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 <title>Sombreval</title>
 <subtitle><![CDATA[Sombreval.com est un webzine catholique. Ses domaines de prédilection sont l’exégèse biblique, la littérature et la théologie.]]></subtitle>
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 <updated>2012-02-05T14:08:09+01:00</updated>
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   <title>Ils ont déchiré Son image (Michel Bernanos)</title>
   <updated>2012-01-08T12:24:00+01:00</updated>
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   <category term="Livres" />
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   <published>2012-01-08T10:10:00+01:00</published>
   <author><name>Sombreval</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/250393-315341.jpg" alt="Ils ont déchiré Son image (Michel Bernanos)" title="Ils ont déchiré Son image (Michel Bernanos)" />
     </div>
     <div>
      Michel Bernanos a été poursuivi toute sa vie par la vision obsédante d’une nature en révolte contre l’homme. Le fils de Georges Bernanos (1923-1964) est l’auteur d’une œuvre encore méconnue, tout entière placée sous le signe du monde à l’envers, le nôtre, celui dont l’homme a perdu la régence pro-divine. Le monde de <span style="font-style:italic">La montagne morte de la vie</span>, roman culte paru après sa mort en 1967, est un monde inversé : «Oui c’est un monde à l’envers» dit dès le premier instant le mentor du jeune mousse avant même qu’ils n’aient touché terre.        <br />
       La revanche de la nature contre l’homme perverti est un des thèmes littéraires et philosophiques majeurs de Michel Bernanos. Revanche du monde animal et du monde minéral, comme dans la <span style="font-style:italic">Montagne morte</span> où l’on assiste à la pétrification des deux personnages principaux du drame, comme absorbés par la substance minérale de la montagne. La revanche du monde végétal est évoquée dans la dernière partie de <span style="font-style:italic">Ils ont déchiré son image</span> sur le mode hallucinatoire. Cette évocation donne lieu à des scènes prodigieuses, rarement égalées dans la littérature fantastique. La ville du marquis, théâtre de combats d’animaux d’une cruauté indicible, de jeux du cirque sordides où des jeunes filles sont livrées en pâture aux hommes et aux bêtes, de fêtes orgiaques qui se déroulent sous les yeux d’enfants terrifiés, cette ville maudite subit l’assaut punitif d’une véritable «furie végétale» qui n’épargne rien ni personne. Comme le note Hubert Sarrazin le marquis est une incarnation du mal : «C’est ce qui reste de l’homme créé par Dieu à son image, et qui s’en rit, une espèce de monstre qui n’use de sa force que pour faire le mal et donne un exemple odieux à ses sujets, empressés d’ailleurs de le suivre». Les dernières pages de ce conte fantastique nous font assister à la rébellion du monde vert, offensé par la perversité monstrueuse du maître des lieux. L’homme mystérieux, l’étranger dont on apprend dans l’épilogue qu’il est le démon venu en tournée d’inspection sur notre planète, découvre un matin autour de lui une horrible prolifération de végétation tropicale qui s’apprête à tout envahir. Au dehors un spectacle horrifique s’offre à sa vue :           <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">«Du plancher aux murs, des murs aux poutres, aux poutrelles et aux chevrons, partout la pousse verte s’étalait. Des fleurs carnivores aux couleurs blêmes s’agitaient et s’étiraient dans les murs largement fissurés, tandis que par la fenêtre grande ouverte des lianes se glissaient, pareilles à des reptiles. Du dehors montait le bruit sourd d’une masse énorme en mouvement. Tous les habitants de l’auberge se trouvaient réunis dans la grande salle à manger. La peur déformait leurs traits, les paralysait, et ils reculaient comme des automates sous la formidable poussée du fléau végétal. Et puis des lianes se firent garrots et bientôt seul demeura vivant dans l’auberge l’homme que le monde vert semblait éviter.        <br />
       A l’extérieur, une lumière verdâtre pareille à celle régnant dans les grands fonds marins éclairait cette ville. L’homme en fut ébloui. La pousse verte avait envahi chaque édifice, chaque masure de chaque artère, et cette révolte végétale était propagée par des arbres aux troncs énormes, qui, de branche en feuille et de feuille en cime, flambaient de vert»</span>          <br />
              <br />
       Les pavés des rues se soulèvent, faisant apparaître d’immenses racines dressées comme autant de bras prêts à saisir leurs proies humaines. Des lianes s’élancent des arbres pour cingler la foule hurlante. Les maisons éclatent comme autant de bourgeons, faisant place à une végétation luxuriante. La ville est bientôt recouverte par une immense couche verte. Quant au marquis, le représentant de l’humanité, il est retenu prisonnier sur son trône de monarque par des racines géantes qui finiront, après un ultime dialogue avec le diable, par se refermer sur lui. Visions hallucinées de fin du monde que Michel Bernanos se représentait sans doute comme une révolte des éléments naturels contre l’homme dévoyé. Ce thème de la revanche du monde infra-humain est une constante de son œuvre : «Les romans de Michel Bernanos ne sont, écrit Hubert Sarrazin, que des variantes d’une même affirmation, qu’on pourrait définir en ces termes : l’humanité, devenue diabolique, va à sa propre destruction et ce sera bientôt la revanche du monde minéral, animal et végétal» .        <br />
              <br />
       L’homme ne peut résister aux puissances de la nature lorsqu’elles viennent à se déchaîner contre lui. Par quel mécanisme la nature a-t-elle pu devenir l’ennemi de l’homme ? Michel Bernanos semble vouloir dire qu’elle réagit au déchaînement du mal. Elle se trouve entraînée dans l’agitation (inquietudo) de l’homme  et fait apparaître des choses horribles qui reflètent ce qu'il a par nature de diabolique. Déjà Baudelaire pressentait que la laideur des pensées pouvait donner naissance à d'hideuses formes vivantes.        <br />
       La beauté de la faune et de la flore dans <span style="font-style:italic">Ils ont déchiré son image</span>… n’est qu’apparente. C’est une beauté trompeuse, dévoratrice. Hubert Sarrazin compare cette hideuse beauté à celle des fleurs du mal. Le marquis et ses sujets qui éprouvent une telle jouissance dans le mal sont devenus des auxillaires du Maudit. La nature environnante semble s’être transformée à leur ressemblance. L’étranger découvre ainsi dans la campagne des spécimens épouvantables, telle cette fleur carnivore :         <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">«…Il avança et voulut caresser du doigt l’un des merveilleux pétales. La fleur, d’un mouvement rapide, se referma sur lui. Il fit un bond en arrière et tira de toutes ses forces pour se dégager. Mais plus il tirait, plus la succion s’accentuait, et bientôt son bras tout entier se trouva engagé dans le cœur de la fleur. Il pouvait voir à travers la tige sa main s’agiter impuissante.        <br />
       Ce furent ses faucons qui le délivrèrent. En se posant sur la fleur qui, à ce contact, s’ouvrit, libérant la proie»</span>.         <br />
              <br />
       De même <span style="font-style:italic">L’Envers de l’Eperon</span> s’ouvre sur un affrontement symbolique entre deux fourmis qui répond, «écho dérisoire», à la violence du monde. A la formule de Renan : «le monde est le cauchemar d’une divinité malade», Frank-Duquesne opposait celle-ci, qui nous semble autrement pertinente et à laquelle aurait sans doute acquiescé Michel Bernanos : «Le monde est le cauchemar d’une <span style="font-style:italic">humanité</span> malade».       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Suis-je un vivant ou un mort ?</title>
   <updated>2012-01-08T11:05:00+01:00</updated>
   <id>http://www.sombreval.com/Suis-je-un-vivant-ou-un-mort_a731.html</id>
   <category term="Textes" />
   <photo:imgsrc>http://www.sombreval.com/photo/art/imagette/3599385-5210284.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2012-01-01T23:21:00+01:00</published>
   <author><name>Sombreval</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/3599385-5210284.jpg" alt="Suis-je un vivant ou un mort ?" title="Suis-je un vivant ou un mort ?" />
     </div>
     <div>
      Ce passage est extrait de l’essai intitulé <span style="font-style:italic">Le Dieu vivant de la Bible</span>, disponible en intégralité, en version pdf, dans le <a class="link" href="http://www.sombreval.com/afd-project/Le-Dieu-vivant-de-la-Bible-Texte-entier_a12.html">Fonds Frank-Duquesne</a>. J’en recommande vivement la lecture.       <br />
              <br />
       Il est difficile de définir la vie ; Bichat y voyait, il y a plus d'un siècle, «l'ensemble des forces résistant à la mort». Ce n'est pas une lapalissade. Il suffit, en effet, de jeter un coup d'œil sur la nature et sur nous-mêmes pour perdre toute illusion sur la prétendue facilité de la vie. La faim, la soif, la fatigue, le sommeil et la mort ne s'attaquent pas au corps seulement. <span style="font-style:italic">Facile descensus Averni</span> : la descente aux enfers est facile — disait Virgile il y a 2.000 ans. Cette constatation est le pain quotidien de notre expérience. Pour peu que nous nous laissions faire, nous aussi manifesterions cette «dégradation de l'énergie», dont la physique moderne nous affirme l'inéluctable fatalité. La loi des choses, ce qui leur est le plus «naturel» et le plus normal, c'est l'inertie, le repliement sur soi-même, la stagnation. Ce repos d'inaction dans la mort, nous n'y échappons physiquement, durant quelques années, que par de perpétuels artifices : nourriture, vêtements, soins de tout ordre. A la longue, la résistance elle-même nous fatigue et, malgré nous, notre organisme s'abandonne. Il nous échappe et nous trahit. Au désert, quand souffle le simoun, les chameaux se cachent la tête dans le sable et attendent la mort. Ainsi nous-mêmes, en cette région obscure et profonde où nos penchants et nos tendances s'élaborent à l'insu du Moi conscient, nous aussi nous détendons pour le sommeil final. D'un ami décédé, Goethe disait qu'il était mort «parce qu'il n'avait plus le courage de vivre». Le <span style="font-style:italic">courage</span>, parce que, pour vivre, <span style="font-style:italic">il faut lutter</span>.       <br />
       Il en est de même pour la vie intellectuelle et morale. Nos facultés s'estompent et nous n'y pouvons remédier. Nos forces passionnelles, après avoir réalisé le mal ou le bien, se dissipent et, trop souvent, nous baptisons <span style="font-style:italic">sagesse</span> et <span style="font-style:italic">patience</span> ce qui n'est qu'<span style="font-style:italic">impuissance</span> et résignation. Pendant quelques années, l'homme le plus fort s'agite et s'évertue. Certes, il extériorise son Moi par son œuvre. Mais, qu'il soit artiste, philosophe, homme d'État ou tout bonnement père de famille, il n'a pu que transmettre une vie qu'il a lui-même reçue, vie d'ailleurs partielle et précaire, sans aucune garantie d'indépendance et de pérennité. Au fond, nous ne cherchons à nous perpétuer extérieurement — par l'œuvre d'art, l'action politique ou la procréation — que parce que nous sommes intuitivement certains, avertis par un irrécusable instinct, que nous ne sommes pas capables de nous perpétuer <span style="font-style:italic">nous-mêmes</span>.       <br />
       Nos personnes, nos institutions, nos civilisations s'effritent et redeviennent poussière. Et, pendant les quelques années passées ici-bas dans l'antichambre de la mort — qui donc a dit que tous les hommes sont des condamnés à mort en sursis ? — nous ne cessons pas de mourir à chaque instant.       <br />
       L'Eternel est la seule réalité permanente. Tout ce qui va et vient, tout ce qui passe, tout ce qui se mesure et s'évalue, tout ce qui naît, croît et meurt, tout ce que nous empruntons au monde extérieur à titre précaire et variable, tout cela n'a pas de réalité profonde, et, si c'est uniquement pour cela que nous vivons, nous sommes pareils à ces tristes héros des légendes médiévales, qui vendent leur âme au Diable pour des pièces d'or, et qui découvrent tôt ou tard que cet or s'est transformé en feuilles desséchées. Nos vies — même les plus pauvres en biens matériels, et les plus désolées, les plus frappées par la malchance — seraient autrement sereines, paisibles, heureuses, si, tout en goûtant des biens temporels que notre Père céleste a créés pour que nous en jouissions, nous usions de ces biens tout en sachant que ce ne sont que des ombres, que des masques, des paravents éphémères derrière lesquels nous attend, immobile et patiente, l'éternité vivante de Dieu.       <br />
              <br />
