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  <title>Sombreval</title>
  <description><![CDATA[Sombreval.com est un webzine catholique. Ses domaines de prédilection sont l’exégèse biblique, la littérature et la théologie.]]></description>
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  <dc:date>2026-08-09T09:16:00+02:00</dc:date>
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   <title>Laura Garner (Le Projet Fedorov, extrait)</title>
   <pubDate>Thu, 30 Aug 2018 20:32:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.sombreval.com/photo/art/default/20914625-24180461.jpg?v=1537033960" alt="Laura Garner (Le Projet Fedorov, extrait)" title="Laura Garner (Le Projet Fedorov, extrait)" />
     </div>
     <div>
       Je publie un nouvel extrait du <span style="font-style:italic">Projet Fedorov</span> (à paraître prochainement) : <span style="font-style:italic">L'entraînement de Laura Garner</span>.        <br />
       <span style="font-style:italic">L’histoire</span> (partie II) : Le Vatican fait appel à son meilleur agent, Nicolas S, pour déjouer les plans d’une mystérieuse organisation déterminée prendre le contrôle du Projet Fedorov. Pour accomplir sa mission, il met en place une équipe de choc et s’adjoint l’aide de Laura Garner, la réplique génétique d’une star d’Hollywood. Ensemble ils devront affronter le plus redoutable des adversaires, celui qui se fait appeler le Précurseur, premier-né d’une nouvelle race d’humains.        <br />
               <br />
       <span style="font-style:italic">3ème jour d’entraînement </span>       <br />
              <br />
       Laura sort du vestiaire et rejoint le dojo où l’attend le Maitre instructeur John Smith, accroupi en position de méditation. Sa tenue d’entraînement est plutôt classique. Elle se compose d’un pantalon de yoga noir et d’un haut assorti qui ressemble à une brassière de sport, sous un débardeur échancré. La jeune femme s’assoit à côté de l’instructeur et effectue avec lui des exercices énergétiques, entrecoupés de respirations profondes. Puis les choses sérieuses commencent. Smith, ancien membre d’une unité commando américaine, a été formé par le grand Maître Yin Lee Chong. Devenu Hanshi à son tour, il a acquis parmi ses élèves une réputation d’instructeur hors pair. Il enseigne le Kung-Fu et le Krav Maga Security, style de défense inspiré de situations réelles et de combat des rues. Le Vatican lui a décerné il y a vingt-cinq ans la médaille de l’Ordre de saint Grégoire pour avoir réussi à démanteler la conspiration à l’origine du Vatileaks. On dit qu’il aurait participé à la liquidation du puissant réseau H qui avait infiltré la Curie. Sa trajectoire n’est pas sans rappeler celle d’un acteur américain aujourd’hui oublié : un certain Chuck Norris. «Les arts martiaux ressemblent au message de la Bible», aimait-il à dire. Ce message, l’instructeur l’a repris à son compte et il a des méthodes bien particulières pour l’enfoncer dans la tête de ses élèves.         <br />
       Nicolas S se tient à l’écart, près du mur du fond, attentif au déroulement de l’entrainement. Là-haut, dans la cité orbitale, la jeune femme sera seule en première ligne. Elle doit être capable de faire face à toutes les menaces. Un mauvais choix, une technique utilisée à mauvais escient pourraient lui être fatals.       <br />
              <br />
       Laura feinte et esquive les coups de Smith qui répète d’une voix ferme ses instructions : «<span style="font-style:italic">One, two, three, cross</span>…  <span style="font-style:italic">keep the hands up</span>… <span style="font-style:italic">One, two, three, dunk</span>…» Le rythme s’accélère. L’instructeur tourne maintenant autour d’elle : « <span style="font-style:italic">Punch the glove that I put out nearest to you</span>... <span style="font-style:italic">Punch faster</span>… <span style="font-style:italic">Punch twice</span>…» Laura le suit en cadence, enchaine les combinaisons en essayant à chaque coup d’augmenter sa puissance de frappe. Puis soudainement, placée face à lui, elle décoche un revers balancé frontal dont elle a le secret. L’instructeur bloque le coup avec le dos de sa main. Le Haishu-uke exécuté avec perfection fait perdre l’équilibre à Laura. Dans la foulée et sans la moindre hésitation, Smith lui assène un terrible coup de poing au ventre. Elle chancelle sous le choc et bascule sur le flanc. Un cri de douleur lui échappe. Nicolas S reste comme pétrifié. Le cri n’en finit pas de résonner à ses oreilles. Alors qu’il s’avance vers elle, Smith lui fait signe de rester à sa place. Il retire ses gants d’entrainement et se penche sur la jeune femme, qui peine à reprendre son souffle. Il l’empoigne alors par la chevelure et lui tend son poing menaçant. «A qui tu crois avoir affaire ?», lui murmure-t-il à l’oreille avant de la relâcher. Il se lève, le sourire au coin des lèvres.        <br />
       – Ne t’avise jamais en combat réel de tenter un coup aussi stupide. L’équilibre… Tu dois toujours garder l’équilibre…. Maintiens toujours tes défenses en alerte. Enchaine les frappes rapides, au ventre, dans les reins, à la tempe. Pas de fioritures surtout. Tu dois être comme un serpent autour de ton adversaire et lui asséner des coups qui font mal… Maintenant, redresse-toi.        <br />
       Laura se lève en se tenant le haut du ventre. Elle cherche son ami du regard. Nicolas S détourne la tête à l’instant où leurs yeux se croisent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      L’entraînement reprend dans une ambiance pesante. Smith initie la jeune femme aux techniques de dégagement et de désarmement. Les exercices se succèdent sans interruption. La fatigue, qui a épargné Laura jusqu’à présent, la gagne peu à peu et engourdit ses membres. Ses mouvements perdent de leur vivacité. Et finalement l'inévitable survient. Relâchant sa concentration, elle reçoit un coup en plein visage. «Réveille-toi espèce d’idiote» lui hurle Smith. Nicolas S blêmit ; il se sent impuissant, presque tétanisé. Ça repart. La tension monte encore d’un cran. Une insulte fuse. Celle de trop… Laura, d’un bond, vient se poster devant l’instructeur, lui agrippe le cou avec sa main droite et, plantant son regard d’acier dans le sien, lui lance :        <br />
       – Ecoute bien enfoiré. Je te conseille d’arrêter tout de suite ce petit jeu. Tes élèves ont peut-être un secret pour te supporter. Moi, je suis à deux doigts de t’éclater la tête. Fais très attention à toi. Si tu t’avises encore une fois de me parler mal, je te transforme en punching-ball et je te fais avaler une à une toutes tes médailles. Tu m’as bien compris ? (1)        <br />
       Smith regarde la jeune femme avec attention. Qui peut arrêter une bête en furie ?        <br />
       – Enfin, dit-il, le sourire en coin… La fille du feu entre en action. Je commençais à m’impatienter… Nous allons enfin pouvoir commencer ta formation».       <br />
