Fleurs du mal
Tableaux parisiens 23/11/2007
Tels le gingembre après un sushi, ou les arbouses à la fin d'une série d'huîtres au caviar, il y a besoin parfois, après une nourriture riche ou intense, de se désaltérer un peu. Après les poèmes morbides, sinistres ou simplement déprimants qui clôturent « spleen et idéal », voici « tableaux parisiens » qui porte bien son nom. Ce sont des évocations de la ville, transfigurée par la poésie ; certaines heureuses, d'autres non. La ville est un lieu affreux où l'on peut trouver de belles choses. « Tableaux parisiens » est un pot pourri de sensations urbaines où l'on délaisse, pour mieux la reprendre plus avant, la méditation sur la condition humaine.
Lire pour l'exemple les « sept vieillards », sa tentative d'imitation de Hugo (assez superficielle à mon sens) et ses images mémorables. Lire aussi « les petites vieilles ».
Dans les plis sinueux des vieilles capitales,
Où tout, même l'horreur, tourne aux enchantements,
Je guette, obéissant à mes humeurs fatales,
Des êtres singuliers, décrépits et charmants.
Lire aussi « à une passante » et son éternel thème de la personne séduisante qu'on ne peut pas accoster car elle n'a rien de commun avec nous.
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
O toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
Paris, c'est aussi l'anonymat :
La servante au grand cœur dont vous étiez jalouse,
Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse,
Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs.
Finalement, ces impressions se dissipent comme elles étaient venues, avec le soleil du matin ; il est temps de reprendre le chemin du recueil :
La diane chantait dans les cours des casernes,
Et le vent du matin soufflait sur les lanternes.
Peut-être pas les vers les plus heureux de Baudelaire. Qu'importe ? « Tableaux parisiens » n'est pas la partie majeure de l'œuvre.
Lire pour l'exemple les « sept vieillards », sa tentative d'imitation de Hugo (assez superficielle à mon sens) et ses images mémorables. Lire aussi « les petites vieilles ».
Dans les plis sinueux des vieilles capitales,
Où tout, même l'horreur, tourne aux enchantements,
Je guette, obéissant à mes humeurs fatales,
Des êtres singuliers, décrépits et charmants.
Lire aussi « à une passante » et son éternel thème de la personne séduisante qu'on ne peut pas accoster car elle n'a rien de commun avec nous.
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
O toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
Paris, c'est aussi l'anonymat :
La servante au grand cœur dont vous étiez jalouse,
Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse,
Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs.
Finalement, ces impressions se dissipent comme elles étaient venues, avec le soleil du matin ; il est temps de reprendre le chemin du recueil :
La diane chantait dans les cours des casernes,
Et le vent du matin soufflait sur les lanternes.
Peut-être pas les vers les plus heureux de Baudelaire. Qu'importe ? « Tableaux parisiens » n'est pas la partie majeure de l'œuvre.
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z_igou@yahoo.com
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