       Nous autres, qui nous croyons vivants, qui nous imaginons avec une puérile vanité plus réels, plus actifs que les morts, que ceux que NOUS appelons les morts — et qui nous dit qu'eux, les défunts, ne nous appellent pas, nous autres, les MORTS ? — nous donc, qu'est-ce que nous cherchons à travers toute notre vie ? Quel en est le suprême idéal, le but stable et permanent, l'orientation profonde ? Le pôle commande les mouvements de l'aiguille aimantée : quel est notre pôle ? Est-ce la Source éternelle, inépuisable, de la Vie, d'une Vie dont les formes et les apparences, les expressions et les fruits peuvent varier, mais qui, de plus en plus, se rapproche de Celui qui est Lui-même la Vie vivante ? Est-ce, au contraire, ce que l'Ecriture Sainte appelle le Rien, la Bagatelle, l' «image de ce monde qui passe» ? De quel côté sommes-nous, nous autres ? Du côté de la Vie réelle, indestructible, victorieuse, ou du côté des fantômes, des apparences, des pauvres possessions qui se dissipent dans nos mains : argent, vanité, sensualité ? De quoi nos existences terrestres sont-elles faites ? Sont-elles des êtres de chair et d'os, rendant au toucher un son «plein» — ou des imitations empaillées, qui résonnent «creux» ? Nous qui mourrons bientôt — car le temps fuit de plus en plus vite — nous qui devrons tout abandonner, nous sentir un jour basculer au bord du noir abîme, sommes-nous inscrits au Livre des Vivants, irons-nous, comme dit un Psaume, dans la Terre des Vivants, ou bien sommes-nous destinés au grand égout des âmes, à la poubelle spirituelle ? Que valons-nous ? Que sommes-nous, maintenant, en cet instant même ? Des vivants ou des morts ?       <br />
       Et qu'est-ce donc que la Mort ? Est-ce uniquement cette dissociation périodique des formes matérielles servant, dans le monde physique, de point d'appui physique à nos âmes spirituelles ? Non. Car nous mourons à chaque instant. D'une mort physique et d'une mort morale. Chaque fois que les infirmités de la Chair, que les paralysantes lourdeurs et lenteurs de la Matière portent atteinte au jaillissement créateur de la Vie, chaque fois que la Vie est blessée au flanc, la Mort triomphe, frappe et sévit.       <br />
       La peur, le doute, l'angoisse, la méfiance, l'envie, l'avarice, l'égoïsme, toutes déficiences qui mutilent et parfois brisent l'élan de la Vie féconde en actes, en réalisations — tout ce qui paralyse notre rayonnement, notre expansion — tout ce qui nous contracte, nous dessèche et nous pétrifie : ce sont des offensives de la Mort.       <br />
       L'énigmatique épouse de Loth, dans l'Ancien Testament — cette femme hantée par son passé, pétrifiée par les visions de ce passé dont elle s'emplissait le regard avec l'épouvante de ceux qui n'attendent aucun Rédempteur — elle ne pouvait plus avancer, se délivrer, marcher de pair avec les vivants : elle semblait vivre et c'était une morte !       <br />
       Et précisément parce que la santé physique suit souvent pas à pas la santé morale, nos lassitudes et nos décrépitudes — qui surviennent à chaque instant dans nos existences terrestres — marquent comme un sillage matériel nos périodes d'abandon, de défaite, de lâcheté, de trahison : «Je m'approcherai de l'Autel de Dieu», dit un Psaume, «du Dieu qui sature de joie mon cœur rajeuni!»       <br />
       Vivre, c'est se créer sans cesse soi-même moralement, avec l'aide de ce Dieu qui nous redonne à chaque instant, proclame un autre Psaume, «la jeunesse de l'aigle». Vivre, c'est — comme un fleuve magnifique charriant à la fois, dans ses alluvions, la boue et les pépites d'or — avoir tellement en vue le But, le But seul — ce But sacré, divin, dont Jésus dit qu'il est l'Unique Chose Nécessaire — qu'on se soucie de moins en moins des choses mortes et vides, des coques desséchées du passé, des hochets et des vanités, des masques et des apparences, pour se donner corps et âme au devoir et à la joie de faire, d'agir, de créer, de mettre sur pied des œuvres profitables à nos frères, de laisser derrière nos existences terrestres un tel sillage de bonnes œuvres, que ceux qui les considèrent en rendent grâces à Dieu. Vivre, c'est RENDRE GLOIRE A YAHWEH.       <br />
       A cette vie vécue, empruntée, participée, vie reçue, comme dit saint Paul, vie toujours hypothéquée par l'inertie, le même Apôtre oppose la Vie qui se donne et se communique, la Vie-en-soi, éternelle et rayonnante, que, pour la distinguer essentiellement de la première, Ruysbroeck l'Admirable appelle <span style="font-style:italic">het levende Leven</span>, la <span style="font-style:italic">Vie vivante</span>. C'est la notion la plus positive qui soit. Insistons-y : cette vie énergétique, cette vie par elle-même douée de propulsion — le <span style="font-style:italic">perpetuum mobile</span> des Anciens, mais qui n'est perpétuellement en mouvement que parce qu'elle transcende le mouvement — ce n'est pas l'ombre de vie, l'existence — le mot lui-même veut dire : provenance, emprunt — ce n'est pas cette force, conditionnée et limitée, que nous recevons et ne sommes en état de garder que parce qu'On ne cesse de nous l'infuser, mais, dans son originelle et souveraine plénitude, l'océan sans rives de l'être. Cette vie diffusive de soi, c'est ce que nous dénommons l'<span style="font-style:italic">esprit</span>, le diffuseur de vie : <span style="font-style:italic">to pneuma esti to zôopoïoûn</span> (Jean, 6: 63), le <span style="font-style:italic">souffle</span>….       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>Dossier Joseph de Maistre (Revue Égards)</title>
   <updated>2011-11-03T18:43:00+01:00</updated>
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   <category term="Actualités" />
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   <published>2011-11-03T11:44:00+01:00</published>
   <author><name>Sombreval</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/3403389-4894116.jpg" alt="Dossier Joseph de Maistre (Revue Égards)" title="Dossier Joseph de Maistre (Revue Égards)" />
     </div>
     <div>
      Mon article sur la Réversibilité vient de paraître dans l’excellente revue canadienne <span style="font-style:italic">Égards</span> qui consacre, dans son numéro d’automne, un dossier spécial à Joseph de Maistre. Il s’agit d’une revue catholique conservatrice, d’excellente tenue, sans équivalent en France. Voilà une revue qui ne s’intéresse pas à la polémique du jour, prétexte à l’empoignade collective, et qui s’éteint sitôt qu’une nouvelle polémique est suscitée pour atteindre cette seule fin : masquer le réel.        <br />
       Léon Bloy, à qui l’on demandait s’il était dreyfusard, répondait : «Je ne suis ni dreyfusard, ni anti-dreyfusard, je suis anti-cochons». Dans ce numéro, vous ne lirez pas l’opinion de l’intellectuel de service sur la pièce subventionnée de Castelmucci ou Castellucci, je ne sais plus, matière à un scandale bien de chez nous, c’est-à-dire dérisoire. Nul débat sur la question de savoir si jeter des excréments sur un portrait du Christ relève de la liberté d’expression, ou si protester contre le <span style="font-style:italic">rien</span> est la marque du «fondamentalisme chrétien». Ce qui importe par contre, c’est  de comprendre comment on a pu tomber aussi bas. C’est de déceler dans l’histoire les signes annonciateurs de notre déchéance. C’est de mettre en exergue les causes de cet événement inouï qu’est la mort de l’Europe. D’où la nécessité impérieuse de lire Joseph de Maistre. Ce dossier constitue une excellente introduction, mettant l’accent sur la pensée politique, théologique et métaphysique du comte chambérien qui a exercé une influence décisive sur certains des plus grands écrivains français, ceux de la «France secrète», pour employer l’expression de Berdiaev, sur Baudelaire, mais aussi sur de nombreux penseurs. Citons par exemple l’essayiste américain Orestes Brownson, dont la revue diffuse un texte du plus haut intérêt. Le dossier s’ouvre sur un texte de Jean Renaud qui relate les grandes étapes de la vie de Maistre, marquée du sceau de la douleur après la Révolution. Jean Renaud, qui est un des meilleurs prosateurs de langue française au Canada, rappelle, qu’avant de mourir, Maistre avait  prédit «un morcellement jusqu’à l’infini de toutes les doctrines». Il est mort «avec l’Europe» selon ses propres paroles, le 25 février 1821.        <br />
              <br />
       Mon article porte sur la Réversibilité. La première partie de ce texte inédit est intitulée «Joseph de Maistre et la Bible». Elle me permet d’amorcer une comparaison entre Maistre et Teilhard de Chardin, à travers leur théorie de la guerre. La seconde partie suit Léon Bloy dans sa méditation sur le mystère du destin juif. La plupart des commentateurs modernes contestent l’orthodoxie de la théorie de la réversibilité, celle des souffrances subies en particulier. Comment s’étonner que cette théorie puisse susciter autant d’interrogations, voire de rejet, puisqu'elle est la seule à lever quelque peu le voile sur ce que Huysmans appelle le «mystère effrayant de la souffrance» ? Comme le remarque Patrick Dionne, directeur de la revue <span style="font-style:italic">Égards</span>, dans un article à paraître, «Maistre nomme et creuse la face obscure du mystère de la communion des saints, sans en contredire la face lumineuse. Il formule génialement – sa logique est implacable – ce que l’Église <span style="font-style:italic">savait mais n’avait pas encore dit</span>». Dans ma troisième partie, j’examine le problème du péché originel, à travers une lecture croisée de certains passages de <span style="font-style:italic">Sous le soleil de Satan</span> de Bernanos et du <span style="font-style:italic">Portrait de Dorian Gray</span> d’Oscar Wilde.        <br />
              <br />
       Ce numéro est disponible sur le <a class="link" href="http://www.egards.qc.ca/">site de la revue</a> en version imprimée ou en pdf, adapté pour une lecture sur Kindle par exemple. Vous pouvez également me contacter par mail : sombreval@sombreval.com        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/3403389-4894117.jpg" alt="Dossier Joseph de Maistre (Revue Égards)" title="Dossier Joseph de Maistre (Revue Égards)" />
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     <br style="clear:both;"/>
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   <title>La Primauté du Pape (Maistre, Frank-Duquesne, Boulgakov)</title>
   <updated>2011-11-03T12:03:00+01:00</updated>
   <id>http://www.sombreval.com/La-Primaute-du-Pape-Maistre-Frank-Duquesne-Boulgakov_a729.html</id>
   <category term="Articles" />
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   <published>2011-10-23T15:18:00+02:00</published>
   <author><name>Sombreval</name></author>
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    <![CDATA[
     <div><b>Le Pape et l'unité de l’Église </b></div>
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      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/3375818-4849953.jpg" alt="La Primauté du Pape (Maistre, Frank-Duquesne, Boulgakov)" title="La Primauté du Pape (Maistre, Frank-Duquesne, Boulgakov)" />
     </div>
     <div>
      Cet article est accompagné d’un texte disponible en intégralité dans le <a class="link" href="http://www.sombreval.com/afd-project/La-Primaute-du-Pape-texte-et-analyses_a11.html">Fonds Frank-Duquesne</a> et en lien ci-dessous.         <br />
              <br />
       La question de l’unité de l’Église est au cœur du pontificat de Benoît XVI. Depuis 2005, avec une persévérance et une patience qui forcent l’admiration, il n’a cessé d’aplanir les voies pour favoriser la pleine réconciliation de la Fraternité Saint Pie X avec le Saint-Siège. Le Pape, en effet, comme le rappelle Frank-Duquesne dans un texte important que je diffuse en intégralité, est le «coryphée», l’«organe» de l’unité du Corps Mystique qu’est l’Église. L’Église, écrit-il, «doit tendre à manifester aux hommes cette unité. Qu’elle l'abandonne, qu'en elle prévalent les tentations de l'individualisme et du sens propre, les puissantes et troubles séductions de l'intelligence, ou de la &quot;chair&quot; et du &quot;sang&quot; : du coup, elle trahit sa mission et son être même. Et le monde, sceptique et narquois, se demandera : si l'Église n'est pas en mesure de réaliser en son propre sein l'unité, quel message de réconciliation peut-elle m'apporter, comment ose-t-elle prétendre &quot;rassembler tous les peuples pour n'en faire qu'un seul&quot;? Elle fait mentir les Prophètes !».        <br />
              <br />
       Le texte de Frank-Duquesne comporte des morceaux d’exégèse du plus haut intérêt, qui portent sur la nature de la primauté du Pape (qui, dans l'optique catholique, implique la primauté de contrôle et de juridiction). Une comparaison avec la propre exégèse du théologien Serge Boulgakov peut s’avérer éclairante, car elle montre que le principal point de divergence avec les orthodoxes dérive de l’ecclésiologie. Je renvoie au petit essai du théologien russe, paru récemment : <span style="font-style:italic">Les Deux saints premiers apôtres Pierre et Jean</span> (F.X. de Guibert, 2010). Boulgakov conteste la position catholique relative à la primauté pétrinienne. Il exprime ainsi sa thèse principale : «La primauté de Pierre n’est pas une primauté de pouvoir, mais d’autorité, d’ancienneté, de préséance, qui d’ailleurs ne lui appartenait que dans l’union avec tous les autres apôtres». Pour les orthodoxes, ce sont les membres de l’épiscopat, en tant que successeurs des apôtres, qui exercent de façon collégiale le ministère de l’autorité. 
