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Samedi : Londres 03/03/2008
And did those feet, in ancient times, walk upon England's mountains green? And did the holy lamb of god on England pleasant pastures seen? (...) nor shall my sword sleep in my hand, till we have build Jerusalem in England green and pleasant land.
Samedi, aller-retour à Londres pour une exposition philatélique. Je n'avais vu la gare de Saint Pancrace que de nuit, le lendemain de son inauguration. De jour, elle m'a semblé splendide et d'un lyrisme architectural qui manquait à Waterloo. Le salon (« spring stampex ») se tenait à 10 minutes de marche de là. Je renvoie à l'intéressant blog que voici pour quelques détails.
http://sebphilatelie.blogspot.com/2008/03/grandeurs-et-dcadences-de-la-royal-mail.html
Les photos suivront, car j'en ai pris quelques-unes. L'endroit du salon (le « Islington Business Design Center ») est une sorte de CNIT, moitié boutiques moitié salon d'exposition, avec une mezzanine et des galeries. Assez joli, je dois le dire. L'essentiel du terrain était occupé par des négociants, la plupart du temps assez haut-de-gamme. Le dépaysement était largement au rendez-vous : je ne connais guère les timbres britanniques, fors les superbes « Machins » et le « penny black » (30 livres pour un moche, 100 livres pour un beau ; c'est plus cher que notre 20 centimes Cérès nationale, qui se trouve dans un état très correct entre 20 et 30 euros). Mais quoi, le « penny black », premier timbre du monde, a précédé la Cérès de neuf ans.
Il y avait deux ou trois négociants français, Lugdunum philatélie qui semblait n'avoir que des clients francophones, et Vincennes Philatélie (de Marigny), toujours aussi complet et toujours aussi cher. Fort peu d'administrations postales, fors les îles voisines, Man et les « anglo-normandes ». Et Gibraltar, avec un adorable vendeur qui n'avait jamais rien de ce que je voulais. Jersey vendait ses timbres au-dessus de la faciale ; un comble ! Mais l'expérience des commandes par correspondance permet vite de voir que deux îles voisines n'ont pas du tout, mais pas du tout la même qualité de service. Je suis très satisfait des Manx, des Groenlandais, des Suédois, des Américains. Jersey m'a envoyé des timbres mouillés sans pochette, collés ensemble ; les Islandais se plantent à chaque commande mais réparent de très bonne volonté. Les Falkland mettent six mois à répondre (absence d'aéroport sur l'île ?) Les Allemands sont parfaits au point de vous envoyer toute la paperasse en triple. Quant aux français… je n'ai pas encore compris comment faire pour éviter les erreurs, les oublis, les messages au service client sans réponse, les timbres marqués « épuisé » le lendemain de leur émission, et trouvables trois mois plus tard à la rue du Louvre.
Je rejoins l'avis du blog de Sébastien qui souligne la serviabilité des employés de Royal Mail. Je me suis fait expliquer la démarche pour obtenir un timbre à date illustré (il y en a plusieurs pour chaque timbre, un « premier jour » et plein d'autres, des commandes privées). Il y a, à ce stand, la possibilité pour les collectionneurs mordus de traîner à un guichet (pas plus une une heure, est-il précisé) à examiner des feuilles entières de « Machin », les coins, les couleurs, que sais-je. Même aventure de Sebastien : je demande le tarif pour la France, l'employé va se renseigner. Pour l'instant, c'est 48p.
Les Anglais ne divisent pas leur philatélie en classique / semi-classique / tout le reste qui ne vaut rien, mais la segmentent par roi. On a donc du Victoria, un peu d'Edouard, et plus KGV (barbe et moustache), KGVI (imberbe et altier) et l'increvable Elizabeth II dont les lecteurs de ce blog savent le faible que j'ai pour elle. Chez mon bottier, tout à l'heure, une photo d'elle, encore jeune, en train de visiter l'atelier où l'on fabrique les chaussures que j'affectionne, était suspendue en bonne place sur le mur. Je crois d'ailleurs avoir trouvé ce qui me plaît dans ces représentations de monarques, et les événements familiaux étendus aux dimensions d'un pays : ce sont de rares moments où le pays semble uni, tout simplement ; et c'est un tel bien d'avoir un pays uni qu'il est louable d'en donner des représentations, fussent-elles philatéliques. Avec les noces de diamant de la reine Elizabeth et du Duc d'Edimbourg, on se doute que j'étais gâté samedi.