              <br />
       1) traduction approximative de l'argot américain.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>American bombshell (Le Projet Fedorov, épisode 13)</title>
   <pubDate>Sat, 07 Jan 2017 17:48:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.sombreval.com/photo/art/default/10916268-18061056.jpg?v=1536955474" alt="American bombshell (Le Projet Fedorov, épisode 13)" title="American bombshell (Le Projet Fedorov, épisode 13)" />
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     <div>
      La statue de la Liberté niçoise est implantée au milieu du Quai des États-Unis. Laura s’arrête pour l’observer. Cette statue a été dressée il y a une trentaine d’années pour célébrer les liens séculaires unissant Nice et les États-Unis d’Amérique. Nicolas S se tient tout près de la jeune femme et la regarde du coin de l’œil. Elle paraît d’abord troublée. Mais, bientôt, un doux sourire se dessine sur son visage. Des souvenirs implantés, remontant à la période la plus glorieuse de la carrière de Megan Garner, émergent à la surface de sa mémoire. Elle voit son étoile rose sur le Hollywood Walk of Fame. Elle la voit rayonnante aux avant-premières de ses films à Londres et Los-Angles ou au <span style="font-style:italic">Comic Con</span> de San Diego. Elle la voit monter les marches du Festival de Cannes. Laura est heureuse pour elle. Mais ces images, qui défilent les unes après les autres, menacent d’envahir tout le champ de sa conscience. Elle sait qu’elle doit contrôler son personimage. Son <span style="font-style:italic">soi</span> qui régit en elle la gravitation mentale des images lui envoie ce signal : off.        <br />
       Ils finissent par s’éloigner de la statue. Des badauds se retournent sur le passage de la jeune femme. Nicolas S comprend qu’il est de temps de trouver un endroit discret, à l’abri des caméras et des regards fureteurs. La plage du <span style="font-style:italic">Beau Rivage</span> fera l’affaire. Sa grande terrasse face à la mer offre le cadre idéal pour un déjeuner en tête-à-tête. Nicolas se surprend à regarder fébrilement autour de lui. Les plagistes et les droïdes serveurs s’affairent. Il ne détecte aucune présence suspecte. Les voiles d’ombrage vont les protéger de l’œil des drones. Tous deux s’assoient. Laura détache ses cheveux maintenus en chignon flou. Ses longues mèches de jais retombent en cascade ondoyante sur ses épaules. Pour masquer son trouble, Nicolas S s’empare d’un <span style="font-style:italic">menu digital card</span>, glisse ses doigts sur la surface tactile en faisant mine de s’y connaitre en matière de gastronomie locale. Il opte en entrée pour un tataki de Thon rouge au sésame et sa sauce sucrée au wasabi et choisit en plat un saumon en escalope cuit vapeur émulsion de fenouil. Il relève la tête et s’aperçoit que la jeune femme ne l’écoute pas, qu’elle semble ailleurs, comme absorbée dans son rêve éveillé. Son regard, tourné vers la mer, se perd dans le lointain, vers le ciel, là où les navettes se métamorphosent en nuées lumineuses, avant de disparaître dans l’espace. Puis elle lui dit après un moment de silence :       <br />
       - C’est étrange, je n’ai pas de souvenirs relatifs à la conquête spatiale. J’étais déjà née lorsque les premières colonies interstellaires ont vu le jour. Sœur Agnès m’a parlé un peu, vaguement, du Projet Fedorov. Je me suis parfois aventurée jusqu’au cosmodrome… mais je n’ai pas de souvenirs et…       <br />
       Après un moment d’hésitation elle ajoute :        <br />
       - Mon programme… il ne me dit rien…        <br />
        Nicolas S la coupe aussitôt :        <br />
       - Ce n’est pas au programme que vous devez vous fier. Je vous apprendrai ce qu’il faut savoir, au fur et à mesure…       <br />
       - J’ai surtout besoin qu’on me dise la vérité. Vous m’excuserez, d’ailleurs, de vous poser cette question toute simple. Ce projet de Fedorov, il a d’abord pour but la résurrection de nos parents et de nos ancêtres, c'est exact ?         <br />
       Nicolas S reste un moment silencieux, puis lui répond :       <br />
       - C’est en partie vrai. Mais, à mon sens, il a surtout servi à justifier le financement de l’exploration spatiale. Ce projet de résurrection artificielle des morts nécessite au préalable la découverte de nouvelles planètes habitables. Il a donc permis de donner une impulsion définitive aux  recherches sur les technologies de navigation interstellaire. Il n'a été en fait qu'un prétexte. L’explosion démographique, les invasions migratoires, les dérèglements climatiques ont rendu la «solution Fedorov» acceptable pour tous. C’est pourquoi une coalition internationale s’est rapidement mise en place. Tout a été très vite.        <br />
       - Pourtant, il me semble que les premières expériences pour faire ressusciter les défunts ont coïncidé avec le lancement des premières missions d’exploration. Elles n’ont jamais cessé depuis lors. Et il y a eu des prototypes…       <br />
       Nicolas S ne répond rien. Laura plante son regard dans le sien. Il comprend qu’elle est en train de le passer au scanner. Il doit vite trouver un sujet de diversion. Heureusement, la jeune femme prend les devants.         <br />
       - Vous savez, je me suis documentée, lui dit-elle d’une voix enjouée. Je crois qu’il est temps de commander, non ?        <br />
       - Vous avez choisi ?        <br />
       - J’ai passé le menu au peigne fin, dans ma tête, pendant que nous discutions. Pour moi donc ce sera un simple Chicken Burger, accompagné d’un Cherry Coke.        <br />
       - Le Burger ? lui dit-il en reprenant sa tablette. Un menu américain donc… vos origines sans doute ?        <br />
       - Non, juste une question de goût… Et j’ai beau être américaine, je parle couramment votre langue. Je suis un peu française, non ?        <br />
       - Sans doute. Vous pouvez ainsi au gré de votre fantaisie choisir d’être une azuréenne ou une californienne. Mais vous n'en restez pas moins une fille du soleil.        <br />
       Laura esquisse un léger sourire puis pianote à nouveau sur sa tablette.        <br />
       - Voilà, j’ai aussi commandé des snow cones en dessert. Que diriez-vous d’aller les savourer après le repas sur deux de ces beaux transats bleus et blancs, au bord de l’eau ?       <br />
       Nicolas S saute sur l’occasion. Il a besoin de marcher un peu, de détendre son esprit.         <br />
       - Avec plaisir. Je m’en vais de ce pas les réserver.        <br />
       Il se lève et se dirige vers un plagiste qui zigzague entre les transats… Des snow cones, c’est quoi ça, se demande-t-il…        <br />
       ……………
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.sombreval.com/photo/art/default/10916268-18061057.jpg?v=1483808230" alt="American bombshell (Le Projet Fedorov, épisode 13)" title="American bombshell (Le Projet Fedorov, épisode 13)" />
