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  <title>sombreval, le webzine catholique</title>
  <description><![CDATA[sombreval.com est un webzine catholique. Des articles, textes, critiques de cinéma, de livres, blogs, feuilletons, actualité religieuse et recensions.]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2010-09-03T10:43:22+02:00</dc:date>
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   <title>D'un Maistre à l'autre : un géant et un médiocre</title>
   <pubDate>Fri, 23 Jul 2010 11:08:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator> Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   
«Qu'il y a peu d'hommes dont le passage sur cette sotte planète ait été marqué par des actes véritablement bons et utiles ! Je me prosterne devant celui qui a pu instruire, consoler, soulager ses semblables, celui qui a fait de grands sacrifices à la bienfaisance ; ces héros de la charité silencieuse qui se cachent et n'attendent rien dans le monde». (Extrait d'une lettre de Joseph de Maistre au chevalier de Saint-Réal, Janvier 1817)       <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/2248306-3140045.jpg" alt="D'un Maistre à l'autre : un géant et un médiocre" title="D'un Maistre à l'autre : un géant et un médiocre" />
     </div>
     <div>
      Un article de l’Humanité, lu ce matin sur internet, nous apporte quelques informations croustillantes sur le gestionnaire de la fortune de Liliane Betancourt, Patrice de Maistre, descendant par son père du grand Joseph de Maistre, «théoricien de la contre révolution», comme on aime à le présenter, et qui a fini en garde à vue il y a quelques jours. Le journal cite ce passage bien connu des «Considérations sur la France» qui recèle une grande part de vérité : «Il y a dans la Révolution française un caractère satanique qui la distingue de tout ce qu’on a vu et peut-être de tout ce qu’on verra». Satanique, elle l'était d'abord à ses yeux par son caractère anti-religieux et donc anti-catholique. Il suffit de relire tout le chapitre V de ses «Considérations». Un Berdiaev et un Soljenitsyne voyaient en elle la matrice idéologique d’où surgira la barbarie totalitaire du communisme. En Russie, elle a produit par exemple plus de martyrs que toutes les persécutions antérieures de l'histoire. Ce qu’ils ont subi relève de l’indicible. Toute l’horreur du vingtième siècle est incompréhensible si on néglige l’étude des erreurs mortelles enfantées par les Lumières et qui se sont comme cristallisées dans ce moment charnière de notre histoire nationale.  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Comment  expliquer qu’un descendant d’un si illustre penseur soit à ce point mouillé dans des magouilles impliquant des puissances politiciennes et financières ? Comment expliquer que ce membre du très sélect Jockey Club et de l’Automobile Club de France, «pilier du gratin du gotha», passionné de golf, «gentleman-farmer, propriétaire d’une chasse en Sologne et d’un voilier», comment expliquer que ce médiocre puisse salir ainsi sa lignée ? Pourrait-on déceler dans l’histoire familiale une de ces « fautes-mères » pour reprendre la formule de Joseph de Maistre, susceptible de gâter toute une race ? Il faudrait alors reprendre une théorie du comte chambérien pour expliquer une telle déchéance. La réponse se trouve en fait sans doute dans ce propos d’Eric Woerth qui lui a remis la légion d’honneur en 2008 (quelle ironie…) : dans son discours, cet homme de l’ombre, dont les turpitudes ont été révélées au grand jour, ce gestionnaire de grandes fortunes, cet amateur de la chasse aux cerfs, est présenté comme incarnant la «synthèse si souhaitable pour notre pays entre l’Ancien Régime et la Révolution». Ou comment faire l’éloge de la compromission….        <br />
       Il importe surtout de rappeler que la vraie lignée de Joseph de Maistre est d’ordre spirituel, cette lignée qui se confond avec cette «France secrète» dont parlait Berdiaev, cette lignée qui va du comte chambérien jusqu’à Maurice Dantec aujourd’hui, en passant par Hello, Barbey, Baudelaire, Bloy, Huysmans ou encore Georges Bernanos.        <br />
       De mon côté il fallait sans doute que je subisse toutes les avanies possibles pour mener à terme mon travail sur Maistre et préserver son héritage. Car sa pensée aussi est l’objet de récupérations. Dans l’Université par exemple, on s’évertue à en faire un auteur «recommandable». Mon âme a gardé les traces de ces souffrances que j’ai endurées pendant la rédaction de ma thèse sur la Réversibilité. Pendant que ce gugusse s’amusait au golf, je rangeais des boites de cassoulet et de petits pois, le nez dans la crasse, en me demandant comment je pourrais achever mon travail universitaire qui épuisait toutes mes forces intellectuelles et donc physiques. Il y a eu deux trois périodes je crois où j’ai pensé avoir atteint le fin fond du gouffre. Mais pour garder intact l'héritage de Maistre et le perpétuer, il fallait sans doute subir ces épreuves...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>L’Ève future (Villiers de l'Isle-Adam)</title>
   <pubDate>Sun, 06 Jun 2010 22:12:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator> Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Livres]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   
« La centrale préoccupation, l’ombilic de ce poète singulier que fut l’auteur de l’"Eve future", c’était son besoin vraiment inouï d’une restitution de la femme (…) Il ne s’agit pas d’un plaidoyer, de tel ou tel flagornant éloge du Sexe Dangereux. Il s’agit d’un renouveau du Paradis terrestre… Il s’agit de retrouver ce fameux Jardin de Volupté, symbole et accomplissement de la Femme, que tout homme cherche à tâtons depuis le commencement des siècles » (Léon Bloy, "La Résurrection de Villiers")     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/2148232-2992665.jpg" alt="L’Ève future (Villiers de l'Isle-Adam)" title="L’Ève future (Villiers de l'Isle-Adam)" />
     </div>
     <div>
      Comment sauver du désespoir un homme éperdument amoureux d’une femme dont la beauté physique n’a d’égale que la médiocrité spirituelle et morale ? Existe-t-il un remède, une solution, une méthode ? Le roman de Villiers de L’Isle-Adam relate l'histoire d’amour impossible entre Lord Ewald, idéaliste patenté, et la jeune comédienne Alicia Clary, merveilleusement belle mais idiote au plus haut point. Incapable d’élévation, assumant fièrement sa sottise, guidée par le seul instinct du plaisir, cette jeune femme, présentée comme une «Déesse Bourgeoise», ne cesse de frustrer ses attentes. La quitter ? Cela reviendrait à répudier la Beauté. Souffrir sa présence alors que la féminité dont elle semble l'adorable incarnation se trouve sans cesse contredite par ses manières, sa façon de penser, son langage ? Aucune de ces solutions ne peut satisfaire Lord Ewald, qui songe même à mettre fin à ses jours. Pour le détourner du suicide, son ami le savant Thomas Edison entreprend de créer une andréïde, une femme artificielle dont la beauté, calquée sur celle d’Alicia, réfléchirait la noblesse de l’âme. Il lui annonce ainsi son projet qui met en œuvre des procédés scientifiques et occultes (la métempsychose) : «Je vais, d’abord, réincarner toute cette extériorité, qui vous est si délicieusement mortelle, en une Apparition dont la ressemblance et le charme humains dépasseront votre espoir et tous vos rêves ! Ensuite, à la place de cette âme, qui vous rebute dans la vivante, j’insufflerai une autre sorte d’âme, moins consciente d’elle-même, peut-être, mais suggestive d’impressions mille fois plus belles, plus nobles, plus élevées, c’est-à-dire revêtues de ce caractère d’éternité sans lequel tout n’est que comédie chez les vivants».        <br />
              <br />
       Obscurément ce que recherche Lord Ewald c’est de rétablir l’adéquation entre la réalité de sa bien-aimée et son image rêvée ou plutôt idéalisée. Dans la préface de l’édition Folio, le critique fait cette observation pertinente : «Bien que ce roman contienne des paroles extrêmement dures à l’adresse des femmes, il est en même temps une espèce d’hymne à la gloire de la femme telle qu’elle pourrait être». L’idéalisation n’est pas un penchant dont il faut chercher à se départir. Elle éveille en nous des facultés spirituelles. En effet, comme l’a bien vu Soloviev, en idéalisant la personne aimée nous prenons conscience de sa valeur inestimable, de ce qu’elle est appelée à devenir, nous la voyons telle que Dieu la voit de toute éternité. Le rôle qui nous incombe alors, c’est, comme l’écrit Soloviev dans son <span style="font-style:italic">Sens de l’amour</span>, de «réaliser, dans cette femme actuelle et dans sa vie, ce qu’elle doit être». De cela découle, ajoute le philosophe russe, «un caractère spécial de la forme la plus élevée de l’amour chez la femme : l’homme qu’elle a choisi lui apparaît comme son vrai sauveur destiné à lui révéler et à réaliser pour elle le sens de sa vie». Edith Stein avait développé des intuitions similaires : «Le véritable amoureux voit l'aimé tel "qu'il est sorti des mains de Dieu", tel qu'il pourrait être actuellement s'il était totalement lui-même et auprès de soi», si son âme cherchait à s’unir à son archétype divin.        <br />
              <br />
       Lord Ewald s’est enfermé dans une impasse tragique car il n’a pas vu que l’image sublimée de sa fiancée n’est pas seulement une projection de son esprit. Cette image existe, elle s’origine à ce qu’Edith Stein appelle l'image originaire (Urbild), incréée, c’est-à-dire l'archétype présent dans l’entendement divin, dans le Logos, et que tout être doit activer dans son existence. La philosophe écrit dans <span style="font-style:italic">Être fini et être éternel</span>: «Comprises dans l'unité du Logos divin, les formes pures (cf : les idées de tout ce qui existe) sont promues au rang d'archétypes dans l'esprit divin qui pose les choses dans l'existence avec leur forme finale préformée en elles. Aussi, peut-on parler d'un être des choses en Dieu, et saint Thomas appelle cet être des choses en Dieu un être plus authentique que l'être qu'elles possèdent en elles-mêmes».        <br />
       C’est le sens spirituel et religieux de l’amour qui fait défaut à Lord Ewald. En consentant à la fabrication d’une andréïde, double artificielle d’Alicia, il se condamne à une fin tragique. La mort sanctionne cette tentative désespérée de contrefaire la création divine. Alicia pouvait être transformée, non selon les propres désirs et caprices de celui qui l’aime, mais selon son image originaire, son modèle éternel. C’est une œuvre d’artiste qu’il fallait accomplir. Une œuvre d’artiste théologien. La science a ruiné ce noble dessein. Elle a engendré la mort : celle de Lord Ewald, de l’andréïde et d’Alicia Clary.          <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Le Pendentif croix Johnny Hallyday</title>
   <pubDate>Fri, 21 May 2010 10:41:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/2112464-2934181.jpg" alt="Le Pendentif croix Johnny Hallyday" title="Le Pendentif croix Johnny Hallyday" />
     </div>
     <div>
      Pour à peine 40 euros, vous pouvez vous procurer sur le site dédié à Johnny Hallyday, ce superbe pendentif croix. Il s’agirait selon la réclame du «bijou fétiche de notre idole», l’idole des jeunes en personne.        <br />