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’Église est-elle une monarchie ? </b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/3375818-4849954.jpg" alt="La Primauté du Pape (Maistre, Frank-Duquesne, Boulgakov)" title="La Primauté du Pape (Maistre, Frank-Duquesne, Boulgakov)" />
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     <div>
      Joseph de Maistre, pour qui la notion d’unité occupe une place tout aussi fondamentale que chez Frank-Duquesne, réfutait déjà dans son grand livre <span style="font-style:italic">Du pape</span> (1819) cette conception ecclésiologique qui tend à diluer le pouvoir du Pape dans un magma de structures autocéphales, négatrices de toute autorité. On ne rappellera jamais assez que l’Église n’est pas une «démocratie», appelée à s’adapter aux mentalités modernes. C’est d’ailleurs cette «suprématie monarchique» du Pape qui scandalise les thuriféraires de la Modernité. Lisons donc le comte de Maistre :        <br />
       « Essayez de diviser le monde chrétien en patriarcats, comme le veulent les Églises schismatiques d'Orient, chaque patriarche, dans cette supposition, aura les privilèges que nous attribuons ici au Pape, et l'on ne pourra de même appeler de leurs décisions ; car il faut toujours qu'il y ait un point où l'on s'arrête. La souveraineté sera divisée, mais toujours on la retrouvera ; il faudra seulement changer le symbole et dire : &quot;Je crois aux Églises divisées et indépendantes&quot;. C'est à cette idée monstrueuse qu'on se verra amené par force ; mais bientôt elle se trouvera perfectionnée encore par les princes temporels, qui, s'inquiétant fort peu de cette vaine division patriarcale, établiront l'indépendance de leur Église particulière, et se débarrasseront même du patriarche, comme il est arrivé en Russie, de manière qu'au lieu d'une seule infaillibilité, qu'on rejette comme un privilège trop sublime, nous en aurons autant qu'il plaira à la politique d'en former par la division des États. La souveraineté religieuse, tombée du Pape aux patriarches, tombera ensuite de ceux-ci aux synodes, et tout finira par la suprématie anglaise et le protestantisme pur, état inévitable, et qui ne peut être que plus ou moins retardé ou avoué partout où le Pape ne règne pas. Admettez une fois l'appel de ses décrets, il n'y a plus de gouvernement, plus d'unité, plus d'Église visible».       <br />
              <br />
       Un passage de l’ouvrage de Maistre m’a frappé. Si l'on adopte les thèses ultramontaines du comte, on peut légitimement s’interroger sur l’opportunité des Conciles généraux, surtout dans des époques de confusion. Cette confusion qui n'a cessé de s'amplifier depuis la Révolution française, jusqu'à devenir le trait dominant des sociétés dites «post-modernes». Le Concile Vatican II, par exemple, qui fait encore l’objet de lourdes controverses, a engendré un trouble intense, des dissensions allant jusqu'à la haine, et des divisions qui n'ont jamais pu être résorbées. Etait-il nécessaire ? Convoqué il y a plus de cinquante ans, il n’a pas apporté ce souffle de renouveau tant escompté. Il semble au contraire avoir affaibli le catholicisme et l’autorité papale. Ces quelques lignes de Maistre, en tout cas, méritent réflexion :        <br />
       « Plus le monde sera éclairé, écrivait-il au début du 19e siècle, moins on pensera à un concile général. Il y en a eu vingt et un dans toute la durée du christianisme, ce qui assignerait à peu près un concile œcuménique à chaque époque de quatre-vingt-six ans; mais l'on voit que, depuis deux siècles et demi, la religion s'en est fort bien passée, et je ne crois pas que personne y pense, malgré les besoins extraordinaires de l'Église auxquels le Pape pourvoira beaucoup mieux qu'un concile général, pourvu que l'on sache se servir de sa puissance».       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La question de la Primauté</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/3375818-4849955.jpg" alt="La Primauté du Pape (Maistre, Frank-Duquesne, Boulgakov)" title="La Primauté du Pape (Maistre, Frank-Duquesne, Boulgakov)" />
     </div>
     <div>
      Revenons maintenant à l’exégèse de Frank-Duquesne. Pendant quinze ans, Frank-Duquesne a cherché, parmi l’ensemble des confessions chrétiennes, celle qui incarne et manifeste ici-bas l’unité du Dieu vivant : «L'Église de Rome est la seule, non qui dise : &quot;C'est moi l’Église&quot; – les <span style="font-style:italic">disjecta membra</span> de l'Orthodoxie en font autant – mais qui traduise cette affirmation dans les faits. Précisément parce qu'elle ne cède rien du principe, elle peut se permettre, l'essentiel étant irrévocablement sauvegardé, d'être coulante quant aux modalités d'application : d'où, par exemple, ses 2 Droits Canons et ses 16 rites. La catholicité n'est possible qu'en fonction de l'unité ; elles sont complémentaires : ce sont les deux foyers d’une même ellipse, comme la systole et la diastole du cœur». Aujourd’hui encore, au sein du catholicisme, la messe tridentine coexiste, en tant que «rite extraordinaire», avec la messe nouvelle, réformée par Paul VI et considérée comme le «rite ordinaire».        <br />
       Plus loin, dans son texte, il ajoute : «Cette unité visible de l’Église comme telle, comme <span style="font-style:italic">Tout</span>, où donc, et comment, par quoi, se manifeste-t-elle ? Quel organe, visible lui aussi, en assure la fonction ? Il y a, il doit y avoir, dans l’Église universelle, un noyau d'unité, un lieu central, régulateur et modérateur de tout l'organisme : le cœur de ce grand Corps. C'est, si j'en crois l’Évangile, Pierre, jusqu'à la fin du monde». Cette fonction essentielle de Pierre découle de sa primauté qui a été instituée par le Christ : primauté d’honneur, bien sûr, mais aussi de juridiction, déniée par les représentants des autres branches du christianisme. Il convient donc d’examiner avec précision les chapitres 16 et 18 de saint Matthieu. Pour le père Boulgakov, le récit du chapitre 18 constitue le développement interne et la suite logique du chapitre 16, qui établit l’autorité directe et immédiate de Pierre (et ses successeurs) sur tous les apôtres (et leurs successeurs). Ce dernier chapitre est considéré comme fondamental par la théologie romaine. Le chapitre 18, au contraire, est allégué pour contester ce qu’on appelle l’organisation «monarchique» de l’église catholique romaine. Dans ce texte, la promesse de «lier et délier» est répétée et accordée à tous les apôtres. Frank-Duquesne répond à cette objection d’une manière magistrale en montrant le caractère exclusif de la promesse faite à Pierre :         <br />
              <br />
       « Les théologiens orthodoxes et anglicans objectent que la promesse du Christ à Pierre, dans Matthieu 16, est, plus tard, étendue par Lui à tous les Douze (deux chapitres plus loin). Ce qui justifierait, en ecclésiologie, la substitution d'une aristocratie, d'un épiscopalisme, à la monarchie, au papisme. Rappelons-nous d'abord, que le Sauveur n'étend PAS aux Douze la remise des fameuses &quot;clefs&quot; du sérail messianique. Mais, s'il s'agit dans les deux cas d'une seule et même promesse, pourquoi Jésus l'a-t-Il deux fois formulée – une première à Pierre seul, une seconde au collège des Douze – alors que, précisément, la ressemblance des deux énoncés en accuse d'autant plus l'essentielle différence ? Au chapitre 18, ce n'est d'ailleurs pas à l'indivisible collège des Douze qu'est faite la promesse &quot;Tout ce que vous lierez&quot;. Le contexte suggère qu'elle a été faite au corps entier de l'Eglise, à l'Eglise <span style="font-style:italic">comme Tout</span> : &quot;S'il ne les écoute pas, dis-le à l'Eglise ; et s'il refuse d'obtempérer à l'Eglise, qu'il soit pour vous comme un païen et un publicain !&quot; Puis aussitôt, pour préciser et justifier cette gravissime injonction, le Seigneur continue, avec l’équivalent de l'expression française Que dis-je ? et qui sert à confirmer ce qui précède, en l'expliquant et en le renforçant : &quot;que dis-je ? (Ou bien: j'irai même jusqu'à dire :) Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel ; et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel&quot;. Vous, c'est-à-dire &quot;l’Église&quot;, la communauté fraternelle en son ensemble, et non tout juste les Douze.       <br />
       Et le Sauveur achève par un parallélisme éclairant (que je m'étonne de ne pas voir mis dans cette lumière par les exégètes et les conférenciers qui commentent l’Évangile). Il avait dit : &quot;Je vous le dis, en vérité&quot;. Il reprend : &quot;De nouveau, je vous le dis&quot;. C'est intentionnel. Et que  dit-il cette fois ? Ceci, qui s'adresse aux mêmes auditeurs : &quot;Si deux d'entre vous (donc d'entre tous les disciples, non pas d'entre les Douze seulement) s'accordent sur la terre (c'est la fameuse conception orthodoxe du sobornost), quelque chose qu'ils demandent, ils l'obtiendront de mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, Je suis au milieu d'eux&quot;. Ce passage s'applique donc tout entier à l’Église en général, comme &quot;trône&quot; et Corps du Christ, et non pas au seul collège apostolique. Il ne peut servir à étayer l'épiscopalisme orthodoxe ou protestant. Aucun exégète, à ma connaissance, n'en a jamais entrevu la portée.       <br />
       Or, la promesse faite à Pierre est autrement forte, précise, complète et détaillée. La critique voit dans ce passage un texte interpolé pour pouvoir introduire dans l’Évangile selon Matthieu la notion d’Église et amorcer ainsi la promesse à Pierre. Car l’Église n'est mentionnée, dans les quatre Évangiles, que dans ces deux passages conjoints. De plus, jamais, sauf ici, le Sauveur ne parle avec mépris des publicains. Voici ma réponse : outre que toutes les paroles du Christ ne figurent pas dans l’Évangile, le parallèle est, à mon sens, évident : que le rebelle envers l’Église soit pour toi, mon disciple, comme le païen et le publicain, rebelles à la loi de Moïse, sont pour le Qahal juif. La promesse &quot;Ce que vous lierez et délierez&quot; transfère aux Douze le magistère moral des rabbins, en le surnaturalisant avec une autorité messianique. Tout ce passage est fondé sur ce parallèle, le collège des Douze s'y trouve tacitement assimilé au Sanhédrin. C'est encore un point de vue que les exégètes, dans leurs livres et leurs conférences, ne mettent guère en lumière.       <br />
       Or donc, la promesse collective du chapitre 18 se rapporte aux mœurs, à l'entente entre Chrétiens ; elle est, comme la formule d'investissement rabbinique, ordonnée à la morale, voire au bon ordre dans la communauté. Celle du chapitre 16 se réfère à la foi, à l'illumination fondamentale dont dépend toute la vie chrétienne. Au chapitre 18, il est question de mœurs ; au chapitre 16, de dogme, de foi. Cette seconde promesse (chronologiquement, la première) constitue Pierre unique fondement &quot;empirique&quot; de l’Église et porte-clefs, c'est-à-dire grand-vizir du Royaume. Le caractère unique de cette promesse, le Seigneur la souligne par son exorde : &quot;Et moi, je te dis&quot;, après avoir interrogé &quot;vous autres&quot;. Mais Je te le demande à toi, à toi seul, à nul autre. Alors que la prétendue promesse aux Douze – dont nos apologistes n'arrivent pas à se dépêtrer – s'encadre dans un contexte visant la généralité des Chrétiens, sans aucune clause restreignant cette promesse au collège apostolique, ici, par contre, l'application au seul Pierre est si flagrante, qu'on ne peut, pour la contester, que nier l'authenticité du texte. Mais, à ce compte-là, on en arriverait finalement, comme certains exégètes allemands, à ne retenir, de tout l’Évangile, que neuf &quot;paroles du Seigneur&quot; ! »       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.sombreval.com/docs/primaute_du_pape.pdf">La primauté du Pape</a> (texte pdf)       <br />
              <br />
       
     </div>
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    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.sombreval.com/La-Primaute-du-Pape-Maistre-Frank-Duquesne-Boulgakov_a729.html" />
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   <title>Les Jmjistes ou les Indignés ?</title>
   <updated>2011-08-20T15:09:00+02:00</updated>
   <id>http://www.sombreval.com/Les-Jmjistes-ou-les-Indignes_a727.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2011-08-18T10:36:00+02:00</published>
   <author><name>Sombreval</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/3204830-4585479.jpg" alt="Les Jmjistes ou les Indignés ?" title="Les Jmjistes ou les Indignés ?" />
     </div>
     <div>
      Je m’amuse beaucoup de la confrontation entre les Jmjistes et les Indignés, ce mouvement de provocateurs se revendiquant du livre de quatre pages de Stephan Hessel, ce « poète » français de 93 ans qui, dans le sillage d’Eric Cantona, est parti en guerre contre la finance internationale. Hessel, vous savez, cet ami des opprimés, du peuple palestinien martyrisé et qui justifie le terrorisme. J’en ai déjà parlé dans <a class="link" href="http://www.sombreval.com/Le-massacre-des-Chretiens_a718.html">cet article</a>. On aurait aimé le voir sortir de l’ombre il y a dix ans lorsque toutes les populations européennes jouissaient allègrement des ressources de la finance et des profits engendrés par les banques. Si la culture citoyenne, droits-de-l’hommiste, bobo-ecolo a pu s’implanter aussi facilement dans nos pays, c’est grâce à ces profits, à l’argent fictif généré par le système. Les 35 heures, les vacances de 9 semaines, les millions de fonctionnaires, l’hédonisme version Michel Onfray, la culture subventionnée, la Fnac (où le bouquin de Hessel est en tête de gondole depuis des mois), les Indignatos, tout cela c’est le produit du libéralisme. Il y a quelque chose de cocasse à voir ces Indignés se retourner contre leurs bienfaiteurs. Certains jeunes chrétiens se sont émus de voir des groupuscules, pro-capotes, pro-gays multiplier des provocations. Une nénette a déambulé dans les rues à poil en distribuant des préservatifs à des groupes de pèlerins. La police n’a bien sûr pas réagi. Qui finance ce genre de spectacle, à votre avis ? L’ouvrier de base ? Le père de famille qui doit lutter dans une société en faillite pour assurer l’avenir de ses enfants ? Non, comme la Gay-pride, les concerts SOS Racisme sur le Champs de Mars, cela provient du financement en argent fictif. Les ravages de la laïcisation n’ont jamais été aussi importants en Espagne depuis l’instauration de ce libéralisme qui, sous couvert d’idéaux humanistes, étend son œuvre mortifère dans toutes les couches de la société. Pour assurer son empire, il vise à détruire toutes les valeurs relevant de l’ordre naturel (dont seul le catholicisme assure aujourd’hui la préservation alors qu’il ne s’agit pas de sa mission première) : mariage, famille, etc… Libéralisme et nihilisme vont de pair… D’où la prolifération de ces Indignatos. D’où la haine savamment entretenue contre le pape. D’où cette abominable théorie du <span style="font-style:italic">gender</span> qui nie l’altérité sexuelle et que l’on cherche à diffuser dans les établissements scolaires. Il en faudra encore beaucoup d’argent fictif pour entretenir tous ces parasites. Déjà on commence à parler de l’instauration d’eurobonds. Les banquiers y sont favorables. Les Indignatos et les gauchistes aussi.         <br />