Curieusement, cela coïncidait avec la découverte, par les médias, que cette joyeuse et princière tête à claques de Harry, loin de ses déconnades alcoolisées, se battait en Afghanistan. Pour des raisons de sécurité, on l'a rapatrié immédiatement. Déclaration de l'intérerssé à son retour : « I'm fucking pissed off ! » (traduction pour les enfants qui nous lisent : « je suis furax ! »)
En France, les journaux montrent quelques photos avec des légendes du style « il vient de tirer à la mitrailleuse lourde ». Comprenez : il l'a voulu, il a peut être même tué des pauvres gens en face, il n'a même pas le regard hagard de culpabilité moins de cinq minutes après, imaginez la douleur des taliban en face à la perte d'un être cher, cette survivance d'une époque révolue a du sang sur les mains. Franchement, il aurait du être objecteur.
En Angleterre, une seule expression résume ce que dit la presse : « Way to go, Harry ! ». Et de se lamenter qu'on ne lui ait pas laissé mener plus longtemps une vie de sous-off normal où (on insiste), il était exemplaire. Le déguisement à la croix gammée est oublié, Harry est presque un héros vivant.
Si je rejoins l'avis de Sebastien sur l'amabilité des Anglais (et cela est également vrai des américains, peut-être plus encore), je trouve que ce caractère si particulier a tendance à disparaître. Depuis mes premières escapades londoniennes, il y a 21 ans, j'ai vu graduellement des gens se mettre à manger dans le métro, à traverser au rouge, laisser moins la place sur les trottoirs. Si vous êtes une dame devant un escalier, il y aura toujours quelqu'un pour porter votre valise. Mais pour combien de temps encore ?
Parmi les stands à mentionner :
1°) une excellente exposition de philatélie autrichienne, avec notamment quelques cadres sur le scoutisme et – surprise – une illustration de Pierre Joubert que je posterai d'ici quelques jours. Je suis passé, en 1995, à quelques kilomètres à peine de Bad Ischl (Jamboree de 1951) et j'ai retrouvé notamment la fameuse « tyroler-hütte » démontée par les Scouts de France et remontée à Jambville, sur un timbre autrichien.
2°) un stand des « Forces », autrement dit la poste aux armées, avec un type et une femme en treillis camouflé, très sympathiques. N'étant pas versé dans les régiments anglais, je n'ai pas pu identifier le leur. Ils portaient néanmoins une ceinture bleu marine / mauve / bleu marine que je crois être celle des Guards, ou du moins que j'ai vu sur eux. Si quelqu'un en savait plus sur le sujet…
3°) le stand de Harry Allen, le Théodore Champion local (bien moins cher que le notre, au demeurant, puisque Champion vend tout au moins au double de la faciale). Leur site web semble s'adresser surtout à des négociants en nouveautés ; si quelqu'un savait comment faire pour leur acheter des trucs quand on est un client « retail » (et en dehors du « stampex »), cela m'intéresserait beaucoup aussi.
J'ai été frappé par la quantité de bacs d'enveloppes. La collection des « premier jour » ne semble pas honteuse outre-manche mais souffre du même phénomène qu'ici : une fois acheté, ça ne vaut plus rien. Il y en a donc des pléthores, certaines même à 25 pence. J'ai ramené deux trucs de Monaco, avec des timbres de Decaris sur la damnation de Faust, qui sont de petites merveilles (une livre pour 8 timbres sur 2 enveloppes !). J'en avais trouvé plus tôt, toujours de Monaco, représentant les peintures de Canavesio à Notre-Dame des Fontaines, au-dessus de la Brigue (une partie de ma famille est de là-bas).
Les « vraies » enveloppes, celles qui ont voyagé, sont appelées ici « postal history » et il n'y en a pas énormément. Je suis reparti avec quelques plis classiques. On verra ce qu'on en fera. Un des négociants avait aussi des cartes postales de propagande du 3ème reich, superbes, mais exorbitantes. 35 livres pour une photo de Nuremberg ? On va réflechir !