       Le directeur artistique du disque <a class="link" href="http://www.sombreval.com/Les-Pretres-ou-Alizee_a711.html">Les Prêtres</a>, dont la haute spiritualité n'est pas sans évoquer Dufay, l’évêque du show-bizz, Mgr Di Falco, a été conquis par l’objet que le monstre sacré lui a présenté après un de ses concerts au Stade de France. Il y a vu sans doute l’expression d’un christianisme beaucoup plus fun et fidèle à l’esprit du Concile Vatican II, loin des pompes et de cette sacralité ennuyeuse dans laquelle certains catholiques nostalgiques, maurassiens et vichystes (nazis ?) cherchent à enfermer leur religion. Jésus est un hippie chantait Johnny dans les années 70. Aujourd’hui il est rock'n roll. Dans un lointain passé il était le grand prêtre de son sacrifice, immolant sur la croix son propre corps mortel comme victime propitiatoire. Théologie scripturaire qui n’est pas de nature à «allumer le feu» dans un stade de foot mais qui a nourri la spiritualité des chrétiens pendant des siècles.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/2112464-2934182.jpg" alt="Le Pendentif croix Johnny Hallyday" title="Le Pendentif croix Johnny Hallyday" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Le Symbolisme de la montagne (Psaume 148)</title>
   <pubDate>Mon, 17 May 2010 14:15:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator> Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Textes]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Cette exégèse du symbolisme de la montagne est extraite du chapitre IV de <span style="font-style:italic">Cosmos et Gloire </span> d’Albert Frank-Duquesne, que l’on peut trouver dans ma bibliothèque numérique. Elle fait partie du commentaire du Psaume 148, hymne de louange de toute la Création à Dieu. L’auteur y fournit quelques indications précieuses sur la notion de symbole qui, chez les Anciens, avait une signification bien différente de celle que nous lui attribuons aujourd’hui. Le symbole pour eux avait une fonction de «présentification», rendant manifeste et substantiellement présente la réalité symbolisée. Entre le signe et la chose signifiée, il y avait non pas dualisme à la cartésienne mais symbiose et synergie. Un symbole est pour nous un signe qui n’est pas ce qu’il signifie. Autrefois, un symbole se présentait à l'esprit comme une chose qui, de quelque manière, <span style="font-style:italic">était</span> ce qu’elle signifiait. C’est ce qu’il faut bien comprendre pour saisir toute la portée de ce symbolisme de la montagne.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le Symbolisme de la Montagne</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/2102296-2919191.jpg" alt="Le Symbolisme de la montagne (Psaume 148)" title="Le Symbolisme de la montagne (Psaume 148)" />
     </div>
     <div>
      À travers toute l'Écriture, malgré la diversité des deux Testaments et des soixante-treize livres qui les composent, le symbolisme des montagnes est constant. Rappelons aussi que le procédé littéraire proprement dit, la métaphore pour la métaphore, la figure de style tout arbitraire, indice d'une culture «intelligente», capable de se jouer une comédie sans en être entièrement dupe – voir les conventions des jeux enfantins – cet usage d'une rhétorique à double entente est étranger au génie juif, biblique, qui se moque de la «chose littéraire», cette adoration d'images, cette idolâtrie. S'il décrit les montagnes comme des êtres vivants, qui louent Dieu, chantent sa gloire, bondissent de joie, comme des manifestations de la divine justice, au sens, non pas distributif, mais de droiture, de rectitude (Psaume 35:6) ; s'il voit «la Main de Yahweh», <span style="font-style:italic">Digitus Dei</span>, l'Esprit-Saint, reposer sur la montagne (Isaïe, 25:10) ; s'il affirme que «les montagnes procurent la paix au peuple, par la justice» que ce peuple trouve sur ces sommets (ibid., 52:7) ; s'il nous décrit l'Église comme une Cité  «sise sur la montagne», image qui sert tour à tour à Isaïe et au Sauveur Lui-même : <span style="font-style:italic">c’est qu'il y croit </span> ; c'est que, pour lui, toute montagne, toute éminence physique, toute altitude matérielle, est un symbole d'une élévation dans l'ordre spirituel. Et n'oublions pas que la dichotomie symbole-chose symbolisée, la distinction et la séparation entre <span style="font-style:italic">signaculum</span> et <span style="font-style:italic">res sacramenti </span> – vivisection toute moderne que nous devons à la contagion de la sécheresse rationaliste, à l'endosmose de sa <span style="font-style:italic">Nüchternheit</span>, durant les trois derniers siècles – cette dichotomie, les Anciens l'ignoraient, pour qui, fait remarquer entre autres Mgr Battifol, le symbole est surtout un amalgame, une symbiose, un fait <span style="font-style:italic">unique</span>, comportant à la fois le signe et la réalité, qui sont comme deux foyers d'une même ellipse, l'envers et l'endroit d'un même objet. Aussi, les montagnes sont-elles sacrées et sacrales ; elles participent à l'auguste majesté de ce qu'elles représentent. Symboliser, c'est d'ailleurs, insistons-y, plus que représenter : au sens antique du terme, mon corps ne représente pas mon âme ; il la «symbolise».       <br />
              <br />
       Ces montagnes ne s'équivalent, au surplus, pas entre-elles, mais une hiérarchie les ordonne : «La montagne qui porte la maison de Yahweh sera fondée sur le sommet des montagnes» (Isaïe, 2:2). La «montagne», c'est donc, concrètement, l'objectivation de l'idée <span style="font-style:italic">d'en-haut</span>, de supériorité. Vers ce haut-lieu mène un «chemin frayé» par la grâce, «une route» ouverte par Celui qui pénétra comme notre avant-coureur au plus intime du sanctuaire (Hébr, 6:20 ; 10:20). Et Celui qui Lui-même est cette Voie – «Voie nouvelle et vivante», dit l'Épître aux Hébreux – nous montre au bout de cette route, comme son aboutissement, la «Cité sur la Montagne» (Matt, 5:14), dont l'Apocalypse nous dit simplement qu'elle est «en-haut», «auprès de Dieu», d'où elle descendra pour se substituer ou, mieux encore, s'identifier au monde régénéré, lors de «la fin de cet éon», quand il sera «consommé», par-fait.       <br />
       Et c'est encore «en-haut», sur la montagne, en la Cité qui la surplombe, qu'il faut renaître à la vraie vie, puisqu'aussi bien la Patrie surnaturelle «a ses fondements sur la montagne sainte ; tous les peuples ont ici le lieu de leur naissance ; on dira : chacun-d'eux est né dans cette ville» (Psaume 86:1-6).       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/2102296-2919207.jpg" alt="Le Symbolisme de la montagne (Psaume 148)" title="Le Symbolisme de la montagne (Psaume 148)" />
     </div>
     <div>
      Montagne est donc un synonyme plus concret <span style="font-style:italic">d'en-haut </span> ; il s'agit, dans l'un et l'autre cas, d'un état «supérieur» de l'être, d'un niveau d'être plus dense, plus riche, plus stable, où se fait moins sentir l'hypothèque du non-être, la «puissance». <span style="font-style:italic">En-haut</span>, sur la montagne, c'est la vie, sans entraves, l'évasion : «Il est monté sur la hauteur, II a emmené les captifs libérés» (Psaume 67:19). D'où vient que toutes les religions localisent le «ciel» et l' «enfer», que le paganisme situait d'instinct les dieux au sommet de l'Olympe et le séjour des morts au sein de la terre ? C'est que «d'en-haut», dit le Seigneur, vient la vraie vie, celle qui nous affranchit de la redoutable hypothèque : «Je lève les yeux vers les montagnes, d'où me viendra mon salut» (Psaume, 120:1).       <br />
       Mais, toutes ensemble, ces montagnes ne forment qu'une seule chaîne, une montagne unique, dont le Psaume 83 atteste qu'elle comporte d'innombrables hauteurs, des «degrés» divers, depuis la «vallée des larmes», à travers bien des pentes et des  «ascensions», jusqu'au lieu où Yahweh «établit sa demeure». Et toutes ces choses, dit encore le même Psaume, ont leur réalité <span style="font-style:italic">in corde suo</span>, dans le cœur de «l'homme bienheureux, secouru» par son Dieu.       <br />
       Parce qu'elle offre des paysages si variés, cette montagne porte plusieurs noms : tantôt Sinaï, tout simplement «montagne de Dieu» ; tantôt Horeb, ce pic rocheux du Sinaï, d'où part une route, dit le Deutéronome, vers la ville de Kedesch, qui veut dire <span style="font-style:italic">Sainteté </span> ; ou bien Moriah, que le Targoum d'Onkelos interprète : <span style="font-style:italic">terre de vision</span>, et celui de Palestine : <span style="font-style:italic">terre d'adoration</span> ; là, dit la tradition rabbinique, parce qu'Abraham accepta d'offrir à Yahweh son fils, le sol devenu sacré put servir d'assise au temple de Salomon ; reste enfin, comme nom de hauteur, Golgotha, dérision de montagne, caricature et parodie... St. Paul dirait sans doute : «avorton» de montagne... digne trône de Celui qui «n'avait ni beauté ni splendeur pour attirer les regards» de chair (Isaïe, 53:2-3 ; 1 Cor, 1:27-30 ; Luc, 17:20).       <br />
       Serait-ce vraiment une téméraire audace que de voir en cette montagne le fondement sur quoi repose «la Femme libre», «la Jérusalem d'En-Haut, qui est notre Mère à tous», l'Église (Gal, 4:22-27) ? Cette montagne est donc un autre «plan», un autre niveau d'être, inaccessible à ceux d'en-bas, tant qu'ils restent livrés à leur propre force : la vie surnaturelle, participation à la nature divine... <span style="font-style:italic">le monde céleste</span> (2 Pierre, 1:4).       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Bonjour, je m’appelle Alizée…</title>
   <pubDate>Mon, 10 May 2010 13:24:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>A</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Textes]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div><b>Moi, Lolita</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/2086987-2897132.jpg" alt="Bonjour, je m’appelle Alizée…" title="Bonjour, je m’appelle Alizée…" />
     </div>
     <div>
      Dans un pays qui érige en champion de l’hédonisme un Michel Onfray, dont la mine triste et renfrognée suffit à brimer en nous toute irruption d'allégresse, une chanteuse infusant sa légèreté et sa fraîcheur dans une musique aux sonorités électroniques a-t-elle une chance de voir son talent reconnu à sa juste mesure ? Aucune si cette chanteuse est poursuivie par l’ombre d’une charmante lolita au charme rieur, cette lolita qu’elle campait avec une aisance où se décelait l’artifice et non l’identification naturelle. Elle l’était d’autant plus naturellement, cette lolita, qu’elle lui était extérieure, comme étrangère. Souvenons-nous des réflexions de Diderot dans son <span style="font-style:italic">Paradoxe sur le comédien</span>. L’art, dans sa conception, requiert une mise-à-distance à l’égard du personnage incarné. L'artiste doit faire montre de sang-froid, refréner sa sensibilité propre pour que le personnage devienne «vivant» ou que l’exécution de l’œuvre produise son effet. Il s’agit de se conformer à ce que Diderot appelle, reprenant le langage platonicien, un «modèle idéal», aussi éloigné de soi que possible. Le public sans intelligence, qui a tôt fait de confondre le modèle et l’interprète, se trouve dérouté si celui-ci change de registre et en vient à explorer de nouveaux horizons. Qu’une «lolita», si brillamment jouée, puisse réaliser une œuvre reflétant plus authentiquement sa personnalité, une œuvre exigeante mais légère, c’est pour lui chose impensable. Et pourtant…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Moi, Alizée</b></div>
     <div>
      Qui suis-je ?       <br />
       Je m’appelle Alizée.        <br />
       Je suis une cruche aux dires de certains, une chanteuse pour midinette pour d’autres, et je viens malgré tout vous présenter mon disque aux rythmes électro-pop, <span style="font-style:italic">Une enfant du siècle</span>, dont la réussite s’impose comme une évidence à quiconque sait s'affranchir de ses préjugés. Loin de moi l’ambition d’être comme un volcan pour parler comme le grand philosophe français Michel Onfray. Mes valeurs sont la famille et le travail et c’est en toute humilité que je m'adresse à vous, en espérant que vous ne m’accablerez point de ces quolibets et de ces commentaires pas très sympathiques que suscite parfois la seule évocation de mon nom... Alizée… Ce nom qui renferme mon essence, mon Idée qui se trouve dans le Verbe divin. Je suis une fille calme et gentille. Je joue souvent à Mario Bros sur ma Nintendo DS. Ma joie c’est d’emmener ma fille à l’école. Je ne suis pas une rebelle et je n’aime pas les allures dévergondées. C’est pourquoi je m’appelle Alizée.        <br />
