Plus c'est gros...
tout fout le camp, ma bonne dame (2) 02/07/2007
Résumé : après la diatribe (voir quelques billets plus bas), les meilleurs extraits. C'est parti pour la poilade.
« Qui sont les grands compositeurs vivants ? ou même récents ? Ceux qui, comme Arvo Pärt, s'imposent avec évidence au-delà des cercles avertis sont rares."
"Toutes les époques pourtant, dès avant la Renaissance jusqu'au début du XXe siècle, ont connu leurs grands. (…) Stravinsky vient parachever [cette liste] en apothéose. Mais Stravinsky lui-même et, déjà avant lui, Mahler ou Richard Strauss, semblent montrer un mouvement qui s'essouffle."
"Depuis la fin de la Première Guerre mondiale, quels compositeurs ont percé dans le public ? (…. Autre liste que je coupe NdN…) les musicologues les délaissent au profit d'autres, inconnus par ailleurs : Schœnberg, Milhaud, Honegger, Hindemith, Stockhausen, Xenakis, Boulez (photo), Cage… pour citer les plus réputés."
(Inconnus et réputés, mais bien sûr. NdN)
"Parallèlement, la désaffection pour la musique contemporaine a laissé la place à une vaste redécouverte des musiques baroques, renaissantes et médiévales. Nombre d'œuvres de jadis avaient été injustement éclipsées par la révolution beethovenienne "
(jouait-on réellement du Monteverdi, du Dufay, du Machaut à l'époque de Haydn ou de Bach ? Je n'en suis pas sûr. NdN)
"(…) Il est évident qu'un tel retour au passé, aussi populaire, n'aurait pas eu lieu si les compositeurs contemporains avaient su donner pleine satisfaction aux musiciens et à leurs auditeurs. Ce renouveau est la marque d'un déclin."
(NdN. Cela ne tient pas debout : le public du classique « contemporain » et celui du baroque ne sont pas les mêmes. Le public du baroque ignore à peu près tout du classique « contemporain » et n'écoute pas du baroque par rejet du sérialisme ou je ne sais quoi. C'est comme dire que mon voisin de métro écoute Britney Spears (ou Huey Lewis !) par rejet de Chopin, qui ne lui donne pas « pleine satisfaction ».
Il y a en réalité plusieurs publics, celui qui veut du facile, celui qui fait des efforts, et quelques autres autour de ces deux-là (ceux qui savent que Xenakis existe et ceux qui ne savent pas, par exemple). Il y en a qui ne connaîtront ou n'écouteront jamais Boulez, ou écouteront et n'aimeront pas, mais ce n'est pas pour cette raison qu'on est fondé à juger la musique de Boulez. Notons en passant que Messiaen, compositeur ayant « percé dans le public », a connu une période sérialiste qui n'est pas des plus rock'n roll. (cf. Chronochromie, le Livre d'Orgue…) NdN)
"D'autre part, toutes les époques ont eu des musiciens populaires(…) dont les œuvres servaient souvent de fond sonore. Il en va ainsi de Vivaldi, de Lully, de Mozart, de Mendelssohn, d'Offenbach, pour en citer de célèbres. Dans cette musique populaire, la majorité des œuvres est sans intérêt, et seuls quelques morceaux sont véritablement du grand art. "
(NdN : Offenbach ? Vraiment ? Mozart ? « Seuls quelques morceaux sont véritablement du grand art ? »)
"Une des critiques les plus fondamentales opposée à cette musique est qu'elle est superficielle, qu'elle ne permet pas d'accéder à une véritable émotion profonde. "
(NdN Je me permet de renvoyer respectueusement l'auteur au « requiem » d'Olivier Greif dont une excellente version est parue il y a quelques mois, à la « Nuit transfigurée » d'un compositeur inconnu bien réputé, au concerto pour piano et orchestre en sol de Ravel et notamment à son second mouvement, au solo de trompette final du « Chant du Rossignol » de Stravinsky, à « Sad Jane » de Frank Zappa, à l'élégie du ramier dans les « Gurrelieder », à la Passacaille de Webern, au second mouvement du concerto pour violon de Berg, au premier mouvement de la 13ème de Chostakovitch, à la cadence du premier mouvement du second concerto pour piano et orchestre de Prokofiev, à je ne sais plus quel mouvement lent de l'octuor d'Albéric Magnard, à tout « Jeanne au bucher » de Honegger… comme on le voit, toute cette musique post-1918 manque effectivement d'émotion)
"(…) depuis les années 1970, la qualité musicale d'un certain nombre de compositions rock, leur technicité, leur complexité, leur créativité n'ont cessé de progresser, au point d'aboutir à de véritables œuvres qui rivalisent avec les grandes pages de l'opéra et qui surpassent largement l'art romantique du lied, par exemple."
