Nelly Blogue
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Même si je suis hébergé sur son site, je ne suis pas Sombreval.

Nelly Achlaw
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Nelly est UN parisien qui vit seul et travaille beaucoup. Dans "Nelly Blogue", il parle de ce qu'il aime : cinéma, liturgie, livres, musique - et de ce qu'il n'aime pas.

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Nanterre : réactions des lecteurs  19/02/2006

J'ai reçu quelques mails de paroissiens arc-boutés sur les défauts que je relevais, ainsi qu'un billet d'un monsieur si exclusif et péremptoire sur ce que doit être la liturgie qu'il ne reste aucune messe au monde capable de le combler. Je plains sa femme s'il la courbe sous un semblable joug.

Visiblement, que ce soit "la meilleure messe paroissiale" ou presque est loin de faire plaisir à tous ces gens-là.

Le point commun de ces critiques l'est hélas trop (commun) : tous récriminent sans m'avoir lu. On dirait des lycéens manifestant contre le CPE sans rien en connaître.
L'autre point commun, c'est que l'on s'acharne plus volontiers sur le ton que j'y prends. Eh quoi ! Pour une fois que je ne critique pas, on ne va pas se battre sur la forme. « Nelly nous donne raison, nous qui aimons plus que tout avoir raison ! »

L'un d'eux suggère qu'au nom de la sincérité et du bon vouloir des laïcs engagés, toute critique est impossible. Toute amélioration aussi, alors.

Un autre, M. Ouvrier de la Vigne, soignant sa rhétorique jusqu'à faire craindre qu'il ne s'écoute un peu parler, entonne simultanément l'air du « mais qui êtes vous donc pour ?» avec celui du « ne jugez pas, de peur d'être jugé vous-même ». Hélas, cher monsieur, il y a longtemps que je suis jugé par vos semblables : j'ai donc beaucoup de licences dont j'entends profiter.
Le même prend les détails que je note neutrement pour des reproches, puis me dit : « allez donc créer une nouvelle communauté paroissiale ex nihilo et on ira vous voir ». Il y a peu de chances à cela : je n'en ai pas besoin. Je vis très bien sans le rit de St Pie V. Et pour le détail, j'asticotais sur le retournement du voile du calice, pas sur le voile lui-même.

(Je n'ose écrire « rite » de peur que M. Péremptoire, acide solitaire qui n'admet pas la réplique en choses liturgiques, et croit bon de le clamer régulièrement sur un forum connu, me reproche de ne rien y entendre, lui qui a « étudié la liturgie pendant assez longtemps pour savoir que ».)

Lorsque j'affirme : « le déroulement de la cérémonie était bon, les servants semblent encore un peu inexpérimentés », M. Ouvrier de la Vigne répond que le service d'autel reste de qualité lorsque les fléaux de la grippe et des vacances frappent de concert et que le « personnel » n'est pas mis à disposition par Monseigneur. Voilà une surprenante envie de justification là où je dis que c'est presque parfait. Voilà, en somme, des réponses à des questions que je ne posais pas, parce que M. Ouvrier de la Vigne m'a lu, au mieux, en diagonale.
L'église n'est pas des années 30 mais 10, et pas néo-romane mais romano-byzantine, ce qui change tout.
M. Ouvrier ne pipe mot, en revanche, de quelques points pour lesquels j'aurais aimé qu'il dît quelque chose. Pas le moindre mot pour se féliciter d'avoir plusieurs prêtres concédés par le diocèse ? Pas le moindre espoir de voir la messe reconduite d'ici dix mois ? Pas la moindre parole de gratitude envers Mgr Daucourt ? Pas le moindre appui à mon souci de voir l'expérience se généraliser dans le diocèse ? c'était sans doute des idées trop futiles pour qu'on renchérisse sur elles. Mais ma « sécheresse d'âme », l'intérêt que je présenterais à me faire interviewer par Jacques Chancel, voilà qui justifie d'écrire plusieurs dizaines de lignes.

Un autre m'envoie une anecdote morale attribuée à Socrate ; au risque que je plonge dans ma bibliothèque pour en chercher la source et ne pas la trouver. Celui-là a presque autant de condescendance que moi dans son ton. Feignant d'être amical (« je me permets de vous transmettre cette jolie histoire »), il aimerait bien se payer Nelly mais ne le tente que par procuration, par le truchement d'un couper-coller dont il n'est point l'auteur, avant que de conclure : « faites-en désormais bon usage ».
M. Condescendant a juste oublié une chose : nous ne sommes plus au collège chez les bons pères ; il faut donc traiter avec moi en égal, non en instituteur. L'anecdote transmise (et de moi lue des dizaines de foi naguère) exalte les actes vrais, justes et bons. Sa réprimande qui se pare des atours de la bienveillance est-elle si digne alors d'attention?

Espérons qu'en tout cela il se trouve une armée de juste silencieux qui n'auront qu'un impératif en lisant mon message : celui de ne pas m'écrire. Dès lors que les sentiments que mes billets inspirent s'éloignent de la critique, de la récrimination, de l'agression, un miracle sans cesse se répète : on ne m'écrit plus.


le 19/02/2006 à 12:30 | Permalien | Commentaires (2)