              <br />
       Accepterez-vous d’écouter ma musique sans m’agresser ? Tenez, l’autre jour je suis tombée sur ce commentaire sur le site de <span style="font-style:italic">Télérama</span> : «Aie ! Aie! Alizée. Que dire de cette petite nana comme il en existe beaucoup: juste une petite bitch soft, prête a tout pour être dans le star-system : une merde de plus, rien d'autre». Sur le coup, je me suis sentie agressée. J’aurais bien aimé demander des explications à cette personne au ton pas galant. Si vous voulez vous faire une idée de qui je suis, écoutez sur mon disque le titre «Eden Eden» qui combine pastiche et mélodie printanière. C’est frais et vivifiant comme un souffle léger. C’est mièvre, allez-vous me dire. Je ne crois pas : «Il faut être superficiel par profondeur» disait Nietzsche, il me semble, je ne me souviens plus. À moins que ce soit Maurice Dantec. Ah non lui il a dit : «Un problème prévu est un problème en moins». J’ai lu ça sur un site de citations d’écrivains. Je m’en souviendrai en tout cas pour éviter les pépins. Cette musique guillerette m'est précieuse car elle reflète mon archétype. C’est à lui, cet archétype, que je cherche à me conformer car je veux, suivant ainsi l’injonction de Pindare, devenir ce que je suis. C’est-à-dire ? Une jeune fille originelle. Et donc une jeune fille du Futur.        <br />
              <br />
       Qui suis-je ?        <br />
       Je m’appelle Alizée.        <br />
       Venez donc vous rafraichir de mon souffle léger…         <br />
              <br />
       Alizée, nouvel album, <span style="font-style:italic">Une enfant du siècle</span>, Jive Epic, 29 mars 2010. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   </description>
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   <link>http://www.sombreval.com/Bonjour,-je-m-appelle-Alizee_a712.html</link>
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   <title>Exégèse des Lieux Communs (Léon Bloy)</title>
   <pubDate>Mon, 10 May 2010 11:45:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Livres]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/96084-137664.jpg" alt="Exégèse des Lieux Communs (Léon Bloy)" title="Exégèse des Lieux Communs (Léon Bloy)" />
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     <div>
      De tous les témoins de la <span style="font-style:italic">France secrète</span>, Barbey d'Aurevilly, Bloy, Hello, Huysmans, Verlaine, témoins de l'héroïsme et de l'honneur dans un siècle abruti par le matérialisme, le philosophe Nicolas Berdiaev s'est surtout intéressé à Léon Bloy. Il lui a consacré une étude et il le cite dans plusieurs de ses essais. Il a grandement contribué à le faire connaître en Russie. L'oeuvre à laquelle il s'est le plus référé est cette <span style="font-style:italic">Exégèse des lieux communs</span> qui explore le thème du bourgeoisisme spirituel. Comme le souligne Olivier Clément dans une étude où il examine les convergences entre les grands thèmes bloyens et la pensée du philosophe russe, «le bourgeois ne se définit pas par une appartenance sociologique ou par une coloration psychologique. Le bourgeois se définit métaphysiquement, spirituellement par son approche du réel : rien n'existe pour lui que le visible : mesurable, calculable, sensible et abstrait, mais sans profondeur ni mystère (...) Le "bourgeois" c'est donc l'idolâtre, puisque l'idolâtrie, selon Bloy, consiste à absolutiser le relatif pour mieux nier l'absolu».       <br />
              <br />
       Vous trouverez le texte de Léon Bloy en fichier-joint pdf à la fin de mon article. Il provient du site <span style="font-style:italic">hibouc</span>.       <br />
              <br />
       Le bourgeois a une prédilection pour les maximes abstraites, les sentences moisies, les lieux communs ressassés, les rengaines putréfiées, les locutions insignifiantes, les formules creuses qui lui tiennent lieu de pensée. Il fait perdre au langage toute substance. Celui-ci n'est plus le lieu du sens mais celui où les significations se perdent et agonisent. Bloy ne s'arrête pas au constat de sa vacuité, de son néant. Son origalité tient au fait qu'il applique à ce langage donné sa méthode exégétique de déchiffrement léguée par son maître spirituel, l'abbé Tardif de Moidrey (1828-1879), dont il a fait connaître les écrits, le plus important étant le <span style="font-style:italic">Livre de Ruth</span> qui a initié Claudel au sens figuré de l'Ecriture . Le poète admirait d'ailleurs le livre de Bloy, le <span style="font-style:italic">Salut par les juifs</span> qui selon lui a  rouvert la voie de cette «exégèse symbolique de l'histoire et qui a été suivie par les Pères pendant les douze premiers siècles et par où tout l'art sacré est passé»  (<span style="font-style:italic">Accompagnements</span>). L'essence du symbolisme est religieuse. Les catholiques ne doivent pas l'abandonner aux kabbalistes, à la pléthore des «initiés», aux illuministes de tous bords, propagateurs de mystiques vagues, occultisantes, a-dogmatiques et immanentistes.        <br />
       L'idée que tout est <span style="font-style:italic">renversé</span> depuis la chute sous-tend cette exégèse : «J'ai dit seulement, et ce travail n'a pas d'autre objet, que le Bourgeois est un écho stupide, mais fidèle qui répercute la Parole de Dieu, quand elle retentit dans les lieux bas, un sombre miroir plein de la Face <span style="font-style:italic">renversée</span> de ce même Dieu » (p.87, ed.<span style="font-style:italic">Idées Gallimard</span>) L'Ecriture est invoquée pour confirmer cette idée que «nous voyons tout à l'envers dans un miroir». La première épître aux Corinthiens lui fournit l'attestation scripturaire sans laquelle cette exégèse perdrait toute raison d'être.         <br />
       Celle-ci a pour corollaire l'affirmation d'un symbolisme universel. Le lien entre cette exégèse et le symbolisme est patent. Comme l'explique Jacques Maritain «par une sorte d'<span style="font-style:italic">abstraction</span> très spéciale, non pas philosophique certes, mais artistique, ou, si l'on veut, de typification : tout événement, tout geste, tout individu donné (à quoi il faudrait bien sûr ajouter toute parole) se trouve instantanément arraché des conditions concrètes de l'ambiance humaine qui l'expliquent et le rendent plausible, et transformé, sous le regard de ce terrible visionnaire, en un pur symbole de quelque dévorante réalité spirituelle» (Maritain, <span style="font-style:italic">Qui était Léon Bloy?</span>, Les Dossiers H). Toute parole prononcée, même et surtout la plus inepte, devient un signe correspondant à une vérité absolue. Loin d'être vide de sens, elle détient un enseignement inestimable à qui sait la déchiffrer. Cela suppose d'admettre que «Dieu en effet a toujours parlé de Lui-même exclusivement, sous les formes symboliques, paraboliques ou similitudinaires...et qu'il a toujours dit la même chose de mille manières»(p.35).        <br />
       En vertu de ce symbolisme, une parole peut signifier exactement <span style="font-style:italic">l'inverse</span> de ce qu'elle semble dire. C'est ainsi que «le Bourgeois profère à son insu, continuellement et sous la forme de lieux communs, des affirmations très redoutables dont la portée lui est inconnue» (p.77)...Lorsqu'un bourgeois puise un lieu commun dans le puits sans fond de la bêtise, tel ce «Dieu n'en demande pas tant», il ne se rend pas compte qu'en fait il ratifie cette terrible injonction : «Moi je demande vos peaux sales canailles» . Le lieu commun apparaît alors comme le mystérieux divulgateur de la Parole divine, cette Parole à laquelle le Bourgeois cherche à se dérober mais qui n'en continue pas moins d'être annoncée à travers lui. Ou ce lieu commun qui affirme la toute-puissance de la volonté féminine, en fait la volonté de la «bourgeoise» qui n'admet aucune entrave : «Ce que femme veut dieu le veut» qui renvoie en fait à ce logion néo-testamentaire : «- Qu'il te soit fait selon ton désir, dit Jésus à la Chananéenne. Ma volonté est avec ta volonté». Et Bloy de commenter : «S'il savait le pauvre Bourgeois, que son Lieu commun dit un mystère dont les cieux éclatent, qu'il exprime, en une façon qui n'est pas même enveloppée, la réalité la plus éclatante, la plus explosive et qu'il est impossible de la proférer sans solliciter la foudre»        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/96084-2896587.jpg" alt="Exégèse des Lieux Communs (Léon Bloy)" title="Exégèse des Lieux Communs (Léon Bloy)" />
     </div>
     <div>
      De nombreux lieux communs se prêtent à ce type d'opération de «typification» consistant à transformer la parole la plus plate en affirmation directe ou renversée d'une vérité divine. L'idée que toute parole retentit à des profondeurs inconnues dérive aussi de l'exégèse symbolique telle que Bloy la pratique. Cette idée implique la réversibilité. Ainsi les mots sont-ils investis d'une puissance que nous ignorons, d'une signification surnaturelle. Cela est particulièrement vrai de la prière dont Bloy évoque la force cachée dans sa <span style="font-style:italic">onzième Méditation d'un solitaire</span> : «Ainsi que se passe-t-il dans le vaste monde invisible ? Il est difficile et téméraire d'y penser. Un psaume lu sans attention, un Ave Maria dit sans amour bondissent aussitôt mot par mot, lettre par lettre dans l'Infini, semblables à des forces torrentielles déchaînées par un inconnu, capables de bouleverser des mondes...»       <br />
              <br />
       Louis-Claude de Saint-Martin exprime des idées analogues dans son <span style="font-style:italic">Ministère de l'homme-esprit</span>. Nous savons que cet illuministe chrétien a exercé une influence indirecte sur le maître de jeunesse de Bloy, Joseph de Maistre. Dans son <span style="font-style:italic">Ministère de l'homme-esprit</span>, Saint-Martin montre avec force la contamination du langage par la banalité, le bavardage et la corruption, source de tous les mensonges, sa dissolution dans l'insignifiance, sa coupure d'avec la Parole sacrée, son influence délétère sur le milieu ambiant :        <br />
       «...Considérez ce torrent de paroles, soit infécondes, soit pestilentielles, que nous immolons journellement à l'oisiveté, au néant, à nos occupations frivoles, à nos passions, à la défense de nos faux systèmes, à nos prétentions, à nos fantaisies, à nos injustices, à nos crimes, à nos abominations. Depuis que la parole vive s'est retirée de l'homme, il n'est environné que d'une atmosphère de mort. Il n'est plus assez actif pour unir sa parole au foyer vivant. Plutôt que de supporter courageusement cette douloureuse privation, et d'attendre en paix que l'aurore de la parole vraie se lève pour lui, il y supplée par cette intempérance de paroles si peu fructueuses, à laquelle il est entraîné par tous les délires de sa pensée. Il aime mieux s'infecter ainsi lui-même, et infecter en même temps se semblables, que de laisser humblement et avec docilité agir sur lui la main de la parole restauratrice, qui ne cherche qu'à le vivifier comme elle vivifie sans cesse tous les êtres auxquels elle a donné l'existence. Il oublie que cette substance des paroles de l'homme se répandant dans l'air, ne s'y détruit point, et ne s'y évapore pas pour cela, qu'elle s'y amasse et corrompt l'atmosphère de l'esprit, comme nos exhalaisons putrides corrompent l'atmosphère de nos habitations, que toutes les paroles que la langue de l'homme aura prononcées se représenteront un jour à ses yeux, et que l'air, dont notre bouche se sert pour former ces paroles, les rendra telles qu'il les aura reçues, que même nos paroles muettes et prononcées tacitement dans le secret de notre être, reparaîtront également et retentiront autour de nous, car le silence a aussi ses échos, et <span style="font-style:italic">l'homme ne peut produire une pensée, une parole, un acte, sans que cela ne s'imprime sur l'éternel miroir où tout se grave et rien ne s'efface</span>» 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>http://www.sombreval.com/Exegese-des-Lieux-Communs-Leon-Bloy_a176.html</link>