     </div>
     <div>
      Bercé par le clapotis des vagues, Nicolas S se prélasse sur son transat couleur du ciel. Face à lui, la mer. Ou plutôt un petit groupe de jeunes munis de capteurs et de lunettes à réalité augmentée. Directement connectés à Virtuanet, ils sont immergés dans un jeu en ligne multijoueur. Ils ont adopté le mode escarmouche dans une énième version de <span style="font-style:italic">Warcraft</span>. Leurs propres clones virtuels s’animent dans un décor peuplé de furbolgs, de trolls, de gnolls, tous plus vrais que nature. Nicolas S cherche Laura du regard. Elle se baigne tout près du groupe. Sa silhouette ambrée, qui évoque celle d’une sauveteuse de Malibu, se découpe sur fond d’azur. Elle rejoint le ponton de la plage pour s’y allonger. Sa peau ruisselante d’eau scintille par endroits sous les rayons du soleil parvenu au zénith. Elle est maintenant dans le champ de vision des joueurs, là où ont pris position des orcs aux crocs dégoulinant d’une bave noirâtre. Elle se couche sur le dos, une jambe tendue, l’autre pliée, campée dans une pose sculpturale….       <br />
       ... Les jeunes ont interrompu leur jeu et finissent par s’éloigner. Nicolas S ferme les yeux à son tour mais il ne parvient pas à s’assoupir. Ses pensées le ramènent toujours à la jeune femme. Surtout, il cherche à analyser l’étrange impression qu’il a ressentie à plusieurs reprises en la regardant se baigner. L’impression de voir sa mère reviviscente en elle. L’actrice. La bombshell américaine comme la surnommait un critique des <span style="font-style:italic">Cahiers du Cinéma</span>. La femme technicolor. S’agit-il là de l’effet d’une autosuggestion ? Nicolas S n’arrive toujours pas à accepter l’idée que cette femme ait voulu se répliquer. Mais la technologie serait-elle seule en cause dans ce dédoublement qu’il a cru ou voulu percevoir ? Devra-t-il plutôt l’imputer à cette force, à cette magie mystérieuse de la nature qui la rend capable de conformité dans la multiplicité ? Sœur Agnès lui a appris que les personimages peuvent véhiculer les systèmes verbaux, auditifs, visuels et même corporels des ancêtres. «<span style="font-style:italic">N’essayez jamais de rompre l’attachement naturel qu’elle éprouve pour sa mère</span>», lui avait-elle rappelé avec fermeté. Oui, se dit-il, mais Megan Garner est bel et bien morte. Que reste-t-il maintenant de son vœu d’immortalité ? Un hologramme en 3D ? Elle a cherché à ruser avec la mort mais elle a perdu la partie. Un rictus de contentement se dessine sur les lèvres de Nicolas S. Mais la voix de Sœur Agnès lui parle encore, quelque part. Il la revoit en pensée et l’entend à nouveau. Que lui dit-elle ?        <br />
              <br />
       - Écoutez bien cher Nicolas… La mère de Laura a voulu prendre part à sa propre résurrection. Elle a partagé les chimères de Fedorov. Il ne reste d’elle qu’une insaisissable présence numérique, activable selon le bon vouloir de ses derniers proches. Les films qui ont fait sa renommée n’intéressent plus personne. Son nom même tombera bientôt dans l’oubli. Pourtant, il reste ce lien indéfectible qui la relie à sa fille. Ce lien qui ne peut être tranché. Ce lien qui oblige Laura à se porter garante de sa mère et à racheter ses fautes. C’est pourquoi elle va vous suivre et vous aider… Voilà… Maintenant, Nicolas, prenez ce flyer que vous tend la jeune fille et préparez-vous à passer une belle soirée au clair de lune avec Laura. Profitez-en car demain sera un autre jour et une mission des plus redoutables vous attend.        <br />
              <br />
       Il ouvre les yeux. Une jeune fille lui tend un flyer coloré en souriant. C’est un carton d’invitation à une Beach Party qui se tient en face du Negresco. Il lit quelques lignes au dos : «… au cœur de la plage privée nouvelle génération <span style="font-style:italic">Blue Beach</span> qui mêle détente, luxe et art de vivre authentique, une programmation exigeante et éclectique vous est réservée. Notre piste de danse équipée de la technologie <span style="font-style:italic">Hologram dance dance révolution</span> vous promet des moments inoubliables». Encore un truc en 3D japonais, se dit-il en soupirant. Cette dernière phrase lui paraît destinée : «… sous le ciel parsemé d’étoiles et de navettes spatiales, les couples se rapprocheront aux sons de nos Love Songs soigneusement sélectionnées…» Love Songs… Ces mots pleins de promesse le remplissent d’inquiétude. Saura-t-il se montrer à la hauteur ? Il ne peut pas se permettre d’échouer. Toutes les cartes sont entre ses mains.        <br />
              <br />
       A suivre : Une nouvelle menace (épisode 14)       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <title>Nissa la bella (Le Projet Fedorov, épisode 12)</title>
   <pubDate>Fri, 02 Sep 2016 17:55:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.sombreval.com/photo/art/default/10141485-16523235.jpg?v=1472832635" alt="Nissa la bella (Le Projet Fedorov, épisode 12)" title="Nissa la bella (Le Projet Fedorov, épisode 12)" />
     </div>
     <div>
      La Grande Mue s’est déjà produite. Le monde a été configuré à la mesure de la techno-science dominatrice. Voici maintenant arrivé le moment cyborg de l’humanité. Ce moment où l’on peut s’éprendre d’une jeune femme neuroprogrammée, s’assoir avec elle à une terrasse au bord de mer, les yeux fixés sur la traînée d’or laissée dans le ciel par les navettes filant vers Alpha du Centaure.       <br />
              <br />
       Nicolas S est resté plusieurs jours sans voir Laura. Il préparait son départ. Il préparait sa fuite. Inquiète de son silence, la Sœur de la Charité est venue lui rendre visite. Elle fait partie des rares personnes à connaître son adresse, avec l’instructeur des Chevaliers de Colomb et un Cardinal de la Curie romaine. C’est lui qui a mis à sa disposition le petit studio meublé qu’il occupe depuis plusieurs semaines. Nicolas S a déposé boissons et gâteaux sur la petite table au milieu de la pièce, une <span style="font-style:italic">Digitable</span> avec projecteur holographique intégré. Sœur Agnès s’est assise et a pianoté quelques mots sur le clavier virtuel. Soudainement une image est apparue au milieu de la pièce et des pages internet ont commencé à défiler sur le mur en face. Une grande image en 3D du fils Daudet surnommé le gros Léon à son époque, et des informations ayant trait à un phénomène courant de l’activité mentale : le rêve éveillé. Elle a downloadé une œuvre de Daudet, surligné quelques passages avant de les rétroprojeter sur différents pans du mur.        <br />
