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Salon d'automne (4 et dernier) 16/01/2008
Résumé minute pour Antoine :
Nelly : j'ai vu des timbres. Il y en a vraiment pour tous les goûts.
Stand de Polynésie et de Nouvelle Calédonie. Déco de rigueur et colliers de coquillages. Wow, je n'avais jamais vu de Tahitienne en vrai avant.
Stand Spink. Cette maison londonienne est spécialisée dans les enchères haut de gamme à plusieurs centaines de milliers de livres sterling. On lui doit notamment la vente récente d'une enveloppe affranchie avec les trois premiers œils-de-bœuf du Brésil. (Cherchez sur Google, messieurs-dames). Les seuls négociants habillés comme des consultants de chez moi.
Ensuite, il y a les stands des négociants qui entassent des collections en album ; ceux des négociants qui ressortent depuis vingt ans les mêmes bacs fatigués ; et ceux, plus raffinés, qui vendent du timbre à la pièce. Du timbre cher. Voici l'occasion d'un autre excursus : non plus le timbre comme fétiche mais le timbre comme placement.
Le timbre existe en France depuis le 1er janvier 1849, où fut émis le Cérès 20 centimes noir. Contrairement à ce qu'on peut penser, ce premier timbre n'est pas le plus cher ; on en trouve des copies passables, plusieurs chez chaque négociant, pour 20 à 30 euros. Il y a en revanche, pour des questions de tirage restreint, ou de retrait rapide de la vente, ou de valeur faciale très élevée, des timbres postérieurs qui chiffrent nettement plus.
Cependant, un timbre de 150 ans aura tendance à être relativement rare, et d'autant plus rare qu'il est en bon état, ce qui veut dire 1°) un bon centrage de l'image, 2°) une oblitération nette, 3°) une oblitération rare, 4°) un « type » rare (les timbres classiques connaissent de nombreuses variétés), 5°) une faute ou une variété intéressante (le 20 centimes noir imprimé sur du papier blanc cote plus que sur du papier jaune), 6°) la présence sur une lettre intéressante.
Le Cérès dont je parlais tout à l'heure vaut 20 euros lorsqu'il est ordinaire. Lorsqu'il est bien centré, neuf, avec sa gomme d'origine sans traces, des marges larges, un type rare, etc., il peut valoir dix à trente fois plus. Le timbre classique reste donc, à quelques exceptions près, à la portée du collectionneur lambda ; mais les pièces superbes sont des investissements.
Il y a tout un jargon à apprendre pour désigner les timbres de France les plus chers. Le pompon est détenu par le « 1 franc vermillon », qui doit coter 20 000 euros en oblitéré, et environ 20 fois plus en neuf. Cet Everest de la collection classique française ne figurera que dans des collections de luxe. Le « bloc de quatre tête bêche » du 1 f. vermillon atteint quant à lui des cotes particulièrement obscènes. Mais ce n'est pas grave, car on les compte sur les doigts des deux mains, on ne les trouve pas chez les négociants, et on ne sait pas qui les détient actuellement.
Il faut donc savoir ce que sont le « numéro 33 » (un de mes préférés, esthétiquement parlant), les « orphelins de guerre », le « burelé rose », le "bleu de Prusse" qui restent (presque) plus accessible que le 1 franc vermillon. On pourra passer après à un de mes fétiches personnels, le 20 de la Côte des Somalis (non, je n'en ai pas, mais j'ai un 19 depuis peu).
Inutile de dire que tous ces timbres s'achètent à l'unité chez un négociant qui fait ça, et qu'on ne les trouve jamais, jamais, cachés dans une page d'album. Pour une raison simple : lorsqu'un négociant vous rachète une collection, il y pique les bonnes pièces, s'il y en a, et les vend à part. Vous n'aurez jamais de « bonnes affaires » dans un album acheté d'une pièce.
On pourrait disserter ensuite sur les mécanismes des « ventes à prix fixe » et des « ventes sur offre ». Je réserve cela à un prochain billet.
Je veux parler enfin du stand des TAAF. Oui, je sais que personne ne sait ce que c'est. Alors voilà. Les TAAF sont les Terres Australes et Antarctiques Françaises. C'est un TOM, comme la Polynésie, la Calédonie etc. Mais c'est un TOM qui a la particularité de ne pas avoir d'assemblée législative, puisqu'il n'est peuplé que d'une poignée de chercheurs : les TAAF, c'est la Terre Adélie, les archipels et îles de Crozet, Kerguelen, Amsterdam et Saint Paul, et les Iles Eparses de l'Océan Indien.
Pour des raisons de qualité artistique des timbres, d'exotisme antarctique, d'intérêt scientifique, et en raison aussi de la prolifération de cachets apposés sur les plis qui en sont originaires, les TAAF sont de la part d'une certaine catégorie de philatélistes l'objet de soins constants. L'exercice préféré de ces philatélistes polaires est de confectionner des plis auto-adressés ; de les envoyer dans les « districts » pour que le gérant postal les expédie, après les avoir tamponné d'abondance. L'exercice, au demeurant, n'est pas si idiot puisque la philatélie, si j'en crois des données officielles, représente 25% des recettes des TAAF. D'autres données laissent penser que 90% du courrier posté dans les « districts » est du courrier philatélique. Bref, ce n'est pas seulement une affaire d'affranchissement à 54 centimes.
Ensuite, on peut panacher les plaisirs, et se faire faire des « premier jour » depuis les TAAF. Mais j'arrête là, car cela deviendrait un peu technique d'expliquer cela. J'ai fait ce qu'il fallait, il y a un mois, pour me faire quelques « premiers jours » de Terre Adélie. En raison de l'hiver austral et des « rotations » des bateaux, ils ne devraient me revenir que dans un an. On verra alors si je m'y suis bien pris.
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z_igou@yahoo.com
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