Sombreval

Da Vinci Code : maxi-recension (Nelly-2)

Le tour des sources du roman et du film : voyez dans quel marécage ésotéro-gélatineux nous sommes fourrés!



I-les templiers sont parmi nous

Da Vinci Code : maxi-recension (Nelly-2)
Revenons pour un instant aux sources de «da vinci code». La première, nous l’avons vu, c’est la technique de Maurice Leblanc dans Arsène Lupin : le mystère séculaire ouvert à tous, et déchiffré par le héros, qui éclaire pour la première fois plusieurs zones d’ombre de l’histoire qui ne présentaient apparamment pas de lien. C’est une technique hautement addictive.
Une autre source : le secret des franc-maçons, des templiers, etc. Il n’a sans doute pas été difficile à Dan Brown de trouver de quoi plagier. Cela arrive aux meilleurs : Umberto Eco n’a-t-il pas recopié des pages des Heures bénédictines de E. Schneider dans Le nom de la rose ? (trouvaille de Nelly) Alors, pourquoi pas Dan Brown ? On ne peut pas ne pas penser, par exemple, aux livres de Gérard de Sède, spécialiste obsédé par les secrets des templiers. J’en ai eu un ou deux entre les mains, publiés dans des couverture rouges et dorées, sous la collection « J’ai lu – mystère», ou quelque chose de ce genre. Une fois encore, lorsqu’à l’école on vous dit «il faut lire», on ne parle pas de ce genre de livre.
Dans Les templiers sont parmi nous, Gérard de Sède met en scène un étrange vieillard sorti de nulle part, qui prétend avoir creusé de ses mains pendant plusieurs jours sous le château de Gisors, et découvert une salle souterraine servant aux réunions ésotériques des templiers. Naturellement, impossible d’y retourner vérifier : le tunnel s’est éboulé ; le conservateur de château refuse les autorisations ; la seule preuve existante est recouverte par le macadam d’un carrefour construit à la hâte quelques mois plus tard ; des ennemis inconnus mais haut placés mettent des bâtons dans toutes les roues qu’ils trouvent. Bref, c’est du Arsène Lupin, le fort de Fréfossé «rasé en raison des révélations contenues dans le livre», etc. Je crois bien que G. de Sède lie ces templiers avec les égyptiens, la précision géométrique des pyramides, l’influence maléfique de l’obélisque de la Concorde sur le ministère de la Marine… ou peut-être fais-je un mélange avec un autre livre, sur les OVNI. Enfin bref, templiers, OVNI, rose-croix, franc-mac’s, voilà le fond de commerce de ces livres qui vous demandent de croire leur auteur, le cœur sur la main et les yeux bleu ciel qui regardent au loin. Quel intérêt aurait-il à vous mentir ? Moyennant cela, on peut se passer d’expériences ou de démonstrations.
Le même Gérard de Sède fera aussi un opus oublié sur Fatima, niant la réalité des apparitions mariales. Pour lui, la vierge aurait simplement été une femme habillée comme la vierge de Lourdes, grimpée dans un arbre.
On peut en lire plus sur son compte sur le site monté par un de ses descendants :
http://membres.lycos.fr/desedearnaud/
qui fait habilement l’impasse sur tout ce qui est gênant dans la personnalité du journaliste. Car, bien entendu, Gérard de Sède est un journaliste, pas un historien : cela l’affranchit en pratique de vérifier ce qu’il raconte, surtout si c’est invraisemblable et compliqué. Le rédacteur du site en fait des tonnes dans le sous-entendu : «il (…) passera toute sa vie à tenter de concilier des points de vue que d’aucuns jugent contradictoires, empruntant pour cela des voies allant du surréalisme à la dialectique héglelienne». Tout est dit ! Comme nombre d’autres auteurs mineurs, il se passionnera pour l’occultisme, son influence sur la politique (Henry Coston, anyone ?), les familles nombres, l’héraldique, les trésors cachés. Il ne manque plus que la survivance du Louis XVII mais d’autres s’y sont attaqués avant lui.