       - Qu’est-ce que le rêve, Nicolas ?  Vous allez peut-être me répondre qu’il s’agit d’un attribut du sommeil. Eh bien pas seulement car le rêve, comme l’explique notre auteur, est sans cesse mêlé à notre vie courante, même éveillée. Chez chacun de nous le rêve éveillé existe à l'état presque constant. Je le cite : il est «un passage continuel, à l'horizon mental, de lambeaux de souvenirs, d'images de toute sorte, elles-mêmes fragments de personnes héréditaires». Vous faites le rapprochement avec Laura ?        <br />
       - Je crois. Elle souffre d’une forme mutante du rêve éveillé, provoquée par la technique de la refabrication mémorielle. L’hérédité et la neuroprogramnation mettent en œuvre les mêmes mécanismes psychiques.        <br />
       - Oui mais ne séparez pas les deux processus. Que Laura ait été conçue naturellement ou artificiellement importe peu. Megan Garner reste sa mère.        <br />
       - Une mère dévoratrice, devriez-vous ajouter. Sa mère porteuse a loué son ventre, certes. Mais elle l’a portée dans sa chair pendant  tout le temps de la grossesse. Elle ne la connaitra jamais. L’autre…       <br />
       - Nous n’avons aucune information sur la conception de Laura. Il vaut mieux ne rien savoir. N’abordez jamais ce sujet avec elle. Megan Garner est sa mère. C’est la seule certitude à laquelle nous devons nous accrocher.        <br />
       Surpris par le ton sec et sévère de Sœur Agnès, Nicolas S est resté quelques instants silencieux. Puis il a lu à voix basse quelques passages des textes projetés sur le mur… <span style="font-style:italic">Notre mémoire est hantée par le spectre de nos ancêtres</span>… <span style="font-style:italic">Un ou plusieurs fantômes se superposent à notre personnalité et nous entraînent dans des directions que nous n’avons pas choisies, qui nous répugnent</span>… <span style="font-style:italic">La volonté peut modifier les phénomènes héréditaires, en agissant sur les images intérieures</span>. Sœur Agnès l’a alors interrompu :        <br />
       - Vous comprenez pourquoi il fallait intervenir très vite avec Laura et empêcher que le fantôme de l’actrice américaine ne prît le contrôle d’elle-même. Son atout maître, c’est sa force de volonté. Elle a toujours cherché à repousser les souvenirs et les images reliés à sa mémoire truquée. Car aucune contrainte, aucune technologie ne pourra jamais annihiler cette part libre et <span style="font-style:italic">intransmissible</span> de la personnalité, que Daudet appelle le <span style="font-style:italic">soi</span>, sorte de régulateur du rêve éveillé. Laura était prête au combat, depuis le commencement. Je l’ai seulement accompagnée. Et c’est à votre tour maintenant de l’aider.        <br />
       - Comment… comment ça ?        <br />
       - Vous l’aiderez et elle vous aidera.        <br />
       - Mais mon départ est proche, je vais partir…. Elle ne pourra pas…       <br />
       Sœur Agnès s’est tue quelques instants.       <br />
       - Mon cher Nicolas, je crois qu’une petite pause ne serait pas superflue. Et si nous sortions un peu ? Allons nous balader sur la Promenade des Anglais.           <br />
       - Malgré toutes les caméras de surveillance ? Vous savez bien que…        <br />
       - Le meilleur moyen de sa cacher c’est encore de se fondre dans la foule, de faire comme tout le monde. Quant aux caméras… si vous saviez…        <br />
       Nicolas S n’a pas compris le sens de ses paroles. A force d’insistance elle a fini par le convaincre de l’accompagner. Sa première sortie sur la Promenade...        <br />
       <span style="font-style:italic">Nissa la bella</span>, à jamais associée à Laura. Il partira et ne les reverra peut-être plus. La Ville, sa Baie des Anges et la jeune femme programmée. Ils ont marché. Sont-ce les caméras qui l’ont repéré ou lui qui les a repérées ? Il n’aurait su le dire. Elles sont partout. Cameras rotatives Gear 360, à peine visibles sur les palmiers ou bien en vue de tous sur des pylônes, tous les 50 mètres. Cameras bulles sur les façades des immeubles rescapés de la Belle Époque. Il a regardé avec fascination le ballet des drones survolant la Promenade, avec nanocaméras embarquées. <span style="font-style:italic">C’est dangereux mais c’est beau</span> s’est-il dit. Ils ont croisé des rocketskaters, des robocops, d’étranges anibots chargés du nettoyage de l’avenue et des plages, d’innombrables vacanciers qui n’ont pas changé de look depuis des décennies : style Quicksilver ou Bikini.        <br />
       ………....       <br />
       Sœur Agnès ralentit le pas depuis quelques minutes. Ils ont longé le Palais de la Méditerranée et se dirigent vers la Colline du Château. Au milieu du Quai des États-Unis elle s’arrête soudainement.        <br />
       - Voilà, nous allons nous quitter. Laura nous attend, près de la plage du Castel. Elle est assise sur une chaise, voyez là-bas, sur une de ces chaises bleues niçoises qui sont un peu le symbole de la Promenade. Vous allez l’inviter au restaurant, sur la plage ou dans la vielle ville. Nos chemins se séparent maintenant, vous comprenez ?       <br />
       Elle lui prend la main et la tient quelques instants. Puis elle s’éloigne, en direction de l’Église du Vœu. Que faire alors ? Nicolas S hésite à rebrousser chemin. Elle est là-bas, la jeune femme programmée. Sa silhouette se précise à mesure qu’il s’approche. Sa couleur de peau est celle de l’ambre ensoleillée. Elle porte un short bleu clair et un léger débardeur. Elle est brune et elle est belle…       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Cosmic Girl (Le Projet Fedorov, épisode 11)</title>
   <pubDate>Mon, 22 Feb 2016 16:26:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Can't you be my cosmic woman ? I need you, I want you to be my cosmic girl For the rest of time (Jamiroquai)     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.sombreval.com/photo/art/default/8993555-14273991.jpg?v=1456170962" alt="Cosmic Girl (Le Projet Fedorov, épisode 11)" title="Cosmic Girl (Le Projet Fedorov, épisode 11)" />
     </div>
     <div>