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   <title>"Les Prêtres" ou Alizée ?</title>
   <pubDate>Wed, 05 May 2010 08:45:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/2073859-2878620.jpg" alt=""Les Prêtres" ou Alizée ?" title=""Les Prêtres" ou Alizée ?" />
     </div>
     <div>
      J’ai lu sur un site que l’album médiocre de reprises interprété par deux prêtres et un séminariste occupe le sommet du hit des ventes depuis deux semaines. La direction artistique a été confiée à Mgr Di Falco, beaucoup plus préoccupé de promouvoir la mauvaise variété française que de défendre les initiatives visant à restaurer la musique religieuse dans nos paroisses. Il s’agit de l’adaptation d’un concept anglo-saxon, version franchouillarde donc ratée. Le public visé ? Le public gogo nostalgique des années 80 et des yéyés (whaououu), qui lit Zemmour, qui pense donc à sa suite que les jeunes sont nuls, que le niveau du bac dégringole d’années en années, que les étudiants n’ont pas le niveau, ce public qui ignore que Johnny, le «mythe français», sorti des limites de notre frontière, n’atteint même pas la renommée d’un chansonnier de cabaret hongrois.        <br />
              <br />
       Je lis dans les commentaires du classement de la semaine des posts plus haineux les uns que les autres sur la belle chanteuse française <a class="link" href="http://www.sombreval.com/Des-nouvelles-d-Alizee_a373.html">Alizée</a>, qui vend très peu de disques malgré les qualités indéniables de son album, <span style="font-style:italic">Une enfant du siècle</span>, qui correspond à son évolution personnelle (eh oui, on évolue, c’est dingue ça). Le disque est exigeant mais a gardé une coloration populaire. Elle a su à l'évidence s'entourer de bons musiciens et arrangeurs. Les titres sont variés, avec des réussites : «Grand Central», «Limelight», «Les Collines», «Factory Girl», et des chansonnettes charmantes : «Eden, Eden», qui combine pastiche et mélodie printanière. Il faudrait en tout cas m'expliquer en quoi ce disque est moins agréable à écouter que celui d'un Christophe Maé, dont le timbre de voix agaçant suffit à me faire couper le son. Je ne parle même pas du rappeur de base, de Yannick Noah, ou de la énième variation sur le même thème clubbing d'un David Guetta. Sa musique, pour les radios, ne fait sans doute pas assez «kiffer sa race», et, pour les lecteurs de <span style="font-style:italic">Télérama</span>, elle manque de cette identité 100% bobo qui les fait s'extasier devant Benjamin Biolay.         <br />
              <br />
       Comment expliquer les réactions lues sur certains sites ? «Fiasco», «bide», «la claque dans la gueule», «casse-toi», «has-been», «t’es rien, de toute façon t’as jamais rien été», «retourne à ton look lolita-salope» et autres joliesses qui en disent long sur la mentalité française. La France, laminée par la mondialisation, est devenue le déversoir de toute la production mondiale, dans tous les domaines, et donc bien sûr dans le domaine de la musique et du livre. Il n’est pas un obscur polar finlandais qui ne soit aujourd’hui traduit et publié en livre de poche. Les mentalités deviennent haineuses car les frustrations charriées au fil des années ont besoin de trouver des exutoires.        <br />
              <br />
       Donc, à lire les commentaires, on constate que beaucoup se réjouissent de l’échec du disque d’Alizée, une des rares chanteuses françaises dont la musique s’est un peu exportée ces dernières années, échec signifiant, comme certains le disent, la fin de sa carrière à 25 ans. Que c’est jubilatoire en effet ! Ce qui laissera la voie ouverte à des artistes d’une vulgarité sans nom comme Lady Gaga. Ou alors on inventera un autre produit commercial qu’on jettera aussitôt consommé. Il y a un large vivier de consommateurs dans le public de pré et de futurs retraités. Les concerts rassemblant les anciennes vedettes des sixties et des eighties font le plein. Qu’est ce qu’on en a à foutre du nouveau style d’une chanteuse cataloguée comme chanteuse de midinettes, donc «has-been» quoi qu’elle fasse ! On se rassurera en écoutant les «Prêtres», qui massacreront la liturgie comme ils massacrent aujourd’hui la musique.        <br />
              <br />
       Vous pouvez commander le disque en cliquant sur l'image ci-dessous :        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/2073859-2880804.jpg" alt=""Les Prêtres" ou Alizée ?" title=""Les Prêtres" ou Alizée ?" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>http://www.sombreval.com/photo/imagette-2073859-2878620.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.sombreval.com/Les-Pretres-ou-Alizee_a711.html</link>
  </item>

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   <title>Bibliothèque numérique Sombreval</title>
   <pubDate>Mon, 19 Apr 2010 17:21:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Textes]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/2038840-2823394.jpg" alt="Bibliothèque numérique Sombreval" title="Bibliothèque numérique Sombreval" />
     </div>
     <div>
      Vous trouverez ci-dessous la version pdf des différents titres de la bibliothèque que j'ai constituée depuis 2007. Il s'agit des six essais publiés par les <span style="font-style:italic">Éditions de Sombreval</span>. Chacun de ces livres présente un intérêt exceptionnel. Je vous encourage vivement à les télécharger. Vous avez la possibilité de convertir les fichiers pdf en format e-pub grâce à ce <a class="link" href="http://epub2go.com/Web/default.aspx">site</a>.       <br />
              <br />
       Bonne lecture
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La Réversibilité, "le grand mystère de l'Univers"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/2038840-2823395.jpg" alt="Bibliothèque numérique Sombreval" title="Bibliothèque numérique Sombreval" />
     </div>
     <div>
      <a class="link" href="http://www.sombreval.com/La-Reversibilite-le-grand-mystere-de-l-univers-Nicolas-Mulot_a594.html">Présentation</a>       <br />
              <br />
       Fichier pdf : <a class="link" href="http://www.sombreval.com/docs/La_Reversibilite.pdf">La Réversibilité</a>       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Cosmos et Gloire</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/2038840-2823472.jpg" alt="Bibliothèque numérique Sombreval" title="Bibliothèque numérique Sombreval" />
     </div>
     <div>
      <a class="link" href="http://www.sombreval.com/Cosmos-et-Gloire-Frank-Duquesne-pref-Paul-Claudel_a681.html?preview=1">Présentation</a>       <br />
              <br />
       Fichier pdf : <a class="link" href="http://www.sombreval.com/docs/cosmos_et_Gloire.pdf">Cosmos et Gloire</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Via Crucis - Le Chemin de la Croix</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/2038840-2823482.jpg" alt="Bibliothèque numérique Sombreval" title="Bibliothèque numérique Sombreval" />
     </div>
     <div>
      <a class="link" href="http://www.sombreval.com/Via-Crucis-en-vente_a666.html">Présentation</a>       <br />
              <br />
       Fichier pdf : <a class="link" href="http://www.sombreval.com/docs/Via_Crucis.pdf">Via Crucis-Le Chemin de la Croix</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le Problème Juif</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/2038840-2823532.jpg" alt="Bibliothèque numérique Sombreval" title="Bibliothèque numérique Sombreval" />
     </div>
     <div>
      <a class="link" href="http://www.sombreval.com/Le-Probleme-Juif-et-autres-textes_a668.html">Présentation</a>       <br />
              <br />
       Fichier pdf : <a class="link" href="http://www.sombreval.com/docs/Le-probleme-juif.pdf">Le Problème Juif</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Réflexions sur Satan</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/2038840-2823537.jpg" alt="Bibliothèque numérique Sombreval" title="Bibliothèque numérique Sombreval" />
     </div>
     <div>
      <a class="link" href="http://www.sombreval.com/Reflexions-sur-Satan-Albert-Frank-Duquesne_a609.html">Présentation</a>       <br />
              <br />
       Fichier pdf : <a class="link" href="http://www.sombreval.com/docs/Reflexions_sur_Satan-.pdf">Réflexions sur Satan</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Ce qui t'attend après ta mort</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/2038840-2823539.jpg" alt="Bibliothèque numérique Sombreval" title="Bibliothèque numérique Sombreval" />
     </div>
     <div>
      <a class="link" href="http://www.sombreval.com/Ce-qui-t-attend-apres-ta-mort_a640.html">Présentation</a>       <br />
              <br />
       Fichier pdf : <a class="link" href="http://www.sombreval.com/docs/Ce_qui_t_attend-apres-ta-mort.pdf">Ce qui t'attend après ta mort</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <link>http://www.sombreval.com/Bibliotheque-numerique-Sombreval_a710.html</link>
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   <title>Innocence et culpabilité (Métacortex III)</title>
   <pubDate>Sun, 28 Mar 2010 12:19:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator> Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Livres]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/1971140-2715975.jpg" alt="Innocence et culpabilité (Métacortex III)" title="Innocence et culpabilité (Métacortex III)" />
     </div>
     <div>
      Le thème de l’innocence expiant pour les abominations du coupable hante, depuis Joseph de Maistre, la pensée catholique. Peu de temps avant d'entamer la lecture du grand roman de Maurice Dantec, <a class="link" href="http://www.sombreval.com/La-Reversibilite-selon-Maurice-Dantec-Metacortex-I_a706.html">Métacortex</a>, je m’étais replongé dans les œuvres en prose de Claudel. Feuilletant la Pléiade, j'ai découvert un texte court et dense portant sur une représentation théâtrale du <span style="font-style:italic">Procès</span> de Kafka. Pour Claudel, ce que met en scène ce texte unique de notre littérature, c’est le drame de l’innocent qui, dans ce monde de la Chute, pour reprendre l’expression de Dantec, est condamné, non seulement à partager le sort du coupable, mais surtout à se substituer à lui. Dans ce monde déchu, le scandale, ce n’est pas le mal, c’est l’innocence. Et plus qu’un scandale, elle constitue, selon les mots de Claudel, «un danger, un crime». Dans le roman de Kafka, le «danger» que représente Joseph K, son innocence, est perçu comme intolérable, ainsi que le constate Claudel avec une pointe d’ironie : «Que nous veut ce candidat à l’innocence, qui ne sert qu’à attirer l’attention sur notre propre cas ? L’innocence, c’est précisément son crime et le nôtre, que nous cherchons en vain à déguiser. Assez ! Enlevez-le ! Nous n’avons pas besoin d’un innocent, affiché au milieu de nous […] Il n’y a plus qu’à s’en débarrasser. N’importe comment. Avec un couteau de cuisine». À la fin du <span style="font-style:italic">Procès</span>, rappelons-le, Joseph K suit sans résistance deux inconnus qui le conduisent dans une clairière, à l’écart de la ville, et le tuent à coups de couteau. Il ne faut pas oublier que dans la Rome antique, les morts étaient enterrés en dehors des limites de la cité. La mort, c’est une réalité qu’on cherchait à écarter de la conscience. L’innocent, dans une société pervertie, est celui dont la simple présence excite les sentiments les plus malveillants, celui qu'on ne veut pas voir, comme le mort dans l'Antiquité. Il faut l’éliminer, il faut le tenir loin de notre existence, faite d’insouciance et d’aveuglement. Il faut l’exclure du monde, et c’est d’ailleurs avec un effroi horrifié que nous découvrons, dans <span style="font-style:italic">Métacortex</span>, le centre du diagramme, le territoire souterrain, l’infra-monde, où les innocents sont tenus enfermés, livrés en pâture à des êtres avides d’épuiser toutes les gammes de la perversion.       <br />
