Nelly Blogue
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Même si je suis hébergé sur son site, je ne suis pas Sombreval.

Nelly Achlaw
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Nelly est UN parisien qui vit seul et travaille beaucoup. Dans "Nelly Blogue", il parle de ce qu'il aime : cinéma, liturgie, livres, musique - et de ce qu'il n'aime pas.

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Une vie de tradi

La rose de Notre-Dame  01/06/2006

Suite de "la menace occulte" : quelques détails du complot enfin dévoilés.

A l'époque où se passe ce récit, une nouvelle pièce avait été versée dans le dossier de la chasse aux franc-maçons, et à leurs terribles pouvoirs occultes. Curieusement, elle semblait émaner de milieux allumés, mais pas traditionalistes. C'était un livre nommé « la rose de Notre-Dame » signé par un certain « félicien ». Il me fut recommandé à l'époque par Igor, par une amie tradi d'Igor, et par un ami qui, lui, était un parangon de charismatisme. Tous trois le prenaient également au sérieux. Il n'y avait pourtant pas de quoi.

« La rose de Notre-Dame » se présentait comme un roman ; cela se passait dans une « nouvelle communauté », dans le sud de la France. Un jeune fidèle, pieux, ami de la communauté, et les dents longues, allait de faire initier « directement au 33ème degré » et ne voyait pas la contradiction entre sa foi catholique et son appartenance maçonnique. Très vite, l'ouvrage digressait sur la répartition des cathédrales en France ; on découvrait des alignements qui dessinaient, sur l'hexagone, une rosace à cinq branches. Une note en bas de page précisait que des calques représentant cette rosace, appliquables sur les cartes Michelin, étaient en vente chez l'éditeur. C'était, disait l'auteur, « le cadeau de Notre-Dame au XXème siècle ». Cela expliquait de plus l'absence de cathédrale dans certaines grandes villes dont Cannes (ne riez pas).

Mais voilà, le démon veillait… et, en bon singe de Dieu, réussit à parodier la « rose de Notre-Dame ». La rose du diable avait six branches, et elle était composée des… centrales nucléaires, alignées le long des autoroutes. (Ne riez pas, ce n'est pas encore la chute).

OK, mais ce n'était pas tout, de faire joli ; les centrales nucléaires étaient ni plus ni moins que l'arme absolue. Car ces choses-là vibraient. Alignées, elles pouvaient vibrer à l'unisson, et détruire à peu près n'importe quoi. (Notez l'influence de Jacques Martin in Guy Lefranc, l'Arme Absolue, casterman éd.)
Creusant un peu plus les choses maçonniques, notre auteur anonyme découvre plein d'alignements, plein de choses qui vibrent en rang d'oignon. Il consacre de nombreuses pages à un quartier de Cergy-Pontoise appelé l' « axe majeur » qui est une arme vibratoire… majeure. (allez-y, riez).

Ce fut le début d'une intense phase « alignements et symbolique » pour Igor et moi. Et aussi de « secret des templiers », de « secrets des franc-maçons » et bien d'autres encore. A force de lectures, nous convînmes qu'il y avait une bonne symbolique et une mauvaise ; selon nos contre-révolutionnaires préférés : pentagramme avec la pointe en haut : bien. Pentagramme avec la pointe en bas : pas bien (parce qu'on peut y inscrire une tête de bouc). Le sens des cours d'eau souterrains, qui se croisaient sous toutes les églises (comme cela est bien connu…) nous échappait plus : bien ou pas bien ? La bonne symbolique se trouvait dans le dictionnaire des symboles de Dom Miquel, moine à Kergonan ; la mauvaise symbolique partout ailleurs.
« Eh quoi ? Un tradi pur porc comme vous, considérer que la référence en matière de symbolique a été écrite par un conciliaire ? » Nous considérions donc que l'élément bénédictin neutralisait l'élément conciliaire et qu'en dernière analyse, dom Miquel était fréquentable. « oui mais il dit la messe en français, il concélèbre, il est face au peuple ». C'est sans doute qu'il ne l'aime pas vraiment, ce rite, et qu'il s'exécute pour obéir à son abbé. Mais un jour le monastère réel s'affranchira des chaînes du monastère légal.

Nous fîmes du tourisme symbolique, sursautant à chaque forme pyramidale, à chaque colonne tronquée. L'axe majeur de Cergy Pontoise eut droit le premier à nos assiduités. Igor monta au sommet de la « tour belvédère », qui figurait l'aiguille inclinée d'un cadran solaire. L'architecte s'appelait Dani Karavan. « Je ne te dis même pas quelle doit être sa religion », siffla-t-il. Et il ajouta : « c'est vrai qu'au sommet, on sent une énergie. Je ne me sentais pas bien du tout. Sur la balustrade, tu as les directions de grandes villes européennes, et aussi des noms de localités qui n'existent pas. Or rien n'est mentionné sans raison. Ca doit cacher quelque chose. Il faudra trouver ces lieux et aller voir. »

Je n'eus l'occasion de grimper dans la tour (sans vertige ni nausée ni énergie ressentie) que bien des années après. Les localités inconnues étaient : Courdimanche, Vauréal, St Ouen l'Aumône, Osny. Mes lecteurs du neuf-cinq apprécieront.
Des pyramides, il y en avait partout : à la Place des Fêtes à Paris ; la pyramide du Louvre, bien entendu ; tout partout dans l'axe majeur. Des colonnes tronquées qui représentaient « la chute de l'Eglise », on pouvait en voir deux belles le long de l'autoroute de Clermont Ferrand.
A Cergy, dans le quartier St Christophe, on trouvait aussi un petit observatoire entre la gare et l'axe majeur. Notre vulgate contre-révolutionnaire ne disait rien de cela. Qu'importe ! Avec Galilée en révolte contre l'Eglise, il n'était pas pensable qu'un observatoire se fût trouvé là par hasard. C'était nécessairement un sige chargé de sens ; une preuve de plus que l'axe majeur n'était pas quelque chose d'innocent.

(prochainement : le Da Vaquié Code)


le 01/06/2006 à 08:14 | Permalien | Commentaires (2)