Dans les années 60, donc, Gérard de Sède publie Les templiers sont parmi nous puis est contacté à la suite de ceci par un certain Plantard, grand maître du «prieuré de Sion», qui donc existe bien dans la nature, et pas seulement dans les romans de Dan Brown.

II– encore De Sède, et Rennes-le-Chateau

Le grand truc de sa vie, Gérard de Sède le trouvera dans le trésor de Rennes-le-Château. A l’origine de l’affaire, la fortune mystérieuse d’un certain abbé Saunière, dont on suppose aujourd’hui qu’elle provenait du trafic de messes (il sera suspendu pour cela par sa hiérarchie vers 1910). Mais voilà, l’abbé est entouré d’une légende, d’un trésor caché des cathares ; selon le site susmentionné, ce serait Plantard qui lui aurait monté le bourrichon. La sauce prend, mieux que celles des templiers, et de Sède est dépassé par l’affaire, qui attire les allumés comme la lumière les moustiques. Le site-panégyrique, là encore, utilise un ton aussi allusif que tordant : «il est clair qu’il ne s’agit pas d’une étude historiographique». C’est la faute à Plantard, c’est la faute à sa femme, c’est la faute à la pression du dehors ; «ce n'est ni en romancier ni en historiographe rigoureux mais en journaliste qu'il a déniché l'affaire»; d’ailleurs le livre doit être apprécié pour son écriture, pas pour son message, il n’a «rien de définitif», les gens qui attaquent de Sède n’ont pas «saisi» l’esprit de ses travaux… facile à dire, maintenant que plus personne ne lit « les templiers sont parmi nous ». Mais moi qui l’ai fait, je puis certifier que ce n’est pas une autobiographie poétique occitane mais bien un livre qui dit : «je contiens la révélation de trouvailles inouïes : lisez-moi vite !» This is a true story, folks.

III– Holy Blood, Holy Grail (années 80)

Veut-on une autre source ? Voici : Holy blood, holy grail par MM. Baigent, Leigh et Lincoln. Leigh Teabing, l’un des personnages de Brown, est l’anagramme du nom de deux des auteurs ; tout comme celui qui se fait tuer au Louvre au début du film s’appelait Saunière, comme l’abbé au trésor. Holy blood, holy grail offre la même théorie que Brown mais la présente comme véritable, enfouissant le lecteur sous des amas de faits invérifiables, ou soigneusement choisis. Et lorsque les faits ne s’accordent pas à la thèse, on imagine : «il est très possible que». Toute ressemblance avec les pamphlets d’Arnaud de Lassus est fortuite.

Le livre est devenu célèbre depuis la procédure judiciaire intentée par ses auteurs contre Dan Brown qui s’était servi un peu trop libéralement à leur goût de leur propres théories.

Mais que vient faire le Graal ici ? Je me dois de préciser l’intrigue de Dan Brown. Le Graal, dont tout le monde croit qu’il est le calice qui recueillit le sang de Christ, ou celui de la Cène, est en réalité le «récipient» du sang de Jésus ; c'est-à-dire Marie-Madeleine elle-même, ou le «symbole de l’éternel féminin» selon les moments du livre. Marie-madeleine et ses descendants ; le graal est donc, en somme, Audrey Tautou. Vous comprenez la poignance hilarante de la scène de révélation où Tom Hanks lui dit avec le plus grand sérieux: «vous êtes la dernière descendante vivante de Jésus Christ». Et elle : non, non, ce ne peut pas être possible. Ben voyons.

IV– tout se tient, les templiers, les cathares, Plantard, le prieuré de Sion, le trésor etc.