               <br />
       Une autre thème du <span style="font-style:italic">Procès</span> commenté par Claudel, c’est celui de la culpabilité inhérente à la condition humaine, de la <span style="font-style:italic">communio peccatorum</span>. Il est présent dans l’œuvre de tous les écrivains ayant subi l’influence de Joseph de Maistre. Maurice Dantec appartient incontestablement à cette lignée. Depuis Bernanos, jamais un écrivain se réclamant de la foi catholique n’était parvenu à le traiter avec une telle force. Le sacrifice, dans le roman de Dantec, c’est la condition du rachat : le rachat de sa faute et de celle des autres : «Au fond du cœur humain, écrit Claudel, réside le sentiment obscur, confirmé par le dogme du péché originel, d’une culpabilité innée. Tous les hommes naissent coupables et sous le coup d’une condamnation, une condamnation à mort. La vie n’est qu’un sursis sans cesse révocable. Par-dessus le péché originel, la faute actuelle. Et à côté de la faute propre, celle des autres. Nous sommes punis, mais non pas toujours pour la faute évoquée, ni à notre propre titre, mais à celui des autres dont nous portons obscurément la responsabilité». Dans <span style="font-style:italic">Métacortex</span>, les enfants non-nés n’échappent pas même à cette loi de la substitution expiatrice, comme les jumeaux hétérozygotes qui guident Verlande au cœur du diagramme et qui dévoilent à la fin du récit le lien qui les rattache à lui, dévoilant du même coup le sens de leur sacrifice.        <br />
       Sacrifice encore du père, Voerlandt, mort dans le «futur», errant dans les limbes, mais que le Métacortex, relié à l’infini intemporel, permet d’«incarner» à nouveau dans le réel, dans le présent, l’espace de quelques «nanosecondes», dix minutes du temps humain, le temps nécessaire pour accomplir son devoir et se racheter : «Il était damné, il était coupable, des innocents avaient payé pour lui, en quantité, il devait faire de tout ce qu’il avait été, en qualité d’“être humain”, l’instrument de la Justice divine, c’est-à-dire celui du sacrifice» (p.752)         <br />
              <br />
       Le lecteur nous permettra peut-être une petite digression. La réussite du roman doit beaucoup à l’apparition, dans la deuxième partie du roman, de la Métaforme, cette structure mystérieuse qui s'incorpore au protagoniste, Verlande, et qui le maintient dans un état hypercognitif. Elle permet de produire des interactions entre le passé, le présent et le futur. D’où l’intervention salvatrice finale de Voerlandt et de son escouade SS, ainsi que la ressuscitation de Voronine. S’agit-il de science fiction ? Maurice Dantec abolit les frontières entre les genres. Son roman réalise une manière de fusion entre polar, roman historique, où il excelle, et récit d’anticipation. Le lecteur est à peine dérouté, il est emporté par le courant de l’intrigue, jusqu’au final stupéfiant, à couper le souffle. L’invention de la Métaforme (ou Métacortex) offrait de nombreuses possibilités romanesques à l’écrivain. Il a su en tirer le meilleur, comme en témoignent les scènes si réussies du dénouement. La Métaforme nous place en outre devant une série d’énigmes touchant aussi bien à la métaphysique qu’à la théologie.        <br />
       Pour caractériser la science du Christ, pendant sa vie terrestre, certains thomistes comme Maritain ont eu recours à la distinction entre la science à «l’état de voie», soumise à un développement progressif, et celle à l’«état de consommation finale», enclose dans sa supraconscience divinisée et qui reste inaccessible à son entendement humain. Après la mort du Christ, écrit Maritain, «la science infuse, finie (et croissante) propre à l’état de voie a cédé la place à la science infuse à l’état de consommation finale qui allait s’exercer pleinement pour l’éternité». Cette distinction pourrait être appliquée aux facultés cognitives de Verlande qui n’accède que par «phases» au stade de la «cognition absolue» susceptible d’embrasser les différentes temporalités dont est faite la Création et de les faire converger en un point unique du présent. Sa «cognition immédiate est infinie mais elle ne peut encore fonctionner que par étapes successives […] À chaque fois la vision est complète mais elle ne peut être éclairée avec l’intensité maximale…» (p.671). Sa connaissance dès lors peut subir des retards, ce qui sera fatal à Voronine. La théologie nous enseigne l’impossibilité d’une science infinie dans un cerveau humain, soumis aux lois de la biologie. Dantec transpose cet enseignement de manière très convaincante dans son roman. Verlande, qui reçoit ses éclairs cognitifs du Métacortex, reste limité par sa «chair» qui l’oblige à avancer graduellement, avant d’atteindre à l’illumination totale, seule susceptible de décrypter le secret du diagramme. En approchant le cœur du souterrain, Verlande, écrit Dantec, «comprenait que l’illumination générale du diagramme était proche, elle était même en train probablement de se produire. Le retard était dû au fonctionnement biologique de ses cellules, la matière/énergie sombre contenait la lumière qui s’en libérait pour produire la chair, mais la chair ralentissait le flux phonotique, les décalages variaient, nanosecondes ou pleines journées, et son cerveau devait apprendre constamment à survivre avec le Métacortex, cette structure qu’il avait ingérée et dans laquelle pourtant il se mouvait à chaque instant» (p.669)          <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>La Chute de la Création (Métacortex II)</title>
   <pubDate>Thu, 04 Mar 2010 14:31:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Livres]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/1922357-2639455.jpg" alt="La Chute de la Création (Métacortex II)" title="La Chute de la Création (Métacortex II)" />
     </div>
     <div>
      Etant plus que métaphoriquement le microcosme, lorsque l’homme dégénère, tout l’univers inférieur dégénère avec lui. Cette dialectique anthropocosmique devient de plus en plus précise dans le roman de Maurice Dantec à mesure que s’y dessine le paysage monstrueux de la Chute. L’écrivain décrit jusqu’en ses ultimes conséquences les effets de la <a class="link" href="http://www.sombreval.com/La-Reversibilite-selon-Maurice-Dantec-Metacortex-I_a706.html">Réversibilité</a>. Le salut ou la perdition du monde dépend de celui que la Genèse nous présente comme le seigneur et maître de l’univers créé : l’homme, le <span style="font-style:italic">Pontifex</span> des Pères de l’Église, le <span style="font-style:italic">Microcosme</span> des penseurs antiques et médiévaux, le <span style="font-style:italic">kleine Gott der Welt</span> de Goethe, le petit dieu de ce monde. L’homme résume et, comme l’affirme Bossuet, «ramasse en lui-même l’univers» qui trouve en lui son épanouissement qualitatif : «L'homme a l'être avec les pierres, la vie avec les plantes, la sensation avec les animaux, l'intelligence avec les anges», dit saint Grégoire le Grand. Il n’est pas jusqu’à sa forme corporelle qui ne soit dotée d’une signification cosmique, révélatrice de sa noblesse.        <br />
       Au début de son roman, Dantec expose un postulat qui deviendra par la suite le leitmotiv de toutes ses descriptions de la nature, cette nature aliénée, soumise, <span style="font-style:italic">par la faute de l’homme</span>, au <span style="font-style:italic">vide</span>, comme dit saint Paul, au vertige du néant, à cette contre-attraction qui fuit le Bien, la Sagesse et qui l’assimile à la «Folie» des Saints Livres : «la Chute de l’Homme, écrit-il, est concomitante à celle de la Création», du fait de la symbiose qui les unit (p.25). Et puisque la Chute s’accélère, et que les temps nouveaux décrits par le romancier sont ceux de la grande tribulation apocalyptique, toute la nature se met à l’unisson de cette nouvelle phase de l’évolution humaine qui correspond en fait à une dévolution, annonciatrice des pires catastrophes.        <br />
       Verlande, le protagoniste de <span style="font-style:italic">Métacortex</span>, fait sienne l’antique conception de l’homme-microcosme et la relie aux catastrophes climatiques qui s’abattent sur le monde :        <br />
       « Si la Chute de l’Homme avait pu entraîner la dégradation de toute la Création, c’était pour une raison toute simple : le monde est foncièrement dépendant de l’Homme, ce <span style="font-style:italic">microcosme hypercentre</span>, parce qu’il le contient et que dans le même temps il est saisi par lui, c’est ainsi que l’univers, dans sa structure la plus intime, dépendait de son salut ou de sa perdition. Pour les hommes du Moyen-Âge, la seule période qui comptait vraiment dans le cœur de Verlande, "microcosme" ne signifiait nullement le monde de l’infiniment petit, tel que la modernité l’a finalement conçu. Le microcosme de la conception antique et médiévale, le "petit cosmos", le "petit Monde créé", c’est l’homme lui-même, non seulement <span style="font-style:italic">reflet</span> de la création, mais son <span style="font-style:italic">entéléchie</span>, ce par quoi l’univers venait à prendre forme et sens, de son principe premier à sa cause finale» (p.418).        <br />
              <br />
       La guerre comme forme de dévastation intégrale, inaugurée en 1939, et qui n’a jamais cessé depuis lors, malgré la fiction d’une paix devenue irréalisable, s’amplifie de tous les désastres naturels générés par le chaos humain : typhons dévastateurs, torrents en furie, éléments déchaînés, pareils à des fléaux vengeurs qui se retournent contre l’homme pour l’abattre. Alors que des cyclones en formation s’apprêtent à envahir les côtes américaines, Verlande se fait cette réflexion : «Sur ce territoire qui n’était au bout du compte qu’une variante fractale de la planète, la météorologie jouait son rôle. Si la Création avait chuté avec l’Homme, alors les cyclones en formation dans l’Atlantique Nord ne représentait qu’une forme amoindrie de leurs lointains générateurs […] ce qui se préparait ici, dans le Monde de la Chute, c’était un million de kilomètres carrés soumis à la loi des éléments de ce cosmos inverti, ce qui se préparait sur terre, c’était la violence si pure de la nature, la nature dénaturée par sa Chute, et par le propagateur de celle-ci, ce qui se préparait dans l’Océan, c’était la version météorologique de la catastrophe humaine générale» (p.420). L’écologie terrestre est aussi une manifestation de cette guerre généralisée qui ne s’est jamais interrompue et qui semble vouer le monde à ce que saint Paul assimile à une «perdition loin de la Face de Dieu» (2 Thess, 1:9). C'est là une des conclusions qu'impose le roman de Dantec.       <br />
