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 <title>Sombreval</title>
 <subtitle><![CDATA[Sombreval.com est un webzine catholique. Ses domaines de prédilection sont l’exégèse biblique, la littérature et la théologie.]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-10T10:52:38+01:00</updated>
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   <title>Filius macrocosmi</title>
   <updated>2008-10-16T19:34:00+02:00</updated>
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   <category term="Articles" />
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   <published>2008-04-10T16:32:00+02:00</published>
   <author><name>Sombreval</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.sombreval.com/photo/art/default/254084-319392.jpg?v=1289407173" alt="Filius macrocosmi" title="Filius macrocosmi" />
     </div>
     <div>
      Nicolas Berdiaev, dans <span style="font-style:italic">Destination de l’homme</span>, défend l’idée d’une éthique cosmique susceptible d'être adaptée à la religion chrétienne. Il affirme que le christianisme s’est fortifié et a triomphé grâce à une attitude ascétique, à une répulsion pour le naturel et le créé qui lui fit laisser dans l’ombre cette éthique qu’il appelle de ses vœux. Il convient de préciser que Berdiaev s’est surtout employé à dénoncer les déviations gnostiques de la mystique chrétienne, cette haine pour la création qui en est la négation même. Car pour lui la mystique chrétienne authentique, la plus exigeante, la moins complaisante à l’égard de la chair, est liée justement à la transfiguration de l’univers : «Surmonter l’état de créature ne signifie pas éteindre et anéantir la vie du cosmos, celle de l’humanité mais bien l’illuminer, la transfigurer». Le chemin qui mène à l’illumination est donc bien pour lui celui de l’ascèse, du sacrifice. A mesure que l’homme s’en éloigne, le monde déchoit, s’opacifie.        <br />
       La pensée religieuse de l’orient chrétien, rappelons-le, associe le destin de l'univers sensible à celui de l’homme qui le résume, le récapitule «microcosmiquement»… Son centre d’attention n’est pas la destinée humaine, isolée, individualisée, coupée du cosmos, mais, ainsi que le souligne l’écrivain catholique Frank-Duquesne, «l’obstacle opposé par nous, par l’espèce, par notre nature dégénérée, par notre divinité abusive et extrapolée au rayonnement plénier de l’Etre, à la perfection créaturelle du cosmos», à cette cosmothéose voulue éternellement par Dieu.        <br />
       Quiconque entreprend la phénoménologie de la mystique ascétique doit éviter de circonscrire son champ d’investigation au seul dogme de la rédemption. Une telle étude nécessite la prise en compte du paradigme religieux de la création. L’ascétisme chrétien a joué un rôle positif dans l’histoire lorsqu’il n’était pas seulement déterminé par la préoccupation de la salvation de l’âme mais d’abord par cette puissante aspiration à conduire le monde à la transfiguration. Il est un facteur déterminant dans l’œuvre du salut qui concerne l’homme et, <span style="font-style:italic">par lui</span>, la Création. Récusant l’immanentisme de Teilhard de Chardin, son panthéisme cosmique, le philosophe catholique Maurice Blondel a rappelé que l’œuvre de divination du monde passe par la médiation de l’homme «nouveau», au sens paulinien du terme, l’homme purifié, configuré au Fils dans sa nature humaine, libéré de toutes les servitudes qui l’aliènent à lui-même. L’homme est forcé de passer par la <span style="font-style:italic">porte étroite</span> pour participer à la vie divine. Il doit triompher de la chair, vaincre le vieil homme, la vieille nature pour la naissance du <span style="font-style:italic">novum coelum</span> et de la <span style="font-style:italic">nova terra</span>. Il n’y a qu’une «Porte étroite» : le Christ et l’incorporation au Christ par le renoncement à soi-même.        <br />