Ce ne sera donc pas une surprise de voir apparaître dans Holy blood, holy grail le nom de l’abbé Saunière, celui de Rennes-le-Château et celui du prieuré de Sion, le vrai, celui de Plantard, un escroc d’extrême droite aspirant à la réunification de l’Europe sous l’égide double du «grand monarque» et de l’ «église catholique orthodoxe». Platard lui-même voulait se faire passer pour un descendant des mérovingiens et, par là, de Jésus et Marie-Madeleine. Plantard fabriqua alors quelques faux listings Clearstream qu’il déposa, a ce que j’en lis, à la Bibliothèque Nationale. La seule preuve du «prieuré de Sion» et de son ascendance christique était malheureusement imprimée avec la même presse qui lui servait à éditer ses tracts d’extrême droite, et c’est ainsi, je suppose, qu’il fut confondu.
Plantard, un aide faussaire, et de Sède, qui avaient collaboré pour publier «l’or de Rennes» se brouillèrent dès que le livre marcha, qu’il dégagea un petit pactole, et qu’il fallut le partager. Les compères se tirèrent dans les pattes ; le faussaire dévoilà sa méthode puis Plantard, à l’occasion d’une affaire policière ultérieure (le suicide de Roger-Patrice Pelat), finit par avouer au juge Jean-Pierre qu’il avait tout inventé. Le bonhomme a trois condamnations à de la prison ferme sur son pedigree, dont une pour «détournement de mineurs». Pour la petite histoire, il sera piquant de noter qu’il a prétendu 1°) être présenté au «prieuré de Sion» par Mgr Ducaud-Bourget, 2°) que Mgr Lefebvre était l’un des grands maîtres dudit prieuré et 3°) que l’abbé de Nantes y était également lié.

Ceux d’entre vous qui ont du temps pourront voir ici
http://priory-of-sion.com/
Les liens avec la théorie du complot, version catho-tradi, et les vues sur la manière dont l’anti-occultisme se transforme en occultisme sont fascinants. Les cinglés, comme les cons, osent tout. Baigent a récemment publié «The Jesus papers» où il revient, relaps, sur le graal, la descendance de Jésus… dont la clé, la seule et unique preuve serait à Rennes-le-Château. Il y a un moment où il vaut mieux ne plus perdre son temps et passer à autre chose.

V– le marquis de La Franquerie (source putative !)

Autre source que Brown aurait pu consulter ; ou par laquelle il a été inconsciemment contaminé : le Marquis de la Franquerie. «Camérier secret» de Pie XII, c’est d’ailleurs le seul titre de gloire et de crédibilité qu’on met en avant, ce divin marquis-là était l’auteur prolixe de nombreux livres d’ésotérisme tradi : prophéties du grand monarque, prophéties tout court, ascendances davidiques de la monarchie française, et complot maçonnique, beaucoup, beaucoup de complots maçonniques. Ésotérisme tradi car il gobe tout ce qu’on peut raconter, même le plus énorme, sur la maçonnerie, pour alimenter ses arguments anti-maçonniques. Dira-t-on que c’est «la synagogue de Satan» et qu’on s’y livre à des messes noires ? Le marquis de La Franquerie, avant tout le monde, aura tiré de ses archives le document qui prouve que c’est vrai, absolument vrai. Je ne sais trop l’influence qu’il a eu sur Pie XII (pour peu qu’il soit resté à son service plus d’une semaine) ; certains auteurs d’extrême droite, la tendance Chiré, certains barruéliens, certains sédévacs, le tiennent pour un maître. Je dis «certains» car il est tellement allumé que même les extrêmes en retrouvent l’esprit critique, rien qu’à le fréquenter.