Après cela, un petit tour en train dans les « Chiltern hills » pour me distraire les idées, puis une escale chez Foyles pour faire le plein de livres, et retour à St Pancrace. Une bonne journée, sans pluie, bien remplie, donc.
(J'écris cela en entendant « Agony » in « Comtemporary works » de Klaus Schulze, et en fumant un corona de chez Ramon Allones.) Me revoilà anglophile pour quelques semaines.
http://sebphilatelie.blogspot.com/2008/03/grandeurs-et-dcadences-de-la-royal-mail.html
Les photos suivront, car j'en ai pris quelques-unes. L'endroit du salon (le « Islington Business Design Center ») est une sorte de CNIT, moitié boutiques moitié salon d'exposition, avec une mezzanine et des galeries. Assez joli, je dois le dire. L'essentiel du terrain était occupé par des négociants, la plupart du temps assez haut-de-gamme. Le dépaysement était largement au rendez-vous : je ne connais guère les timbres britanniques, fors les superbes « Machins » et le « penny black » (30 livres pour un moche, 100 livres pour un beau ; c'est plus cher que notre 20 centimes Cérès nationale, qui se trouve dans un état très correct entre 20 et 30 euros). Mais quoi, le « penny black », premier timbre du monde, a précédé la Cérès de neuf ans.
Il y avait deux ou trois négociants français, Lugdunum philatélie qui semblait n'avoir que des clients francophones, et Vincennes Philatélie (de Marigny), toujours aussi complet et toujours aussi cher. Fort peu d'administrations postales, fors les îles voisines, Man et les « anglo-normandes ». Et Gibraltar, avec un adorable vendeur qui n'avait jamais rien de ce que je voulais. Jersey vendait ses timbres au-dessus de la faciale ; un comble ! Mais l'expérience des commandes par correspondance permet vite de voir que deux îles voisines n'ont pas du tout, mais pas du tout la même qualité de service. Je suis très satisfait des Manx, des Groenlandais, des Suédois, des Américains. Jersey m'a envoyé des timbres mouillés sans pochette, collés ensemble ; les Islandais se plantent à chaque commande mais réparent de très bonne volonté. Les Falkland mettent six mois à répondre (absence d'aéroport sur l'île ?) Les Allemands sont parfaits au point de vous envoyer toute la paperasse en triple. Quant aux français… je n'ai pas encore compris comment faire pour éviter les erreurs, les oublis, les messages au service client sans réponse, les timbres marqués « épuisé » le lendemain de leur émission, et trouvables trois mois plus tard à la rue du Louvre.
Je rejoins l'avis du blog de Sébastien qui souligne la serviabilité des employés de Royal Mail. Je me suis fait expliquer la démarche pour obtenir un timbre à date illustré (il y en a plusieurs pour chaque timbre, un « premier jour » et plein d'autres, des commandes privées). Il y a, à ce stand, la possibilité pour les collectionneurs mordus de traîner à un guichet (pas plus une une heure, est-il précisé) à examiner des feuilles entières de « Machin », les coins, les couleurs, que sais-je. Même aventure de Sebastien : je demande le tarif pour la France, l'employé va se renseigner. Pour l'instant, c'est 48p.
Les Anglais ne divisent pas leur philatélie en classique / semi-classique / tout le reste qui ne vaut rien, mais la segmentent par roi. On a donc du Victoria, un peu d'Edouard, et plus KGV (barbe et moustache), KGVI (imberbe et altier) et l'increvable Elizabeth II dont les lecteurs de ce blog savent le faible que j'ai pour elle. Chez mon bottier, tout à l'heure, une photo d'elle, encore jeune, en train de visiter l'atelier où l'on fabrique les chaussures que j'affectionne, était suspendue en bonne place sur le mur. Je crois d'ailleurs avoir trouvé ce qui me plaît dans ces représentations de monarques, et les événements familiaux étendus aux dimensions d'un pays : ce sont de rares moments où le pays semble uni, tout simplement ; et c'est un tel bien d'avoir un pays uni qu'il est louable d'en donner des représentations, fussent-elles philatéliques. Avec les noces de diamant de la reine Elizabeth et du Duc d'Edimbourg, on se doute que j'étais gâté samedi.