      Il est heureux que la presse à sensation n’ait jamais été informée de la présence à Nice de la mystérieuse jeune femme qui a prêté sa structure corporelle à Megan Garner. Le secret en effet a été bien gardé. Laura a quitté le centre neuropsychiatrique de l’hôpital Sainte-Marie depuis quelques jours. Les sœurs missionnaires de la Charité ont accepté de l’accueillir dans l’une de leurs institutions. Elle occupe maintenant une petite chambre dans un immeuble du Vieux-Nice appartenant à la congrégation. Nicolas S vient souvent lui rendre visite à la tombée de la nuit. C’est pour elle qu’il est revenu. Il limite au minimum ses déplacements pour éviter d’être repéré. Nul doute que les meilleurs agents de la <span style="font-style:italic">Life extension Corporation</span> sont déjà à ses trousses. Il sait qu’il n’est pas en sécurité à Nice, ville ultra-surveillée. Des milliers de caméras 360, équipées de morpho-analyseurs, balayent chaque quartier, chaque rue, en ses moindres recoins. Il est évident que l’organisation dispose des ressources technologiques pour se connecter à n’importe quel réseau de surveillance. Jusqu’à quand pourra-t-il échapper à ses traqueurs ? Le temps lui est compté et rien ne permet d’assurer que Laura puisse un jour sortir de son enfermement intérieur. Il se sent responsable de ce qui va advenir à la jeune femme. Car il lui a donné un nom. Pas n’importe lequel. Un nom nouveau, personnel, abolissant le nom-simulacre, sorte de monstre onomastique qui absorbe toutes ses forces vives. L’implant mémoriel connecté à son système nerveux la rend toujours sujette à des troubles dissociatifs. Elle est assaillie de manière récurrente par des pensées, des suggestions et des souvenirs intrusifs. Porteuse d’un fantôme psychique, elle va devoir apprendre à lutter, à le maintenir sous le contrôle de son esprit. <span style="font-style:italic">Compos mentis</span> disait le latin. Ce fantôme, généré par la technologie dite du nano-remplacement, n’a de cesse de la tourmenter, de faire défiler sur son écran mental des fragments de souvenirs non-vécus, des séquences parfois ininterrompues d’images, qu’elle ne parvient pas à juguler et ordonner. Les programmeurs ont eu tôt fait de constater l’échec de l’opération d’uploading. Ils ont conclu à la bio-incompatibilité de la nanostructure injectée dans son cerveau. C’est ainsi que jeune femme est devenue un rebut, sans identité propre, sans famille, vampirisée par sa mère donneuse mais aussi abandonnée par elle. Car Megan Garner, devenue adepte de spiritisme au soir de sa vie, a sans doute été déjà uploadée vers d’autres supports, «non matériels» cette fois. Les plus grandes firmes de technologie axent depuis longtemps leurs recherches sur le transfert de personnalité vers des ordinateurs ou des robots. Il est d’ailleurs probable que Megan Garner possède quelque part son avatar en trois dimensions qui lui permet d’entretenir sa mémoire chez ses descendants.        <br />
              <br />
       Une sœur s’est très vite prise d’affection pour elle. Elle s’appelle Agnès. Elle s’est installée dans une chambre contigüe à celle de Laura. Elle se décrit comme une revenante, qui a su échapper à la perpétuité du «rêve éveillée». On l’a souvent interrogée sur cette étrange expression, qui désigne un état ordinaire de l’être humain, susceptible de dégénérer en pathologie. Elle l’a empruntée à Léon Daudet, pamphlétaire truculent et vitupérant de l’Action Française au siècle dernier. On ignore souvent qu’il a publié des études scientifiques du plus haut intérêt sur le rôle de l’hérédité et de l’esprit dans l’homme. Le rêveur éveillé, c’est celui qui à tout instant est envahi par une pléthore de perceptions, de sensations, de sentiments, d'idées, et mû sans le savoir par ces protagonistes psychiques héréditaires que Daudet appelle les «personimages», ces habitants du moi. Il ne pouvait pas soupçonner à son époque la possibilité d’existence de personimages artificiels. Laura est habitée par le sien, programmé pour l’envahir tout entière et se substituer à elle.        <br />
       .............       <br />
       Les jours passent et les semaines aussi. La jeune femme ne se souvient toujours pas de son passé. Tout se passe comme si sa mémoire artificielle avait interféré dans sa mémoire individuelle, au point de la court-circuiter. Sœur Agnès la soutient à tout instant dans sa lutte intime. Elle l’aide à porter son fardeau, comme elle le faisait pour d’autres lorsqu’elle appartenait à la branche des coopérants souffrants de l’ordre des Missionnaires de la Charité. Elle la guide aussi afin qu’elle puisse se tenir en main. Elle lui apprend à devenir maîtresse d’elle-même, mais aussi à exercer sa volonté et son jugement lorsque son esprit est traversé par des pensées programmées. La neuroprogrammation a eu pour conséquence de décupler ses capacités métacognitives. C’est ainsi que le poison est devenu un remède. Sa pensée peut se déployer sur plusieurs plans à la fois. Sans même avoir à s’abstraire de son environnement, elle est capable de fixer son attention sur une chose précise et, simultanément, d’effectuer une plongée mentale visant à désobstruer son espace intérieur, sans cesse menacé par l’afflux d’images parasites. Elle s’adonne régulièrement à des exercices de double et même de triple focalisation afin de garder en toutes circonstances le contrôle de son personimage. Sa conscience s’éclaircit et elle commence à s’ouvrir au monde extérieur...        <br />
              <br />
       …. Nicolas S a amené la jeune femme dans une salle d’arts martiaux, qu’il fréquente le soir avec les  Chevaliers de Colomb, membres d’une organisation de bienfaisance réservée aux hommes. Il sait que le danger approche et il ne veut pas perdre la main. L’entraînement bat son plein. Un instructeur propose d’initier Laura aux rudiments du sport de combat. Tous les garçons se regroupent  autour du tatami. «Je vais appliquer la version douce» lui dit-il, le sourire en coin. Ce qui signifie : aucune frappe, aucun geste brusque, respect de la personne considérée dans sa totalité. Mais l’inattendu se produit. Laura esquive la tentative de saisie et d’un  balayage soudain le projette au sol. Décontenancé, le jeune instructeur décide une attaque de niveau 2 qu’elle repousse avant de lui asséner un chassé frontal cinglant. Personne ne comprend. Comment a-t-elle pu acquérir si jeune une telle maîtrise ? Cela a certainement à voir avec le programme qu’on lui a imposé en vue de la conformer à Megan Garner et, à travers elle, à la belle amazone de DC Comics. Les niveaux se succèdent et, à chaque fois, le jeune homme se retrouve au tapis. Il se dirige alors vers Nicolas S et lui dit, d’un ton amusé :       <br />
       - Tu ne m’avais pas dit que ton amie est encore en convalescence ? Franchement, parfois je regrette que notre organisation soit réservée aux seuls garçons. En tout cas les leçons de Kali Arnis, ça sera pour une autre fois, avec d’autres. Je n’ai pas envie de me faire battre à coups de bâton par une fille, aussi charmante soit-elle.        <br />
       - Je te le déconseille en effet       <br />
       - En tout cas elle a piqué ma curiosité. Elle fait partie de votre groupe, de la Confrérie ?        <br />
       Nicolas S reste un moment silencieux puis répond d’un ton hésitant :       <br />
       - Je ne sais pas encore.        <br />
       Il se retourne vers la jeune femme, le cœur serré. Quel sens pourrait-il donner maintenant à sa présence auprès d’elle ? Il est voué à pérégriner ici et à travers des essaims d’étoiles dont lui-même ignore encore l’existence. Il ne pourra jamais s’établir. Laura a repris possession de son identité, de son être véritable. Une nouvelle vie commence pour elle à Nice. Elle peut repartir à zéro. Il la regarde. Ses longs cheveux noirs déployés en cascade, l’harmonie de ses courbes, la force qu’elle dégage, font rayonner sa beauté sauvage, païenne. Les garçons papillonnent autour d’elle. Il va partir….          <br />
