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  <title>Sombreval</title>
  <description><![CDATA[Sombreval.com est un webzine catholique. Ses domaines de prédilection sont l’exégèse biblique, la littérature et la théologie.]]></description>
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   <title>La substitution mystique</title>
   <pubDate>Sat, 14 May 2011 23:14:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Sombreval</dc:creator>
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        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.sombreval.com/photo/art/default/96067-137641.jpg?v=1289407242" alt="La substitution mystique" title="La substitution mystique" />
     </div>
     <div>
      L'idée de la substitution est au centre de la grande oeuvre du théologien catholique Urs Von Balthasar, <span style="font-style:italic">La Dramatique divine</span>. Elle est l'axe de sa sotériologie et renvoie au thème du «merveilleux échange», l'<span style="font-style:italic">admirabile commercium</span> par lequel le Christ a assumé nos fautes et nos déficiences en se substituant à nous. Elle est réfutée par la plupart des exégètes et des théologiens modernes qui, par souci d'adaptation aux mentalités contemporaines, préfèrent se focaliser sur des concepts moins controversés, comme celui de solidarité, dont l'emploi en sotériologie entraîne une atténuation évidente du caractère dramatique de la Passion. En outre tout ce qui ressortit au sacrifice est devenu étranger à la pensée moderne, comme le souligne le Cardinal Ratzinger, devenu Benoît XVI en 2005 : «Réparation («expiation») peut évoquer quelque chose dans le cadre des conflits humains et de la liquidation de la culpabilité régnant entre les humains, mais sa transposition au rapport entre Dieu et l'homme ne réussit pas. On ne peut plus se figurer que la faute humaine puisse blesser Dieu, et encore moins qu'elle aurait besoin d'une expiation pareille à celle que constitue la croix du Christ. Il en va de même de la substitution vicaire : nous ne pouvons guère nous représenter encore quelque chose là dessous, notre image de l'homme est devenue trop individualiste» (<span style="font-style:italic">Conférence aux journées liturgiques de Fontgombault</span>, <span style="font-style:italic">La Nef</span>, octobre 2001).        <br />
              <br />
       Bien qu'elle ne trouve pas sa place dans la réflexion théologique contemporaine, la substitution est confirmée par une tradition mystique, celle de la suppléance, que le grand orientaliste, Louis Massignon (1883-1962), fait remonter au treizième siècle, ce siècle qui a vu naître l'ordre des Mercédaires, dont les membres s'offraient aux pirates barbaresques pour la délivrance de leurs frères chrétiens captifs.        <br />
       L'échange de place est le fondement de la vocation victimale des «compatientes» célébrées par le spécialiste de la mystique musulmane dans son <span style="font-style:italic">Opera Minora</span> : «Le 13eme siècle écrit-il - où la chrétienté du Moyen-Age fleurit en des œuvres architecturales d'une beauté suréminente, les cathédrales qui crouleront un jour - doit nous attirer encore bien davantage par ses oeuvres de sainteté qui ne périront jamais : les âmes sanctifiées, véritables &quot;cathédrales invisibles&quot;, immortelles celles-là, où la compassion adorante et réparatrice de l'Eglise offre à Dieu toutes les misères de l'humanité souffrante, unies, dans des calices divinisés, à la Passion de Notre Seigneur Jésus» (1).        <br />
              <br />
       Sainte Christine l'Admirable, dont toute la vie fut marquée du signe de la Croix, inspira l'élan sublime de la suppléance. Depuis ce temps la fécondité de la vie réparatrice n'a cessé de se manifester chez les saints :        <br />
              <br />
       « Au dessus de sainte Catherine de Sienne s'avançant vers le condamné à mort pour l'étreindre et le consoler avant qu'il s'abandonne au bourreau de la justice, - voici Christine qui monte sur le gibet pour prier et souffrir aux côtés du criminel déjà étranglé, avide de ravir son âme à la damnation en s'associant à ses tortures physiques...Cette vocation de victime dont Christine l'Admirable est peut-être le premier cas intégral et exclusif en Chrétienté occidentale, s'est rencontrée depuis le XIIIeme siècle, de plus en plus fréquemment, en nos pays afin de contrebalancer, sans doute le poids croissant des iniquités commises. Dans le diocèse de Liège et son voisinage immédiat Meuse et Rhin, nous trouvons depuis : Christine de Stumbele (morte en 1312), Ida de Louvain (1300), Lidwine de Schiedam (1433), Marguerite van Valkenissen (1658 ), Marie Ock (1684), Anne Catherine Emmerich (1824), Louise Lateau (1883) toutes compatientes et réparatrices...        <br />
