L'oeil de Sauron
Salon d'automne (3) 17/12/2007
Nelly continue d'acheter des timbres
Troisième station du chemin de croix : l'oblitération. Troisième queue. Ce sont toujours les mêmes postiers qui manipulent d'une main experte le « cachet », le « tampon », le puriste dira le « timbre à date ». Trois petits coups sur l'encreur, et un grand sur le papier. Le carton pelliculé de ma carte de phare alerte le postier, qui donne six ou sept petits coups avant de tenter le grand paf. Ca bave quand même. D'autres ont apporté leurs buvards ; moi pas. Tant pis, c'est pour le fun.
Je me fais même tamponner mes timbres groenlandais avec un cachet de Tasiilaq, ce qui est pure complaisance puisque ces timbres n'ont pas de valeur d'affranchissement ici, et que nous sommes bien loin de Tasiilaq, indeed.
L'étape suivante se passe auprès des machines à LISA. Non pas Lisa Simpson, mais LIbre Service Affranchissement. Bref, un distributeur de timbres. Autre queue de 20 minutes. Mais pourquoi ? Parce que le dessin de ces LISA-là ne se trouvera qu'ici. Est-ce de la spéculation ? Du fétichisme encore ? la peur de ne pas être complet depuis que la catalogue Yvert a décidé de coter les LISA ? Toujours est-il qu'il faut de la patience. J'ai deux ou trois psychopathes qui font la queue devant moi. Un colosse à nuque rasée semble décidé à s'en prendre une à tous les tarifs. Une LISA à 0.49 (écopli), une LISA à 0.54 (lettre prioritaire France), une LISA à 0.60 (20 grammes zoone 1), etc. Celui de derrière – mais devant moi, hélàs, a un tupperware plein de petite monnaie. Ca promet.
Petite astuce : demandez un reçu à chaque fois, il est imprimé aussi sur une de ces vignettes spéciales.
A côté des LISA, vous avez les boîtes aux lettres. Le courrier déposé dans la boîte de droite reçoit un cachet avec un ours ; celui déposé dans la boîte de gauche reçoit encore un autre cachet. Si vous êtes maniaque, il vous faudra les deux, donc deux LISA. A moins que vous ne les vouliez aussi sur les timbres émis ce jour ? Bref, tout le monde n'y perd pas, dans l'opération. Je garde pour ma part un profil bas ; j'aurai mon ours sur une marianne de base, ça me suffira bien.
Le soir, en rentrant chez moi, je verrai que ce n'était même pas la peine puisqu'un ami philatéliste, passé la veille au salon, m'avait posté une circulaire de son association dans la boîte de l'ours…
Il y a plus intéressant, c'est l'association « art du timbre gravé », représentant un courant de philatélistes esthètes qui estime à voix basse que le timbre français n'est plus ce qu'il était. Héliogravure, offset, photos, sujets banals ont pris le pouvoir et délogé la reine taille-douce de son trône, occupé sans vacance depuis plus de soixante années. Autrefois, c'était la valorisation de la géographie, du patrimoine du pays, des personnages célèbres… aujourd'hui, c'est une profusion de timbres de Noël, d'été, on y retrouve le Chat de Geluck, ou Cubitus, ou Harry Potter… bref, ce n'est plus pareil, et la taille-douce fait un petit 20% des timbres émis dans l'année, hors carnets.
Mais le président de la république s'est emparé du dossier et a décidé récemment, dans une lettre publique, que la taille douce devait revenir à 30% des émissions, hors carnets. Je vous assure que je ne plaisante pas.
L'association « art du timbre gravé » a pour objectif de rappeler que le timbre gravé existe, qu'il est beau, et de le faire connaître. L'essentiel de la cotisation passe dans la confection de deux gravures offertes annuellement aux membres de l'association. Je fais donc mon chèque et repars avec un joli truc de Martin Mörck signé par l'auteur.
Je devrais ici digresser sur les graveurs célèbres, dont Martin Mörck est l'un des plus en vue. Ce sera pour une autre fois. Ma carte d'adhérent est signée par Pierre Albuisson, président de l'association, ce qui n'est pas mal non plus pour fétichiser.