              <br />
       A suivre : Une nouvelle menace       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Science is the new rock'n'roll (Le Projet Fedorov, épisode 10)</title>
   <pubDate>Sun, 11 Oct 2015 10:55:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   «C’est marrant que personne n’ait jamais réussi à ne pas mourir» (Patrick Besson, «Pense-bête», 9, Juin 2015)     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.sombreval.com/photo/art/default/8374063-13129145.jpg?v=1444554247" alt="Science is the new rock'n'roll (Le Projet Fedorov, épisode 10)" title="Science is the new rock'n'roll (Le Projet Fedorov, épisode 10)" />
     </div>
     <div>
      Ils ont prévu de tout détruire. Pour la première fois ils vont lutter contre le nihilisme avec des armes nihilistes. Nicolas S et Bertrand D se sont maintenant accoutumés aux fantaisies de la science rock-and-roll, née avec la convergence des technologies à l’orée du 21ème siècle. La conquête de l’espace et ses vaisseaux transporteurs, dont des ingénieurs russes et américains ont réussi à inverser la masse pour franchir la barrière luminique, les essais de résurrection immanente, l’émergence d’humanoïdes, tout concourt à faire de la science la voie maitresse de l’expansion de l’homme, de la réalité augmentée. C’est à peine s’ils s’étonnent encore de la ferveur médiatique que suscitent les concours de bricolage du vivant, véritables joutes en biologie qui opposent des jeunes candidats-chercheurs sélectionnés pour leur inventivité. Ce sont des fils de leur époque, qui ont connu la naissance du Projet Fedorov. Rien ne leur répugnerait autant que d’être accusés de néo-luddisme, rangés parmi les saboteurs écolos-fanatiques. Alors pourquoi cette irruption dans ce Centre de recherches, antenne de la <span style="font-style:italic">Life Extension Corporation</span> ? Pourquoi deux de leurs compagnons commencent-ils à disséminer des charges C4 dans différents endroits du laboratoire, tandis qu’un autre fait évacuer le personnel apeuré ? Pourquoi cette résolution froide de Nicolas S ?         <br />
       Il est entré dans le bloc et se tient maintenant face aux deux individus qui dirigent les activités du Centre. Le premier est un neurochirurgien, le second, son assistant-ingénieur, fait office de <span style="font-style:italic">mind-uploader</span>. Leur technique chirurgicale consiste à associer des cellules neuronales humaines à des dispositifs artificiels.        <br />
              <br />
       - Qui êtes-vous, que voulez-vous à la fin ? s’exclame le jeune nano-technicien, la voix empreinte de mépris.        <br />
       - Nous sommes là pour vous faire partir. Nous ne vous laissons pas d’autre choix que de quitter le bâtiment avec les autres membres du personnel. Nous allons nous occuper de votre… comment dire ? votre patient ?        <br />
       - Mais savez-vous à quelle organisation vous osez vous attaquer ?        <br />
       - Oui, elle est des plus puissantes, nous le savons. C’est pourquoi nous souhaitons qu’elle comprenne bien le message, l’avertissement solennel.         <br />
       - Pauvres fous ! A partir de cet instant vous ne serez plus en sécurité nulle part. Est-ce que vous vous rendez bien compte ? Le bâtiment est truffé de nano-caméras et de capteurs. Vos visages sont déjà scannés, votre voix a été numérisée, vos empreintes décryptées. Il suffira d’une seule donnée pour établir votre identité. Partez pendant qu’il est encore temps.        <br />
              <br />
       Nicolas S se tait. Il sait la menace qu’il fait peser sur sa Confrérie. C’est une véritable traque qu’ils vont devoir affronter. La <span style="font-style:italic">Life Extension Corporation</span>, depuis la promulgation du droit à l’immortalité, érigé en droit universel, n’a cessé d’étendre ses ramifications. Elle rassemble un magma de sociétés spécialisées dans l’ingénierie de la mort, et brasse des milliards pour mener à bien ses projets. Elle ne propose pas seulement à l’homme de repousser les limites de l’âge, mais aussi de devenir a-mortel. Éterniser sa vie, ressusciter <span style="font-style:italic">hic et nunc</span>, telles sont les grandioses perspectives qu’elle lui promet de réaliser. La compagnie met à la disposition de ses clients un large panel de techniques : de la plus rudimentaire, la cryogénisation, à la plus évoluée, l’<span style="font-style:italic">uploading mémories</span> pour les corps déjà ressuscités. Comme le corps-copie de Megan Garner, qui a voulu s’immortaliser par le truchement de la jeune femme sans nom, conçue comme artefact reproductible. Ce corps qui est celui de Laura, ce corps qui lui appartient et par lequel elle signifie sa présence au monde. Nicolas S sait qu’il s’expose à la mort en voulant contrecarrer les projets de cette compagnie toute-puissante. Mais il doit l’accepter car, avec ses compagnons, il a pour mission de sauvegarder ce qu’il y a de plus fragile et de plus précieux à la fois, ce que l’homme moderne a choisi de répudier, cet élément sacré que les Grecs et les Chrétiens ont toujours reconnu dans l’être individuel. L’individualité est <span style="font-style:italic">intangibilis</span> lui avaient enseigné ses maîtres du Vatican. Qu’est-ce que cela signifie, sinon que «chaque être créé a un sens qui lui est propre» selon les mots de sainte Edith Stein, dont il a toujours gardé souvenance. Ce sens correspond à son idée, à son <span style="font-style:italic">thème</span>, à son image sophianique qui ne peut aucunement se répéter : il ne peut y avoir de jumeaux ontologiques. Megan Garner a déjà suivi sa trajectoire. Laura suivra la sienne, dans la liberté, cette liberté de créature qui fait de l’homme l’agent responsable des destinées du Cosmos.         <br />
              <br />
       …. Un silence de mort règne maintenant dans le Centre. Les deux hommes sont conduits à l’extérieur, sous la garde des hommes-singes. Nicolas S est seul. Il s’apprête à enclencher le minuteur. Dans dix minutes tout aura explosé. La traque alors s’organisera et, pour échapper aux représailles, ils devront se disperser, puis vivre quelque temps cachés en camouflant leur identité. La Confrérie sera dissoute provisoirement. Bertrand D trouvera refuge dans un monastère bénédictin, tandis que ses autres compagnons rejoindront une communauté missionnaire en Afrique ou en Asie. Nicolas S, quant à lui, restera à découvert à Nice jusqu’à ce que Laura soit guérie. Le compte à rebours vient de commencer.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Laura contre Wonder Woman (Le Projet Fedorov, épisode 9)</title>