       «Pour achever de cimenter l'union de tous en son Eglise, Dieu incite des âmes de plus en plus fréquemment, à mener une vie de silencieuse offrande et d'expiation. Pour les y attirer, Il les visite dans la nuit et le secret  ; comme un voleur, Il perce à travers la paroi opaque qui les abritait. On croyait bien close la maison d'incrédulité, cimentée avec la richesse, l'homme mondain, le vain savoir,  mais voici, toutes portes fermées, quelqu'un qui paraît au centre, avec les instruments de sa Passion, les «Arma Christi» comme on disait au temps de sainte Christine l'Admirable, et ses cinq plaies ouvertes à cause de nos péchés...» (<span style="font-style:italic">Opera Minora</span>, p.637-639)        <br />
              <br />
       Il importe au chrétien de perpétuer cette voie de la substitution mystique ou de la compassion réparatrice. Il lui faut accepter toutes les souffrances physiques, morales, spirituelles qu'il plait à Dieu de lui envoyer pour participer au rachat et à la libération des âmes encore captives. «Mettre en jeu son âme pour ses frères, comme l'a fait le Seigneur lui-même écrivait Urs von Balthasar, ce n'est point pratiquer une forme héroïque d'amour qui trancherait sur la vie quotidienne de chaque jour, c'est l'alpha et l'oméga de cette vie».         <br />
              <br />
       Le personnage de Violaine dans <span style="font-style:italic">L'Annonce faite à Marie</span> est une élue de la douleur, une de ces «cathédrales invisibles» magnifiées par l'écriture si vibrante de Massignon. Elle incarne d'une manière parfaite la loi de substitution mystique. Pour obtenir le salut des égarés elle se fait victime expiatrice. Sa vie est alors traversée de souffrances atroces. A Mara qui lui demande à quoi peut servir une lépreuse aveugle, Violaine répond :       <br />
              <br />
       «Le mâle est prêtre, mais il n'est pas défendu à la femme d'être victime.        <br />
       Dieu est avare et ne permet qu'aucune créature soit allumée        <br />
       Sans qu'un peu d'impureté s'y consume,        <br />
       La sienne ou celle qui l'entoure, comme la braise de l'encensoir qu'on attise !       <br />
       Et certes le malheur de ce temps est grand.        <br />
       Ils n'ont point de père. Ils regardent et ne savent plus où est le Roi et le Pape.        <br />
       C'est pourquoi voici mon corps en travail à la place de la chrétienté qui se dissout.       <br />
       Puissante est la souffrance quand elle est aussi volontaire que le péché» (Paul Claudel, <span style="font-style:italic">L'annonce faite à Marie</span>)       <br />
              <br />
       De même, la loi de substitution, «cette merveille de la charité absolue, cette victoire surhumaine de la mystique» (Huysmans) sous-tend le thème principal de la pièce en vers de Mère Marie Skobtsov, <span style="font-style:italic">Anna</span>, qui s'apparente comme l'oeuvre de Claudel à un mystère médiéval. Dans son essai d'autobiographie spirituelle, Berdiaev esquisse en quelques traits le portrait de Mère Marie, moniale orthodoxe qui a combattu les injustices du siècle avec une énergie peu commune, morte en 1945 dans les chambres à gaz de Ravensbrück pour avoir sauvé des juifs, canonisée en février 2004 par l'église orthodoxe : «Parmi les nouvelles relations écrivait-il en 1947, il y avait la Mère Marie, déportée et morte en Allemagne. Je considère Mère Marie comme l'une des femmes les plus marquantes dans l'émigration russe. Son destin semble refléter le destin d'une époque. Il y avait en elle quelques-uns des traits qui nous séduisent chez les saintes femmes en Russie : tournée vers le monde, elle était avide de soulager la souffrance humaine. Elle avait l'esprit de sacrifice et d'intrépidité» (Buchet-Chastel p.353)        <br />
       Dans cette pièce Anna et Paula incarnent deux types de vocations. Selon Paula, «le moine doit oublier le monde et ses laideurs, rechercher la paix intérieure et prier en respectant scrupuleusement la sainte règle». Anna affirme le contraire : «Le monastère c'est le monde. Le moine est une pelle dans les mains du Divin Jardinier. Le moine est appelé à donner sa vie pour sauver son prochain». Exhortée par son évêque à assumer sa vocation, «Anna accepte de se charger des péchés d'un damné, sorte de Faust ayant passé un pacte avec le diable. Mourir pour les péchés qu'elle n'a pas commis est pour elle la forme la plus élevée de la charité. Très forte cette pièce attend toujours son metteur en scène» ( Hélène Arjakovsky-Klépinine, La joie du don, in <span style="font-style:italic">Le Sacrement du frère</span>, Cerf)       <br />
              <br />
       Article extrait de ma thèse sur la <a class="link" href="https://www.sombreval.com/Bibliotheque-numerique-Sombreval_a710.html">Réversibilité</a>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Rencontre avec Urs von Balthasar</title>
