Nelly Blogue
Nelly Blogue

Même si je suis hébergé sur son site, je ne suis pas Sombreval.

Nelly Achlaw
Nelly Achlaw
Nelly est UN parisien qui vit seul et travaille beaucoup. Dans "Nelly Blogue", il parle de ce qu'il aime : cinéma, liturgie, livres, musique - et de ce qu'il n'aime pas.

RECHERCHE






RSS ATOM RSS comment PODCAST Mobile

Foutre et hormones

Livres militaires (2)  07/08/2006

En termes d'histoire militaire, il y a deux choses en France qui fascinent les anglais, et cette fascination se retrouve dans les livres exposés chez Foyles cet après-midi là : l'épopée napoléonienne et la légion étrangère. C'est donc sans surprise que j'ai vu, à côté de l'opus de Simon Murray, un autre de Tony Sloane, « the naked soldier ». Même format, même argument : le jeune qui s'engage, qui voit du pays puis qui se souvient.

Le livre n'est pas de la même qualité que son précécesseur. Mal relu, d'un style plus plat. Tony Sloane, au début du livre, n'est pas un bourgeois qui achève son éducation mais un journalier vagabond qui ne sait plus quoi faire, sans famille ou presque : c'est la légion ou la cloche : ce sera la légion.

Les traits connus de la vie des premières années ressortent : tabassages et beuveries. Sloane est plus introspectif, peut être plus franc : après quelques années, il méprise tout ce qui n'est pas la légion (y compris le reste de l'armée), il n'a que deux buts : boire et baiser. Et se battre. On craint à un moment pour sa santé mentale. Le lecteur qui aime les détails croustillants sera donc servi, particulièrement le chapitre dans un hopital militaire, avec son infirmière-de-la-mort obligatoire.
Tony Sloane est posté à Djibouti, dont il retient trois choses : le soleil, les putes et leur maladies, et enfin la nourriture infecte, traitée de chien ou de chameau pourri selon le cas. En dehors de quelques passages introspectifs, qui semblent plaqués sur le discours à des moments opportuns, le reste du texte est un peu trop « been there, done that » : Sloane se déplace, fait des choses, grimpe à la corde, gagne des badges, s'exerce mais ne combat jamais véritablement : la sauce manque un peu de liant. Chose amusante, il mentionne le livre de Murray comme l'un des facteurs qui l'ont poussé vers la légion, mais reste en deça de son modèle.
Après ses cinq ans, Sloane s'engagera dans l'armée anglaise, puis deviendra consultant en sécurité, ce qu'il est actuellement. De son aveu, les séquelles mentales mettront du temps en s'en aller. On aurait aimé que les portraits, les personnalités, soient un peu plus développées, approfondies. Simon Murray avait une guerre à raconter, Sloane n'a eu que de l'entraînement : il aurait pu meubler avec autre chose.


le 07/08/2006 à 08:32 | Permalien | Commentaires (0)