       Lorsque les mystiques catholiques parlent de se conformer au Christ, il s’agit pour la plupart d’entre eux (les mystiques de l’école rhénane faisant exception) d’une identification à l’humanité de Jésus souffrant sur la Croix. C’est ce type de «conformation» qui accomplit la <span style="font-style:italic">théosis</span>, c'est-à-dire la transformation de soi et, partant, celle du monde. Dans la correspondance de Maurice Blondel figure une lettre fort intéressante, adressée à l’un des représentants du modernisme catholique, le père Laberthonnière. Le philosophe cherche à porter son attention sur les erreurs véhiculées par la vision teilhardienne du <span style="font-style:italic">Christus evolutor</span> qui dans sa démesure n’entretient plus que des rapports très lointains avec <span style="font-style:italic">Jésus de Nazareth</span>. Elle donne lieu à une sorte de gnose cosmique qui rend inutile toute «imitation» du Christ :        <br />
               <br />
       « Par la réflexion critique, par la lecture des mystiques (les plus réalistes des hommes), et par les épreuves de la vie, je me suis mis de plus en plus en garde contre une façon trop naturaliste, trop physique de me représenter la fonction universaliste du Christ...Il faudrait admettre que le Christ pût être incarné pour autre chose que la surnaturalisation, et que le monde, même physiquement, fût divinisé, sans être surnaturalisé […] Le père Teilhard paraît supposer que nous pouvons communier au Tout (Christ compris) sans d'abord et purement communier à l'Un, au Transcendant, au Verbe précisément incarné, dans sa concrète et singulière nature d'homme : c'est il me semble, une déviation de la pensée si belle et si profonde qui l'inspire. La nécessité de l'épreuve, de la désappropriation, de l'abnégation, n'est pas seulement pénitentielle ; elle est essentielle dès lors qu'il s'agit d'une destinée déifiante de l'homme, et par lui de l'Univers entier;       <br />
       Et il n'y a pas en ce rappel des conditions en apparence onéreuses de l'accès à la vie, aucun pessimisme, aucun dédain de la matière et de la sensibilité, loin de là ; tout est à base et à but d'amour : <span style="font-style:italic">ut vitam abundantius habebant</span>. Quand saint Jean de la Croix, par exemple, nous demande de traverser la nuit obscure, ce n'est pas qu'il méprise la réalité physique ou méconnaisse la beauté esthétique ou renie les besoins du coeur…»        <br />
              <br />
       Yvonne Pellé-Douël dans la conclusion d’une étude consacrée à saint Jean de la Croix s’interroge sur la possibilité de réconcilier deux courants de la spiritualité catholique. Le premier se rattache à la doctrine sanjuaniste du <span style="font-style:italic">Nada</span>, du Rien, celle de la nuit obscure, de la désappropriation de soi, celle de l’identification surnaturelle au Dieu Transcendant par le chemin du Christ Crucifié. Le second courant est lié au thème de la glorification de l’univers. Comment le Rien peut-il être la voie de la Transfiguration universelle ? «Nous participons à la création du monde en nous décréant nous-mêmes» écrit Simone Weil dans un raccourci très profond  .        <br />
       Telle est donc la question pressante que pose l’auteur à la fin de son essai :        <br />
              <br />
       « La négation de l’humain, le Rien : n’y a-t-il pas là, non seulement de quoi épouvanter le cœur indécis, mais de quoi révolter l’homme sensible à le beauté, à la grandeur, aux &quot;échos&quot; des créatures, qui lui sont ordonnées, et dont il est mystérieusement solidaire ? (…)       <br />
       N’est-il pas plus catholique, en effet, au grand sens du terme, de chanter avec François d’Assise le Cantique des Créatures : &quot;Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures…&quot; ?       <br />
       &quot;…Quand tu m’appelles, ce n’est pas avec moi seulement qu’il faut répondre, mais avec tous les êtres qui m’entourent&quot; (Claudel)       <br />
       Chez Jean de la Croix, n’y aurait-il pas comme un parfum de négativisme, un rejet du créé, qui semble inconciliable avec le thème de l’incarnation, de la descente du Créateur au cœur de la créature ? Cette antinomie est-elle irréductible ? Ou bien peut peut-on concevoir que ce sont là deux courants différents, mais qui peut-être se rejoignent ?»       <br />
