, hein), les sujets sont de premier choix. On n'y rougit pas d'y représenter des saints, le pape mais aussi les grandes figures du protestantisme. Le patrimoine touristique, qui est une spécialité du timbre français, est largement absent ; mais on célèbre fréquemment tel multicentenaire, ou millénaire d'une ville ou d'une autre. Nos départements ont des logos ; les villes et provinces allemandes ont des blasons qu'elles préservent jalousement (c'est d'ailleurs un phénomène germanophone plus que proprement allemand). On aime les vieilles pierres outre-Rhin, et les institutions, que l'on timbrifie volontiers.

J'aime donc bien ces timbres souvent enracinés dans l'histoire ; cela me console de celui à l'effigie de Pierre Beregovoy qu'on émit il y a quelques années et qui ne me semblait pas vraiment nécessaire. (Rien que cette année, Garibaldi, Jarry ou le sesquicentenaire des « Fleurs du mal » ne feront l'objet de rien ; mais Sully Prudhomme si ! Allez comprendre)

Quoi donc de mieux aussi pour afficher graphiquement une identité nationale (ou impériale) qu'une famille royale ? Il y a certes la reine d'Angleterre, dont le profil distingue tous les timbres du Commonwealth, et s'identifie tant au Royaume Uni que les timbres dudit royaume n'en portent pas mention. Mais il y a aussi quelques monarques intéressants dans le nord de l'Europe, la reine Marguerite II du Danemark, le roi Carl Gustaf XVI de Suède, etc. Certains se font timbrifier plus que d'autres ; ils donnent un visage à leur pays et le simple fait de les voir sur un timbre (sans parler du reste) change subtilement l'ambiance où l'on vit. Parmi ceux-là, le couple princier du Danemark est assez choupinet et apparaît de préférence sur les timbres consacrés à la jeunesse (ben oui, quoi, on n'allait pas représenter un jeune).

En France même nous avons quelques rois. Je passe sur le prince d'Andorre que nous voyons à la télé tous les jours. Saviez vous qu'il existe trois rois coutumiers à Wallis et Futuna, ce territoire étant divisé en trois royaumes, donc, puis chaque royaume en villages ? Les rois de Wallis et Futuna ne sont d'ailleurs pas héréditaires mais élus par des conseils d'aristocrates. Wikipedia, c'est fascinant.


le 19/11/2007 à 21:35 | Permalien | Commentaires (3)


L'oeil de Sauron

salon d'automne (2)  14/11/2007

Bien le bonjour, chers lecteurs, de Londres, où je regarde ces odieuses grèves de très loin. Suave mari magno (et reliqua), comme aurait dit Lucrèce au début de son chapitre second du "de rerum natura"

Revenons à nos timbrés.

Seconde queue, pour obtenir les oblitérations premier jour. Une autre explication s'impose. Lorsqu'un nouveau timbre est émis, une « vente anticipée » est organisée. On peut y acheter le timbre avant la date officielle d'émission, le coller sur une lettre et se le faire tamponner avec un cachet spécial qui ne sera utilisé qu'au lieu et à la date de la vente anticipée. Une telle oblitération est dite « premier jour » car elle commémore le premier jour d'émission du timbre. En théorie, un pli « premier jour » a de la valeur. En pratique, c'est beaucoup moins sûr.

Quoi qu'il en soit, le chemin de croix des ventes anticipées connaît sa deuxième station sur une table, ou les précieux timbres obtenus après 20 minutes de queue sont collés sur des plis préparés à l'avance : une enveloppe, une feuille blanche dedans pour solidifier le tout, un coup de tampon à mon adresse (oui, j'ai ça), et le précieux timbre. Autour de moi, d'autres timbrés en ont fait un rituel fétichiste et maniaque : un tel découpe une illustration sur le bloc « phares » et la colle à gauche de l'enveloppe, un autre colle ses timbres au verso de petites gravures vendues (deux euros) par la Poste, un autre encore a un cahier à dessin sur lequel il colle tous les timbres dans leur ordre de parution et qu'il se fait abondamment tamponner. Un dernier, enfin, colle les timbres sur des prospectus et se fait tamponner. Je tente pour ma part une « carte maximum », c'est-à-dire que je colle un de mes « phares » sur l'illustration d'une carte de phare. Avec ce papier glacé, l'encre va baver partout. Peu importe. Je fais là mes premiers pas en « maximaphilie », car cette pratique-là est assez répandue pour avoir un nom. Bref, toutes les excentricités sont de mise, c'est loufoque et tolérant à la fois, et assez amusant.

Le puriste éprouve un dédain ouvert pour ces pratiques qui ne sont, selon lui, que le masque du marketing effréné de la Poste. De fait, aucun de ces timbres ne sert à payer un service postal réel : les lettres ne voyagent généralement pas. Par purisme, je fais voyager les miennes, ou bien j'affranchis du courrier pour des amis de cette manière. Mais j'ai une réticence secrète : un de mes derniers « premier jour » a mis plus de dix jours à atteindre ma boîte ; d'autres timbrés se sont plaints que la Poste, avant que de les faire circuler, les a vulgairement retamponnés avec des vagues. « mon enveloppe ne vaut plus rien ! » s'est exclamé l'un d'eux. Peu importe : pour moi, c'est le côté dévotionnel de la pratique qui m'amuse.

(à suivre)


le 14/11/2007 à 01:09 | Permalien | Commentaires (2)