       Albert Frank-Duquesne suggérait déjà dans son puissant <a class="link" href="http://www.sombreval.com/Cosmos-et-Gloire-Frank-Duquesne,-pref-Paul-Claudel_a681.html">Cosmos et Gloire</a> que les énergies pulsionnelles de l’homme, si elles ne sont pas canalisées par l’esprit dans les époques de grand désordre, loin de se concentrer en lui-même, rejaillissent au dehors et perturbent l’équilibre de la nature : «Nous sommes, écrit-il, persuadés que la nature physique, dont l’actuelle incohérence provoque plus que jamais des catastrophes dont souffre l’humanité tout entière, <span style="font-style:italic">suit</span> tout bonnement les fluctuations de l’antithéisme humain. Un vieux mythe rosicrucien veut que des correspondances secrètes existent entre le “feu” psychique et l’autre, matériel, de sorte qu’à toutes les époques du <span style="font-style:italic">Sturm und Drang</span> “dyonisiaque” le “feu central” tellurique réagisse en conséquence».        <br />
              <br />
       Maurice Dantec excelle dans la description de la Chute de la Création, corrélative à celle de l’homme.  Il s’inscrit dans cette lignée d’écrivains et de penseurs qui ont intégré à leurs réflexions la dimension cosmique du christianisme et dont la vision englobe tout à la fois l’homme et l’univers créé, unis dans un même destin.             <br />
              <br />
       La suite : <a class="link" href="http://www.sombreval.com/Innocence-et-culpabilite-Metacortex-III_a708.html">Innocence et culpabilité</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <link>http://www.sombreval.com/La-Chute-de-la-Creation-Metacortex-II_a707.html</link>
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   <title>La Réversibilité selon Maurice Dantec (Métacortex I)</title>
   <pubDate>Sun, 21 Feb 2010 19:02:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Livres]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   
« C'est dans la nuit que nous avons appris à combattre la nuit, à tuer durant la nuit, et, pour finir, à la tuer elle aussi. Nous sommes devenus prédateurs gâce à elle, nous sommes devenus les agents de la Réversibilité en son sein le plus ténébreux, elle nous a tout appris, maintenant nous allons lui montrer que nous avons bien retenu ses leçons. Si quelqu’un m’entend, où qu’il se trouve, qu’il sache que je me tiens aux avant-postes de la destruction de ce monde, retournement nécessaire à sa Restauration, c’est pourquoi je ne ferai rien pour l’empêcher. Mais je tuerai tous les fils de putes qui voudront éviter le glaive de la Justice, alors qu’ils auront commis tous ces crimes. Ce qu’ils ignorent, c’est qu’en les sacrifiant en ce monde, je les sauve peut-être de la damnation dans l’autre. Et c’est précisément mon rôle. Mon rôle de dernier flic » (p.807).      <div><b>Miséricorde</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/1897628-2600724.jpg" alt="La Réversibilité selon Maurice Dantec (Métacortex I)" title="La Réversibilité selon Maurice Dantec (Métacortex I)" />
     </div>
     <div>
      Le lecteur attentif aura sans doute constaté que le dernier opus de Maurice Dantec, <span style="font-style:italic">Métacortex</span>, sorti ce mois-ci, abonde en références à la <a class="link" href="http://www.sombreval.com/Recension-sur-La-reversibilite_a692.html">Réversibilité</a>. Ce thème est en effet indissociable de la représentation de la Chute qui, dans la pensée de Joseph de Maistre, ne cesse de se perpétuer. La notion de «péché originel continué» fonde en quelque sorte la perpétuité de la Réversibilité en vertu de laquelle les innocents expient pour les coupables. Dantec, dans son roman, nous décrit un monde confronté à une seconde Chute : celui de la catastrophe généralisée et qui semble voué à la perdition. Toute la société est livrée au chaos, la perversion se propage et fait exploser toutes les barrières de la légalité. La nature est défigurée par tous les instruments qu’offrent la science et la technique à l’humanité nouvelle, cette humanité soumise à «l’esclavage de la vanité» selon les mots de saint Paul, affranchie de Dieu et de sa Loi. Les manipulations, les expérimentations génétiques donnent naissance à une nature artificielle, qui s'amalgame à la naturelle, réduite à l’état sauvage. Ce qui se préfigure alors, c'est une «Création de troisième espèce» (p.331), une anti-Création portant les séquelles de la dégradation humaine.       <br />
              <br />
       La Cité reste protégée de l’empire du mal grâce au Cube, le QG de la Sûreté qui figure la Justice. Dantec ne remet pas en question les mécanismes de la réversibilité, qui, de prime abord, peuvent choquer la raison. Il ne reprend pas même à son compte la critique récurrente qui consiste à dénier le caractère réversible des souffrances non voulues et subies. Il accepte telle quelle la doctrine maistrienne, comme en témoigne ce passage où l’écrivain explicite la nature de cette réversibilité (p.108) : «Selon Joseph de Maistre, un des auteurs maîtres de sa bibliothèque personnelle, “les innocents paient pour les coupables”, et c’est précisément cette réversibilité qui vient donner un sens à l’iniquité de ce monde. En effet, en payant pour les coupables, <span style="font-style:italic">chaque</span> innocent est une réfraction temporelle du Christ, chaque innocent, <span style="font-style:italic">même s’il n’est pas un saint</span>, est oint par la terrible et magnifique justice divine, celle où la Miséricorde est aussi infinie que le Châtiment et, par son sacrifice, il permet au coupable d’accéder à la Rédemption, geste de don total qui n’est pas particulièrement voulu. Chaque innocent <span style="font-style:italic">satisfait</span> pour le coupable».        <br />
       Cette conception de la Réversibilité, le personnage principal, le lieutenant Paul Verlande l’a reçue de son père, ancien Waffen SS qui a combattu les forces alliées pendant la Seconde Guerre mondiale. Autant dire que cette Réversibilité, cet ancien soldat d’élite qui a assisté aux pires atrocités et qui a dû les infliger, l’a éprouvée dans son âme et dans chair : «La théologie du Père Verlande lui avait été inspirée par ses lectures, certes, mais il en avait expérimenté la chimie terrestre, au plus près, dans le laboratoire même où elle se fabriquait, à la chaîne, telle une industrie terminatrice».        <br />
       Plus loin encore, l’écrivain relate des épisodes de la campagne de Russie où les hommes, bien qu’obéissant à des forces aveugles de destruction, accomplissent à leur insu une loi salvifique supérieure attestant la Miséricorde infinie de Dieu : «Sur le front de l’Est les SS tuaient systématiquement et immédiatement tous les soldats russes ; les soldats russes tuaient systématiquement et immédiatement les SS. Le diable lui-même ne pouvait échapper à la force mystérieuse de la réversibilité, lui-même finissait par tomber dans le piège qu’il avait conçu, c’était par sa folie meurtrière même que l’homme défaisait celui qui l’avait jeté dans la fosse sanglante». Dantec est ici proche de Maistre pour qui le déchaînement de la violence, transmuée en force sacrificielle lorsque culmine l'horreur de la guerre, se tourne contre le principe même du mal, du fait de la Réversibilité. Le Père Verlande, presque centenaire, fait d’ailleurs cette confession à son fils : «Mon châtiment aura été non seulement de ne pas mourir sur le champ de bataille, mais de vivre presque un siècle. Comprends la terrible réversion de la Justice divine : parce que je suis coupable, je reçois la vie, parce que j’ai donné la mort, j’ai droit à l’existence terrestre et à toutes ses richesses».        <br />
              <br />
       Le monde que dépeint Dantec, c’est celui de la Chute où, écrit-il, «paradoxalement la Réversibilité ne cesse d’agir dans le visible et l’invisible» (p.284). C’est pourquoi l’idée de sacrifice occupe une telle place dans son roman, et, partant, celle de réversibilité. Dans ce monde déchu, la joie même obéit à la loi de la compensation. Elle se paie d’une façon ou d’une autre (p.141), et d’abord par les souffrances de l’innocent. La réversion du sacrifice est continue car la culpabilité des hommes prend justement racine dans leur insouciance, leur inconscience, et disons-le, leur médiocrité. C’est ainsi, écrit-il avec justesse, que «certains criminels sont moins coupables que les hommes qui se destinent à cette occupation diabolique de vivre dans l’ignorance, la vanité, l’iniquité, la trahison, l’arrogance, la corruption, toutes ces micro-abominations commises au quotidien par l’homme moyen d’aujourd’hui, celui pour lequel, précisément, les innocents doivent être sacrifiés».        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Châtiment</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/1897628-2600725.jpg" alt="La Réversibilité selon Maurice Dantec (Métacortex I)" title="La Réversibilité selon Maurice Dantec (Métacortex I)" />
     </div>
     <div>
      À plusieurs reprises, le personnage se présente comme un «agent du sacrifice», de la «sainte Réversibilité». C’est un «flic» au service de la justice, de cette justice divine qui dispense la Miséricorde et le Châtiment. Il doit donc mettre hors d’état de nuire les êtres pervers et malfaisants qui tirent jouissance de la destruction de l’innocence et qui, par leurs abominations, «perpétuent, à l’échelle purement terrestre, la Crucifixion du Christ» (p.168). C’est ainsi qu’«envoyer un coupable derrière les barreaux pour la vie est un acte de foi envers cette justice, car ici-bas, c’est à son innocence dévoyée que le criminel sera, pour le restant de ses jours, confronté chaque seconde. L’innocent paie pour que le criminel reçoive. Sur cette planète, ce sont les flics, soit un type d’hommes plus impitoyables encore que les criminels, qui sont les porteurs de cette promesse, ce sont les flics qui offrent le don sublime de la Cage perpétuelle».        <br />
       Nous pourrions prendre un exemple dans l’actualité pour illustrer cette conception. Nous avons appris que Jean-Pierre Kleiber s’est suicidé dans sa cellule de Fleury-Mérogis. Qu’est ce qui l’a poussé à mettre fin à ses jours ? Certainement le refus de porter le poids de son crime. «J'en ai marre d'être pris pour un assassin et privé de ceux qui me sont chers» a-t-il noté dans son mot d’adieu. La police a joué son rôle, mais, on le voit, l’organisation pénitentiaire a failli. La fréquence des suicides dans les prisons françaises témoigne d’une défaillance de la justice des hommes, au sens fort que lui donne Dantec, elle qui devrait être le miroir de la justice de Dieu.        <br />
              <br />
       Verlande encore, quelques pages plus loin, explique à Voronine que c’est justement parce que Dieu souffre avec les victimes que l’application du châtiment doit être implacable : «Comprends juste que la Justice est émue avant même que le crime soit perpétré, elle saigne avant même que le couteau s’enfonce dans les chairs, elle pleure alors que le père ouvre la porte de sa  chambre pour violer sa propre fille, elle hurle bien longtemps avant que le fer à souder s’approche des organes génitaux de l’homme attaché sur une chaise. C’est pour cela qu’elle ne laisse pas la moindre chance à ceux qui lui ont fait vivre le sort de chacune de leurs victimes. Sa divinité la rendra bien plus glaciale encore que celle dont les enfants de putain auront fait preuve, c’est cela la réversibilité infinie de Dieu».       <br />
              <br />
              <br />
       À suivre : <a class="link" href="http://www.sombreval.com/La-Chute-de-la-Creation-Metacortex-II_a707.html">La Chute de la Création</a>       <br />
               <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>http://www.sombreval.com/La-Reversibilite-selon-Maurice-Dantec-Metacortex-I_a706.html</link>
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   <title>Les messes de Dufay : superbe</title>
   <pubDate>Sun, 31 Jan 2010 16:08:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Votre podcasteur</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/1849248-2527254.jpg" alt="Les messes de Dufay : superbe" title="Les messes de Dufay : superbe" />
     </div>
     <div>