              <br />
       L’auteur pressent qu’il existe un point de jonction entre ces courants. Il lui apparaîtrait plus nettement si elle envisageait dans toute sa portée le huitième chapitre de l’épître aux Romains qui nous montre la Création <span style="font-style:italic">gémissant dans les affres de l’enfantement</span>, aspirant à <span style="font-style:italic">la révélation des fils de Dieu</span>. Y.Pellé Douël ne retient de ce texte fondamental que l’idée de la solidarité entre l’homme et la nature, omettant de souligner que la condition humaine, parce qu’elle est liée justement à celle de l’univers, peut étendre son ombre sur tout le créé. C’est une des implications principales que l’on peut tirer des vues si profondes de l'apôtre Paul. La cosmologie chrétienne est inconciliable avec le culte anti-humaniste de Gaïa qui se déchaîne sous la forme de l’écologisme. L’esclavage sous le pouvoir de la vanité et l’ouverture angoissée et tendue vers un avenir autre sont ce qui caractérise l’état actuel du monde. Ce que Y.Pellé Douël appelle la «nature»  ne peut être confondu avec un état de pureté originelle. C’est une matrice convulsive, devenue incontrôlable. Sa dégradation est le résultat d’un processus dévolutif sans cesse réactivé par le péché et qu’il incombe à l’homme d’inverser.       <br />
       Le philosophe russe Nicolas Fedorov stigmatisait «l’admiration de tout ce qui est naturel». Dans sa <span style="font-style:italic">Philosophie de l’œuvre commune</span>  il écrivait que «dans l’état imparfait où elle se trouve actuellement et par suite de l’ignorance et de l’immoralité humaines, la nature ne peut être reconnue au sens strict comme une Production de Dieu ; car les desseins du Créateur, pour une part, ne sont pas encore achevés, et, pour une autre, sont même déformés» . 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Des saints nouveaux</title>
   <updated>2005-09-08T09:40:00+02:00</updated>
   <id>https://www.sombreval.com/Des-saints-nouveaux_a131.html</id>
   <category term="Articles" />
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   <published>2003-12-23T00:00:00+01:00</published>
   <author><name>Sombreval</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.sombreval.com/photo/art/default/96039-137586.jpg?v=1289407240" alt="Des saints nouveaux" title="Des saints nouveaux" />
     </div>
     <div>
      Les orthodoxes possèdent à un degré éminent le sens de la transfiguration intérieure, de la transfiguration mystique en Dieu, de la <span style="font-style:italic">théosis</span>, de l'illumination, la divinisation de la nature humaine. L'acquisition de la grâce du Saint-Esprit fait naître l'homme à une vie nouvelle. Il accède à une nouvelle humanité, issue du Christ. Il devient cet &quot;homme  nouveau&quot; auquel Paul Evdokimov (1901-1970), l'une des grandes figures de la théologie orthodoxe, consacre des pages remarquables dans son essai, <span style="font-style:italic">L'Amour fou de Dieu</span>. Ces pages gardent toute leur actualité : «Nouvelle créature, homme nouveau écrit-il, ces termes sont synonymes de sainteté... Un saint homme, homme nouveau, tranche sur l'habitude, sur l'ancien, et sa nouveauté est scandale et folie » (<span style="font-style:italic">L'amour fou de Dieu</span>, Seuil, p.68)... » Un nouveau type de sainteté doit surgir dans le monde. Affranchi du joug de ce monde, de ses pesanteurs, des vieilles terreurs, toujours prêt à briser &quot;ce qui se solidifie autour de lui et cherche à l'emprisonner&quot; (Moré), l'homme nouveau est celui qui rayonne de cette exaltation intérieure, de cet enthousiasme que saint Paul appelle &quot;la joie du Saint-Esprit&quot;.        <br />