               <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.sombreval.com/Les-Jmjistes-ou-les-Indignes_a727.html" />
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   <title>Foi et athéisme dans "Les Démons" de Dostoïevski et "Le Sang noir" de Louis Guilloux</title>
   <updated>2011-12-17T11:20:00+01:00</updated>
   <id>http://www.sombreval.com/Foi-et-atheisme-dans-Les-Demons-de-Dostoievski-et-Le-Sang-noir-de-Louis-Guilloux_a726.html</id>
   <category term="Livres" />
   <photo:imgsrc>http://www.sombreval.com/photo/art/imagette/3079146-4392290.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2011-06-23T22:21:00+02:00</published>
   <author><name>Sombreval</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Je diffuse un extrait de mon mémoire de maîtrise, réalisé à la Sorbonne sous la direction d’Henri Godard, la grand spécialiste de Céline. J’avais obtenu la plus haute mention (ce qui n’était pas acquis avec un professeur aussi exigeant qu’Henri Godard). Je suis revenu à la foi chrétienne peu de temps après la rédaction de ce mémoire (j’avais tout juste 23 ans). Il s’agit d’une étude comparée des "Démons" de Dostoïevski et du "Sang noir" de Louis Guilloux. J’y examine le «plurivocalisme», tel que l’a défini Bakhtine, à l’œuvre dans ces deux romans, ainsi que les thèmes communs. Je diffuse ici le chapitre portant sur la question de Dieu…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/3079146-4392246.jpg" alt="Foi et athéisme dans "Les Démons" de Dostoïevski et "Le Sang noir" de Louis Guilloux" title="Foi et athéisme dans "Les Démons" de Dostoïevski et "Le Sang noir" de Louis Guilloux" />
     </div>
     <div>
      L’étude de la genèse du roman de Dostoïevski, <span style="font-style:italic">Les Démons</span>, est d’un intérêt essentiel pour la critique. Elle jette une lumière instructive sur la personnalité géniale et tourmentée du romancier russe. Au départ, c’est un pamphlet que souhaitait écrire Dostoïevski, un pamphlet qui aurait pour tâche de révéler la dégradation de la société russe. Son dessein était avant tout polémique. Pourtant, inapte à maîtriser la forme du pamphlet, à exprimer ses idées, ses préoccupations sans l’entremise des personnages, Dostoïevski décida de lui associer un projet plus ancien, <span style="font-style:italic">La Vie d’un grand pécheur</span>, prenant la forme d’un roman. L’essai se transformera ainsi en œuvre à plusieurs voix, «polyphonique» pour reprendre la formule de Bakhtine. Dans une lettre de 1870, Dostoïevski faisait ainsi la présentation de cette œuvre :                                                                                                       <br />
       	       <br />
       <span style="font-style:italic">La principale question qui sera développée dans toutes les parties est celle-là même qui, consciemment ou inconsciemment, m’a torturé toute ma vie : l’existence de Dieu. Le héros, tout au long de sa vie est tantôt athée, tantôt croyant, tantôt fanatique et sectaire, tantôt encore athée</span>.        <br />
              <br />
       Le projet s’éclaire d’un sens nouveau et s’élargit considérablement. Le métaphysicien et le romancier de l’idée prennent le dessus sur le pamphlétaire. Son pamphlet devient alors une tragédie de l’homme qui se libère de Dieu. Dostoïevski est un écrivain qui, par la nature de son génie, est contraint d’aller à l’essentiel, quelque effort qu’il fasse pour réduire son récit à une représentation de la société de son temps.   			            <br />
       Les personnages dostoïevskiens sont hantés par la question de Dieu. Au centre de la pensée de Dostoïevski on trouve la quête de Dieu, la confrontation violente de l’athéisme et du christianisme. Ses personnages sont obligés de se situer face à ces questions, de constituer leur être en fonction de leur choix spirituel. Le drame des héros des <span style="font-style:italic">Démons</span> est qu’ils n’y parviennent jamais tout à fait et qu’ils restent sous l’emprise d’un Dieu dont ils croient s’être libérés. Le doute, l’ambivalence de ces personnages face à la question de Dieu apparaissent de la façon la plus convaincante dans la confrontation de Stavroguine et de Chatov. Celui-ci reproche au prince de l’avoir guidé vers la foi au moment où il a amené un autre de ses amis (Kirillov) à l’athéisme : <span style="font-style:italic">« En Amérique, je suis resté trois mois, allongé sur la paille, à côté d’un malheureux, j’ai su par lui que, au moment précis où vous mettiez en moi le germe de Dieu et de la patrie, à ce moment précis, et si ça se trouve les mêmes jours, vous aviez empoisonné le cœur de ce malheureux, de ce maniaque, Kirillov»</span> (<span style="font-style:italic">Les Démons</span> (deuxième partie), Babel, p. 74). Le dialogue qui suit illustre le doute et l’incapacité du personnage à affirmer sa foi ou son incroyance. Il n’y a pas de transition entre Stavroguine athée et Stavroguine croyant. Les deux existent simultanément :       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">- Si j’étais croyant, je pourrais sans aucun doute redire la même chose ; je ne mentais pas quand je parlais comme un croyant, prononça très sérieusement Nikolaï Vsévolodovitch           <br />
       - Si vous étiez croyant ? s’écria Chatov (...) Mais n’est  ce pas vous qui me disiez que si l’on vous prouvait mathématiquement que la vérité est en dehors du Christ, vous préféreriez rester plutôt avec le Christ qu’avec la vérité</span> (Ibid., p. 76).        <br />
              <br />
       Finalement Kirillov, dévoré lui aussi par le doute, est le seul à avoir compris l’ambivalence du personnage : <span style="font-style:italic">«Stavroguine, s’il croit, il ne croit pas qu’il croit. S’il ne croit pas, il ne croit pas qu’il ne croit pas»</span>. Stavroguine, lui aussi, a réussi à percer le mystère de Kirillov, l’ambiguïté de sa pensée : <span style="font-style:italic">«Si vous pouviez savoir que vous croyez en Dieu, eh bien, vous y croiriez ; mais comme vous ne savez pas encore que vous croyez en Dieu, vous n’y croyez pas encore, fit Stavroguine avec un sourire en coin»</span>. Kirillov, en effet, affirme à plusieurs reprises son athéisme. Pour lui Dieu n’existe pas et ne peut exister. Sa théorie du suicide découle de cette certitude fondamentale. Si Dieu n’existe pas, tout est permis à l’homme qui devient lui même Dieu, un «homme-Dieu». L’homme va alors éprouver sa force, sa puissance, sa vocation à devenir Dieu. Cette théorie, il l’expose à Piotr qui n’en saisit pas le sens :                                                                                                                          <br />
       	       <br />
       <span style="font-style:italic">- Macaque, tu m’approuves pour me soumettre. Tais-toi, tu ne comprendras rien. Si Dieu n’existe pas, alors, je suis Dieu.       <br />
        - C’est ce point-là que je n’ai jamais réussi à comprendre ; pourquoi est ce que, vous, vous êtes Dieu ? 	       <br />
       - Si Dieu existe, alors, tout est sa volonté, et, hors de Lui, je ne peux rien. Si Dieu n’existe pas, alors, toute la volonté est mienne, et je suis obligé d’affirmer mon être libre</span>.         <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/3079146-4392276.jpg" alt="Foi et athéisme dans "Les Démons" de Dostoïevski et "Le Sang noir" de Louis Guilloux" title="Foi et athéisme dans "Les Démons" de Dostoïevski et "Le Sang noir" de Louis Guilloux" />
     </div>
     <div>
      Son être libre, Kirillov pense pouvoir l’affirmer en se suicidant. Par ce suicide que rien ne motive, Kirillov pourra vaincre la peur de la mort et prouver sa liberté. Ce personnage est dévoré par «l’idée» mais aussi par le doute. C’est le doute qui l’empêche de mettre en pratique cette théorie, ou du moins de la concrétiser grâce à sa seule volonté. En effet, selon l’accord qu’il a conclu avec le groupe nihiliste, il ne doit pas se suicider avant que Piotr Verkhovenski ne lui en intime l’ordre. Celui-ci, en effet, souhaite profiter de l’opportunité de ce suicide afin de couvrir les actions des nihilistes et d’écarter tous les soupçons qui se dirigeraient inévitablement sur eux après l’assassinat de Chatov. Il en résulte que ce suicide ne dépend plus de sa propre volonté mais d’une volonté extérieure, celle de Piotr en l’occurrence, l’organisateur de l’entreprise de subversion totale. En acceptant la proposition odieuse de cet homme qui ne lui inspire que du mépris (les insultes qui se réfèrent au monde animalier abondent dans ce roman), Kirillov montre qu’il a besoin d’une sorte de pression extérieure pour exécuter son projet, se décider à ce suicide, cet acte terrible à l’accomplissement duquel sa seule volonté ne suffit pas. Une partie de lui-même, celle où s’enracine la certitude fondamentale que Dieu n’existe pas, exige ce suicide. Des tentations opposées, des aspirations contraires contrarient, pourtant, cette exigence. Kirillov, poussé à bout par Piotr, finit par se suicider. Mais le doute, l’incapacité à trouver en soi les arguments qui confirment et confortent ceux que sa théorie expose rendent lamentable ce suicide, grotesque sa réalisation. Les héros des <span style="font-style:italic">Démons</span> sont des lutteurs, ceux qui résistent et aspirent, ceux qui se débattent avec eux même et avec Dieu. L’athéisme, en fait, est très proche de la foi véritable. Le moine Tikhone, au cours de sa conversation avec Stavroguine, ne fustige pas l’athée et fait une remarque que l’on peut appliquer aussi bien à Stavroguine qu’à Chatov ou Kirillov :          <br />
                                      <br />
       <span style="font-style:italic">- Au contraire l’athéisme total est plus respectable que l’indifférence mondaine, ajouta-t-il d’un ton simple et joyeux	       <br />
       - Oho, c’est comme ça chez vous       <br />
       - L’athée parfait se tient sur l’avant dernier degré avant la foi parfaite (qu’il franchise ce degré ou non), alors que l’indifférent n’a aucune foi à part une mauvaise peur</span>.       <br />
              <br />
       La dimension métaphysique amène inévitablement le lecteur à reconsidérer le sens politique des <span style="font-style:italic">Démons</span>. Le lecteur doit, en effet, l’envisager sous un angle nouveau, à la lumière des questions religieuses qui traversent le roman. Ainsi tous les maux et toutes les tentations nihilistes qui, aux yeux de Dostoïevski, menacent l’équilibre de la société russe procèdent-ils de la perte de la foi. L’envoûtement de la conscience par des idées individualistes ou collectivistes dont Dieu est absent ne peut aboutir qu’à la perte de l’homme, qu’à la destruction du genre humain.                                                                            <br />
       La question de Dieu dans les <span style="font-style:italic">Démons</span> a déjà été l’objet de nombreuses analyses et études. S’il importe de ne pas négliger le sens politique de l’œuvre, force est de constater que la dimension métaphysique prévaut largement sur la dimension historique. Le sens politique s’est quelque peu épuisé alors que le sens spirituel garde toute sa force, son actualité. Le contexte historique du <span style="font-style:italic">Sang noir</span> tend, lui, à masquer les questions spirituelles que le roman recèle. Le lecteur, en effet, peut avoir tendance à fixer principalement son intention sur des questions historiques. Alors que la guerre exigerait des personnages qu’ils s’interrogent sur le sens de la vie, la plupart de ceux-ci paraissent incapables d’une pensée profonde et sincère. Leur goût de l’unanimisme les conduit à penser et à dire la même chose, à stigmatiser toute réflexion, toute déclaration qui s’affranchit de la morale commune, de la pensée officielle, consacrée par l’opinion. Dans cette ville de province, c’est la pensée neutre, celle où on ne livre rien de soi, qui doit régir les rapports sociaux. Nabucet, sur la question de Dieu, a une opinion qui ne laisse rien transparaître de ses idées, de ce qu’il pense réellement, si tant est qu’il  pense quelque chose. Nabucet, c’est l’indifférent mondain qu’évoque le moine Tikhone, c’est l’homme sans substance intérieure, imperméable à tout questionnement. Sa réflexion sur la foi se résume en deux petites phrases : <span style="font-style:italic">«Je ne médis pas de la religion, vois-tu, mon cher. Sans être un croyant, je ne suis pas non plus un athée»</span> (p.449). De nombreux personnages du <span style="font-style:italic">Sang noir</span> ont érigé la Patrie en un Absolu qui justifie tous les sacrifices et en regard duquel la vie humaine, particulière, dérisoire, n’a aucune valeur. Dans le roman de Louis Guilloux, la Patrie s’est substituée, dans l’esprit de beaucoup et l’espace de quelques années, à Dieu.        <br />
              <br />