      Musicien très renommé au XVe siècle en Europe, Guillaume Dufay (1400-1474) a composé plusieurs messes d'une beauté et d'une profondeur saisissantes. J'ai une prédilection particulière pour la  <span style="font-style:italic">Missa Ecce ancilla domini</span> dont l'<span style="font-style:italic">Ensemble Gilles Binchois </span> a réalisé une version de référence (chez Virgin Classics). J'ai découvert récemment la messe <span style="font-style:italic">Se la face ay pale</span> par l'ensemble <span style="font-style:italic">Diabolus in musica</span>. Disponible chez tous les bons disquaires pour 12 euros à peine, je vous la recommande vivement.         <br />
              <br />
       J'inaugure mon premier podcast (whaouuu) avec le magnifique <span style="font-style:italic">Kyrie</span> de cette messe qui marque le plein épanouissement du génie de Dufay et, plus généralement, du génie musical médiéval. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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 	<itunes:author>Votre podcasteur</itunes:author>
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   <title>Étudiantes : reçues ou recalées ?</title>
   <pubDate>Thu, 28 Jan 2010 12:01:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>  Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Feuilletons]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Cette scène vécue se déroule au mois de juin, dans une université française quelconque. Des étudiants attendent dans un long couloir que les résultats de leurs examens soient affichés. Le contingent d’étudiantes est particulièrement important car, en France, rappelons-le, l’Université c’est sept filles pour trois garçons. La plupart ne songeront pas à fonder un foyer avant la trentaine passée. L'Université en effet n'est qu'une étape vers l'émancipation totale et définitive, laquelle coïncide avec la destruction de la société. Je suis là et j’observe le spectacle… Cette scène devrait constituer le premier chapitre d’un roman intitulé "Regio dissimilitudinis"....     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/1843860-2518490.jpg" alt="Étudiantes : reçues ou recalées ?" title="Étudiantes : reçues ou recalées ?" />
     </div>
     <div>
       Aujourd’hui se joue l’avenir de jeunes gens. Les notes hélas tardent à être affichées. Ils sont venus en masse les étudiants qui attendent maintenant fébrilement qu’un responsable administratif vienne leur apporter la délivrance. On s’agglutine au fond de la pièce, là où selon les dernières rumeurs devrait être exposé l’objet de toutes les convoitises, la feuille de notes. L’attente devient insupportable pour tous ces étudiants grouillant dans cette salle lugubre devenue inaccessible pour tous ceux qui, relégués à l’arrière, dans le couloir, cherchent vainement à se frayer un chemin pour atteindre le mur à notes, ce véritable mur des lamentations. L’irritation se lit sur tous les visages. Pour détourner son esprit de toutes les conjectures effrayantes, on se réfugie dans les conversations les plus insipides. On essaie de soutirer autour de soi des aveux larmoyants, de dénicher tous ceux qui prophétisent leur échec pour s’assurer qu’on en aura pas le monopole si les événements prenaient un tour catastrophique. On se réjouit que tel ou tel certifie avoir échoué lamentablement. Il faut parfois prolonger l’interrogatoire tant certains aveux paraissent peu crédibles. Certains malicieux envisagent le pire, imaginent les scénarios les plus défavorables, créent autour de leur personne un contexte d’échec absolu de peur d’être pris au dépourvu si les notes ne s’avéraient pas conformes aux prévisions qu’ils s’étaient pourtant efforcés de ne pas rendre optimistes. De ceux là on s’en méfie non sans raison. Ils vous démontrent avec tout leur pouvoir de conviction que leur échec est inéluctable et puis brutalement ils défilent devant nous au comble de la joie pour nourrir notre effarement. Ils ont réussi au-delà de leurs espérances, très bien, on en prend note, mais on avait compté sur eux comme compagnons d’infortune, on escomptait que le spectacle de leur mine déconfite atténuât les effets d’une possible déconvenue. On ne sait alors ce qui est le plus insupportable : leur réussite mièvre ou le fait qu’ils se soient allègrement foutus de nous, que notre stupide crédulité les ait épargnés de l’angoisse insupportable où l’incertitude inexprimée aurait dû les plonger. Une grosse baffe, voilà ce qui devrait tenir lieu de félicitation.        <br />
              <br />
       Un individu sort du bureau administratif. C’est le préposé aux notes qui s’efforce de s’ouvrir une brèche dans la masse des étudiants frémissant d’impatience. La grande feuille qu’il tient à la main suscite dans leur esprit d’ultimes conjectures alarmantes. Plus personne n’est sûr de rien. L’agitation est à son comble. Le fonctionnaire, au bord de la rupture, bousculé de tous les côtés, exige le calme, joue des coudes, se retient pour ne pas éclater. Au comble de l’exaspération, inapte à maîtriser la foule bouillonnante, il ose une menace terrible. Il pourrait avoir l’audace de ne pas afficher la feuille de notes, seule susceptible pourtant de tempérer leur frénésie. La menace fait mouche. Ils sont tous acculés au silence. L’impatience furieuse ne se manifeste plus que par des gémissements pitoyables. On bouge à peine. On s’écarte pour laisser passer librement le préposé, on crie contre tous ceux qui s’obstinent à entraver sa marche... C’est l’affaire de quelques secondes... De la patience que diable ! Les filles du devant l’implorent de ne pas mettre sa menace à exécution. «Non monsieur, pas ça, s'il vous plaît». Snif, snif... L’individu, amadoué, scotche finalement la feuille vénérée et regagne doucement son bureau en goûtant le recueillement qui accompagne chacun de ses pas. Il ferme la porte derrière lui...        <br />
              <br />
       A présent les mots me manquent pour décrire le déchaînement des étudiants, la fureur qui les saisit à la vue de cette feuille de résultats semblable à leurs yeux à un rêve qui se matérialise…On fonce dans le tas, on force le passage avec cette maudite feuille comme seul point de mire. Mais on est gêné par ceux de devant qui, ayant pris connaissance de leur résultat, restent comme stoïques devant le mur à notes…A l’arrière on s’insurge contre la manie irritante qu’ils ont de ne pas pouvoir sortir de leur stupéfaction, soit qu’ils se sentent obligés de partager leur enthousiasme avec d’autres reçus, soit que, remplis de désespoir, ils cherchent un second souffle pour s’arracher à cette hébétude où les plonge leur non-admission. Noyées dans ces gesticulations, perdues dans la cohue de ces frileux convulsifs, certaines filles se débattent en furieuses...Déjà une recalée devant le mur s’effondre en larmes. Comment est-ce possible ? Et si nous ? Elles ont beau imaginer, la terreur étouffe leur imagination qui s’épanouit pourtant dans le délire dès qu’il est question de leurs notes. Non ! Non ! Par pitié ! Elles sont si transportées d’effroi qu’elles se ruent littéralement sur le mur. L’imminence du pire, bien loin de les paralyser, leur fait perdre tout contrôle. C’est une vraie furie. Elles se débattent entre elles pour affronter le verdict, pour savoir si elles vont partager le genre de calvaire de la recalée...        <br />
              <br />
       Je suis resté tout ce temps loin derrière, le sourire en coin. La joie que beaucoup manifestent, la détresse des autres ne laissent pas de me fasciner. Je les vois autour de moi jouir de leur résultat positif, exhiber leur bonheur immonde. Certaines filles s’arrachent les cheveux, hurlent, maudissent le monde entier… Je prends mes distances… On commence à partir. En voilà une qui se contorsionne de joie. C’est à son copain éternel qu’elle va donner la primeur de son résultat dément. Il est revenu au cœur de toutes ses pensées. Elle a été si odieuse pendant la quinzaine des révisions, pendant cette période si délicate pour le couple ; elle s’est montrée si susceptible, si réfractaire aux attouchements qu’elle s’est promise de se donner à fond quand l’heure de la coucherie sonnera à nouveau. Il s’en est fallu de peu que cette histoire verse dans le dramatique. Il n’en est rien pourtant. Il a su patienter, d’autant que si sa lassitude lui susurrait d’aller tout faire valdinguer séance tenante, son fond d’épicier plaidait sa cause et le convainquait qu’il ne retrouverait pas de nouvelle partenaire avant longtemps. On ne sait d’ailleurs jamais sur qui on va tomber. Plus moche que l’autre, des tas de conversations à s’infliger avant de se découvrir un résidu d’affinité. Ni trop, ni moins, plantée entre les extrêmes, celle là ne fait pas de complications. Une perle rare. Toujours partante pour des divertissements d’ennuyés, pas rétive à se faire bourrer quand le mâle la sollicite et la presse, à lui offrir enfin ce simulacre de plénitude qui lui fait défaut dans la solitude.        <br />
       Une autre d’un pas lourd s’en va rejoindre une sacrée déculottée. Elle n’aurait pas dû s’envoyer en l’air pendant les révisions. Le type s’est montré imprévoyant car si la négligence de sa copine lui a permis de se vider quand l’envie se faisait pressante, il risque maintenant de fameusement trinquer. C’est à un afflux de plaintes, de lamentations qu’il va devoir résister. Il lui faudra y répondre par des paroles prévenantes, consolatrices, fines. Tout cela n’est pas son fort. En plus imaginons qu’une fois l’échec consommé, le délire la saisisse de remettre sa vie en question, il est plus que probable que la première victime de ce vaste chambardement sera ce chéri en voie de ne plus l’être. Il se repentira de ne pas l’avoir forcée au travail car il se trouvera privé de l’hygiène mentale qu’elle savait lui fournir en soumise. Une fois qu’on en a une, il convient de la garder, sécurité de l’esprit oblige        <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>http://www.sombreval.com/Etudiantes-recues-ou-recalees_a702.html</link>
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   <title>Bayard, Jean-Luc Marion et l'Osservatore Romano</title>
   <pubDate>Fri, 22 Jan 2010 15:37:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/1832764-2500870.jpg" alt="Bayard, Jean-Luc Marion et l'Osservatore Romano" title="Bayard, Jean-Luc Marion et l'Osservatore Romano" />
     </div>
     <div>
      Parmi vos fréquentations, vous avez sans doute remarqué que  la plupart ont cessé depuis longtemps d’accorder la moindre once de crédibilité aux catholiques. Ils ne prennent même plus la peine de les prendre pour cible de leurs moqueries salaces. On ne rit pas aux dépens d’êtres diminués, affectés par une lâcheté congénitale héritée de décennies de compromissions. A vrai dire, le catholicisme les français s’en tapent. Pouvons-nous leur en faire grief ? Les catholiques ne représentent plus la moindre menace pour la société, le système et plus encore pour la laïcité. C’est une évidence pour tous. Et puis les discussions sur le préservatif et l’avortement fatiguent même les plus acharnés des libertaires. Là où par contre nous avons toutes les raisons d’être troublés, c’est en constatant que nombre de croyants, même ceux qui ont pour charge de défendre les intérêts de l’Eglise, semblent considérer la disparition du catholicisme en France avec la même indifférence. Puisons un exemple dans l’actualité du jour….       <br />