VI– Etienne Couvert et les tradis

Autre source qui servira sans doute pour un prochain roman de Dan Brown : Etienne Couvert. Non pas le Couvert vulgarisateur et propagateur de Vaquié, qui voit de la gnose partout, mais ce Couvert moins connu qui, lorsqu’il ne chasse pas la gnose, reconstruit à lui seul l’histoire des premiers chrétiens de façon à la rendre plus CLAIRE. Il décale les esséniens d’avant à après Jésus Christ, en fait les ancêtres de l’islam, relit Dupont-Sommer à sa propre lumière, post-date le bouddhisme de quelques millénaires pour en faire un rameau chrétien qui a mal tourné, et décèle des haches partout. En bref, tout ce qui est antérieur au Christ et partage des éléments avec sa doctrine est repoussé en l’an 200 ou plus tard : ainsi Jésus reste-t-il un novateur absolu, preuve de sa divinité. Quant aux olibrius qui attaquent Couvert, ce sont des suppots de la gnose maçonnique : lui, autodidacte, comment pourrait-il se tromper là où tous les spécialistes du domaine étudié disent le contraire de lui ?
Les textes de Couvert sur les manuscrits de la mer morte ont eu moins de succès que ses trois saisons sur la gnose, car après tout, on s’en fiche un peu de savoir s’il y a ou non un complot pour camoufler les textes de la mer morte (sans doute révélaient-ils que Vatican II allait permettre la messe en français ?) Tout cela n’a plus aucune répercussion sur la vie moderne. Alors que la gnose souterraine et omniprésente, quelle excitation ! Mais il faut avouer que Couvert sur les épaules de Vaquié, c’est plus marrant que Couvert tout seul.

On pourrait aussi citer M. Lozach’meur qui, dans deux opus, rassemble tous les mythes païens en un seul, celui d’Hiram. Alleluia, nous avons désormais une source unique pour tout ce qui est gnostique. Fin de l'excursus.

VII– la rose de notre-dame

On pourrait enfin citer, même, il le faut, La rose de notre-dame, publiée par un certain «félicien». Sous les apparences d’un roman, le livre présente des faits censés réels : toutes les cathédrales de France sont alignées selon un dessin qui forme une rose dont le centre est Notre-Dame de Paris. Et les méchants franc-macs’ ont singé cela avec les centrales nucléaires et font vibrer plein de choses qui pourraient être un jour l’arme absolue. Je ne sais où ils ont puisé leur inspiration pour la rose ; mais l’arme vibratoire est sortie directement d’une BD de Guy Lefranc (L’arme absolue, par J. Martin et G. Chaillet, Casterman). La rose de Notre-Dame est toute en alignements, tout comme la « ligne de la rose » du film, qui n’est autre que le vulgaire méridien de Paris, que tout parisien connaît bien.


Sans m’étendre plus, voilà le terreau sur lequel Dan Brown a construit son roman : un illuminé d’extrême droite, faussaire ébloui par des prédictions millénaristes, qui en vient à faire pire que ce qu’il dénonce ; un journaliste crédule (au mieux !) avec un don pour flairer ce genre de coup foireux et faire du fric ; des pseudo-historiens qui reprennent le flambeau en anglais à une époque ou la supercherie est éventée depuis longtemps… et enfin Dan Brown qui photocopie tout ça et met sa signature dessus.

(la prochaine fois : on parle enfin du film)

23/05/2006
z_igou@yahoo.com





1.Posté par platipus le 29/05/2006 19:17
Avez-vous lu "Club Dumas" d'Arturo Perez-Reverte? c'est vraiment un des meilleurs du genre (ici un secret lucifiérien). L'adaptation cinématographique ("La IXe porte") était assez décevante

2.Posté par Nelly le 29/05/2006 22:47
Platipus : non... mais ma soeur semble apprécier cet auteur. Je vais me renseigner.