       Dieu est le centre de la pensée des protagonistes de <span style="font-style:italic">Démons</span>, le sujet principal de nombreuses scènes dialoguées, un point fixe autour duquel s’articule toute réflexion. Dans <span style="font-style:italic">Le Sang noir</span>, ce n’est pas Dieu qui envahit les esprits mais l’une de ses «contrefaçons» selon le mot de Cioran, l’idée de la patrie devenue Dieu.       <br />
       Le conformisme de la pensée qui règne dans cette ville amène tous ces personnages à fustiger l’incroyant et à ridiculiser le croyant. Ainsi affublent-ils Moka d’un surnom qui témoigne de sa quête obstiné de Dieu : <span style="font-style:italic">«On l’appelait : Moka dit Qu’est ce que Dieu ?»</span> (p.154). Certes, Moka est un personnage comique. La relation qu’il entretient avec Glâtre rappelle au lecteur celle de <span style="font-style:italic">Bouvard et Pécuchet</span>, les héros d’un roman de Flaubert. Mais sa pensée, absorbée par la question de Dieu, sert en quelque sorte de référence au lecteur. C’est d’ailleurs la profonde humanité, l’authenticité du personnage qui pousse Cripure à le choisir comme témoin de son duel : <span style="font-style:italic">«Pas une mauvaise idée. A la réflexion, c’était même une idée excellente. Moka était un être pur. En Moka on pouvait avoir confiance»</span> (p.380).        <br />
       Cripure, ce personnage dévoré par le doute, est le seul à poser explicitement le problème de Dieu qui apparaît de façon voilée, oblique dans le roman et que le lecteur peut avoir tendance à négliger. Pourtant la dimension métaphysique de ce roman nécessite une analyse qui permette d’en saisir toute la portée. Cette analyse doit s’attarder sur la pensée de Cripure, en proie, lui aussi, au doute en dépit d’un athéisme de surface qu’il n’hésite pas à revendiquer et que tous reconnaissent en lui. Cripure est le porteur, le dépositaire de toutes les questions spirituelles et existentielles qui traversent le roman de Louis Guilloux. Ces questions essentielles qui  dominent de nombreux dialogues, de nombreuses conversations des <span style="font-style:italic">Démons</span>, surgissent dans <span style="font-style:italic">Le Sang noir</span> lorsque le personnage s’abandonne à son intériorité, restituée le plus souvent par le biais du discours indirect libre.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/3079146-4392290.jpg" alt="Foi et athéisme dans "Les Démons" de Dostoïevski et "Le Sang noir" de Louis Guilloux" title="Foi et athéisme dans "Les Démons" de Dostoïevski et "Le Sang noir" de Louis Guilloux" />
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      <span style="font-style:italic">Cripure : La tension vers le religieux</span>        <br />
              <br />
       Si un homme est le produit de ce que les autres croient pouvoir dire ou penser de lui, des idées qu’il professe, alors l’athéisme de Cripure est une donnée indubitable du roman. Aux yeux des autres Cripure est un athée. Il inspire la plus profonde aversion à la mère de Lucien Bourcier qui le juge responsable du départ de son fils pour la Russie : <span style="font-style:italic">«Elle souhaitait qu’il ne l’eût jamais connu, que personne n’eût jamais connu ce professeur de désordre, cet ennemi de la société et de la famille qui ne croyait ni à Dieu ni à Diable et crachait le mal autour de lui comme un tuberculeux des bacilles»</span> (p.123). Pour la majorité des habitants, Cripure est un athée, un homme qui ne croit en rien, n’aspire à rien, qui rejette le religieux comme il rejette la patrie. Babinot le considère comme un nihiliste : <span style="font-style:italic">«Il attaque tout, il veut tout détruire, il ne croit à rien»</span>. A sa mort, tous font écho à ce jugement tenu pour une évidence et qui accompagne le personnage jusqu’au terme de sa vie. En révélant la voix de la population, de l’opinion publique, Louis Guilloux en restitue la teneur : <span style="font-style:italic">«Ainsi, à travers les temps, les deux philosophes se retrouveraient-ils camarades dans la mort comme ils l’avaient été dans la douleur, la question de Dieu mis à part. Car il ne fallait pas oublier, n’est-ce pas, que Cripure était un athée, un farouche ennemi des hommes et de Dieu. Etait, avait été»</span> (p.627). Turnier, le personnage central, le sujet même d’une thèse écrite par Cripure, est le second philosophe évoqué dans la citation ci-dessus. Pour tous les habitants, il est un homme de foi, spirituel, un <span style="font-style:italic">«esprit religieux et lunaire qui vécut dix ans dans cette maison (celle de Madame de Villaplane) sans s’occuper d’autre chose que des mystères de la prédestination et du mal»</span> (p.41). Tout l’oppose donc à Cripure et à son «esprit subversif» pourfendu par Nabucet dans l’une de ses diatribes. Cripure, pourtant, ne cherche jamais à se défendre des accusations, des jugements que l’on porte sur lui et qui portent atteinte à sa réputation. Au contraire, dans les conversations et dans son discours, par provocation et par mépris, il cherche à cultiver cette image qui le dévalorise aux yeux des autres et qui le conforte dans la haine. Ainsi déclare-t-il, par exemple, sans se soucier de la portée de ses propos : <span style="font-style:italic">«Ma thèse est toute négative. Je détruis toute idole et je n’ai pas de Dieu à mettre sur l’autel»</span> (p.15). A Etienne Couturier qui espère trouver en lui un homme «pur», non-compromis, un homme capable de donner un sens à sa vie, Cripure ne peut offrir qu’un message fondamentalement pessimiste où Dieu et autrui sont niés. Au cours de cette scène dialoguée, Cripure cite Stirner qui assimile la croyance à une «fêlure». Cette référence à Stirner n’est pas sans importance. Ce philosophe allemand affirme que l’homme est unique, c’est à dire hostile à toute soumission, qu’elle soit politique, sociale ou religieuse. Sa pensée est condensée dans un seul livre, <span style="font-style:italic">L’Unique et sa propriété</span>, dont la première phrase est particulièrement significative : <span style="font-style:italic">«Je n’ai mis ma cause sur rien»</span>. L’homme, en effet, doit se libérer de tout ce qui l’enserre, l’étouffe, contrarie sa souveraineté. Dostoïevski connaissait cet ouvrage philosophique qui provoqua, à sa parution, un certain scandale. Les idées individualistes de Raskolnikov, le héros de <span style="font-style:italic">Crime et Châtiment</span>, et de Kirillov sont très proches de celles qui sous-tendent la philosophie de Stirner. Celui-ci écrit, par exemple, cette phrase qui semble tirée du discours de Raskolnikov sur le droit au crime ou de la théorie du suicide qu’expose Kirillov : <span style="font-style:italic">«Ni Dieu, ni l’humanité ne connaissent d’autre but qu’eux-mêmes. Pourquoi ne serais-je pas moi aussi mon propre but, égal à Dieu ? De même qu’il n’y a, en Dieu, rien d’autre que Dieu, de même il n’y a, en moi, rien que moi même»</span>. Si Cripure se réfère à Stirner, c’est que lui aussi propose un message émancipateur, une affirmation individualiste. Celle-ci perce dans les propos que Cripure tient à Etienne Couturier :        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">- Un homme propre, reprit-il, qu’est ce que c’est ? Un homme qui se décide pour lui même, qui ne se soumet pas. Pas un homme de troupeau (...)       <br />
       - Mais les autres ?       <br />
       - Quels autres ?</span> (SN, p.32)       <br />
              <br />
       La foi est un incompatible avec cette affirmation de soi, ce rejet et ce mépris d’autrui. Le chemin de l’athéisme conduit à la négation de tout, à la négation de l’homme lui-même. En renonçant à Dieu, l’homme change complètement sa façon d’envisager les rapports avec autrui. Celui-ci ne représente plus rien, n’a plus de valeur particulière, cette valeur que la religion reconnaît dans la créature la plus déchue. Pour le croyant, toute vie a en soi une valeur absolue. Pour Cripure, le seul homme qui trouve grâce à ses yeux, c’est celui qui pose un regard lucide sur les choses, qui sait reconnaître l’absurdité du monde, le non-sens de la vie. Cet homme seul a le monopole de la profondeur, de la pensée véritable. Dieu donne un sens à la vie, un sens que justement Cripure s’efforce, par la pensée, de détruire. Dieu est sans doute dans son esprit au nombre de ces illusions qu’il s’agit de détruire pour découvrir la réalité de la vie, de la condition humaine. Ainsi déclare-t-il à Etienne Couturier : <span style="font-style:italic">«Le monde est absurde, jeune homme, et toute la grandeur de l’homme consiste à reconnaître cette absurdité»</span> (p.51). Cripure est incapable de croire, ce qu’il ne cache à personne. Pourtant, si l’attitude religieuse est étrangère à sa nature, elle demeure quand même une tentation. Sans doute pressent-il, au moment où son pays s’enfonce dans le chaos, que l’effort de lucidité par lequel il découvre l’absurdité du monde devient lui-même absurde, un signe de faiblesse :                                                                             <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Tant qu’il avait cru mépriser le monde, comme il avait été fort ! Mais le monde se vengeait. Cripure mesurait aujourd’hui combien il lui avait été facile de se poser en adversaire. Désormais cette attitude n’avait plus aucun sens. L’aventure humaine échouait dans la douleur, dans le sang. Et lui, qui avait toujours prétendu, comme à une noblesse, vivre retranché des hommes et les mépriser, il découvrait que le mépris n’était plus possible, excepté le mépris de soi</span> (p.258)                                                                                       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/3079146-4392293.jpg" alt="Foi et athéisme dans "Les Démons" de Dostoïevski et "Le Sang noir" de Louis Guilloux" title="Foi et athéisme dans "Les Démons" de Dostoïevski et "Le Sang noir" de Louis Guilloux" />
     </div>
     <div>
      Cripure, tout au long du roman, aspire à la foi qui désarme la haine. Son univers intérieur reflète d’ailleurs d’autres valeurs, d’autres tentations qu’il ne peut complètement réprimer. Sous le mépris se cachent des velléités de «fraternité» avec les autres hommes, un désir de communion jamais éteint, une compassion pour les souffrances humaines :            <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Certes, au delà de cette psychologie, et née d’elle, il y avait eu pour lui de grandes heures d’idéalisme mêlé d’un amour non suspect, mais surtout de l’abandon de l’homme dans un monde supplicié. Puisque, en fin de compte, c’était toujours le même battement de cœur angoissé qu’on retrouvait en chacun, la même épouvante devant la mort non seulement de soi mais de l’amour – être séparés ! – qu’y avait-il d’autre à faire qu’à tendre les bras sinon vers un Dieu auquel il ne croyait plus ou croyait ne plus croire, au moins vers un frère aussi malheureux que soi ? Il l’avait parfois tenté, découvrant avec ivresse que son malheur propre s’allégeait au moins du fait qu’il ne serait plus seul à souffrir et qu’il pourrait le partager avec d’autres.</span> (p.331)       <br />
              <br />
       Cripure est écartelé entre le mépris que lui inspire autrui, le désir de séparation et des tentations opposées qui trouvent leur source dans la foi qu’il croit avoir définitivement abandonnée. Au fond, l’ostentation, l’affirmation absolue du moi ne constituent qu’une seule partie de son message, qu’un seul moment de la pensée. Il aspire à une diminution, à une éradication de ce moi pour rejoindre la totalité et atteindre à une manière de communion. Son incapacité à considérer la valeur éminente de l’autre renforce d’ailleurs la haine qu’il éprouve pour lui-même. La femme qui partage sa vie, Maïa, ne lui inspire que du mépris, comme les autres. Pourtant ce mépris, cette haine d’autrui s’accompagnent de la haine de soi : <span style="font-style:italic">«Une souillon ! Comme c’était vite dit ! Il y avait donc pour lui des souillons qui n’étaient pas des êtres ? Cette bassesse de pensée acheva de le dégoûter de lui-même»</span> (SN, p.258). Cripure sent que les pensées qui naissent en lui l’éloignent toujours plus de son idéal, de ses aspirations essentielles. Cripure est convaincu de ne plus croire. Pourtant, s’il est inapte à croire, il n’est pas non plus en mesure d’assumer, de supporter son athéisme. Le sentiment de l’absurdité n’a pas atteint ce point limite qui lui permettrait de vivre avec la pensée qu’il ne croit pas. La certitude qui anime l’athée lui fait défaut. <span style="font-style:italic">«Il n’est de noblesse que dans la négation de l’existence, dans un sourire qui surplombe des paysages anéantis»</span> a écrit E.M Cioran. Cette «noblesse» qu’il affiche devant les autres, accessible, selon ses propres dires, aux seuls hommes d’exception, il ne peut s’en satisfaire. Au cours d’une conversation Moka pose une question fondamentale à Cripure, une question qui touche les fibres les plus sensibles de son être : «Croyez-vous en Dieu ?». Cripure, comme Chatov dans <span style="font-style:italic">Les Démons</span>, ne peut répondre autrement qu’en balbutiant. A l’instar des grands personnages dostoïevskiens, la foi et l’athéisme sont, chez lui, contigus. A une époque où les hommes se perdent dans la conformité, cherchent à occulter l’horreur devenue une composante de l’existence moderne, cette horreur qui, dans le roman, se déchaîne dans les tranchées boueuses de Verdun et de la Marne, Cripure, seul parmi des fantoches, livre un combat avec lui-même où s’affrontent les deux pôles de sa pensée. C’est l’homme de négation que la plupart des personnages du roman perçoivent en Cripure, celui qu’anime le mépris, le désir de séparation et qui s’enferme dans un solipsisme fatal. L’autre orientation de sa pensée reste inconnue et le lecteur lui-même n’est pas à l’abri de telles insuffisances dans l’interprétation globale du personnage. Louis Guilloux, conscient des lacunes, déclara à ce propos dans un entretien : <span style="font-style:italic">«Il y a un côté religieux que l’on oublie souvent dans Le Sang noir. Cripure est obsédé par la sainteté, ce que prouve son suicide»</span>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.sombreval.com/Foi-et-atheisme-dans-Les-Demons-de-Dostoievski-et-Le-Sang-noir-de-Louis-Guilloux_a726.html" />