   <pubDate>Sat, 11 Apr 2015 22:09:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Sombreval</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   «J'ignore le nom de mon âme, j'ignore d'où elle est venue et, par conséquent, je ne sais absolument pas qui je suis» (Léon Bloy, Méditations d'un solitaire)     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.sombreval.com/photo/art/default/7669124-11856653.jpg?v=1428783659" alt="Laura contre Wonder Woman (Le Projet Fedorov, épisode 9)" title="Laura contre Wonder Woman (Le Projet Fedorov, épisode 9)" />
     </div>
     <div>
      Cet épisode vise à présenter un nouveau personnage du <a class="link" href="http://www.sombreval.com/Le-Projet-Fedorov_a145.html">feuilleton</a>, le premier personnage féminin (il était temps), clone d'une ancienne starlette américaine. Il s'intercale entre l'épisode 7 et 8 et constitue donc une analepse (flash-back en langage cinématographique).        <br />
              <br />
       .............       <br />
              <br />
       - Bonsoir messieurs, vous venez jouer dans mon nouveau film ? Je suis contente de vous rencontrer. Je m’appelle Wonder Woman…       <br />
              <br />
       Ce sont là les premiers mots que la jeune femme sans nom a adressés à ses visiteurs du soir. Cette première rencontre avec Nicolas S et Bertrand D remonte à plus de deux semaines. Depuis, ils viennent régulièrement la voir pour s’enquérir de son état. Elle occupe une chambre au service psychiatrique de l’Hôpital Sainte-Marie à Nice. Nicolas S a choisi de l’appeler Laura. Peut-être serait-il plus juste de dire qu’elle s’est nommée elle-même, à travers lui. On ne lui connaît pas d’autre nom, sauf celui qu’on a incrusté dans son cerveau et qui lui tient lieu d’identité. Celui de Megan Garner, starlette américaine connue pour avoir joué dans la quadrilogie de <span style="font-style:italic">Justice League</span>, un reboot de <span style="font-style:italic">Green Lantern</span>, et un des spin-off des <span style="font-style:italic">Agents du Shield</span>. Tout cela semble appartenir à un très lointain passé. Le projet Fedorov a rendu ces super-héros totalement ringards. Parmi les rôles phares de Megan Garner, Wikipédia mentionne celui de la petite copine de la Lanterne Verte et celui d’une jolie brunette portant un lasso et des bracelets magiques.        <br />
              <br />
       Laura a la vingtaine passée. Elle n’a pas quitté sa chambre d’hôpital depuis des semaines. Elle reste muette parfois pendant des heures avant, subitement, de se répandre en considérations sur tel film de Megan Garner, tel épisode de sa vie, telle idée qui lui vient à brûle-pourpoint. Ses yeux laissent parfois percer la lutte effrayante qu’elle mène au plus intime d’elle-même, en son ultime réduit, en cette mystérieuse «pointe de l’âme» où, selon les grands mystiques rhénans, s’opère l’ineffable origine de notre être. Physiquement, on pourrait la confondre avec Megan Garner, si l’on en juge d’après les photographies de la starlette. Mais celle-ci s’était teint les cheveux et avait eu recours aux implants mammaires pour ressembler à Wonder Woman. Elle avait tout misé sur ce rôle qui devait la propulser au pinacle de la célébrité. Laura, elle, est une vraie brune, à la poitrine généreuse de surcroît. La nature reniée semble avoir pris sa revanche sur l’artifice. Wonder Woman, c’est elle. Pas de doute. Cela saute aux yeux. Sa transformation en Laura, le «devenir ce qu’elle est», s’annonce difficile et douloureuse.        <br />
              <br />
       Sur son passé, on ne dispose d’aucune information vérifiable. Elle a pu avoir plusieurs mères et aucun père, son grand-père devant être alors tenu comme le seul père biologique. Dans le domaine de la reproduction non sexuée, les hommes de ce siècle ont expérimenté tous les possibles. On l’a trouvée un jour errant, non loin de l’hôpital. Elle balbutiait quelques mots en anglais et en français. Elle semblait avoir été abandonnée. Par qui ? On a découvert sur elle des papiers au nom de Megan Garner, mais celle-ci est morte depuis plusieurs années. Après une courte enquête, l’Evêché a décidé de la prendre en charge car il ne fait aucun doute qu’elle est un clone. Mais un clone qui a subi une neuroprogrammation visant à la dépouiller de son identité et à la conformer à son modèle, à sa mère donneuse. Sa mémoire est maintenant saturée de tout ce qui a constitué la trame de la vie d’une autre, de tout ce que Megan Garner a voulu immortaliser : sa naissance, son enfance, son premier Spring Break, ses mariages, ses succès, ses convictions idéologiques, ses appétences sexuelles, la mort de son chiwawa. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu. L’intrusion transpsychique a provoqué en elle des résistances inexplicables. Quelque chose a échappé aux programmeurs. Quelque chose qui déjoue tous les calculs, quelque chose qui est de l’ordre de l’imprévisible. Certes, Laura a appris à vivre avec un cerveau qui bugue. Mais maintenant son état va en empirant. Et on envisage déjà de la confier aux Sœurs de la Charité, les seules à accepter de s’occuper des rebuts. Elle restera alors cloîtrée, amputée de son nom, à jamais aliénée.       <br />
              <br />
       Ce soir encore Bertrand D et Nicolas S sont venus lui rendre visite car son cas ne laisse pas de les inquiéter. Elle se repose. Ils se sont assis des deux côtés du lit…        <br />
              <br />
       - Tu sais Nicolas, lui dit Bertrand D, il y a deux manières d’être. La première est très simple : un individu n’est que ce qu’il devient, ce que les interventions extérieures le font, au physique et au moral. Cette jeune femme, on n’a reculé devant rien pour qu’elle devienne Megan Garner. Mais un individu peut être aussi tellement lui-même, s’être si plénièrement réalisé, qu’il cesse d’être ce qu’il devient, pour devenir ce qu’il est.          <br />
       - Laura ? Tu veux dire ce nom ?         <br />
       - Oui et ce n’est pas pour rire, innocemment, que tu lui as donné ce nom. Car dans le monde spirituel, le nom, c’est la personne elle-même, c’est la clef d’un être, c’en est le secret.        <br />
       - Ce nom, nos noms, tous nos noms, dont le dernier livre de la Bible nous enseigne qu’ils sont inscrits dans le registre de vie depuis la fondation du monde.       <br />
       - Prenons garde, Nicolas, qu’ils n’y soient pas retranchés. Prenons garde que ces paroles redoutables du Rédempteur ne nous soient pas adressées le jour du Jugement : «Je ne vous ai jamais connus : retirez-vous de Moi».       <br />
              <br />