3.Posté par platipus le 30/05/2006 09:53
votre soeur, mon cher Nelly, a bon goût! pendant que j'y suis je vous conseille aussi vivement du même auteur "La Peau du tambour", qui pastiche avec adresse et humour les romans "ecclésiastiques" (avec l'inévitable prêtre envoyé secret du Vatican en tant que spécialiste es affaires ténébreuses), mais aussi une belle évocation de Séville, des amours aussi intenses qu'impossibles et de la vocation sacerdotale lorsque l'on a perdu la foi... ah oui et l'intrigue policière tient la route!

son premier roman "Le Tableau du ma^tre flamand" n'était pas mal non plus, comme les autres d'ailleurs....

4.Posté par Léonard de Bony le 23/02/2008 16:37
Avez-vous des preuves pour accabler le Marquis de la Franquerie ? IL est mort en 1992, il n'est plus là pour se défendre. IL fut le "camérier" (secrétaire, conseiller) du Pape Pie XII. Vous croyez que le Saint-Père aurait pris un bouffon comme conseiller ?
Ces livres publiés avant la Guerre de 39-45 étaient préfacés par des prélats enthousiastes. C'est un monastère, celui des Bénédictins du Barroux, qui rééditent les textes de ces conférences sous la forme de plaquettes et de brochures.
Je reconnais que sa théorie de l'ascendance davidique des Rois de France m'a laissé sceptique, mais c'est une tradition présente dans de nombreuses cathédrales (vitraux dits de l'Arbre de Jessé). Et la Galerie des Rois de Juda au-dessus du Grand portail central de Notre-Dame de Paris signifie cette tradition.

5.Posté par Praxis Obnoxia le 10/11/2008 03:42
Je veux recommander fortement le Praxis Obnoxia pour que tous obtiennent et pour lisent. Il est très savant, scolastique, concis, et très indiquant au sujet du rite inadmissible de Vatican II du baptême. Des discussions j'ai, les certains évêques et prêtres re-baptize des protestants et Novus Ordo convertit de même pour les joindre à la communion de leurs églises en raison des pratiques défectueuses exécutées par les ministres sectaires qui les ont allégué baptisés. Tandis que l'autre clergé sont indifférent ou n'ont pas un praxis précis. J'entends les diverses histoires qui manquent de l'uniformité du rituel. Ainsi, je me sens que ce livre est que quelque chose les catholiques devraient considérer. J'ai même rencontré certain clergé catholique orthodoxe et d'Uniate qui considèrent ceci très un thème d'actualité entre le vieux calendrier/nouveau calendrier et nouvelles persuasions rituelles rituelles/vieilles. Quelques groupes re-baptize, certains emploient seulement le chrismation, certains sont également incertains. Le baptême est nécessaire par une nécessité des moyens, et la validité des autres sacrements se fondent sur sa réception valide, ainsi c'est une matière la plus importante. Here' ; résumé de SA du livre et comment vous pouvez obtenir une copie :

PRAXIS OBNOXIA


http://www.lulu.com/content/3824207


Praxis Obnoxia : Une conclusion Moral-Théologique sur le nouveau rite moderniste du baptême, étudie le " de Novus Ordo ; Praxis" ; du baptême comme très incertain et franchement douteux pour la validité. Le livre fournit la documentation suffisante et une bibliographie avec des sources de l'apostolique voient, des théologiens, des rubricians, et des canonistes, des textes liturgiques originaux dans latin et anglais, et des un bon nombre d'illustrations photographiques. Ce livre est vivement recommandé pour tous ce qui désirent vraiment être un bon catholique. Pour puisque l'importance de recevoir un baptême sans aucun doute valide est si grande, nous l'avons senti nécessaire pour éditer ce travail pour être instrumentaux dans le salut des âmes innombrables. Nous demandons qu'après que lisant ce livre, pour informer votre voisin, famille, amis, et clergé au sujet de ce livre, de peur que tout soit perdu.

http://www.lulu.com/RomanCatholic


Retrouvez dans cette rubrique :
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Mardi 24 Octobre 2006 - 00:00 Les fils de l'homme (recension de Nelly)

Dimanche 21 Janvier 2007 - 00:00 Apocalypto (recension de Nelly)

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