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   <title>Le Fonds Frank-Duquesne en ligne</title>
   <updated>2011-05-16T15:33:00+02:00</updated>
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   <category term="Actualités" />
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   <published>2011-05-16T11:31:00+02:00</published>
   <author><name>Sombreval</name></author>
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      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/2980328-4235613.jpg" alt="Le Fonds Frank-Duquesne en ligne" title="Le Fonds Frank-Duquesne en ligne" />
     </div>
     <div>
      Comme prévu, je mets en ligne le <a class="link" href="http://www.sombreval.com/afd-project/">Fonds Frank-Duquesne</a> sous forme d’un blog rattaché à Sombreval.com. Il vise à fournir des informations détaillées sur la vie et l'œuvre de ce penseur chrétien. Il s’enrichira bien entendu au fil du temps. Des recensions, des articles seront ainsi publiés régulièrement, ainsi que des textes destinés à éclairer certains aspects de la pensée de l’auteur qui couvre des champs thématiques très vastes. <span style="font-style:italic">Création et Procréation</span> vient également compléter les ouvrages déjà disponibles dans la Bibliothèque numérique… Vous pourrez également consulter la page Wikipedia sur Frank-Duquesne, créée par un jeune canadien qui a consacré de longues heures à synthétiser les diverses informations disséminées sur le site.       <br />
       Bonne lecture        <br />
              <br />
       Le <a class="link" href="http://www.sombreval.com/afd-project/">Fonds Frank-Duquesne</a>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>L'idée de progrès chez Maistre et Cioran</title>
   <updated>2011-08-22T12:45:00+02:00</updated>
   <id>http://www.sombreval.com/L-idee-de-progres-chez-Maistre-et-Cioran_a724.html</id>
   <category term="Articles" />
   <photo:imgsrc>http://www.sombreval.com/photo/art/imagette/2978952-4233204.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2011-05-15T19:38:00+02:00</published>
   <author><name>Sombreval</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/2978952-4233204.jpg" alt="L'idée de progrès chez Maistre et Cioran" title="L'idée de progrès chez Maistre et Cioran" />
     </div>
     <div>
      Le dossier du <span style="font-style:italic">Magazine littéraire</span> du mois de mai est consacré à Cioran. Il comporte deux textes inédits, dont l’un, par les thématiques abordées, la critique de l’idéologie du progrès, de la théorie de la bonté native de l’homme, professée par Rousseau, s’inscrit dans la ligne de pensée inaugurée par Maistre. J’aurais pu citer un ou deux passages dans mon article pour la revue <span style="font-style:italic">Egards</span> (à paraître dans le n°33, automne 2011). J’y compare la pensée de Maistre et de Teilhard de Chardin dont l’évolutionnisme synthétise toutes les erreurs modernes, que Cioran fait remonter à Condorcet et aux Lumières.        <br />
              <br />
       Ce texte de Cioran pourrait servir d’introduction au pamphlet de Maistre, <span style="font-style:italic">De l’état de nature</span>, où le comte s’emploie à réfuter toutes les thèses énoncées par Rousseau, «l’homme du monde peut-être qui s’est le plus trompé», dans son <span style="font-style:italic">Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes</span>. A propos du Progrès, érigé en absolu par ses doctrinaires, qui n’ont pas manqué depuis le 19e siècle, Cioran note que «le rôle de cette superstition qui remonte à Condorcet a été énorme. L’idée du Progrès est une forme atténuée d’utopie, un délire apparemment sensé, sans lequel les idéologies du siècle dernier, pas plus que celles du nôtre, n’auraient été possibles. L’originalité du tournant historique dont nous sommes témoins consiste dans la mise en cause de ce délire, dans une lucidité fatale […]» On connaît la charge de Baudelaire contre cette «idée grotesque, qui a fleuri sur le terrain pourri de la fatuité moderne».        <br />
              <br />
       La théorie du progrès indéfini est fondée sur la négation du Péché Originel et de la Chute. D’où son exceptionnelle diffusion à partir du 18e siècle jusqu’à notre époque. Simple lubie philosophique au départ, elle s’est propagée dans tous les pays d’occident, étendant son règne sur tous les domaines de la pensée, de l’art, de la science.  Ainsi que le remarque Jean Borella «elle est devenue la composante essentielle de la mentalité moderne. Elle est si bien mêlée à toutes nos pensées, nos rêveries, à tous nos espoirs, que nul ne peut la mettre en doute sans un effort quasi-surhumain».        <br />
              <br />
       Des lecteurs pourraient s’étonner de lire sous la plume de Cioran, ce «forcené du doute», des références à la Genèse et l’Apocalypse. L’imprégnation religieuse de son œuvre échappe souvent à ses lecteurs et à maints critiques. Les auteurs de ces textes bibliques, écrit-il, «ont mieux perçu la misère sans remède de notre sort que les apôtres modernes de la science». Sa critique de la modernité prend alors des accents maistriens. Certaines formules semblent même empruntées au comte chambérien : «La civilisation moderne – nous touchons ici à la racine de sa réussite et de son fiasco – a été créée par les détracteurs du péché originel, par des disciples de Rousseau, par tous ceux qui ont refusé d’admettre que l’homme est vicié dans son essence et qu’il est maudit depuis toujours, quelles que soient les conditions extérieures, sociales ou autres dans lesquelles il vit». Pour Maistre, «l’homme naît mauvais dans une partie de son essence». Plus janséniste que jésuite, Cioran affirme qu’il est intégralement et irrémédiablement corrompu. C’est pourquoi pour Cioran aucune solution n’est envisageable pour l’homme, aucun salut n’est possible. L’abdication, c’est là sa dernière ressource : «Au point où nous en sommes, écrit-il, nous ne pourrions nous sauver que si nous parvenions à stopper le processus historique, et si nous reconnaissions que nous avons fait fausse route, si pour être bref, nous acceptions, <span style="font-style:italic">tous</span>, d’abdiquer. Cette capitulation universelle, qui serait en même temps un acte de sagesse sans précédent, supposerait un effort sur soi, une victoire intérieure sur notre passé, sur tous les siècles qui nous ont précédés». Bien entendu aucun chrétien ne pourra le suivre dans cette conclusion désespérée. Reste qu’il tirera de son œuvre de nombreux enseignements, qui contribueront à la maturité de sa foi.        <br />
              <br />
       <span class="u">Source</span> : « Le sentiment que tout va mal », texte inédit, <span style="font-style:italic">Cioran, Désespoir mode d’emploi</span>, Le Magazine littéraire, mai 2011, p.71-73.        <br />
              <br />
       A lire sur Sombreval.com : <a class="link" href="http://www.sombreval.com/Cioran-et-la-tentation-du-silence_a107.html">Cioran et la tentation du silence</a>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.sombreval.com/L-idee-de-progres-chez-Maistre-et-Cioran_a724.html" />
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   <title>La substitution mystique</title>
   <updated>2011-11-26T14:11:00+01:00</updated>
   <id>http://www.sombreval.com/La-substitution-mystique_a159.html</id>
   <category term="Articles" />
   <photo:imgsrc>http://www.sombreval.com/photo/art/imagette/96067-137641.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2011-05-14T23:14:00+02:00</published>
   <author><name>Sombreval</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/96067-137641.jpg" alt="La substitution mystique" title="La substitution mystique" />
     </div>
     <div>
      L'idée de la substitution est au centre de la grande oeuvre du théologien catholique Urs Von Balthasar, <span style="font-style:italic">La Dramatique divine</span>. Elle est l'axe de sa sotériologie et renvoie au thème du «merveilleux échange», l'<span style="font-style:italic">admirabile commercium</span> par lequel le Christ a assumé nos fautes et nos déficiences en se substituant à nous. Elle est réfutée par la plupart des exégètes et des théologiens modernes qui, par souci d'adaptation aux mentalités contemporaines, préfèrent se focaliser sur des concepts moins controversés, comme celui de solidarité, dont l'emploi en sotériologie entraîne une atténuation évidente du caractère dramatique de la Passion. En outre tout ce qui ressortit au sacrifice est devenu étranger à la pensée moderne, comme le souligne le Cardinal Ratzinger, devenu Benoît XVI en 2005 : «Réparation («expiation») peut évoquer quelque chose dans le cadre des conflits humains et de la liquidation de la culpabilité régnant entre les humains, mais sa transposition au rapport entre Dieu et l'homme ne réussit pas. On ne peut plus se figurer que la faute humaine puisse blesser Dieu, et encore moins qu'elle aurait besoin d'une expiation pareille à celle que constitue la croix du Christ. Il en va de même de la substitution vicaire : nous ne pouvons guère nous représenter encore quelque chose là dessous, notre image de l'homme est devenue trop individualiste» (<span style="font-style:italic">Conférence aux journées liturgiques de Fontgombault</span>, <span style="font-style:italic">La Nef</span>, octobre 2001).        <br />
              <br />
       Bien qu'elle ne trouve pas sa place dans la réflexion théologique contemporaine, la substitution est confirmée par une tradition mystique, celle de la suppléance, que le grand orientaliste, Louis Massignon (1883-1962), fait remonter au treizième siècle, ce siècle qui a vu naître l'ordre des Mercédaires, dont les membres s'offraient aux pirates barbaresques pour la délivrance de leurs frères chrétiens captifs.        <br />
       L'échange de place est le fondement de la vocation victimale des «compatientes» célébrées par le spécialiste de la mystique musulmane dans son <span style="font-style:italic">Opera Minora</span> : «Le 13eme siècle écrit-il - où la chrétienté du Moyen-Age fleurit en des œuvres architecturales d'une beauté suréminente, les cathédrales qui crouleront un jour - doit nous attirer encore bien davantage par ses oeuvres de sainteté qui ne périront jamais : les âmes sanctifiées, véritables &quot;cathédrales invisibles&quot;, immortelles celles-là, où la compassion adorante et réparatrice de l'Eglise offre à Dieu toutes les misères de l'humanité souffrante, unies, dans des calices divinisés, à la Passion de Notre Seigneur Jésus» (1).        <br />
              <br />
       Sainte Christine l'Admirable, dont toute la vie fut marquée du signe de la Croix, inspira l'élan sublime de la suppléance. Depuis ce temps la fécondité de la vie réparatrice n'a cessé de se manifester chez les saints :        <br />
              <br />
       « Au dessus de sainte Catherine de Sienne s'avançant vers le condamné à mort pour l'étreindre et le consoler avant qu'il s'abandonne au bourreau de la justice, - voici Christine qui monte sur le gibet pour prier et souffrir aux côtés du criminel déjà étranglé, avide de ravir son âme à la damnation en s'associant à ses tortures physiques...Cette vocation de victime dont Christine l'Admirable est peut-être le premier cas intégral et exclusif en Chrétienté occidentale, s'est rencontrée depuis le XIIIeme siècle, de plus en plus fréquemment, en nos pays afin de contrebalancer, sans doute le poids croissant des iniquités commises. Dans le diocèse de Liège et son voisinage immédiat Meuse et Rhin, nous trouvons depuis : Christine de Stumbele (morte en 1312), Ida de Louvain (1300), Lidwine de Schiedam (1433), Marguerite van Valkenissen (1658 ), Marie Ock (1684), Anne Catherine Emmerich (1824), Louise Lateau (1883) toutes compatientes et réparatrices...        <br />
       «Pour achever de cimenter l'union de tous en son Eglise, Dieu incite des âmes de plus en plus fréquemment, à mener une vie de silencieuse offrande et d'expiation. Pour les y attirer, Il les visite dans la nuit et le secret  ; comme un voleur, Il perce à travers la paroi opaque qui les abritait. On croyait bien close la maison d'incrédulité, cimentée avec la richesse, l'homme mondain, le vain savoir,  mais voici, toutes portes fermées, quelqu'un qui paraît au centre, avec les instruments de sa Passion, les «Arma Christi» comme on disait au temps de sainte Christine l'Admirable, et ses cinq plaies ouvertes à cause de nos péchés...» (<span style="font-style:italic">Opera Minora</span>, p.637-639)        <br />
              <br />
       Il importe au chrétien de perpétuer cette voie de la substitution mystique ou de la compassion réparatrice. Il lui faut accepter toutes les souffrances physiques, morales, spirituelles qu'il plait à Dieu de lui envoyer pour participer au rachat et à la libération des âmes encore captives. «Mettre en jeu son âme pour ses frères, comme l'a fait le Seigneur lui-même écrivait Urs von Balthasar, ce n'est point pratiquer une forme héroïque d'amour qui trancherait sur la vie quotidienne de chaque jour, c'est l'alpha et l'oméga de cette vie».         <br />
              <br />
       Le personnage de Violaine dans <span style="font-style:italic">L'Annonce faite à Marie</span> est une élue de la douleur, une de ces «cathédrales invisibles» magnifiées par l'écriture si vibrante de Massignon. Elle incarne d'une manière parfaite la loi de substitution mystique. Pour obtenir le salut des égarés elle se fait victime expiatrice. Sa vie est alors traversée de souffrances atroces. A Mara qui lui demande à quoi peut servir une lépreuse aveugle, Violaine répond :       <br />
              <br />
       «Le mâle est prêtre, mais il n'est pas défendu à la femme d'être victime.        <br />
       Dieu est avare et ne permet qu'aucune créature soit allumée        <br />
       Sans qu'un peu d'impureté s'y consume,        <br />