   <pubDate>Sat, 20 Nov 2004 00:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
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        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.sombreval.com/photo/art/default/96103-137702.jpg?v=1289407244" alt="Rencontre avec Urs von Balthasar" title="Rencontre avec Urs von Balthasar" />
     </div>
     <div>
      Sur le site <span style="font-style:italic">Dieu parmi nous</span>, vous avez la possibilité de visionner une « Rencontre » avec le grand théologien catholique Urs Von Balthasar, dans le cadre de l'émission du même nom présentée à la télévision de Radio-Canada dans les années 1970 et 1980 (Voir la <a class="link" href="http://www.dieu-parmi-nous.com/r.videos.html">sélection des émissions</a> : Rencontres avec Olivier Clément, Julien Green, le père Congar, Claude Tresmontant et bien d'autres...). Cette rencontre est divisée en deux émissions d'une durée de 25 minutes environ. Dans la première, le théologien évoque son admiration pour les écrivains catholiques français (Bernanos, Claudel), sa rencontre avec Adrienne Von Speyr (1902-1967), l'influence qu'elle a exercée sur son destin et sa pensée.       <br />
       Dans la deuxième émission il aborde les thèmes centraux de sa théologie centrée sur la Croix : la substitution, le drame intratrinitaire ( cf : voir son oeuvre magistrale <span style="font-style:italic">La Dramatique divine</span>)...        <br />
       Il s'agit d'un document exceptionnel à ne pas manquer        <br />
              <br />
       Cliquez sur <a class="link" href="mms://ww.dieu-parmi-nous.com/urs.von.balthazar.1.wmv">Emission 1</a>            <br />
       <a class="link" href="mms://ww.dieu-parmi-nous.com/urs.von.balthazar.2.wmv">Emission 2</a>              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>La colère de Dieu (Urs von Balthasar)</title>
   <pubDate>Fri, 11 Apr 2003 00:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Textes]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.sombreval.com/photo/art/default/95968-137394.jpg?v=1289407223" alt="La colère de Dieu (Urs von Balthasar)" title="La colère de Dieu (Urs von Balthasar)" />
     </div>
     <div>
      Cette « colère » n’est pas un « comme si », mais la pleine réalité : elle est un non catégorique de Dieu au comportement adopté en face de lui par le monde. Dieu se doit à lui-même et à la justice d’amour de son alliance, de prononcer ce non et de le maintenir aussi longtemps que sa volonté ne sera pas accomplie sur la terre comme au ciel. Que pourrait ici réaliser « le sang des boucs et des agneaux » ? Des cérémonies d’expiation qui ne servent qu’à réveiller périodiquement le souvenir du péché (He 10,4.3) ? Déjà le Dieu de l’Ancienne Alliance avait déclaré qu’il ne désirait pas cela mais seulement « l’esprit brisé, le cœur brisé, broyé ». Mais qui peut cheminer sous cette colère, de telle sorte qu’elle soit apaisée ? Non pas le pécheur, car celui-ci excite la colère, tant qu’il est pécheur. Il ne reste pas d’autre réponse que celle qui est donnée par l’Ecriture de l’Ancienne Alliance et de la Nouvelle Alliance : celui qui est sans péché, qui « n’a jamais fait de tort ni de sa bouche proféré de mensonge. Yahweh s’est plu à l’écraser par la souffrance, s’il offre sa vie en expiation.. » (Is 53,9-10). Ce qui choque dans cette pensée, c’est l’idée de substitution.        <br />
       Le paradoxe n’est pas éludé dans l’accomplissement de la nouvelle Alliance : Jésus est cet homme sans péché qui offre son âme propre, c’est à dire toute son existence (« son sang ») comme victime intègre et sans tache.        <br />
       Mais pourquoi cela doit-il être efficace pour tous les autres ? Pour le comprendre, on ne sera guère aidé en définitive par une théorie juridique de l’imputation (les mérites de celui qui est pur sont comptés aux pécheurs), ni par une théorie physique de la solidarité (en vertu de l’Incarnation, Jésus représente toute la nature humaine devant Dieu), mais uniquement par l’idée néo-testamentaire de l’amour divin qui, <span style="font-style:italic">par amour</span>, prend sur lui les péchés du monde. Cet amour <span style="font-style:italic">doit</span> être double : l’amour de Dieu le Père, qui permet à Dieu le Fils d’aller, dans l’obéissance absolue de la pauvreté et de l’abandon, là où il ne peut plus être que pure réceptivité pour la « colère » divine ; et l’amour de Dieu le Fils qui, par amour, s’identifie à nous pécheurs (He 2,13)..       <br />
              <br />
       Hans Urs von Balthasar, <span style="font-style:italic">La gloire et la croix</span>, <span style="font-style:italic">Théologie</span>, p.179       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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