       &quot; Le monde demande des saints&quot; prophétisait Maritain en 1926 dans son <span style="font-style:italic">Primauté du spirituel</span>, au moment de la condamnation par le Saint-Siège de l'Action française : &quot;Si les catholiques ne lui donnent pas ce qu'il demande, tant pis pour eux et pour tous, il se vengera sur eux, et cherchera sa consolation chez le diable. Les crises qui se succèdent depuis vingt-cinq ans révèlent un douloureux héritage de défaillances. Les condamnations qu'elles ont provoquées doivent être regardées comme la liquidation du XIXeme siècle. Manifestement Dieu veut quelque chose de neuf &quot;. Propos qui doivent être mis en relation avec cette phrase de Simone Weil, citée par Evdokimov dans son essai : &quot; Le monde actuel a besoin de saints, de saints nouveaux, de <span style="font-style:italic">saints qui aient du génie</span> &quot; (p. 71)       <br />
              <br />
       Il faut des « saints du Saint-Esprit » pour employer l'expression de Marcel Moré, qui « scandalisent, qui incarnent la folie de Dieu » (72)...  En effet «sa simple existence est déjà un scandale pour le conformisme d'un monde installé, un témoignage qui sauve de la médiocrité et de la fadeur de la vie courante..» (76), Ils se distinguent par cet «humour si frappant des «fous pour le Christ», seul capable de briser le sérieux pesant des doctrinaires. Comme le notait Dostoievski, le monde risque de périr non par les guerres, mais d'ennui, et d'un bâillement grand comme le monde sortira le diable... » (p.78)...         <br />
              <br />
       Evdokimov évoque avec talent la «folie en Christ» qui est une tradition de sainteté en Orient, peu compatible avec la sacro-sainte vertu de prudence sur laquelle un prêtre de la tradition catholique, habile à conforter ses fidèles dans la voie moyenne des médiocres, est capable de gloser pendant des pages et des pages ( cf :<a class="link" href="http://www.serviam.net/catalophilo/vertuprud.html.)">l'Abbé Le Pivain et la prudence</a>       <br />
       Pourtant comme le rappelle Paul Evdokimov  «Dieu choisit «les choses folles pour confondre les sages (1 Co 1, 27-28). Or la plus grande sagesse de la masse chrétienne, c'est précisément de fuir comme la peste, tout ce qui est «fou», tout ce qui est dépassement... Au lieu de confondre, elle-même se confond avec le monde, devient poussière sans éclat et sans saveur» (166).        <br />
       Plus loin l'auteur évoque l'aliénation sociologique qui affecte l'ensemble du monde chrétien, ces « cimetières sociologiques » que sont devenues les paroisses «qui frappent par la pauvreté de la matière humaine, par le nombre des gens médiocres» (166) : «Il est fort possible q'une psychanalyse de la mentalité chrétienne courante découvre une des plus profondes causes de l'inactualité du message chrétien. Le christianisme n'est pas une doctrine, mais une vie, une incarnation [... ] L'homme de la masse écoute le message chrétien à la lumière ou à l'obscurité du fait chrétien. Or la masse chrétienne nous place devant un phénomène saisissant : la chrétienté n'est point &quot;une race nouvelle&quot;, elle n'est qu'une des formes sociologiques typiques et là nous touchons la raison la plus grave de l'échec chrétien»         <br />
              <br />
       Pour expliquer la crise que traverse l'Eglise, il ne faut pas chercher des causes extérieures. Les causes sont d'abord anthropologiques. Chaque chrétien, appelé à se dépasser, à offrir à Dieu la surabondance de ses forces, à travailler à la régénération spirituelle de la société, porte la responsabilité de cet échec : «La chrétienté, devenue poussière sociologique, peut-elle redevenir le lieu où éclate la présence du Dieu-Homme ? Le visage du Christ peut-il encore « resplendir dans le visage des siens » comme dit une ancienne prière liturgique ? Toute la question est là. Seul est puissant le message qui reproduit non pas les paroles du Verbe, mais le Verbe lui-même ; seule sa présence fera du messager <span style="font-style:italic">lumière</span> et <span style="font-style:italic">sel</span>... Le messager doit s'identifier avec le Christ, faire éclater sa présence, <b>ou se taire pour toujours</b>» (p.169).         <br />