       La sienne ou celle qui l'entoure, comme la braise de l'encensoir qu'on attise !       <br />
       Et certes le malheur de ce temps est grand.        <br />
       Ils n'ont point de père. Ils regardent et ne savent plus où est le Roi et le Pape.        <br />
       C'est pourquoi voici mon corps en travail à la place de la chrétienté qui se dissout.       <br />
       Puissante est la souffrance quand elle est aussi volontaire que le péché» (Paul Claudel, <span style="font-style:italic">L'annonce faite à Marie</span>)       <br />
              <br />
       De même, la loi de substitution, «cette merveille de la charité absolue, cette victoire surhumaine de la mystique» (Huysmans) sous-tend le thème principal de la pièce en vers de Mère Marie Skobtsov, <span style="font-style:italic">Anna</span>, qui s'apparente comme l'oeuvre de Claudel à un mystère médiéval. Dans son essai d'autobiographie spirituelle, Berdiaev esquisse en quelques traits le portrait de Mère Marie, moniale orthodoxe qui a combattu les injustices du siècle avec une énergie peu commune, morte en 1945 dans les chambres à gaz de Ravensbrück pour avoir sauvé des juifs, canonisée en février 2004 par l'église orthodoxe : «Parmi les nouvelles relations écrivait-il en 1947, il y avait la Mère Marie, déportée et morte en Allemagne. Je considère Mère Marie comme l'une des femmes les plus marquantes dans l'émigration russe. Son destin semble refléter le destin d'une époque. Il y avait en elle quelques-uns des traits qui nous séduisent chez les saintes femmes en Russie : tournée vers le monde, elle était avide de soulager la souffrance humaine. Elle avait l'esprit de sacrifice et d'intrépidité» (Buchet-Chastel p.353)        <br />
       Dans cette pièce Anna et Paula incarnent deux types de vocations. Selon Paula, «le moine doit oublier le monde et ses laideurs, rechercher la paix intérieure et prier en respectant scrupuleusement la sainte règle». Anna affirme le contraire : «Le monastère c'est le monde. Le moine est une pelle dans les mains du Divin Jardinier. Le moine est appelé à donner sa vie pour sauver son prochain». Exhortée par son évêque à assumer sa vocation, «Anna accepte de se charger des péchés d'un damné, sorte de Faust ayant passé un pacte avec le diable. Mourir pour les péchés qu'elle n'a pas commis est pour elle la forme la plus élevée de la charité. Très forte cette pièce attend toujours son metteur en scène» ( Hélène Arjakovsky-Klépinine, La joie du don, in <span style="font-style:italic">Le Sacrement du frère</span>, Cerf)       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Texte de la messe de N-D du Perpétuel Secours</title>
   <updated>2011-05-14T19:49:00+02:00</updated>
   <id>http://www.sombreval.com/Texte-de-la-messe-de-N-D-du-Perpetuel-Secours_a723.html</id>
   <category term="Textes" />
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   <published>2011-05-14T19:06:00+02:00</published>
   <author><name> Sombreval</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/2977336-4230433.jpg" alt="Texte de la messe de N-D du Perpétuel Secours" title="Texte de la messe de N-D du Perpétuel Secours" />
     </div>
     <div>
      Une carmélite française de Alep en Syrie, m’a demandé récemment les textes de la messe de Notre-Dame du Perpétuel Secours. En fait j’ignore si la fête fait l’objet aujourd’hui d’une célébration spécifique (en Haïti elle est toujours célébrée le 27 juin : N-D du Perpétuel Secours est la Patronne de Haïti). Je lui ai transmis les textes de l’ancien missel en latin, avec la traduction française, celui de Dom Gaspar Lefebvre et le chanoine Osty (1961).        <br />
       Voici le texte de cette fête qu’on avait coutume de célébrer le 27 juin :        <br />
              <br />
       <b>LE 27 JUIN       <br />
       NOTRE-DAME DU PERPÉTUEL SECOURS</b>       <br />
              <br />
       Sous ce titre glorieux, on vénère à Rome une image byzantine de la Sainte Vierge Marie, datant du XIIIe ou du XIVe siècle. Conservée autrefois en l'église Matthieu sur l'Esquilin, l'image miraculeuse était peu à peu tombée dans l'oubli, quand, en 1866, le pape Pie IX la confia aux rédemptoristes, qui célébraient sa fête. Notre-Dame du perpétuel secours est aujourd'hui dans la plupart des églises d'Occident.       <br />
              <br />
       INTROÏT / Psaume 44.2       <br />
       Réjouissons-nous tous dans le Seigneur ! Nous célébrons ce jour de fête en l'honneur de la bienheureuse Vierge Marie. Les anges prennent part à la joie de cette solennité, et ils acclament en chœur le Fils de Dieu. Mon cœur est tout vibrant de paroles de choix ; c'est pour un roi que je dis mon poème. Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit.        <br />
              <br />
       COLLECTE       <br />
       Seigneur Jésus-Christ qui en Marie, votre mère, dont nous vénérons l'insigne image, nous avez donné une mère en qui nous trouvons un perpétuel secours, faites qu’implorant assidument son assistance maternelle, nous méritions de goûter à jamais le fruit de votre rédemption. Vous qui, étant Dieu, vivez et régnez avec Dieu le Père.       <br />
              <br />
       GRADUEL/ Cantique 6.3,9 ; Judith 13.22       <br />
       Tu es belle et pleine de charmes, fille de Sion, belle comme la lune, éclatante comme le soleil, redoutable comme une armée rangée en bataille. Le Seigneur t'a bénie dans sa puissance, puisque par toi il a réduit à néant nos ennemis.       <br />
              <br />
       ALLÉLUIA/ Luc 1.28       <br />
       Alléluia,  alléluia. Je vous salue, Marie, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre toutes les femmes. Alléluia.       <br />
              <br />
       ÉVANGILE  selon saint Jean 19.25-27       <br />
       En ce temps-là, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère, la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie de Magdala. Voyant sa mère et près d'elle le disciple qu'il aimait, Jésus dit à sa mère : « Femme, voilà ton fils » Puis il dit au disciple: « Voilà ta mère. » Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui.       <br />
              <br />
       OFFERTOIRE/ Jérémie 18.20       <br />
       Souvenez-vous de nous, ô Vierge mère ; soyez notre avocate devant Dieu, pour qu'il détourne de nous sa colère.       <br />
              <br />
       SECRÉTE       <br />
       Que par votre bonté, Seigneur, et par l’intercession de la bienheureuse Marie, vierge et mère, l’offrande de ce sacrifice nous procure, pour l’éternité comme pour la vie présente, le bonheur et la paix. Par notre Seigneur Jésus-Christ.        <br />
              <br />
       COMMUNION       <br />
       Auguste reine du monde, ô Marie toujours vierge, obtenez-vous la paix et la salut, vous qui avez-mis au monde la Christ, Seigneur et Sauveur de tous les hommes.        <br />
              <br />
       POSTCOMMUNION       <br />
       Que la sainte intercession de Marie, votre glorieuse mère, toujours vierge, nous vienne en aide, Seigneur, et qu’après nous avoir comblés de bienfaits éternels, sa bonté nous délivre de tous les périls et nous fasse vivre unis dans la charité. Vous qui étant vivez et régnez, dans tous les siècles des siècles. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Page Wikipedia sur Frank-Duquesne</title>
   <updated>2011-05-08T19:49:00+02:00</updated>
   <id>http://www.sombreval.com/Page-Wikipedia-sur-Frank-Duquesne_a722.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>http://www.sombreval.com/photo/art/imagette/2955393-4188674.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2011-05-08T19:40:00+02:00</published>
   <author><name>Nicolas Sombreval</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/2955393-4188674.jpg" alt="Page Wikipedia sur Frank-Duquesne" title="Page Wikipedia sur Frank-Duquesne" />
     </div>
     <div>
      Un contributeur de Wikipedia, canadien semble-t-il, a eu l’excellente idée de créer un article consacré à Albert Frank-Duquesne. <a class="link" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Frank-Duquesne">La page</a> fournit des éléments autobiographiques indispensables, ainsi que les références à ses œuvres principales (disponibles en ligne sur Sombreval.com). Cette page est d’autant plus importante que je m’apprête à mettre en ligne le <span style="font-style:italic">Fonds Frank-Duquesne</span> sous forme de blog (dans deux semaines j’espère). <span style="font-style:italic">Création et Procréation</span>, publié par les Editions de Minuit en 1951, viendra d’abord compléter la liste des essais de l’auteur déjà publiés. Des recensions du livre seront également publiées. Viendra ensuite la mise en ligne du <span style="font-style:italic">Dieu vivant de la Bible</span>. Je dispose également d’une série de conférences inédites, provenant de diverses sources, dont le cycle intitulé «Mon Odyssée spirituelle» qui fourmille d’indications biographiques précieuses. L’auteur y retrace les différentes étapes qu’il a dû traverser au cours de ce long et douloureux périple l'ayant ramené à l’Eglise catholique.        <br />
       Mon article à paraître dans la revue «Egards» fait références à des textes de Frank-Duquesne et en particulier un texte très peu connu et passionnant sur Bloy.        <br />
       Je dispose en fait de nombreux documents sur l'auteur qui nécessiteront un long travail éditorial et critique.        <br />
              <br />
       Les études sur Frank-Duquesne ne font que commencer….           <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Frank-Duquesne">La page Wikipedia</a>       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.sombreval.com/Page-Wikipedia-sur-Frank-Duquesne_a722.html" />
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   <title>Nouveautés pour 2011</title>
   <updated>2011-03-01T17:27:00+01:00</updated>
   <id>http://www.sombreval.com/Nouveautes-pour-2011_a719.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>http://www.sombreval.com/photo/art/imagette/2676078-3782297.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2011-02-07T14:24:00+01:00</published>
   <author><name> Sombreval</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/2676078-3782297.jpg" alt="Nouveautés pour 2011" title="Nouveautés pour 2011" />
     </div>
     <div>
      Le site n’était pas très actif ces derniers temps. En fait je travaille lors de mon temps libre sur la création d’un fonds Frank-Duquesne, sous la forme d’un site indépendant, rattaché à Sombreval.com, qui proposera de nombreuses informations sur la vie et l’œuvre de ce grand penseur et exégète catholique, d’origine juive. Cela représente une somme de travail assez considérable. Il s’agira d’un outil de recherche rassemblant la quasi-totalité de l’œuvre de Frank-Duquesne, des compte-rendus, des éléments biographiques etc… Il s’enrichira au fil des mois et au gré de mes disponibilités.         <br />
              <br />
       Je prépare également un article inédit sur la Réversibilité pour l’excellente revue canadienne <a class="link" href="http://www.egards.qc.ca/">Égards</a> (il devrait paraître dans le numéro 32). Au programme des réjouissances : Bloy, Frank-Duquesne, Claudel, Oscar Wilde, Nerval et bien entendu le maître Joseph de Maistre.        <br />
              <br />
       Enfin pour enrichir ma galerie, voici une photo prise lors de ma profession de foi (ehehe) : Je faisais de la pub à cette époque, posant pour de grands magazines (Harpers Bazaar), de grandes marques (Cacharel, sous l’objectif de la célèbre photographe Sarah Moon, Lu, pubs diverses, sous la direction de Brialy, Jean Becker, clip de Marc Lavoine  etc..), j’avais 13-14 ans, une espèce de prestance maistrienne qui intimidait au plus haut point les collégiennes et ulcérait les profs. Une prof de français en particulier m’a poursuivi de sa haine une année durant. J’ai dû changer de collège, ce qui a contribué à aggraver ma situation scolaire. On a voulu m’orienter en 3e. Mon prof principal était absolument convaincu que je n’avais aucune chance d’obtenir mon bac. Même le bac G. Finalement j’ai eu mon bac A1 (math-philo-français), après trois belles années au lycée Balzac à Paris, plus studieuses mais avec de grands moments de franche rigolade. Après j’ai suivi mon cursus littéraire à l’Université de Nanterre où j’ai pu élever fortement mon niveau. Les cours portaient sur Dostoïevski, Céline, entre autres. On y étudiait avec précision les grands courants de l’histoire littéraire. Je n’en garde que des souvenirs nostalgiques. C’est une chance que d’avoir pu vivre des années aussi riches sur tous les plans. En licence, je suis passé à la Sorbonne. Là par contre je préfère éviter le sujet car pour moi ce furent des années <span style="font-style:italic">noires</span>…  J’y reviendrai dans un autre texte. Je parlerai aussi de mes rapports avec les filles (au collège, au lycée et à la fac) :        <br />
       A bientôt       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/2676078-3782298.jpg" alt="Nouveautés pour 2011" title="Nouveautés pour 2011" />
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     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Le massacre des Chrétiens</title>
   <updated>2011-01-02T14:39:00+01:00</updated>
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   <category term="Actualités" />
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   <published>2011-01-01T11:53:00+01:00</published>
   <author><name>Sombreval</name></author>
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    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/2584341-3646031.jpg" alt="Le massacre des Chrétiens" title="Le massacre des Chrétiens" />
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      Vous savez sans doute que le court opuscule de l’ancien diplomate et poète ( ?) Stephane Hessel, intitulé <span style="font-style:italic">Indignez-vous</span>, s’est déjà écoulé à plus de 500.000 exemplaires en France. La littérature pour bobos n’a jamais été aussi florissante.        <br />