(NdN Encore le public unique, la musique unique et la comparaison de ce qui n'est pas comparable. Ce n'est pas parce que Duke Ellignton est un grand compositeur qu'il faut se demander où le placer sur l'échelle où Bach est au sommet – et Rodrigo tout en bas).
"(…) il semble certain que le public s'est senti de plus en plus étranger au repli élitiste de la musique dominante, et que c'est en son sein, en s'appuyant sur les traditions musicales populaires, qu'il a recréé une musique pour lui-même. "
(NdN Le rock'n roll, issu du blues, est une musique acclimatée (avec succès !) dans le monde occidental. Faut-il pour autant y voir le fruit du génie occidental qui puise dans ses racines populaires ? Ou alors les bluesmen du début du siècle étaient-ils plus conscients des impasses du dodécaphonisme qu'on ne le pense généralement ?)
"Ce n'aura pas été la première fois : le développement de la musique dite classique au cours du Moyen Âge est lui-même issu des musiques populaires d'alors."
(NdN : le moule unique à nouveau : ce qui vaut pour le 13ème siècle vaut pour aujourd' hui ? Rien n'a donc changé ? Et la musique savante médiévale ne naît donc plus du grégorien ?)
"Enfin, ce qui vaut pour la musique s'applique ailleurs. De nombreux arts sont entrés en décadence : la poésie, la sculpture, la peinture, le théâtre… "
(NdN : O Bonnefoy ! O Grosjean ! O plein de monde ! Le jugement est sans appel. Je veux bien, ceci dit, qu'on parle de désuétude de l'opéra car le genre n'est plus adapté. Mais de décadence ?)
"Mais d'autres formes sont apparues, qui se substituent en quelque sorte aux arts qui les ont précédés : la chanson à texte, le design, la bande dessinée, le cinéma… "
(NdN : encore l'histoire évolutioniste, le flambeau qu'on passe, les genres artistiques qui s'effacent. Il suffit pourtant d'un peu de bon sens pour voir qu'ils coexistent. La « chanson à texte » n'est pas apparue miraculeusement un jour de 1969, le design non plus. La bande dessinée n'est pas née par carence de peinture. Le cinéma non plus. Plusieurs de ces genres ne pouvaient d'ailleurs pas exister dans le passé pour des raisons techniques et il est sans doute plus sage de penser qu'ils sont apparus parce qu'ils ont pu apparaître, rien de plus)
« Qui sont les grands compositeurs vivants ? ou même récents ? Ceux qui, comme Arvo Pärt, s'imposent avec évidence au-delà des cercles avertis sont rares."
"Toutes les époques pourtant, dès avant la Renaissance jusqu'au début du XXe siècle, ont connu leurs grands. (…) Stravinsky vient parachever [cette liste] en apothéose. Mais Stravinsky lui-même et, déjà avant lui, Mahler ou Richard Strauss, semblent montrer un mouvement qui s'essouffle."
"Depuis la fin de la Première Guerre mondiale, quels compositeurs ont percé dans le public ? (…. Autre liste que je coupe NdN…) les musicologues les délaissent au profit d'autres, inconnus par ailleurs : Schœnberg, Milhaud, Honegger, Hindemith, Stockhausen, Xenakis, Boulez (photo), Cage… pour citer les plus réputés."
(Inconnus et réputés, mais bien sûr. NdN)
"Parallèlement, la désaffection pour la musique contemporaine a laissé la place à une vaste redécouverte des musiques baroques, renaissantes et médiévales. Nombre d'œuvres de jadis avaient été injustement éclipsées par la révolution beethovenienne "
(jouait-on réellement du Monteverdi, du Dufay, du Machaut à l'époque de Haydn ou de Bach ? Je n'en suis pas sûr. NdN)
"(…) Il est évident qu'un tel retour au passé, aussi populaire, n'aurait pas eu lieu si les compositeurs contemporains avaient su donner pleine satisfaction aux musiciens et à leurs auditeurs. Ce renouveau est la marque d'un déclin."
(NdN. Cela ne tient pas debout : le public du classique « contemporain » et celui du baroque ne sont pas les mêmes. Le public du baroque ignore à peu près tout du classique « contemporain » et n'écoute pas du baroque par rejet du sérialisme ou je ne sais quoi. C'est comme dire que mon voisin de métro écoute Britney Spears (ou Huey Lewis !) par rejet de Chopin, qui ne lui donne pas « pleine satisfaction ».