Curieusement, cela coïncidait avec la découverte, par les médias, que cette joyeuse et princière tête à claques de Harry, loin de ses déconnades alcoolisées, se battait en Afghanistan. Pour des raisons de sécurité, on l'a rapatrié immédiatement. Déclaration de l'intérerssé à son retour : « I'm fucking pissed off ! » (traduction pour les enfants qui nous lisent : « je suis furax ! »)
En France, les journaux montrent quelques photos avec des légendes du style « il vient de tirer à la mitrailleuse lourde ». Comprenez : il l'a voulu, il a peut être même tué des pauvres gens en face, il n'a même pas le regard hagard de culpabilité moins de cinq minutes après, imaginez la douleur des taliban en face à la perte d'un être cher, cette survivance d'une époque révolue a du sang sur les mains. Franchement, il aurait du être objecteur.
En Angleterre, une seule expression résume ce que dit la presse : « Way to go, Harry ! ». Et de se lamenter qu'on ne lui ait pas laissé mener plus longtemps une vie de sous-off normal où (on insiste), il était exemplaire. Le déguisement à la croix gammée est oublié, Harry est presque un héros vivant.
Si je rejoins l'avis de Sebastien sur l'amabilité des Anglais (et cela est également vrai des américains, peut-être plus encore), je trouve que ce caractère si particulier a tendance à disparaître. Depuis mes premières escapades londoniennes, il y a 21 ans, j'ai vu graduellement des gens se mettre à manger dans le métro, à traverser au rouge, laisser moins la place sur les trottoirs. Si vous êtes une dame devant un escalier, il y aura toujours quelqu'un pour porter votre valise. Mais pour combien de temps encore ?
Parmi les stands à mentionner :
1°) une excellente exposition de philatélie autrichienne, avec notamment quelques cadres sur le scoutisme et – surprise – une illustration de Pierre Joubert que je posterai d'ici quelques jours. Je suis passé, en 1995, à quelques kilomètres à peine de Bad Ischl (Jamboree de 1951) et j'ai retrouvé notamment la fameuse « tyroler-hütte » démontée par les Scouts de France et remontée à Jambville, sur un timbre autrichien.
2°) un stand des « Forces », autrement dit la poste aux armées, avec un type et une femme en treillis camouflé, très sympathiques. N'étant pas versé dans les régiments anglais, je n'ai pas pu identifier le leur. Ils portaient néanmoins une ceinture bleu marine / mauve / bleu marine que je crois être celle des Guards, ou du moins que j'ai vu sur eux. Si quelqu'un en savait plus sur le sujet…
3°) le stand de Harry Allen, le Théodore Champion local (bien moins cher que le notre, au demeurant, puisque Champion vend tout au moins au double de la faciale). Leur site web semble s'adresser surtout à des négociants en nouveautés ; si quelqu'un savait comment faire pour leur acheter des trucs quand on est un client « retail » (et en dehors du « stampex »), cela m'intéresserait beaucoup aussi.
J'ai été frappé par la quantité de bacs d'enveloppes. La collection des « premier jour » ne semble pas honteuse outre-manche mais souffre du même phénomène qu'ici : une fois acheté, ça ne vaut plus rien. Il y en a donc des pléthores, certaines même à 25 pence. J'ai ramené deux trucs de Monaco, avec des timbres de Decaris sur la damnation de Faust, qui sont de petites merveilles (une livre pour 8 timbres sur 2 enveloppes !). J'en avais trouvé plus tôt, toujours de Monaco, représentant les peintures de Canavesio à Notre-Dame des Fontaines, au-dessus de la Brigue (une partie de ma famille est de là-bas).
Les « vraies » enveloppes, celles qui ont voyagé, sont appelées ici « postal history » et il n'y en a pas énormément. Je suis reparti avec quelques plis classiques. On verra ce qu'on en fera. Un des négociants avait aussi des cartes postales de propagande du 3ème reich, superbes, mais exorbitantes. 35 livres pour une photo de Nuremberg ? On va réflechir !
Après cela, un petit tour en train dans les « Chiltern hills » pour me distraire les idées, puis une escale chez Foyles pour faire le plein de livres, et retour à St Pancrace. Une bonne journée, sans pluie, bien remplie, donc.
(J'écris cela en entendant « Agony » in « Comtemporary works » de Klaus Schulze, et en fumant un corona de chez Ramon Allones.) Me revoilà anglophile pour quelques semaines.
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