       En lisant les quelques extraits présentés par les journaux et magazines tombés sous le charme de ce vieillard (93 ans) capable de se dresser, avec toute la force d’indignation que lui permet encore sa vitalité défaillante, contre l’injustice dans le monde et à l’instar d’un Cantona (!!!), contre le pouvoir des banques et des instances financières mondialisées, en lisant donc ces  bribes de texte à peine dignes d’être publiés sur un blog de Mariane.fr, j’ai été pris de suffocations …Voilà donc aujourd’hui les ennemis à abattre. Les banques, mais  aussi Bush junior, responsable de toute la barbarie qui ensanglante aujourd'hui notre monde. C’est ainsi par exemple qu’il considère le fonctionnement de l'économie financiarisée comme « le vrai mal de notre temps ». Un journaliste catholique au cerveau liquéfié par les idées gauchistes et écologiques, Patrice Plunkett, qui tient un blog inintéressant sur les grands thèmes de la société française, donc sur le vent, semble défaillir d’émotion devant le triomphe de ses idées ou plutôt son idéologie représentée par ce piteux porte-parole des Indignés.        <br />
       Sur le terrorisme, le constat de ce grand défenseur des Droits de l’Homme est clair. Bien entendu il condamne la violence sous toutes ses formes. Mais il faut aussi saisir les motivations de tous ces hommes qui se font exploser la gueule au milieu d’une foule d’innocents, provoquant un carnage inimaginable. Car, si le terrorisme n’est pas excusable, il est compréhensible. Pour lui c’est l’expression d’«une forme d’exaspération». Oui vous avez bien lu !!! La mort de centaines de chrétiens victimes d’attentats ignobles depuis quelques semaines, ces chrétiens d’orient (pour l’instant), condamnés à se faire exterminer dans l’indifférence générale, cette mort devra donc être mise sur le compte de l’exaspération.        <br />
        Il est évident qu’on ne peut plus isoler les terroristes, les poseurs de bombes, les kamikazes fanatiques et haineux, rongés par le ressentiment, de ceux qui justifient leurs crimes épouvantables. Ce sont les mêmes fils de putes qu’il faut combattre avec tous les moyens nécessaires. Face à une telle exacerbation du fanatisme, de la haine meurtrière, il n'y a plus de diplomatie possible. Ce qui importe en premier lieu, c'est de repousser avec la plus vive ardeur les sophismes de leurs complices. Puis manifester à son tour son «exaspération», en solidarité spirituelle avec tous les chrétiens d'Orient.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>Des hommes et des dieux : magnifique</title>
   <updated>2011-02-10T09:48:00+01:00</updated>
   <id>http://www.sombreval.com/Des-hommes-et-des-dieux-magnifique_a717.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>http://www.sombreval.com/photo/art/imagette/2405768-3371355.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2010-10-11T22:58:00+02:00</published>
   <author><name>Sombreval</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/2405768-3371355.jpg" alt="Des hommes et des dieux : magnifique" title="Des hommes et des dieux : magnifique" />
     </div>
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      Le réalisateur français, Xavier Beauvois, signe avec <span style="font-style:italic">Des hommes et des dieux</span>, un film à la fois puissant et profond. Eu égard à la production actuelle, rien ne laissait présager qu’un film aussi humble dans ses moyens d’expression mais d’une telle richesse de contenu pût voir le jour et atteindre un si vaste public.        <br />
       Au départ les moines nous apparaissent comme les témoins d’une vie mise au service d’autrui et de la vie communautaire. Ils rendent gloire à Dieu par leur présence priante, et accomplissent leur humble besogne en appliquant ce principe monastique : <span style="font-style:italic">Laborare est orare </span> (travailler est prier). On songe alors à cette pensée de Pascal : «Faire les petites choses comme grandes, à cause de la majesté de Jésus-Christ qui les fait en nous, et qui vit notre vie ». Loin des mirages produits par la raison désincarnée, les moines s’appliquent à suivre ce que sainte Thérèse de Lisieux appelle la «petite voie» dont le philosophe Marcel De Corte a rappelé la nécessité impérieuse pour notre époque et qui consiste à accepter <span style="font-style:italic">ce qui est</span>, notre nature concrète, ainsi que la vie dans ses obligations élémentaires. C‘est cette humilité existentielle que cherchait à atteindre sainte Thérèse à travers sa «petite voie» et qu’illustre avec beauté <span style="font-style:italic">Des hommes et des dieux</span>. Il n’est pas étonnant que le dogme de l’Incarnation soit en quelque sorte l’axe autour duquel  tourne le propos du film de Beauvois. Les moines, tout simplement, s’adonnent à ce que De Corte appelle la «glorification du banal réel, de notre pauvre activité journalière, terrestre», porteuse de germes d’éternité : «La tâche essentielle de l’homme, affirme encore Marcel De Corte, est de poursuivre l’élan natif de sa nature incarnée, à chaque instant de son existence terrestre… Sainte Thérèse a traduit jusqu’aux plus petites racines de sa vie – parce que l’homme doit justement commencer par là – le drame de l’Incarnation… Elle nous signale que le moindre geste de la vie ordinaire peut condenser en lui, en son existence éphémère, toute la lumière dévalant du ciel. Elle nous détourne aussi de l’orgueil de l’esprit qui, à l’en croire, – le pauvre ! – serait seul digne d’accueillir la Divinité. Elle relie la nécessité humaine, pur reflet de Dieu qui l’a créée, à la nécessité divine». 
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      L’humble soumission des moines au réel, aux préceptes évangéliques de l’amour, du service, les rend d’autant moins aptes à affronter l’irruption de la barbarie, personnifiée dans le film par les groupuscules islamiques, voire par l’armée. Une sorte de lutte d’influence se joue entre les terroristes et les factions de l’armée gouvernementale, ce qui amplifie le chaos dans la région de l’Atlas. Les circonstances de la mort des moines et l’identité de leurs assassins restent donc encore mystérieuses. La mort de croates travaillant à quelques kilomètres du monastère inaugure une période de tension redoutable, rendue palpable dans le film, et qui va contraindre les moines à un choix déterminant pour leur vie : soit fuir, au risque de laisser le village où le monastère est implanté à l’abandon, soit rester, ce qui implique d’accepter le martyr. Certains, surtout les deux plus jeunes, reculent, se prononcent, lors de débats communautaires, pour le départ. Le scénariste s’est inspiré à l’évidence de certaines scènes des <span style="font-style:italic">Dialogues de Carmélites</span>, qui dépeignent la peur de sœur Blanche, encore novice et qui ne peut se résoudre à suivre les autres moniales sur le chemin du martyre. J’ai consacré plusieurs pages à cette pièce de Bernanos dans ma thèse sur la Réversibilité, à laquelle je vous renvoie (p.219-222). Pourquoi ces hésitations ? C’est qu’entre l’Incarnation et la Rédemption, il y a cette béance monstrueuse ouverte par le Mal. Certes, comme nous l’entendons proclamer lors de l’exsultet du Samedi Saint, la Chute nous a procuré le bonheur en nous valant d’obtenir un si grand Rédempteur : <span style="font-style:italic">Felix culpa </span> [Vraiment , comme le péché d’Adam était nécessaire, puisque c’est la mort du Christ qui l’a détruit ! Heureuse faute qui nous a valu un tel Rédempteur]. Mais peut-on inférer pour autant que si Adam, l’homme primitif, n’avait pas cédé à la tentation diabolique, le Rédempteur ne se serait pas incarné ? L’Incarnation devait-elle comporter éternellement la mort réparatrice et la Rédemption ? Cette problématique, Guillaume Pouget l’a exposée longuement dans ses dialogues avec Jean Guitton. Elle doit être reliée à la spiritualité franciscaine. Les moines, qui témoignent par leur vie de l’Incarnation, doivent donc affronter une réalité terrible, à laquelle ne les prédispose pas forcément la vie monastique, celle de la Passion du Christ, qui, comme l’écrit Zundel, est la révélation pathétique de l’amour de Dieu. C’est dans l’<span style="font-style:italic">imitatio Cristi</span> qu’ils trouvent la seule justification de leur vocation et de leur sacrifice qui la parachève. Contrairement à ce que maints critiques ont prétendu, <span style="font-style:italic">Des hommes et des dieux </span> n’est pas un film humaniste, dans lequel la dimension religieuse serait en quelque sorte voilée, laissant ouvertes toutes les interprétations, mythologiques, profanes ou autres. Si ce film est humaniste, c’est dans le sens où l’entendait un Maritain, celui de l’humanisme intégral, théocentrique, centré sur le Christ. <span style="font-style:italic">Des hommes et des dieux</span>, il faut insister sur ce fait, est un film profondément chrétien. Il n’y a pas d’apologie grossière de la foi. Mais la substance du message chrétien s’y trouve affirmée, avec toujours cette grâce légère qui est le propre de l’Esprit-Saint.            <br />
              <br />
       
     </div>
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   <title>D'un Maistre à l'autre : un géant et un médiocre</title>
   <updated>2010-08-04T10:55:00+02:00</updated>
   <id>http://www.sombreval.com/D-un-Maistre-a-l-autre-un-geant-et-un-mediocre_a716.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>http://www.sombreval.com/photo/art/imagette/2248306-3140045.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2010-07-23T11:08:00+02:00</published>
   <author><name> Sombreval</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
«Qu'il y a peu d'hommes dont le passage sur cette sotte planète ait été marqué par des actes véritablement bons et utiles ! Je me prosterne devant celui qui a pu instruire, consoler, soulager ses semblables, celui qui a fait de grands sacrifices à la bienfaisance ; ces héros de la charité silencieuse qui se cachent et n'attendent rien dans le monde». (Extrait d'une lettre de Joseph de Maistre au chevalier de Saint-Réal, Janvier 1817)     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/art/default/2248306-3140045.jpg" alt="D'un Maistre à l'autre : un géant et un médiocre" title="D'un Maistre à l'autre : un géant et un médiocre" />
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     <div>
      Un article de l’Humanité, lu ce matin sur internet, nous apporte quelques informations croustillantes sur le gestionnaire de la fortune de Liliane Betancourt, Patrice de Maistre, descendant par son père du grand Joseph de Maistre, «théoricien de la contre révolution», comme on aime à le présenter, et qui a fini en garde à vue il y a quelques jours. Le journal cite ce passage bien connu des «Considérations sur la France» qui recèle une grande part de vérité : «Il y a dans la Révolution française un caractère satanique qui la distingue de tout ce qu’on a vu et peut-être de tout ce qu’on verra». Satanique, elle l'était d'abord à ses yeux par son caractère anti-religieux et donc anti-catholique. Il suffit de relire tout le chapitre V de ses «Considérations». Un Berdiaev et un Soljenitsyne voyaient en elle la matrice idéologique d’où surgira la barbarie totalitaire du communisme. En Russie, elle a produit par exemple plus de martyrs que toutes les persécutions antérieures de l'histoire. Ce qu’ils ont subi relève de l’indicible. Toute l’horreur du vingtième siècle est incompréhensible si on néglige l’étude des erreurs mortelles enfantées par les Lumières et qui se sont comme cristallisées dans ce moment charnière de notre histoire nationale.  
     </div>
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     <div>
      Comment  expliquer qu’un descendant d’un si illustre penseur soit à ce point mouillé dans des magouilles impliquant des puissances politiciennes et financières ? Comment expliquer que ce membre du très sélect Jockey Club et de l’Automobile Club de France, «pilier du gratin du gotha», passionné de golf, «gentleman-farmer, propriétaire d’une chasse en Sologne et d’un voilier», comment expliquer que ce médiocre puisse salir ainsi sa lignée ? Pourrait-on déceler dans l’histoire familiale une de ces « fautes-mères » pour reprendre la formule de Joseph de Maistre, susceptible de gâter toute une race ? Il faudrait alors reprendre une théorie du comte chambérien pour expliquer une telle déchéance. La réponse se trouve en fait sans doute dans ce propos d’Eric Woerth qui lui a remis la légion d’honneur en 2008 (quelle ironie…) : dans son discours, cet homme de l’ombre, dont les turpitudes ont été révélées au grand jour, ce gestionnaire de grandes fortunes, cet amateur de la chasse aux cerfs, est présenté comme incarnant la «synthèse si souhaitable pour notre pays entre l’Ancien Régime et la Révolution». Ou comment faire l’éloge de la compromission….        <br />
       Il importe surtout de rappeler que la vraie lignée de Joseph de Maistre est d’ordre spirituel, cette lignée qui se confond avec cette «France secrète» dont parlait Berdiaev, cette lignée qui va du comte chambérien jusqu’à Maurice Dantec aujourd’hui, en passant par Hello, Barbey, Baudelaire, Bloy, Huysmans ou encore Georges Bernanos.        <br />
       De mon côté il fallait sans doute que je subisse toutes les avanies possibles pour mener à terme mon travail sur Maistre et préserver son héritage. Car sa pensée aussi est l’objet de récupérations. Dans l’Université par exemple, on s’évertue à en faire un auteur «recommandable». Mon âme a gardé les traces de ces souffrances que j’ai endurées pendant la rédaction de ma thèse sur la Réversibilité. Pendant que ce gugusse s’amusait au golf, je rangeais des boites de cassoulet et de petits pois, le nez dans la crasse, en me demandant comment je pourrais achever mon travail universitaire qui épuisait toutes mes forces intellectuelles et donc physiques. Il y a eu deux trois périodes je crois où j’ai pensé avoir atteint le fin fond du gouffre. Mais pour garder intact l'héritage de Maistre et le perpétuer, il fallait sans doute subir ces épreuves...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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