              <br />
       Le saint nouveau niera la vieille distinction ontologique entre l'Eglise et le monde.  Jésus-Christ a vaincu ce monde, Il a triomphé de la vieille nature, du péché et de la mort. La vocation des chrétiens est d'affirmer cette victoire dans toutes les sphères de l'existence humaine, d'«unir la nature crée avec l'énergie déifiante incrée» (saint Maxime)...         <br />
       L'Eglise cessera alors d'être un refuge sans lien avec la vie concrète :  «Nous cherchons une Eglise écrivait Berdiaev dans sa fameuse <span style="font-style:italic">réponse à Rozanov</span>, dans laquelle entrerait toute l'expérience du monde ... Dans l'Eglise doit prendre place  tout ce qui nous est cher, toute la complexité de notre expérience, tout ce que nous avons acquis dans le monde par notre souffrance, notre amour, notre pensée, notre poésie, notre activité créatrice... tout ce qu'il y a de profond, de vrai dans nos vies et dans la vie du monde».       <br />
              <br />
       Vassilly Rozanov affirmait péremptoirement que l'Evangile s'est «incrusté» dans le monde mais que l'art ou le fait d'aimer ne peut s'incruster dans l'Evangile. La doctrine catholique par exemple n'accorde aucune importante au problème de l'amour. La contraception, l'organisation religieuse de la famille, la bonne sexualité (dans le mariage) et la mauvaise sexualité (hors mariage) sont l'objet de développements infinis mais l'amour en tant qu'il transcende la loi de l'espèce, est laissé dans l'ombre. Les chrétiens en tout cas sont incapables de l'aborder en dehors d'une rhétorique conventionnelle («l'amour en Dieu» etc... )... .Cela tient sans doute à l'absence d'une véritable anthropologie chrétienne. Parmi les penseurs chrétiens, seul le russe Vladimir Soloviev, une «personnalité d'une profondeur extraordinaire» (Jean Paul II), a su révéler le sens religieux de l'amour.        <br />
       Le thème de l'illusion amoureuse a donné lieu à une abondante littérature. Aux cyniques, prompts à percer l'illusion dans l'amour, Soloviev oppose l'amour chrétien en lequel s'accomplit l'Eros naturel. C'est pourquoi il n'est pas malséant qu'un chrétien fasse montre de galanterie et y excelle. Le saint nouveau sera un saint galant.        <br />
       Dans la conception solovievenne de l'amour, admirable de profondeur, <span style="font-style:italic">éros</span> et <span style="font-style:italic">agape</span> se confondent : &quot;La force de l'Eros écrit Soloviev consiste à considérer d'un regard créateur, dans l'être aimé, l'idéalité de sa personne et travailler à sa réalisation. Sa force théurgique réside dans la foi par laquelle il reconnaît à l'aimé une importance absolue. Seul peut aimer celui qui croit au sens éternel de son Amour pour cet être fini, ce qui est impossible sans croire en même temps à Dieu ainsi qu'à l'immortalité et la résurrection, non du je et du toi seulement mais de tout le cosmos car c'est en lui seul que cet amour trouve son lieu et son espace&quot;. (Soloviev, in <span style="font-style:italic">Le sens de l'amour</span>)       <br />
       L'amour idéalise l'objet de sa passion, mais cette idéalisation n'est pas le fruit d'une illusion subjective. Elle procède au contraire d'une vue mystique, d'une aperception profonde...Celui qui aime perçoit ce qui échappe à la perception ordinaire, il voit l'être aimé tel que Dieu le voit et il ne veut pas le voir autrement. Il voit en en lui l'image véritable de Dieu. C'est à l'activité créatrice qu'il revient de transformer l'être aimé dans le sens de cette image divine et de l'incarner dans sa vie concrète... Ainsi un Swann ne pourra plus jamais écrire : «Dire que j'ai gâché des années de ma vie, que j'ai voulu mourir, que j'ai eu mon plus grand amour pour une femme qui ne me plaisait pas, qui n'était pas mon genre»         <br />
              <br />
       Les chrétiens doivent être les gardiens métaphysiques de l'amour... .       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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