       Ils regardent Laura quelques instants puis partent rejoindre leur équipe. Nicolas S se sent mystérieusement lié à la jeune femme car c’est lui qui a divulgué son nom, ce nom inconnu d’elle-même et des autres. Laura, ces deux simples syllabes suscitent en lui d’étranges résonnances. Laura, c’est la femme qu’on aime et qu’on chante, à la manière d’un troubadour chrétien des âges anciens. C’est aussi la femme libre et intrépide dont lui et sa Confrérie ont besoin. Nicolas S sait qu’elle finira par se joindre à eux. Mais maintenant une nouvelle mission les attend. Elle doit les conduire à un centre de nanosciences, situé en Belgique. C’est le jour J-1. Ce centre n’a rien de clandestin mais les expériences qui s’y déroulent laissent présager le pire. L’alerte rouge a été déclenchée.         <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>L'Attaque des hommes-singes (Le Projet Fedorov, épisode 8)</title>
   <pubDate>Wed, 18 Mar 2015 12:31:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Sombreval</dc:creator>
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      Go, Go, Go…  Placé à la tête de l’unité d’intervention, Nicolas S, la lentille nanotech fixée sur la rétine, organise le déploiement de son équipe. Son œil bionique lui permet de maîtriser tous les paramètres d’intervention, quel que soit son angle de vision. Le bâtiment de l’entreprise qui occupe une vaste surface est structuré autour du centre de recherche en nanosciences. Phase 1 : neutralisation en mode furtif des gardes extérieurs. Phase 2 : explosion de la porte. Vigiles, gardes affluent ; les jeunes Chevaliers du Concile essuient des tirs nourris à l’arme automatique.  Phase 3 : Abrités derrière leur bouclier blindé, ils lancent des grenades fumigènes. Les gardes tirent à l’aveugle mais, faute de repères, pris d’hésitation, ils cessent un moment de tirer. La tension est à son comble. C’est le moment que Nicolas S choisit pour passer à la phase 4. C’est le moment qu’il choisit pour lancer les hommes-singes. Non pas les bombes-singes (1) que certains armuriers fabriquent encore en hommage au vieux wargame <span style="font-style:italic">Call of Duty</span>, et à l’efficacité diabolique. C’est pire que ça. Des hommes qui ont voulu se transformer en singes, des hommes-cobayes qui ont été transformés en singes. Des singes-hurleurs qui vont se jeter sur leurs proies pour les neutraliser. L’arme devient inutile. Ils sont l’arme. Dociles aux ordres, capables d’agir en parfaite coordination, agiles et rapides, doués d’une vision en 3D, ils s’enfoncent dans le brouillard de fumigènes. Sidération…Cris…hurlements… Ils ne laissent aucune chance aux vigiles et autres gardes surarmés. Glacés d’effroi, ceux-ci restent prostrés sur le sol. Le sang n’a pas été versé, à aucun moment.        <br />
              <br />
       A cet instant précis, Nicolas S comprend que sa Confrérie vient de passer un cap, qu’elle devient proprement redoutable. Il passe en revue son équipe. Voilà les hommes-singes, issus de la technobiologie la plus avancée et qu’ils ont su mettre à leur service. C’est là plus que «se faire des amis du Mammon d’iniquité» pour parler comme l’Évangile ; c’est en faire des serviteurs de l’Œuvre Commune, des serviteurs de Dieu. Voilà Antoine G qui a appris auprès d’un ermite orthodoxe à contenir la fureur des bêtes meurtrières. Xavier A qui le complète le mieux est connu pour maîtriser la technique dite des «hommes-léopards» appartenant à la tribu des Aniotas en Afrique, technique qui le rend apte à téléguider des bêtes sauvages et à les tourner contre des ennemis. Mais ils ont acquis d’autres dons encore : don de télépathie, capacité de contrôler et diriger la <span style="font-style:italic">matrix magique de l’imagination</span> (2), qui prolongent et même dépassent toutes leurs techniques martiales. Bertrand D lui est un pilote hors-pair. L’Espace 2 est devenu comme un prolongement de lui-même. D’autres encore les rejoindront lors de prochaines missions. Mais ce qui les réunit avant tout, c’est la foi. La foi, au sens médiéval et chevaleresque, et qui fait d’eux les féaux, les hommes-liges, les compagnons de combat du divin Roi. Une question traverse alors l’esprit de Nicolas S : si Jésus refuse le concours guerrier de «douze légions d’anges», n’est-ce pas justement parce qu’Il entend continuer la véritable lutte à la tête des «douze tribus d’hommes fidèles» appelés en dernière instance à «juger les Anges eux-mêmes» ? (3)       <br />
              <br />
       Absorbé par cette pensée, il s’avance avec ses amis vers le sas d’accès au centre de recherche. Au début du 21e siècle, les start-ups sur les nanotechnologies ne cessaient de se développer grâce à l’afflux de crédits provenant aussi bien des Etats que des multinationales. Elles devaient devenir le cœur de la prochaine révolution industrielle. Lorsque l’Homme a commencé à se répandre dans le Cosmos, elles étaient parvenues au faîte de leur développement. Les Armées, les Agences spatiales utilisaient l’implant de nanos dans le cerveau à des fins de perfectionnement. Beaucoup de tâches restaient encore inaccessibles aux robots, devenus en cette nouvelle ère les auxiliaires de l’humain….       <br />
              <br />
       … Bertrand D, en quelques minutes, parvient à débloquer la porte-sas fermant l’accès au centre de recherche. Ils entrent, laissant les hommes-singes à l’arrière pour garder les vigiles. Ils parcourent lentement le couloir central. Tous les ingénieurs, médecins, infirmières, paniqués, effrayés par les détonations et par l'irruption de ces inconnus, ont cessé leurs activités et se sont regroupés dans les salles de confinement, l’animalerie, les chambres d’hospitalisation ou le bloc opératoire futuriste. Ils passent devant une chambre. Des infirmières, tapies dans un coin, sanglotent, croyant à l’intrusion de fanatiques islamistes. Nicolas S et Bertrand D se dirigent vers le bloc opératoire. Trois hommes en blouse blanche se tiennent debout, près du fauteuil ambulatoire sur lequel est allongé un homme, endormi. Sans doute un de ces patients qui a donné son «consentement éclairé», pense en souriant Nicolas S. Les médecins dévisagent nos deux héros avec mépris et d’un œil scrutateur pour essayer de découvrir leurs motivations. Avant d’entrer tous deux dans le bloc, Bertrand D prend par l’épaule son ami et lui murmure ces quelques mots :        <br />
              <br />
       « N’oublie surtout pas Nicolas… N’oublie surtout pas ce texte de saint Paul dont nous avons souvent parlé : ce qui compte, ce n’est pas tellement de connaître Dieu, mais d’en être soi-même connu ».       <br />
              <br />
       Nicolas S garde un instant le silence, hoche la tête et pénètre dans la salle opératoire..            <br />
              <br />
              <br />
       (1) Les effets de la bombe-singe dans la vidéo ci-dessous (à 40e seconde, ehehe)        <br />
       (2) Voir ma thèse sur la <span style="font-style:italic">Réversibilité</span>, p. 195 et suivantes.       <br />
       (3)  Le lecteur pourra se reporter à ces passages de la Bible : 1Cor, 6:2-3; Apoc, 7:4-8       <br />
              <br />
              <br />
       
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