Nelly Blogue
Nelly Blogue

Même si je suis hébergé sur son site, je ne suis pas Sombreval.

Nelly Achlaw
Nelly Achlaw
Nelly est UN parisien qui vit seul et travaille beaucoup. Dans "Nelly Blogue", il parle de ce qu'il aime : cinéma, liturgie, livres, musique - et de ce qu'il n'aime pas.

RECHERCHE






RSS ATOM RSS comment PODCAST Mobile

Foutre et hormones

Livres militaires (1)  03/08/2006

(début de réponse à une question de Tardivel)

Samedi après-midi, à Londres. Il pleut ; je suis dans le dédale de Foyles, sur Charing Cross Road, la librairie la plus intéressante que je connaisse – dans le monde. Il n'y a pas d'équivalent à New York ni bien sûr à Paris.

A la fin des années 80, Foyles était un dédale poussiéreux dans lequel on ne pouvait se repérer qu'avec l'aide d'une des divinités ancillaires chargées des rayons, les seules à pouvoir vous trouver ce que vous cherchiez. Car tout ce que vous cherchiez était là ; eux seuls savaient où. En 1989, mon premier achat là-bas était pour « How to be an alien » de George Mikes. C'était la version locale des « carnets du Major Thompson ». Les extraits placés dans mon manuel d'anglais m'avaient amusé : je voulais maintenant « the works ». Le vendeur, interpellé dans un anglais cassé, m'avait dit : « mais c'est un très vieux livre, ça ! Attendez, je crois qu'il nous en reste un. » Il farfouilla un rayon précis, et en tira un livre minuscule à dos orange. Printed 1974, le prix était de l'époque. J'ai depuis le plus grand respect pour les vendeurs de Foyles, et je ne manque pas de faire un petit pèlerinage là bas à chaque fois que je le peux.

La réputation de la librairie – aussi poussiéreuse que bien fournie – a été ternie vers 2000 par une réorganisation drastique. Un client peut désormais s'y retrouver seul. Comme son concurrent d'en face, Borders, Foyles s'est converti à la mode du « bookstore » américain et a ouvert un café, soigneusement caché au premier étage. On y a mis là la nourriture, les CD, les toilettes, bref, tout ce qui fait du bruit et qui n'est pas très british. Malgré cette concession évidente au goût du jour, le reste du magasin est encore fourni de manière exceptionnelle.

Il y a quelques années, fin 2002 ou 2003, alors que j'avais quelques heures à tuer avant un concert de « carols » à St Martin des Champs, j'avais trouvé un livre amusant pour le train du retour : « légionnaire » par Simon Murray. Je n'avais pas de goût particulier alors pour l'histoire militaire ; peut-être était-ce le résumé en couverture qui m'avait attiré ? Ou plus probablement l'histoire, celle d'un jeune anglais qui s'engageait par désoeuvrement, pour voir le monde. Les expériences inédites pour « entrer dans la vie » semblent plus répandues de l'autre côté du channel qu'ici : une éducation libérale se termine en beauté par une période de déracinement où l'on fait quelque chose d'extrême ou d'inhabituel. Dans le cas de Simon Murray, cinq ans dans la légion étrangère en pleine guerre d'Algérie.

Le livre était captivant et laissait l'image d'une vie « à la dure » avec un esprit de corps très fort, ponctuée par des beuveries et des tabassages également homériques – des tabassages de légionnaires entre eux, s'entend, pas de prisonniers.

(prochainement : Tony Sloane, légionnaire aussi)


le 03/08/2006 à 18:28 | Permalien | Commentaires (0)