Il y aurait beaucoup à dire sur les autres stands (le pompon étant détenu par celui du Groenland, devant lequel fond lentement un fragment d'iceberg). Ce sera peut-être pour un prochain post.
Je me fais même tamponner mes timbres groenlandais avec un cachet de Tasiilaq, ce qui est pure complaisance puisque ces timbres n'ont pas de valeur d'affranchissement ici, et que nous sommes bien loin de Tasiilaq, indeed.
L'étape suivante se passe auprès des machines à LISA. Non pas Lisa Simpson, mais LIbre Service Affranchissement. Bref, un distributeur de timbres. Autre queue de 20 minutes. Mais pourquoi ? Parce que le dessin de ces LISA-là ne se trouvera qu'ici. Est-ce de la spéculation ? Du fétichisme encore ? la peur de ne pas être complet depuis que la catalogue Yvert a décidé de coter les LISA ? Toujours est-il qu'il faut de la patience. J'ai deux ou trois psychopathes qui font la queue devant moi. Un colosse à nuque rasée semble décidé à s'en prendre une à tous les tarifs. Une LISA à 0.49 (écopli), une LISA à 0.54 (lettre prioritaire France), une LISA à 0.60 (20 grammes zoone 1), etc. Celui de derrière – mais devant moi, hélàs, a un tupperware plein de petite monnaie. Ca promet.
Petite astuce : demandez un reçu à chaque fois, il est imprimé aussi sur une de ces vignettes spéciales.
A côté des LISA, vous avez les boîtes aux lettres. Le courrier déposé dans la boîte de droite reçoit un cachet avec un ours ; celui déposé dans la boîte de gauche reçoit encore un autre cachet. Si vous êtes maniaque, il vous faudra les deux, donc deux LISA. A moins que vous ne les vouliez aussi sur les timbres émis ce jour ? Bref, tout le monde n'y perd pas, dans l'opération. Je garde pour ma part un profil bas ; j'aurai mon ours sur une marianne de base, ça me suffira bien.
Le soir, en rentrant chez moi, je verrai que ce n'était même pas la peine puisqu'un ami philatéliste, passé la veille au salon, m'avait posté une circulaire de son association dans la boîte de l'ours…
Il y a plus intéressant, c'est l'association « art du timbre gravé », représentant un courant de philatélistes esthètes qui estime à voix basse que le timbre français n'est plus ce qu'il était. Héliogravure, offset, photos, sujets banals ont pris le pouvoir et délogé la reine taille-douce de son trône, occupé sans vacance depuis plus de soixante années. Autrefois, c'était la valorisation de la géographie, du patrimoine du pays, des personnages célèbres… aujourd'hui, c'est une profusion de timbres de Noël, d'été, on y retrouve le Chat de Geluck, ou Cubitus, ou Harry Potter… bref, ce n'est plus pareil, et la taille-douce fait un petit 20% des timbres émis dans l'année, hors carnets.
Mais le président de la république s'est emparé du dossier et a décidé récemment, dans une lettre publique, que la taille douce devait revenir à 30% des émissions, hors carnets. Je vous assure que je ne plaisante pas.
L'association « art du timbre gravé » a pour objectif de rappeler que le timbre gravé existe, qu'il est beau, et de le faire connaître. L'essentiel de la cotisation passe dans la confection de deux gravures offertes annuellement aux membres de l'association. Je fais donc mon chèque et repars avec un joli truc de Martin Mörck signé par l'auteur.
Je devrais ici digresser sur les graveurs célèbres, dont Martin Mörck est l'un des plus en vue. Ce sera pour une autre fois. Ma carte d'adhérent est signée par Pierre Albuisson, président de l'association, ce qui n'est pas mal non plus pour fétichiser.
Il y aurait beaucoup à dire sur les autres stands (le pompon étant détenu par celui du Groenland, devant lequel fond lentement un fragment d'iceberg). Ce sera peut-être pour un prochain post.
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z_igou@yahoo.com
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