Il y a en réalité plusieurs publics, celui qui veut du facile, celui qui fait des efforts, et quelques autres autour de ces deux-là (ceux qui savent que Xenakis existe et ceux qui ne savent pas, par exemple). Il y en a qui ne connaîtront ou n'écouteront jamais Boulez, ou écouteront et n'aimeront pas, mais ce n'est pas pour cette raison qu'on est fondé à juger la musique de Boulez. Notons en passant que Messiaen, compositeur ayant « percé dans le public », a connu une période sérialiste qui n'est pas des plus rock'n roll. (cf. Chronochromie, le Livre d'Orgue…) NdN)
"D'autre part, toutes les époques ont eu des musiciens populaires(…) dont les œuvres servaient souvent de fond sonore. Il en va ainsi de Vivaldi, de Lully, de Mozart, de Mendelssohn, d'Offenbach, pour en citer de célèbres. Dans cette musique populaire, la majorité des œuvres est sans intérêt, et seuls quelques morceaux sont véritablement du grand art. "
(NdN : Offenbach ? Vraiment ? Mozart ? « Seuls quelques morceaux sont véritablement du grand art ? »)
"Une des critiques les plus fondamentales opposée à cette musique est qu'elle est superficielle, qu'elle ne permet pas d'accéder à une véritable émotion profonde. "
(NdN Je me permet de renvoyer respectueusement l'auteur au « requiem » d'Olivier Greif dont une excellente version est parue il y a quelques mois, à la « Nuit transfigurée » d'un compositeur inconnu bien réputé, au concerto pour piano et orchestre en sol de Ravel et notamment à son second mouvement, au solo de trompette final du « Chant du Rossignol » de Stravinsky, à « Sad Jane » de Frank Zappa, à l'élégie du ramier dans les « Gurrelieder », à la Passacaille de Webern, au second mouvement du concerto pour violon de Berg, au premier mouvement de la 13ème de Chostakovitch, à la cadence du premier mouvement du second concerto pour piano et orchestre de Prokofiev, à je ne sais plus quel mouvement lent de l'octuor d'Albéric Magnard, à tout « Jeanne au bucher » de Honegger… comme on le voit, toute cette musique post-1918 manque effectivement d'émotion)
"(…) depuis les années 1970, la qualité musicale d'un certain nombre de compositions rock, leur technicité, leur complexité, leur créativité n'ont cessé de progresser, au point d'aboutir à de véritables œuvres qui rivalisent avec les grandes pages de l'opéra et qui surpassent largement l'art romantique du lied, par exemple."
(NdN Encore le public unique, la musique unique et la comparaison de ce qui n'est pas comparable. Ce n'est pas parce que Duke Ellignton est un grand compositeur qu'il faut se demander où le placer sur l'échelle où Bach est au sommet – et Rodrigo tout en bas).
"(…) il semble certain que le public s'est senti de plus en plus étranger au repli élitiste de la musique dominante, et que c'est en son sein, en s'appuyant sur les traditions musicales populaires, qu'il a recréé une musique pour lui-même. "
(NdN Le rock'n roll, issu du blues, est une musique acclimatée (avec succès !) dans le monde occidental. Faut-il pour autant y voir le fruit du génie occidental qui puise dans ses racines populaires ? Ou alors les bluesmen du début du siècle étaient-ils plus conscients des impasses du dodécaphonisme qu'on ne le pense généralement ?)
"Ce n'aura pas été la première fois : le développement de la musique dite classique au cours du Moyen Âge est lui-même issu des musiques populaires d'alors."
(NdN : le moule unique à nouveau : ce qui vaut pour le 13ème siècle vaut pour aujourd' hui ? Rien n'a donc changé ? Et la musique savante médiévale ne naît donc plus du grégorien ?)
"Enfin, ce qui vaut pour la musique s'applique ailleurs. De nombreux arts sont entrés en décadence : la poésie, la sculpture, la peinture, le théâtre… "
(NdN : O Bonnefoy ! O Grosjean ! O plein de monde ! Le jugement est sans appel. Je veux bien, ceci dit, qu'on parle de désuétude de l'opéra car le genre n'est plus adapté. Mais de décadence ?)
"Mais d'autres formes sont apparues, qui se substituent en quelque sorte aux arts qui les ont précédés : la chanson à texte, le design, la bande dessinée, le cinéma… "
(NdN : encore l'histoire évolutioniste, le flambeau qu'on passe, les genres artistiques qui s'effacent. Il suffit pourtant d'un peu de bon sens pour voir qu'ils coexistent. La « chanson à texte » n'est pas apparue miraculeusement un jour de 1969, le design non plus. La bande dessinée n'est pas née par carence de peinture. Le cinéma non plus. Plusieurs de ces genres ne pouvaient d'ailleurs pas exister dans le passé pour des raisons techniques et il est sans doute plus sage de penser qu'ils sont apparus parce qu'ils ont pu apparaître, rien de plus)
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