       En lisant quelques infos religieuses, j’apprends que Giovanni Maria Vian, le nouveau directeur de L’<span style="font-style:italic">Osservatore Romano</span>, quotidien «officieux» du Saint-Siège, vient de signer un accord avec <span style="font-style:italic">Bayard</span> pour favoriser la diffusion du journal. C’est très bien, on est content pour lui, Giovanni, il va pouvoir sabrer le champagne, en présence de femme et enfants, voire de prélats du Vatican. On fait avancer son affaire, c’est très bien… Mais il s’avère que le groupe Bayard est gangréné depuis longtemps par l'idéologie progressiste. Il suffit de consulter ses publications pour s'en convaincre. On trouve moins d’anti-catholiques viscérales parmi les universitaires (disons de la Sorbonne puisque c’est un milieu que je connais) que dans ce groupe de presse dont je n’oserais même pas m’approcher sans me boucher le nez.        <br />
       « Nous avons choisi Bayard, explique Giovanni Maria Vian, parce qu’il est le groupe de presse catholique français le plus important» : Propos assez révélateur et que je tiens pour extrêmement grave. Les catholiques en «place», pour remédier à leur perte d’influence dans la société, sont prêts à sacrifier la substance du message chrétien pour sauvegarder une apparence de visibilité. Ce qui importe pour ce monsieur, c’est l’importance du réseau, et non la nature du catholicisme qu’il cherche à propager. Tout cela dénote une soumission pathologique à l’esprit du monde, pourfendu par les meilleurs des chrétiens tout au long des siècles. Pourtant nécessairement un jour ou l’autre, il va falloir choisir : le Christ, son Royaume, ou le monde dont saint Jean nous dit qu’il est «plongé dans le Malin».       <br />
       Aujourd’hui un philosophe catholique, propagateur du cartésianisme, a prononcé son discours sous la Coupole des Immortels : Jean-Luc Marion. Un autre académicien immortel, Mgr Dagens, lui a répondu en tentant de retrouver la verve sacrée d’un Bossuet. Tout cela est beau, magnifique. On peut être un nain et un immortel à la fois : spécificité bien française. Notre philosophe, produit lui aussi des Grandes Ecoles, comme on en compte tant chez les catholiques (toujours la fascination du «grand», du «prestigieux»), ce philosophe donc a osé prononcer cette énormité dans le journal <span style="font-style:italic">La Croix </span> : «Certains chrétiens se crispent dans un état caduc et passé de la philosophie, appartenant à une époque scolastique, où la rationalité était définie de manière restrictive, où la confrontation entre foi et raison n’existaient pas. Mais ils n’ont rien compris aux enjeux actuels». Un chrétien un tant soit peu informé sait que toute la scolastique médiévale repose sur la confrontation entre la foi et la raison. Mais pour notre penseur, partir d’Aristote ou de Platon, ce n’est pas se fonder sur la rationalité. Les pauvres médiévaux ignoraient Descartes et Heidegger, un autre de ses maîtres qui avait le don de formuler des banalités sur l'être et la mort en langage abscons et avec des néologismes pompeux. Signalons que notre philosophe faisait aussi partie de ceux qui ont signé la fameuse pétition protestant contre la levée de l’excommunication des évêques de la Fraternité Saint Pie X.        <br />
       <span style="font-style:italic">L’Osservatore Romano </span>, relayé par le journal <span style="font-style:italic">La Croix</span>, propriété du groupe Bayard, ne devrait pas manquer en tout cas de saluer l’influence recouvrée de la pensée catholique en France, enfin en phase avec les enjeux de la modernité.           <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>http://www.sombreval.com/Bayard,-Jean-Luc-Marion-et-l-Osservatore-Romano_a701.html</link>
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   <title>Une nouvelle théologie pornographique</title>
   <pubDate>Sat, 19 Dec 2009 15:42:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.sombreval.com/photo/1773404-2409407.jpg" alt="Une nouvelle théologie pornographique" title="Une nouvelle théologie pornographique" />
     </div>
     <div>
      Lu quelques pages hier d’un bouquin, publié en 2008 au Cerf, d’un agrégé de philo, et professeur d’éthique à l’Institut Catholique de Lyon, qui nous expose une herméneutique de la «sexuation humaine» sous l’angle du personnalisme. La Personne pour le catholique gogo d’aujourd’hui, c’est l’homme de la Genèse créé à l’«image» de Dieu (infusée à la création et inaliénable) mais exempté de la nécessité d’atteindre à la «ressemblance» qui est l’actualisation de tout ce qui implique l’«image» et qui résulte de la réalisation graduelle, de l’effort : elle doit se conquérir (c’est la théosis). Considérée comme constitutive de la Personne, la sexualité devient dans la perspective de notre auteur, une réalité sacrée, insoupçonnée des naturalistes, des hédonistes et autres matérialistes. On a eu droit au jansénisme au siècle de Pascal. Aujourd’hui on nous impose la «sexualité chrétienne», une «théologie de la conjugalité» censée nous révéler tous les aspects de la Personne : don, communion, auto-révélation. N’importe quelle cruche catho qui lit ce genre d’ouvrage, va considérer son cul comme une sorte de sanctuaire où ne pourront accéder que les initiés aux réalités transcendantes. N’importe quel crétin qui tringle sa nana catho va confondre son expérience du coït avec une plongée au cœur du mystère trinitaire. On voit d’ailleurs que «l’herméneutique de la sexuation» et «des gestes amoureux» débouche bien souvent sur ce qu’on pourrait appeler une théologie pornographique qui a pour caractéristique principale d’être blasphématoire (ce que n’est pas explicitement et ouvertement la pornographie). A ce titre nous découvrons dans l’essai en question des extraits d’ouvrages qui auraient valu le bûcher à leurs auteurs à des époques moins déliquescentes. La transposition dans domaine de la sexualité de tout ce qui touche à la liturgie catholique me semble particulièrement ignoble. On est affligé à la lecture des extraits de l’essai d’un sexologue abruti, publié en 2006 aux <span style="font-style:italic">Presses de la Renaissance </span> et intitulé : <span style="font-style:italic">Ne gâchez pas votre plaisir, il est sacré. Pour une liturgie de l’orgasme</span> : «Dans l’effusion génitale, écrit-il, le couple vit la joie d’être tout en soi et tout à l’autre. Bien sûr cette communion ne dure qu’une fraction de temps. Puis une partie secrète de chacun se referme, comme se referme l’iconostase. Chacun revient sur terre et reprend sa route propre, comme lors de l’envoi final à la messe». Commentant ce passage, notre auteur ose cette affirmation ahurissante, en se fondant sur une lecture tronquée d’un verset du <span style="font-style:italic">Cantique des Cantiques </span> : «Le corps de l’amante est présenté comme le réceptacle de la semence masculine représenté par l’amas de froment ainsi que le lieu de l’ivresse du plaisir symbolisé par le vin parfumé. Dans l’amour conjugal, le don de la vie est symbolisé par les attributs mêmes de l’eucharistie, le pain et le vin. Enfin à l’instar de la communion eucharistique, le temps de la communion intime est un temps privilégié...etc…». Sur une page entière, est reproduite la citation d’un essai d’une chrétienne en chaleur qui face à son mec en rut se lance dans un monologue sirupeux, aux accents poétiques insupportables. Il y a lieu de penser qu’il s’agit d’un amant ou d’un mari imaginaire car aucun type normal n’aurait pu endurer le supplice d’un monologue aussi stupide, révélateur tout à la fois d’une névrose religieuse et d’une névrose sexuelle, qui se mêlent sans qu’on sache très bien laquelle conditionne l’autre :        <br />
       « Ceci est mon corps »       <br />
       Blasphème ou réalité ?        <br />
       Toute recueillie, je crois pouvoir prononcer devant toi ces mots divins :        <br />
       « Ceci est mon corps »        <br />
       Je prends à deux mains ce corps, avec sa pesanteur matérielle, ses élans et ses résonnances  (…) avec son insatiable soif d’éternité        <br />
       « Ceci est mon corps »…que je te donne en nourriture       <br />
       Reçois-le en toi, comme le don le plus achevé que je puisse te faire, de l’être que je suis, moi, ton épouse.       <br />
       En  échange, tu me donnes, et je te reçois : ton corps d’homme, fait de vigueur et de puissance, avec ses violences (sic) et ses fougues, ses tentations et sa fécondité (…) avec ton âme tranchante comme une épée, pure comme un lac. Et cette clarté de Dieu qu’elle reflète (bon d’accord, mais c’est quand que tu te fous à poil ?)       <br />
       « Ceci est mon corps »       <br />
       Quand nous communions l’un à l’autre, ce n’est pas un blasphème que de dire que nous communions au Christ dont chacun de nous est pétri. En toi et moi, péchés et misères, joies et peines du couple, deviennent une unique hostie à l’image du Christ.        <br />
       Qu’en lui, et par Lui, avec Lui, soit enfin sanctifié l’amour d’un homme et d’une femme devenu Cantique d’actions de grâce, Messe à la gloire de Dieu ».        <br />
              <br />
       Faute de liturgie digne de Dieu dans nos paroisses, on se contentera donc de la messe au plumard (elle aussi reflet de la liturgie céleste si l’on suit les divagations de nos catholiques modernes). L’imagination débridée par de telles lectures, notre agrégé se lâche carrément lorsqu’il aborde l’«herméneutique des gestes amoureux». S’appuyant sur Lévinas et d’autres philosophes qui bénéficient du label Fnac, notre auteur commence par développer une «phénoménologie de la caresse» et du baiser. Puis l’on passe à une étude plus poussée, celle de la pénétration : « Le sexe masculin est tout entier ordonné à la pénétration et au don du sperme. L’homme est tourné vers l’extérieur de lui-même et donne avec son corps quelque chose de très intime, de très précieux, support de son identité génétique. Dans le coït, ce qui est donné de plus concret, c’est le sperme. Pour l’homme, donner son sperme, c’est se donner, c’est donner son intimité. Avec audace et réalisme, saint Jean Chrysostome parle du sperme comme de “l’or le plus pur”, “un parfum liquide”. C’est dire à quel point le coït est vécu comme un don très précieux. Le coït révèle aussi une dynamique centrifuge où il s’agit de lancer un projectile dans un lieu précis, un réceptacle adéquat. En projetant la semence à l’extérieur de soi, l’homme est l’origine d’une transformation au plus intime du corps de la femme (…) Enfin le plaisir sexuel masculin est localisé, bref tout entier centré sur le moment objectif de l’éjaculation qui en est comme la raison d’être...etc…»       <br />
        Il est noter que le propos attribué à Jean Chrysostome est tiré du bouquin foireux de O. Florant, «La liturgie de l’orgasme». La source authentique reste donc à vérifier. Mêler les détails les plus intimes du sexe au donné théologique est assez caractéristique de la nouvelle manière de concevoir le Mystère chez les catholiques modernes. Lapinos sur son blog citait dernièrement un passage d’un écrivain dont les ouvrages bénéficient eux du label «La préférence-La Procure» : Fabrice Hadjadj. La seule réaction que suscite un tel texte, c’est le dégoût : « Au commencement, avant de créer le monde, Dieu pensait au sexe d'une femme. Est-ce le secret de son anatomie en coupe faciale : une sorte de croix avec un triangle sur la pointe au centre ? La chose est probable, mais ce qui est sûr, c'est que le Père, pensant d'abord à cet Adam dont son fils assumerait la nature jusqu'à la mort la plus douloureuse, ne pouvait pas ne pas songer en même temps à ce qui serait sa première résidence : l'utérus de la Vierge (...) »       <br />
              <br />
       Il est donc évident à la lecture de tels textes que le catholicisme français moderne est une abomination. Il a fallu tout saccager, tout détruire, et en particulier la liturgie, pour aboutir à un tel naufrage de l’intelligence chrétienne.         <br />
        
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>http://www.sombreval.com/Une-nouvelle-theologie-pornographique_a699.html</link>
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